Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

16/09/2011

BHV, UN ACCORD JUSQU AU PROCHAIN CLASH

C’est le grand soulagement, et tout le monde, ou à peu près, se congratule après l’accord obtenu sur la scission de l’arrondissement électoral de BHV, qu‘on estime merveilleusement équilibré...

C’est oublier un peu vite le raisonnement flamand intangible depuis des dizaines d’années : toutes les conquêtes politiques favorables à la Flandre deviennent « onbespreekbaar », tandis que tous les éléments favorables aux francophones seront toujours susceptibles de révision, et le seront dès que possible, n‘en doutons pas.

Le territoire flamand est maintenant entièrement homogène, et cet accord n’est rien moins qu’une ultime étape facilitant l’autonomie de la Flandre, sinon son indépendance. Le refus des mandataires politiques francophones de voir la réalité en face et ce depuis de nombreuses années, me sidère, et une nouvelle fois je les accuse sinon de cécité, au moins d’incompétence.

Attention, si je regrette cette évolution, je ne critique pas cette volonté flamande, fondée aussi bien sur de faits avérés que sur une mythologie politico-romantique. Car comme je l’ai souvent déclaré précédemment: cette volonté d’autonomie maximale est en fait leur droit le plus strict, et doit être pris en considération. Evidemment, aujourd’hui, c’est un peu tard…

 http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/06/28/les...

 Cette évolution de l’opinion flamande, qui avait son fondement dans une frange nationaliste, est maintenant partagée par une majorité de la population du Nord du pays. Elle pouvait, elle devait être discernée depuis de nombreuses années maintenant, et devint évidente depuis les dernières élections pour chacun qui voulait bien ouvrir les yeux.

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2010/05/23/les...

Il eut été judicieux que les partis francophones prennent acte de cette volonté d’autonomie, et prennent l’initiative de proposer l’ouverture d’une grande table ronde sur l’organisation future de notre pays, fondée sur des régions-états aux pouvoirs très étendus, et un état central compétent uniquement sur la politique étrangère, l’armée, la Banque centrale, un tronc commun de sécurité sociale et quelques administrations indispensables sur le plan international telles que l’agriculture ou les sports. Cette évolution ne devait pas être immédiate, mais liée à un calendrier précis.

Car c’est bien vers cette structure politique que nous allons inexorablement dans le meilleur des cas, qu‘on le veuille ou non. Mais nous y allons les yeux bandés et les pieds entravés.

Alors que cette grande négociation entre partenaires égaux, lucides mais respectueux de l‘autre -qui aurait sans ressentiment pris en compte le point de vue flamand- pouvait se faire en toute clarté et sans arrières-pensées, mais surtout en partant d’une page blanche. Elle aurait esquivé cette politique des « petits pas » qui caractérise la politique flamande depuis les années 60 et le refus du volet linguistique du recensement, par 200 bourgmestres qui se mirent alors en infraction avec la loi.

Il aurait été indispensable de prendre en compte une réalité, que les flamands préfèrent occulter et que les francophones ont eu le tort immense de ne pas clamer haut et fort : la frontière linguistique fut délimitée et acceptée en son temps dans un « environnement » politique et communautaire essentiellement différent de ce que nous connaissons aujourd’hui. Elle constituait une frontière administrative fixant l’emploi des langues dans un pays unitaire, et ne se voulait en aucun cas une frontière d’état. D’autant plus qu’elle fut fixée en 1962/1963 sur base de chiffres de population datant de 1947... .La province de Brabant était toujours unitaire, et constituait de fait une vaste région bilingue. Il fut créé des « communes à facilités », dont les plus conflictuelles sont les 6 communes situées dans la périphérie bruxelloise.

Cela constituait un « package », et la remise en cause d’un seul élément devait rendre caduque l’ensemble de l’accord.

Cela ne fut pas le cas, et il nous reste à attendre en victimes peureuses la prochaine étape du processus de conflit communautaire, qui ne tardera pas dès la concrétisation du récent accord.

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? VOTRE COMMENTAIRE EST BIENVENU !

Jo Moreau.


4

18:42 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bhv, fédéralisme, confédéralisme, belgique, scission bhv | |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.