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18/11/2010

LA BELGIQUE, UN NON-PAYS POUR DES NON-CITOYENS

Je suis frappé par la véritable non-existence de la Belgique dans les commentaires des médias étrangers, sur quelque plan que ce soit, historique, social ou économique. Alors qu’on y cite régulièrement les Pays-Bas, par exemple, notre pays est systématiquement ignoré , sauf lorsque des évènements négatifs locaux le rendent incontournable.

Je comprendrais cette attitude depuis que l’existence de notre pays est en sursis, mais cette non-existence ne date pas d’hier et détermine également les évènements d‘aujourd‘hui. Quelles en sont les causes ?

La première, et sans doute la principale, vient de notre propre attitude à l’égard de notre pays, et de l‘image que nous en répercutons vers l‘extérieur. L’intelligentsia belge, largement relayé en cela par nos médias notamment audio-visuels, a depuis une cinquantaine d’années choisi de systématiquement tourner en dérision, sinon de détruire, tout sentiment national en l‘assimilant erronément au nationalisme, synonyme d‘impérialisme et de xénophobie.

Or notre pays est en train de crever par excès de démocratie (pas politique, je vous rassure). Alors que la majorité des nations en formation extirpèrent les particularismes des régions annexées, souvent de façon coërcitive, l’ Etat belge les reconnut après quelques années, tout d’abord en adoptant le néerlandais et ensuite l’allemand comme langues nationales, et dans une deuxième étape en modifiant la structure même de l’Etat vers des aménagements de plus en plus centrifuges. Justifiés ou non, ces « aménagements » voulus principalement par certaines fractions politiques, favorisèrent la disparition du sentiment national belge naissant.

Nulle part dans le monde, un pays n’est autant dénigré par ses propres citoyens.

Mais contrairement au discours des régionalistes ou rattachistes de tous acabits, la Belgique n’est pas plus « artificielle » que la grande majorité des pays qui l’entourent, en partant de la France et passant par l’Allemagne ou l‘Italie. Partout, la fondation d’un pays est affaire d’une élite, le résultat de guerres, d’alliances, d’unions et de désunions, et pratiquement jamais d’un peuple qui se lève un beau matin en disant : « tiens, si nous fondions aujourd’hui un pays indépendant » ? A quelques exceptions près, le sentiment national est fabriqué artificiellement, et suit d’un nombre considérable d’années la création d’un Etat, et non le contraire. Et ce sentiment national est indispensable à l’émergence de l’Etat-Nation, par la perspective offerte à l’ensemble de ses citoyens d‘avoir un avenir en commun.

Ceci passe aussi par la fabrication plus ou moins artificielle d’un passé en commun. J’appartiens à une génération qui collectionnait les chromos représentant des scènes d’histoire soi-disant nationale, de portraits de nos Gloires Nationales (sic) au cours des siècles où l’Etat belge n’existait pas, et comme écoliers nous étions régulièrement réquisitionnées pour participer à des célébrations diverses aux monuments aux morts.

Tout cela a été escamoté fin des années 50, en faveur de la résurgence politique de micro-nationalismes internes, bien à la mesure de la stature de nos politiciens actuels, et destructeurs de toute idée d’Etat-Nation.

Malheureusement, la conséquence en fut également d’occulter tout ce qui pouvait constituer un motif de fierté, remplacé aujourd’hui par la seule auto-glorification systématique du surréalisme à la belge, ce qui a comme avantage de ne rien vouloir dire, et des seules choses dont nous avons encore le droit de nous glorifier soit nos chocolats et nos frites, et de temps en temps nos tenniswomen.

Or la Belgique fut tout autre chose, et elle constitua pour différentes raisons un terreau qui permit entre autres qu’elle devint la deuxième puissance industrielle mondiale à la fin du XIX e siècle, et qu’y prospérèrent plusieurs courants artistiques novateurs.

Ce sont quelques épisodes parmi beaucoup d’autres savamment refoulés aujourd’hui, que j’aimerais ressusciter dans la rubrique « histoires belges » . S’ils s’étaient déroulés sous d’autres bannières, ces épisodes seraient encore et toujours évoqués …

D' ACCORD  ? PAS D' ACCORD  ?? N ’HESITEZ PAS A LAISSER VOS COMMENTAIRES.

Jo Moreau (Aldebaran)

16:44 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : belgique, fédéralisme, institutions, confédéralisme, nation | |  Facebook |

Commentaires

tout à fait d'accord. où est notre Belgique????

Écrit par : rollin | 18/11/2010

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