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26/07/2012

VICTOR MARTIN ENVOYE VOLONTAIRE A AUSCHWITZ

Histoires belges

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Cet épisode extraordinaire quoique largement méconnu de l‘histoire de la seconde guerre mondiale me fut révélé par un film documentaire diffusé en son temps par la RTBF *.

Victor Martin naît le 19 janvier 1912 à Blaton, dans la province du Hainaut, en Belgique. Il fréquente l’Université Catholique de Louvain, dont il sort muni d’un doctorat en Sciences Economiques, et d’une licence en Sciences Politiques et Sociales. Il prépare une thèse sur « le placement public des travailleurs en Belgique et à l’étranger », ce qui l’ amène à voyager dans plusieurs pays européens. Ainsi, en Allemagne, il côtoie plusieurs professeurs d’universités et se fait de nombreuses relations.

Mais bientôt la guerre éclate, et la Belgique se retrouve sous occupation allemande. Maîtrisant parfaitement la langue de Goethe, il réalise les services qu’il peut rendre à la lutte contre l‘occupant, et prend contact avec le « Front de l’Indépendance » (FI).

Il s’agit d’un mouvement de résistance regroupant diverses tendances, parmi lesquelles les communistes constituaient la mouvance principale, sans toutefois y être majoritaires. Ce mouvement fut aussi -entre autres- à l’origine d’une action particulièrement spectaculaire : la parution du « faux Soir ».

En 1942, la chasse aux Juifs a pris un tournant dramatique en Belgique. Les convois partaient du centre de rassemblement de Malines vers l’Allemagne, où on en perdait toute trace. Le Comité de Défense des Juifs de Belgique, une composante du Front de l’Indépendance, imagine alors de confier à Victor Martin une mission périlleuse : se rendre en Allemagne pour connaître la vérité à ce sujet. Il présente pour ce faire un profil rêvé : une parfaite connaissance de la langue et la possibilité d’une couverture scientifique solide.

Victor Martin peaufine soigneusement son dossier et se rend à Bruxelles, dans un centre culturel ouvert par les Allemands. Il y expose son projet : effectuer des recherches sociologiques en Allemagne et renouer à cette fin des contacts avec les professeurs d’université , dont Leopold Von Wiese, qu’il y avait connu lors de voyages d’avant-guerre. Ses recherches doivent porter sur « La psychologie différentielle des classes sociales ». Son CV plaide pour lui, et son dossier solidement ficelé lui permet d‘obtenir un passeport et toutes les autorisations nécessaires. Parallèlement, un résistant lui procure des lettres d’introduction pour des familles juives dans des ghettos en Pologne.

Il prend donc le train pour Cologne, et y rencontre les professeurs qu’il avait connus avant guerre. Fort de ces contacts bien dans la lignée de sa mission officielle, il obtient du service des étrangers de la police de Cologne l’autorisation de poursuivre son voyage à Francfort, Berlin et Breslau. L’étape suivante devait l’amèner à Breslau (aujourd hui Wroclaw), où il avait contacté un professeur de sociologie de l’université, et membre militant du parti national-socialiste. Mais il se rend aussi à Sosnowiec où se trouve un ghetto ouvert, et à l’hôpital local, on lui parle d’enfants et de vieillards qui disparaissent.

Il veut compléter ces informations, et dans un café de Katowice, près du camp d’Auschwitz, il approche des travailleurs français volontaires et du STO (travail obligatoire) qui travaillent pour le complexe d’Auschwitz. Ceux-ci lui rapportent des faits qui, s’ils sont vérifiés, dépassent en horreur tout ce qu’on craignait en Belgique. Muni d’un Ausweiss, il se rend sur le chantier du camp et apprend qu’un énorme crématoire a été construit pour 2 à 3000 personnes, et que ce four ’travaille’ jour et nuit . On lui parle aussi des arrivées incessantes de trains de nuit chargés de femmes et d’enfants, qu’on ne revoit jamais. Mais sa curiosité le rend suspect, et il est arrêté en février 1943 probablement sur dénonciation à la Gestapo par un ouvrier français, sous une accusation d’espionnage industriel. Il est interné au camp de Radwitz sous le statut d’un STO, d’où il ne tarde pas à s’échapper et de train en train, sans les papiers qui lui ont été confisqués, il revient à Bruxelles, d’où il envoit un message à son groupe de résistance : « Femmes et enfants exterminés. Hommes esclaves travaillant jusqu’à épuisement, ensuite supprimés », qui sera suivi de son rapport complet.

Le journal clandestin « Le Flambeau » fait écho à ces révélations, et des tracts sont immédiatement distribués, incitant les Juifs à mettre les enfants à l’abri, et à ne plus répondre aux convocations de l’occupant. Son rapport est transmis à Londres, et la BBC en fait brièvement mention.

Il doit bien entendu entrer en clandestinité, et à Charleroi, il s’occupa de la presse clandestine. Il fut une nouvelle fois arrêté, et transféré dans un camp d’internement aux Pays-Bas, d’où il parvint à nouveau à s’échapper et fut ensuite caché par la résistance à Charleroi jusqu’à la fin de la guerre.

Après la libération, Victor Martin fut chargé par le gouvernement belge de plusieurs missions comme fonctionnaire international, notamment au Bureau International du Travail. Il décède en novembre 1989 en Haute-Savoie, où il s’était retiré.

Mais alors, pourquoi ce rapport n’eut-il pas plus de retentissement dès qu‘il fut diffusé ? Il y eut d’abord le fait que le sort des Juifs ne préoccupait pas particulièrement les Alliés, engagés dans le déroulement d’une guerre totale, ensuite les organisations juives américaines notamment, étaient préoccupées par l‘image qu‘elles donnaient à l‘opinion publique, et voulaient paraître avant tout américaines en estompant leur caractère juif. Enfin, et accessoirement, l‘antisémitisme, même moins radical, n‘était pas une caractéristique exclusivement allemande.

Son action est brièvement rapportée par l’historien américain Raul Hilberg, dans son ouvrage « la destruction des juifs d’Europe » (Fayard 1988), et son rapport est déposé au mémorial Yad Vashem.

Jo Moreau.

* « La mission de Victor Martin », film de Didier Roten (2000), d’après le livre de l’historien français Bernard Krouck (Victor Martin, un résistant sorti de l’oubli - Les Eperonniers 1995)

11:03 Publié dans histoires belges | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : guerre 1940, auschwitz, shoah, résistance | |  Facebook |

16/07/2012

UCL ET CLIMAT : CONTRE-ATTAQUE DES TENANTS DU GIEC

J’ai pris connaissance de la dernière livraison de la revue de l’Université Catholique de Louvain, et plus particulièrement de la page 11 sous le titre : Remettre les pendules à l’heure. http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/revue-louvain/documen...

On y découvre avec ravissement l’affolement dont a été saisi l’entourage du professeur JP Van Ypersele -qui est, comme chacun sait, vice-président du GIEC- à la suite d’une série d’évènements proprement inconvenants survenus récemment en Belgique, et qui ont manifestement pris au dépourvu nos militants du réchauffement-climatique-catastrophique-causé-par-l’homme.

Une première constatation : Le vocabulaire utilisé n’a guère évolué depuis de nombreuses années. Déjà, une phrase du sommaire (page 3) nous prépare au pire : « face au lobby climatosceptique international (…) », qu’on croirait -à un mot près- sortie tout droit d’une brochure de la Propaganda-Abteilung du docteur Goebbels de sinistre mémoire. D’emblée se profile dans l’ombre la mouvance d’une conspiration qui menace notre planète, au même titre que les francs-maçons, les illuminatis, Bilderberg ou les extra-terrestres.

Plus loin dans le texte, nous retrouvons pêle-mêle « la prose négationniste », les « dénigreurs du réchauffement » ou « les pourfendeurs du GIEC », termes qui commencent tout doucement à sentir le moisi, et mériteraient un renouvellement actualisé, surtout émanant d’un milieu universitaire ! Etre assimilé à un négateur de la réalité des chambres à gaz ou des crimes de guerre n’est déjà pas agréable, mais cela se situe bien dans la ligne idéologique de certains militants activistes écolos, dont on connaît la propension à assimiler la contestation des thèses du GIEC à un crime contre l’humanité. Mon seul regret est de n’y avoir pas retrouvé l’expression « adorateurs de la Terre plate », qui fait la joie de l’entourage de Monsieur Van Ypersele, mais nul doute que cela se retrouvera dans le site web dont il est question plus loin. Dommage, quand on sait que justement, les partisans de la théorie de la Terre plate constituaient le consensus de leur époque…

Dans le même ordre d’idée, il est d’ailleurs assez piquant de constater que les initiateurs de la présente réaction sont issus du Centre de Recherche qui porte le nom de Georges Lemaître, un illustre chercheur qui se heurta au consensus scientifique de son temps. Ce doit être pour eux un héritage lourd à assumer !

Mais quelles circonstances ont-elles donc déclenché l’affolement de nos amis de l’UCL ? Ils citent la montée croissante d’un scepticisme incompréhensible parmi les étudiants des premières années scientifiques, ensuite l’invitation récente du Parlement Fédéral à des climato- sceptiques (1), et son impact symbolique et médiatique.

On pourrait y rajouter les interviews récentes de plusieurs personnalités scientifiques belges , (2 + 3), l’indifférence croissante de l’opinion publique face à la problématique du réchauffement climatique, et les doutes iconoclastes qui commencent timidement à apparaître dans certains médias (Pas à la RTBF, porte-parole inconditionnelle et indéfectible des thèses et recettes écolos, rassurez-vous (4).

Mais à l’initiative de quelques imprécateurs (5), des fissures apparaissent et minent dangereusement les fondements mêmes des postulats posés par le GIEC.

Alors, il était urgent de réagir. On pouvait espérer l’annonce d’un débat ouvert, où les arguments des climato-sceptiques auraient été balayées de façon éclatante, pour l’édification de tous ? Que nenni, vous n’y êtes pas du tout . Car « accepter la confrontation (…) revient à cautionner l’idée qu’un doute subsiste(…) », ce qui est inconcevable puisque comme chacun devrait le savoir, la thèse de l’implication humaine dans un réchauffement climatique est la seule et unique thèse scientifique (ou soi-disant telle) qu’il est définitivement interdit de contester. Donc, fidélité au principe de toujours, pas de débat contradictoire.

Je suis alors assez troublé par la phrase : « (…) et confondant la nécessité du débat démocratique et celle du débat scientifique », lorsqu‘il est question de la prestation devant le Parlement. En la matière, ou bien on refuse le débat sur le plan démocratique, ce qui est parfaitement justifié dans le domaine scientifique, mais alors on renonce définitivement à illustrer son argumentation par un prétendu consensus autoproclammé, notion qui n’est rien d’autre que la soumission de l’opinion d’une minorité à celle de la majorité. Le débat dans un cadre démocratique est par contre parfaitement justifié quand on constate l’importance énorme qu’a pris le domaine climatique dans l’orientation des décisions politiques et économiques et ce, dans le monde entier. Quant au débat scientifique, on vient de le refuser quelques paragraphes plus haut, comme étant « suranné » , puisque plus aucun doute ne peut subsister.

Quoi de mieux, dès lors, qu’un site web dont l'adresse : www.climate.be/desintox , est déjà tout un programme : désintoxiquer les malheureux contaminés, non par l’usage du tabac, mais par des pensées iconoclastes. Sauf erreur ou omission, pas moyen hélas d’y poser quelque question que ce soit, même innocente…

« Cela s’appelle de la pédagogie » ? Je dirais plutôt « Cela s’appelle du bourrage de crânes ».

(1) : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2012/03/14/le-...

(2) : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2012/03/26/hen...

(3) http://www.contrepoints.org/2011/12/10/59762-echec-du-som...

(4) La présidente du CA de la RTBF est Bernadette Wynants, issue du parti Ecolo.

(5) En référence à un bon livre (déjà assez ancien) : L’Imprécateur, de René-Victor Pilhes.

Jo Moreau.

13:31 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (43) | Tags : réchauffement climatique, changements climatiques, co2, giec, ucl | |  Facebook |

04/07/2012

POUR L'INTERDICTION IMMEDIATE DES BARRAGES HYDROELECTRIQUES

L’écologie politique a réussi à instiller une peur quasi-mystique du nucléaire parmi la population, au point de l’imposer dans l’agenda des autres partis.

Entendons-nous bien. Comme je l’ai déjà exprimé précédemment, je suis convaincu que le modèle actuel de la fission nucléaire basé sur l’utilisation de l’uranium enrichi est dans une impasse, au vu des problèmes non résolus qu’elle pose et bien connus de tous, que sont le traitement des déchets et le démantèlement des centrales obsolètes. (Ce qui ne veut pas dire qu’il faille ipso-facto fermer les centrales existantes !). Mais il existe des filières prometteuses, qui répondent en grande partie à ces objections, telles que les réacteurs à sels fondus-thorium, ou dans une autre voie la fusion thermonucléaire contrôlée. De telle sorte qu’il serait inconscient de condamner « le nucléaire » et de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Toute activité humaine présente des dangers, et notre action doit tendre à circonscrire ces dangers autant que faire se peut, mais sûrement pas à stopper tout progrès ou à régresser dans le développement, tel que l’imposent quelques intégristes écologiques suivis par l’ensemble des hommes et femmes politiques qui les suivent aveuglément, dans un remake saisissant du « joueur de flûte d’Hamelin ».

Peur du nucléaire, des OGM, du gaz de schiste, du CO2, des carburants fossiles et de bien d‘autres choses dont nous délaissons maintenant le développement aux autres continents, ce qui nous rend de plus en plus dépendants et engagés dans un idéalisme béat qui risque bien d'être suicidaire.

Dans cet ordre d’idée, je me suis penché sur les dangers de l’hydro-électricité, énergie ô combien verte, et les catastrophes causées par les ruptures de barrages.

Parmi les causes de ces catastrophes, on en retrouve d'identiques que pour les accidents nucléaires que nous avons connus ou que nous craignons tant, soit : des erreurs humaines, des séismes, des faits de guerre, des défauts d’entretien etc… Leurs conséquences, hors les pertes en vies humaines, sont également dévastatrices pour l’environnement.

En voici une énumération, forcément incomplète car on dénombre plus de 400 ruptures de barrages dans le monde (pas tous hydroélectriques). Devons-nous pour autant, à l’instar de ce que font les écologistes à l'égard du nucléaire, demander la mise hors-service immédiate et définitive de tous les barrages et à chercher des solutions alternatives… ???

QUELQUES RUPTURES DE BARRAGES

  • - --/--/1802 Puentes (Espagne) 600 morts
  • - 12/03/1864 Sheffield (GB) 250 morts
  • - --/--/1868 Irukaike (Japon) 1.100 morts
  • - 16/05/1874 Williamstown (USA) 144 morts
  • - 10/03/1872 Fergoug l (Algérie)
  • - 15/12/1881 Fergoug ll (Algérie) 200 morts
  • - --/--/1885 Fergoug lll (Algérie)
  • - 31/05/1889 South Fork River (USA) 2.200 morts
  • - --/--/1890 Walnut Grove (USA) 129 morts
  • - --/--/1893 Austin (USA)
  • - 27/04/1895 Bouzey (France) 200 morts
  • - --/--/1911 Bayles (USA) 700 morts
  • - --/--/1912 Elwha River (USA)
  • - --/--/1917 Tigra (Inde) 1000 morts
  • - 01/12/1923 Gleno( Italie) 600 morts
  • - --/--/1925 Eiguiau (France)
  • - --/--/1925 Kundli (Inde)
  • - --/--/1926 San Alphonso (Bolivie) 1.000 morts
  • - 25/11/1927 Fergoug llll (Algérie)
  • - 31/12/1927 St Maur (Algérie)
  • - 13/03/1928 St Francis - région de Los Angeles (USA) 420 morts
  • - --/--/1943 Pagara (Inde)
  • - --/05/1943 bombardement des barrages de Mohne et Eder (Allemagne) 1300 morts
  • - 09/01/1959 Wega de Tera (Espagne) 144 morts
  • - 02/12/1959 Malpasset(France) 423 morts
  • - 28/03/1960 Oros (Brésil) 1.000 morts
  • - 13/03/1961 Kiev (Ukraine URSS) 145 morts
  • - --/--/1961 Khadakswalla (Inde) 2.000 morts
  • - 28/10/1962 Sunchon (Corée du Sud) 163 morts
  • - --/--/1963 Quebrada la Chapa (Colombie) 3300 morts
  • - 14/12/1963 Baldwin Hills (USA)
  • - 09/10/1963 Vajont (Italie) 2.000 morts
  • - --/--/1967 Nanak Sagar (Inde) 100 morts
  • - 27/11/1967 Kebumen (Indonesie) 160 morts
  • - 04/01/1970 Mendoza (Argentine) 100 morts
  • - 25/02/1972 Foledon(Colombie) 60 morts
  • - 26/02/1972 Logan (USA) 450 morts
  • - --/--/1972 Chikkaole (Inde)
  • - --/--/1975 Banqiao (Chine) 230.000 morts (victimes directes et indirectes)
  • - 05/06/1976 Teton (USA) 10 morts
  • - 11/08/1979 Morvi (Inde) 15.000 morts
  • - --/--/1980 Gotvan (Iran) 200 morts
  • - 19/07/1985 Val de Stava (Italie) 268 morts
  • - --/--/1986 Kendale (Sri Lanka) 127 morts
  • - --/--/1991 Isla Verdes (Philippinnes) 3.500 morts
  • - 27/08/1993 Prov de Qinghai (Chine) 240 morts
  • - --/--/2012 Ivanovo - Bulgarie 9 morts 

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Jo Moreau.

11:32 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : réchauffement climatique, nucléaire, co2, écologie | |  Facebook |