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26/11/2013

LE CO2 : QUE DE MENSONGES PROFERES EN TON NOM

réchauffement climatique,changements climatiques,CO2,GIEC,Le périodique « Marianne » Belgique vient de publier un article du Professeur Istvan Marko, le coordinateur scientifique du livre « 15 Vérités qui dérangent ».

Il rétablit la vérité sur le rôle capital du CO2 dans le processus de la vie terrestre, alors que de toutes parts, il est cloué au pilori comme ennemi public n°1.

Je reproduis ci-dessous ce recadrage bienvenu, à contre-courant du bourrage de crâne auquel nous sommes soumis presque journellement.

Jo Moreau.

LE CO2 : UN COUPABLE IDEAL.

Pauvre CO2 ! Te voilà déjà condamné, sans procès équitable, ni preuves réelles de ta culpabilité. Condamné par les grands prêtres du climatisme rampant, qui ont décidé que tu étais une menace à cause de ton potentiel minable de un (1), alors que la vapeur d’eau est onze fois (11) plus puissante que toi et donc d’autant plus coupable. Ils t’ont affublé de tous les maux et veulent t’enfouir au plus profond des océans ou t’emprisonner à jamais dans d’obscures galeries souterraines.

Pauvre CO2, ils t’ont sali, souillé, déshonoré, toi, l’une des molécules sans lesquelles la vie n’existerait pas sur Terre ! A force d’entendre inlassablement les mêmes discours (mensonge répété deviendra réalité acceptée), on finit presque par en oublier la science et les propriétés fondamentalement bénéfiques du CO2. Au contraire du monoxyde de carbone (CO), le dioxyde de carbone n’est pas un gaz toxique, sauf à des concentrations élevées (4% et plus). Il n’est pas inflammable et n’a aucun effet néfaste sur la couche d’ozone. Son inertie thermique en a fait l’un des produits les plus utilisés dans les extincteurs, son absence de toxicité l’élève au rang des gaz propulseurs les plus convoités et il est employé abondamment dans l’industrie du froid, notamment pour les transports réfrigérés.

Mais il y a plus, beaucoup plus. Le CO2 est l’aliment de base du phytoplancton, ces micro-organismes appartenant au règne végétal et qui sont à l’origine de la vie sur Terre. Grâce à la photosynthèse, ces petits organismes unicellulaires transforment l’eau et le CO2 en nutriments et en oxygène (O2) (1). Ils produisent la vaste majorité de l’oxygène présent sur Terre et constituent la nourriture d’une foultitude d’espèces marines, allant des zooplanctons aux baleines à fanons, en passant par de nombreux poissons. Ces minuscules organismes, qui se nourrissent de CO2, et qui génèrent l’oxygène nécessaire à notre survie, sont à la source même de notre existence !

Lorsque la lumière du soleil vient caresser les feuilles des végétaux, le CO2 réagit avec l’eau pour former de l’oxygène et du glucose. Ce sucre sert à divers mécanismes de croissance de la plante, dont la formation d’amidon et de cellulose. De très nombreuses études ont montré les effets bénéfiques pour les plantes d’une augmentation de la concentration atmosphérique en CO2. Si l’on double la quantité de dioxyde de carbone, les plantes les plus importantes pour l’alimentation humaine -toutes les céréales (blé, riz), les légumineuses (pois, haricots), quasi tous les fruits, les racines et tubercules (pommes de terre), et les plantes à fibres (coton)- voient l’efficacité de leur photosynthèse s’améliorer drastiquement(2).

De plus, une hausse du taux de CO2 induit une diminution de la transpiration des plantes par fermeture des stomates, ces petits pores situés sous les feuilles et par où s’échappe l’humidité. Il faut donc moins d’eau pour une croissance égale, voire supérieure (3). Comme une bonne nouvelle arrive rarement seule, l’accroissement de la concentration en CO2 induit aussi une élévation de la résistance des végétaux qui trouvent ainsi leur optimum de croissance à une température plus élevée (4) (5).

Un comble ! De récents rapports utilisant des données satellites, dont celui de Randall Donohue, confirment que le réchauffement climatique de 0,7°C durant les 150 dernières années, couplé à une augmentation du taux de CO2 atmosphérique, a conduit à une amplification de la couverture végétale terrestre (6).

Cet effet, oublié par les fanatiques du climatisme, est connu depuis bien longtemps. Ce n’est pas par hasard qu’une quantité de 1000 à 1300 ppm de CO2 est couramment employée dans les serres botaniques. Accélération de la croissance, augmentation de la taille et du volume, résistance accrue, déperdition d’eau minimale, il semble bien que le réchauffement climatique apporte plus de bénéfices que de problèmes réels (pour les problèmes imaginaires, voir le rapport AR5 du GIEC).

Le CO2 est produit par de nombreuses sources , dont la combustion (naturelle ou non), la fermentation (bière, vin), la respiration des êtres vivants, les volcans, les geysers… La participation de l’Homme à cet immense réservoir de CO2 est minuscule, comme l’ont montré de nombreux scientifiques. Citons le Pr.F.Gervais qui a calculé l’effet de réchauffement dû au CO2 produit par l’Homme à 0,0005°C par an !

De plus, et c’est le GIEC lui-même qui l’écrit (7), l’efficacité du CO2 en tant que gaz à effet de serre diminue de façon logarithmique. En d’autres mots, nous sommes arrivés à quasi saturation et un doublement de la quantité de CO2, ne devrait conduire qu’à une augmentation additionnelle minuscule de température de surface terrestre de l’ordre de 0,2°C, loin, très loin des valeurs apocalyptiques annoncées à grands cris, censées nous effrayer et ainsi, faciliter notre acceptation des politiques environnementales et climatiques aussi désastreuses et douloureuses qu’inutiles.

Mais combien de temps faudrait-il pour doubler la quantité de CO2 dans notre atmosphère ?

Il y a aujourd’hui environ 400 ppm de CO2 dans l’air (en fait, un peu moins, mais j’aime les chiffres ronds, et puis, au diable l’avarice). L’augmentation annuelle du CO2 (naturel + anthropique) étant d’environ 2 ppm par an, il faudrait donc 200 années pour doubler sa quantité ! Gageons que nous ne serons pas là pour vérifier les divinations assistées par ordinateur du GIEC. Profitons-en pour rappeler que dans une maison, le taux usuel de CO2 dans une pièce habitée est d’environ 2000 à 4000 ppm et ce, sans effet aucun sur la santé des habitants. Par contre, trop peu de CO2 dans l’air est dangereux pour notre Monde et, sous le seuil des 200 m, les plantes meurent rapidement.

Au contraire de la doxa prêchée depuis de (trop) longues années, davantage de CO2, et plus de chaleur sont des conditions bénéfiques pour les cultures et donc, pour l’humanité. Tout scientifique qui se respecte sait bien que les civilisations ont toujours fleuri lors des périodes chaudes et se sont disloquées lors des épisodes glaciaires.

Alors, au lieu de le condamner injustement, réhabilitons le CO2 et arrêtons de vilipender ce gaz source de vie qui est non seulement innocent (la température globale de la Terre stagne depuis 15 à 17 ans alors que plus du tiers du CO2 produit par l’Homme depuis l’ère industrielle a été émis durant cette période), mais en plus bénéfique ! Il est temps pour le GIEC de se trouver une autre bouc émissaire ! Le méthane? peut-être ?

(1) L.Taiz, E. Zeiger, Plant Physiology. 4th Edition,2006. The Benjamin/Cummings Publishing Co., Inc.Redwood City, CA.

(2) B.A.Kimball, J.R.Mauney, F.S.Nakayama, S.B.Idso. Vegetatio, 1993, 104/105:65-75. Effects of increasing atmosphérique CO2 on végétation.

(3) S.W.Trimble. Encyclopedia of Water Science, Second Edition, 2007, volume 1, Global Temperature Change and Terrestrial Ecology. CRC Press

(4) T.Hirose, D.D.Ackerly, M.B.Traw, D.Ramseler, F.A.Bazzar, Ecology, 1997, 78,2339-2350, CO2 Elevation Canopy Photosynthesis, and Optional Leaf Area Index.

(5) Liu, S.R.Liu, Y.Liu, Journal of Geographical Sciences, 2010, 20,323-332, Spatial and temporal variation of global during 1981-2006.

(6) R.J.Donohue, M.L.Roderick, T.R.McVicar, G.D.Farquhar, Geographysical Research Letters, 2013,40,3031-3035, Impact of CO2, fertilisation on maximum foliage couver across the globe’s warm, acid environnants.

(7) AR3. Chapter 6, Radiative Forcing of Climate Change, section 6.3.4;Total Well Mixed Greenhouse Gas Forcing Estimate.

Istvan Marko.

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14:59 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : réchauffement climatique, changements climatiques, co2, giec | |  Facebook |

21/11/2013

AVERTISSEMENT -ET GIECOSCEPTIQUES TOUS CORROMPUS ?

Les commentaires de mon blog sont ouverts à quiconque se soumet à l’esprit que je veux y insuffler, soit : Science is not settled, et le débat reste ouvert.

Cela signifie que chacun , partageant ou non mon point de vue sur le sujet, est le bienvenu tant qu’il respecte certains principes que j’ai déjà développé précédemment, soit de ne jamais s’attaquer à la personne ou à son profil, mais à contester s’il y a lieu les arguments qu’il présente.

Celui qui persiste à ne pas se plier à ces règles du jeu, par des dénigrements ad hominem ou par le mépris affiché à l‘encontre des contradicteurs peut sans problème aller jouer ailleurs (ce qu’un certain « robert » fait déjà avec ces mêmes armes…).

En bref, et ceci est mon dernier avertissement à cet intervenant régulier, si vous persistez dans cette attitude, je me verrai obligé de vous exclure définitivement des commentaires.

Pour illustrer ce propos, je reprends ci-dessous certains passages d’un billet édité sur ce blog il y a près de deux ans, mais qui reste plus que jamais d’actualité:

LES GIECOSCEPTIQUES, TOUS CORROMPUS ?

Ceux qui expriment leur scepticisme quant aux conclusions du GIEC sur les changements climatiques, sont régulièrement confrontés aux accusations stéréotypées destinées à les discréditer. Les plus fréquemment rencontrées sont :

  • D’être ou d’avoir été employé directement par des firmes du secteur pétrolier ou minier, ou d’avoir bénéficié de subventions de ces lobbies dans le cadre de leurs recherches.
  • D’avoir défendu l‘inocuité du tabagisme 
  • D’être assimilés aux défenseurs de la Terre plate,
  • D’être des manipulateurs, ou coupables de fraude caractérisée
  • De ne pas être climatologues
  • D’être créationnistes, ultra-conservateurs, ou négationnistes.
  • De ne pas avoir publié d’article dans une revue à comité de lecture
  • Etc..

(…) Leurs accusations sont d’ailleurs fréquemment soit très imprécises ou exprimées au conditionnel, soit fermement démenties par ceux-là même qui ont été cloués au pilori.

Je dois avouer qu’au début de mon intérêt pour l’évolution du climat, j’ai été sensible à certains de ces arguments, au point d’écarter de mes listes les scientifiques qui paraissaient trop impliqués par exemple par leurs activités au sein de firmes pétrolières.

Jusqu’au jour où j’ai décidé de ne plus considérer les antécédents professionnels ou les convictions personnelles de l’intervenant, mais uniquement l’opinion qu’il exprime ou la théorie qu’il développe dans le cadre climatique.

Seuls ces éléments sont à prendre en considération, et sont à contester éventuellement par leurs contradicteurs.

Depuis, je m’accroche à cette position. Comme je l’ai écrit par ailleurs, le fait que ce scientifique porte des caleçons roses ou qu’il lise la Semaine de Suzette m’importe peu.

Un de mes correspondants l‘a explicité bien mieux que j‘aurais pu le faire :

« (…)Une chose ne doit être contestée que pour elle-même et non pour quoi que ce soit d'autre, donc pas pour ses choix politiques, amicaux ou financiers, fussent-ils suspects (mais non coupables) de collusion avec le sujet du discours. Et donc que monsieur X touche du blé d'un lobby peut évidemment nous rendre suspicieux quant à ses intentions et de celles du lobby, et notre perspicacité peut en être stimulée. Cela étant dit, que des pétroliers me paient pour ma bonne gueule ou pour que je dise que 1+1=2, cela ne change rien au fait que 1+1=2. Même si l'archétype émotionnel populaire se conforte dans le romanesque que "les pétroliers" sont "tous des salauds". Comme dirait JM, restons sur le sujet, car si ennemi il y a, il serait bien avisé de profiter de vos émotions et impulsions pour vous mener par le bout du nez. En se focalisant sur les "résultats factuels" (le contenu effectif du discours) et non les intentions et péripéties romanesques qu'on leur attribue, on se donne en même temps les moyens d'action réels, factuels, tangibles et mesurables, notamment en s'évitant d'être télécommandé par notre cerveau reptilien si perméable aux manipulateurs (…)».

Cela étant dit, tout scientifique est payé par quelqu’un, que ce soit par l’industrie privée ou par un gouvernement. Et pourrait être soupçonné de défendre les intérêts de l’un ou de l’autre par intérêt personnel ou simplement pour sauvegarder son avenir professionnel. Qu’une grande partie des géologues, par exemple, travaillent pour des sociétés minières ou pétrolières, et non par des fabriques de conserves de petits pois, me parait d’une évidence aveuglante. Ils n’en sont pas pour autant automatiquement corrompus, et cela ne peut remettre leur compétence en question, -ces sociétés n’étant pas réputées employer des nullités-, et cette proximité professionnelle ne les disqualifie pas d’office..

L’opinion d’un scientifique qui travaille pour l’industrie, fut-elle pétrolière, n’est pas plus sujette à caution que celle d’un autre scientifique qui publie dans le cadre d’une ONG militant dans le secteur écologique, par exemple.

Car on oublie trop souvent de mentionner que des ONG telles que Greenpeace ou le WWF sont également des lobbies, très actifs dans le monde politique et médiatique, et idéologiquement très orientés.

On reproche aussi à une majorité de ces empêcheurs de réchauffer en rond de n’être pas climatologues.

Faut-il rappeler que la climatologie se nourrit de pratiquement toutes les disciplines scientifiques, depuis l’astrophysique jusqu’à la géologie, en passant par les mathématiques (statistiques et modélisations), l’océanographie, la glaciologie, la physique, la chimie, la volcanologie, l’Histoire et la paléoclimatologie et j‘en passe… Les implications du débat climatique intéressent également la philosophie, l’économie, et bien entendu la politique.

Parmi les 2500 collaborateurs du GIEC, bien peu sont climatologues (moins d’une centaine dit-on). Et on n’a pas censuré Al Gore, Yann-Arthus Bertrand, Alain Hubert, par exemple sous prétexte qu’ils n’étaient pas climatologues…

D’autre part, il apparait que le titre de « climatologue » s’acquiert plus fréquemment par l’expérience acquise « sur le tas » et les centres d‘intérêt affichés, que par un diplôme en bonne et due forme. Monsieur Jean Jouzel pour ne citer que lui, autre vice-président du GIEC, -dont je ne remet nullement en cause l’expérience- est ingénieur diplômé de l’Ecole Supérieure de Chimie Industrielle de Lyon, Docteur en Sciences Physiques, et néanmoins reconnu comme étant expert en glaciologie et climatologie.

Dans un autre registre, les mails du « Climategate » ont mis en lumière les manipulations tendant à disqualifier les revues qui accueilleraient des études contraires aux conclusions du GIEC.

(…) Comme le dit John Brignell, la notion même de consensus est une terminologie politique, pas scientifique. Beaucoup des idées novatrices en matière de sciences ont été imposées par un seul individu contre un consensus rassemblant ses pairs. Qu’on pense à Galilée, Copernic, Hutton, Wegener, Einstein, Lemaître et combien d’autres…La société scientifique est semblable à toute société humaine : elle déteste voir bousculer ses certitudes.

Voilà quelques unes des positions auxquelles je m’accroche au gré des discussions, que ce soit sur mon blog, ou en petit comité.

Car il est tout de même interpellant de constater qu’après plusieurs années de bourrage de crâne, une grande partie de l’opinion publique en soit arrivée au réflexe pavlovien d‘attribuer automatiquement les changements climatiques aux activités humaines, sans qu’il ne soit même plus nécessaire de le mentionner.

Jo Moreau.

16:08 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : réchauffement climatique, giec, climato sceptiques, co2 | |  Facebook |

19/11/2013

UN TYPHON PHILIPPIN QUI SOUFFLE A PIC

« Le plus puissant typhon » , « des vents les plus violents jamais enregistrés » , « des destructions hors normes » , le typhon qui a ravagé les Philippines et laissé derrière lui des milliers de malheureuses victimes fait les gros titres de nos médias, tombe à pic dans le contexte de la conférence de Varsovie sur le climat.

Et si nous remettions les choses en perspective ?

Le typhon Haiyan fut assurément destructeur, mais on trouve dans l’histoire météorologique des précédents tout aussi, sinon plus puissants ou meurtriers.

  • 1780 - Grand ouragan Atlantique Nord - vents de plus de 320 km/h et 27.500 morts
  • 1881 - Haiphong - 300.000 morts
  • 1900 - Ouragan de Galveston USA - 6.000 à 12.000 morts
  • 1934 - Mont Washington USA - 372 km/h 1961 - Ouragan Nancy - 340 km/h
  • 1970 - Ouragan Bohla -Bangladesh - 300.000 à 500.000 morts
  • 1991 - Ouragan Gorky - Bangladesh - 138.000 morts
  • 1996 - Cyclone Olivia - Australie - vents de 408 km/h
  • 1998 - Ouragan Mitch - Caraïbes - vents de 290 km/h - de 9.000 à 18.000 morts
  • 2008 - Ouragan Nargis- Birmanie - 100.000 morts

Cette énumération n’est qu’exemplative, parmi d’autres évènements tout aussi spectaculaires.

Mais comme ce fut déjà le cas pour l’ouragan Sandy (1), et comme on pouvait s’y attendre, le responsable ne tarda pas à être dénoncé : le réchauffement climatique, (et donc la responsabilité humaine). Ceci transparaît dans pratiquement tous les articles parus sous la plume de journalistes militants de la cause environnementaliste, ou accordant une confiance aveugle au GIEC. (2)

On ne peut d’ailleurs leur reprocher cet amalgame peu conforme à une simple vérification historique, quand au cours d’une interview un vice-président du GIEC dit, sans le dire mais en le disant quand même : « Il faut être prudent : il est difficile d'affirmer qu'il existe un lien entre les deux même si ce lien est hautement probable".

Voilà donc un lien « hautement probable » , dans le contexte d’une responsabilité humaine « presque certaine ». Que d’incertitudes et d’approximations pour ce qui devrait être un constat conforme à la rigueur scientifique !

Ce triste évènement survient alors que la thèse défendue par le GIEC, désignant les activités humaines comme responsables d’un éventuel réchauffement climatique, rencontrait un scepticisme grandissant, non seulement parmi les opinions publiques mondiales, mais également dans le monde scientifique et politique.

Cet état d’esprit risquait d’hypothéquer lourdement la conférence de Varsovie sur le climat, qui vient de s’ouvrir en préambule à la conférence de Paris prévue en 2015.

De quoi s’agit- il ?

La conférence de Paris 2015, consécutive à l’échec de la conférence de Copenhague, est destinée à la conclusion d’un accord contraignant sur la réduction des émissions de CO2. Le cyclone des Philippines survient au beau milieu de la conférence actuellement en cours à Varsovie, qui doit préparer le terrain à la conclusion de cet accord. Aussitôt, les accents catastrophistes y reçurent un accueil d’autant plus empressé qu‘ils sont de nature à insuffler une dynamique nouvelle à un processus qui en avait bien besoin.

Pourtant, même le GIEC était très prudent quant à l’implication du réchauffement climatique dans la survenance des évènements extrêmes : « (…) Il y a moins de certitudes quant aux causes de l’intensification des cyclones tropicaux constatée depuis 1970, sauf en Atlantique où celle-ci est attribuée en grande partie à la variabilité interne du système, avec pour le futur la possibilité d’une plus grande variété dans leurs trajectoires et intensité. » (3).

Il faut rappeler la phrase suivante, extraite de l’excellent rapport parlementaire français sur la tempête Xynthia :

« Trop souvent affirmée sous l’effet d’une pression médiatique et politique efficace, la corrélation entre les phénomènes éoliens les plus violents et le « changement » climatique constitue un enjeu majeur pour les élus et l’Etat. En effet, la liaison opérée ou non entre les deux phénomènes induit pour les décideurs des réponses très différentes et engage financièrement la communauté nationale dans des voies diamétralement opposées. » (4)

D’autres scientifiques, peu susceptibles d’être partisans de la terre plate ou corrompus par l’industrie pétrolière, sont bien plus réservés quant à l’attribution des évènements extrêmes à la responsabilité humaine. Citons parmi d’autres :

BOUWER LAURENS - PhD - Sciences de l'Environnement - ex Chef de Projet Dutch National Climate Change Research Vrije Universiteit Amsterdam - ex Lead Author IPCC AR3 et AR4. "La survenance d'évènements (climatiques extrêmes) varie en fonction de la variabilité naturelle du climat. Le signal du changement climatique d'origine humaine est suceptible d'être noyé parmi les autres causes". http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1539-6924.20...

BENDER MORRIS - BS - MS - Météorologue - Princeton University (USA) Geophysical Fluid Dynamics - National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) "Nous devrons attendre au moins 60 ans avant de pouvoir établir avec certitude que l'augmentation de la fréquence des ouragans est bien due aux gaz à effet de serre". http://www.riskfrontiers.com/pdf/Translation%20-%20Is%20t...

VILLARINI GABRIELE - PhD - Dept Civil and Environmental Engineering - Princeton University (USA). "La constatation de l'augmentation des tempêtes tropicales de l'Atlantique Nord ne découle pas de la variabilité du climat, mais bien des méthodes d'observation utilisées". http://www.agu.org/pubs/crossref/2011/2010JD015493.shtml

Références

(1) http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2012/11/01/san...

(2) parmi d’autres : http://www.lalibre.be/debats/edito/edito-se-mobiliser-ava...

http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/11/12/01008-20131112...

http://www.lalibre.be/actu/planete/climat-des-extremes-et...

(3) http://leclimatchange.fr/

(4) http://securite-commune-info.info/documents/crues/Xynthia...

Jo Moreau.

08/11/2013

OURS BLANCS, BOISSON GAZEUSE ET ONG, UN COCKTAIL INSIPIDE

réchauffement climatique,CO2,GIEC,ours blancs,Le Professeur Istvan Marko s’est penché sur le sort prétendument tragique des ours blancs, un symbole largement utilisé par les puissants lobbies environnementalistes tels que Greenpeace ou le WWF pour embrigader notamment les plus jeunes dans leur sillage politico-idéologique.

Ils bénéficient de l’appui très intéressé de multinationales, qui se sont vues offrir là un moyen rêvé de doper leurs ventes avec de bons sentiments.

Rappelons que le Professeur Marko s’exprime à titre personnel.

Jo Moreau.

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Ours blancs, boisson gazeuse et ONG, un cocktail insipide

Papa, Maman, Fifille et Fiston nounours blancs érigent avec entrain un bonhomme de neige en forme … d’ours blanc. Les yeux brillants, un peu humides, ils l’admirent un instant. Pourtant, quelque chose semble manquer pour compléter vraiment leur œuvre. Suspense insoutenable. Bon sang, mais c’est bien sûr ! Il s’agit d’une bouteille callipyge d’une sombre boisson gazeuse ! Ouf ! La petite famille ours blanc peut enfin se réjouir pleinement tout en avalant une large gorgée de ce breuvage pétillant.

Fondu enchaîné. Une représentante de WWF nous apprend que les ours polaires sont une espèce en voie de disparition (à cause de la boisson pétillante ?), que cette disparition s’accélère et que nous devons faire un maximum de dons à cette ONG afin de protéger ces animaux bien sympathiques qui souffrent horriblement du … réchauffement climatique. Ce dérèglement terrible des températures de notre planète - dû à l’Homme, bien entendu – est responsable d’une diminution tragique de la banquise arctique, réduisant ainsi fortement l’habitat indispensable à la survie et à l’alimentation des ours polaires. Pour éviter « que les ours polaires ne disparaissent d’ici la fin du siècle », WWF propose notamment de lutter contre les dérèglements climatiques (sic.) de préserver la banquise. Un programme aussi original mérite d’être souligné.

WWF, comme Greenpeace, est une organisation militante écologique qui utilise toutes les armes médiatiques à sa disposition, dont la désinformation contrôlée. Un exemple illustratif est le rapport sur la disparition, prévue pour 2035, des glaciers de l’Himalaya. Ce document non-scientifique, écrit spécifiquement pour WWF et dont le but est de marquer les esprits en effrayant le public, a été repris dans un chapitre du 4ème rapport du GIEC, cet organisme onusien qui se targue de ne prendre en compte dans sa bible climatique que des articles publiés dans la littérature scientifique « peer-reviewed ». Honnêteté, quand tu nous tiens !

Quant aux ours polaires, ils sont devenus dans l’esprit populaire et bien malgré eux le nouveau symbole écologique d’une lutte contre le réchauffement climatique. Qui ne se souvient de cette photo d’un malheureux ours blanc dérivant sur un minuscule morceau de banquise vers une mort certaine ? Notre cœur se brise d’émotion. Et pourtant, cette photo n’est qu’un trucage, un montage dans lequel l’ours, le morceau de banquise et la mer ont été pris de trois sources différentes et fusionnés en un seul document, une duperie classique de certaines organisations militantes pour frapper les esprits.

Et les faits scientifiques, dans tout cela ?

Il y a quarante ans, en 1973, était signée l’arrêt de la chasse non-réglementée des ours polaires. A cette époque, la population des ours blancs s’élevait à peine à quelques 5000 rescapés. L’interdiction de la chasse a permis à Ursus maritimus de reprendre du poil de la bête et, au dernier recensement datant de 2011, on dénombrait environ 20.000 à 25.000 membres.[1] Un comptage plus récent est en cours et les estimations actuelles indiquent même une augmentation du nombre des ours polaires, dont la somme pourrait atteindre les 27.000 à 32.000 individus. Même la population de la mer de Beaufort, qui était en baisse il y a quelques années, est repartie à la hausse, contredisant les prédictions de certains militants alarmistes qui annonçaient le déclin de ces animaux et leur éventuelle disparition dans les années à venir. Al Gore, un scientifique d’exception, prédisait l’éradication complète d’Ursus maritimus pour … 2005.

Durant les années 1974-75 et 1986-87, la population des ours polaires a enregistré un déclin notoire. Celui-ci a été rapidement – trop rapidement - associé au réchauffement climatique et à ses conséquences possibles sur la fonte de la banquise arctique, avec dislocation précoce de celle-ci et regel tardif.[2] Des modélisations – encore et toujours – ont été effectuées sur la base de « scénarios plausibles », en tenant compte d’une augmentation théorique de la température du globe due aux gaz à effet de serre et d’une fonte accélérée de la banquise. Elles ont abouti à faire passer l’ours blanc du statut « d’espèce dépendante de mesures de conservation » à « espèce vulnérable » et enfin « espèce en voie de disparition (site de WWF) ». Pas mal, pour un animal dont la population a quintuplé en 40 ans !

Des travaux récents du Dr Crockford,[3] une spécialiste des ours polaires qui les étudie depuis 35 ans, révèlent que cette disparition des ours polaires est due à un refroidissement brutal de l’arctique en 73-74 et 84-85 et à la présence de quantités élevées de glace. Au même moment, la population de phoques, nourriture principale des ourses venant de mettre bas, a drastiquement chuté, ceux-ci ayant quitté leur habitat usuel pour des régions plus hospitalières. Il apparaît donc que des hivers doux, avec des glaces peu importantes et jeunes (annuelles) – et donc une population élevée de bébés phoques - soient favorables à la reproduction des ours polaires. En d’autres mots, les conditions de formation et de fonte de la banquise arctique observées de nos jours semblent être celles qui conviennent le mieux à Ursus maritimus : la nature se montre souvent facétieuse avec ceux qui prétendent l’enfermer dans des modèles et des slogans.

De nouveau, les modèles se sont trompés, comme ils se sont trompés sur l’augmentation de la température du globe qui stagne depuis plus de 15 ans, sur le point chaud au niveau des tropiques qui reste toujours introuvable – et pour cause ! - et sur l’élévation de la chaleur due à l’effet de serre du CO2. C’est sur la base de modèles aussi peu crédibles – doublée d’une solide pression de certains lobbies écologistes - que les ours polaires ont été placés dans la catégorie « en voie de disparition ».

 Ursus maritimus est un vétéran de l’Arctique, qui existe depuis au moins 125.000 ans sous une forme distincte et qui a survécu à de multiples périodes de variation climatique bien plus dramatiques que le réchauffement médiatique observé de nos jours. S’il y a un danger pour les ours polaires, ce sont bien les quotas de chasse excessifs, visant essentiellement les mâles et déséquilibrant graduellement le rapport mâles/femelles, et les zélotes de certaines organisations militantes.

Oh, j’oubliais. La firme à la boisson pétillante collabore financièrement avec WWF, notamment pour son combat pour la survie des ours polaires.[4]

Il n’y a pas de petit profit.

Références

[1] Mise à jour Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’ours blanc Ursus maritimus au Canada, 2008. Voir aussi : (IUCN 2006 : http://www.animalinfo.org/refi.htm#iucn%202004%20red%20li...

[2] (a) Ferguson S.H. et al. (1999) ; Determinants of home range size for polar bears (Ursus maritimus), Ecology Letters, 2, 311-318. (b) Ferguson S.H. et al. (2000), Relationships between denning of polar bears and conditions of sea ice, J. Mammology, 81, 4, 1118-1127.

[3] Stirling, I., Derocher, A. E. Global Change Biology, 2012, 18, 2694-2706.

[4] Crockford, S. J. http://polarbearscience.com

[5] http://www.coca-colacompany.com/our-company/coke-raises-o...

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05/11/2013

LE GIEC ET LA POLITIQUE, OU LA SCIENCE DEVOYEE

réchauffement climatique,GIEC,CO2,AR5,Faisant suite à l’échec de Copenhague 2009, la conférence de Paris se profile à l’horizon 2015. Elle devra aboutir à un accord contraignant sur les émissions de CO2.

Dans ce nouvel article, Jean-Michel BELOUVE démonte la collusion entre le GIEC et le monde politique. Les enjeux sont énormes, entre l’agenda politique de l’ONU (dont le GIEC est une émanation) défendant les intérêts financiers des dirigeants des pays émergents, l’aubaine offerte aux gouvernements de nos pays de lever une avalanche de nouvelles taxes au nom de la lutte vertueuse contre le CO2, et l’émergence de nombreux intérêts privés, la Science, avec un grand S, a-t-elle encore réellement sa place ?

Jo Moreau

LE GIEC ET LA POLITIQUE, OU LA SCIENCE DEVOYEE

Par Jean-Michel BELOUVE

Le GIEC est-il crédible ?

Pour être plus précis, posons la question ainsi : les hommes politiques ont-ils raison de faire confiance au GIEC dans l’élaboration de politiques économiques et environnementales aux enjeux planétaires ?

La réponse est non. Le GIEC ne constitue qu’un organe dont le rôle est d’apporter une caution scientifique aux décideurs politiques qui ont besoin de prétextes pour imposer des mesures impopulaires. Dans l’exposé qui va suivre nous allons montrer un exemple de compromis politico-scientifique impliquant les rédacteurs du GIEC.

A l’occasion de la conférence climatique de Copenhague, en 2009, les représentants des pays participants ont reporté l’adoption de mesures de limitation des émissions de CO2 à une conférence ultérieure, et se sont contentés de poser le principe d’une limitation de la hausse de température globale à 2° C au cours du XXIème siècle. D’ajournement en ajournement, il a été convenu que l’accord contraignant devrait être scellé à Paris, en 2015. Le document scientifique de base, à cette occasion, sera le rapport AR5 du GIEC, dont la partie scientifique vient d’être publiée, fin septembre 2013.

Prévisions de température et contradictions du GIEC.

Le rapport du Groupe 1 du GIEC expose nombre de constats que les conclusions du même rapport sur l’évolution du climat infirment. Ainsi, l’examen des modèles climatiques fait apparaître de multiples contradictions. Le résumé à l’intention des décideurs politiques conclut à une évaluation positive de la validité des modèles. Ils sont en gros progrès depuis le précédent rapport (l’AR4), et reproduisent bien les évolutions de températures observées au cours de multiples décennies, même si des différences parfaitement explicables apparaissent sur de courtes périodes de 10 à 15 ans. Il en résulte que « les observations et les modélisations des changements de température, des rétroactions climatiques et des modifications du budget énergétique de la Terre apportent conjointement une confiance dans l’importance du réchauffement climatique en réponse aux forçages du passé et du futur ».

La lecture du chapitre 9 du rapport, consacré à l’évaluation des modèles, apporte des informations bien différentes. Les modèles ne reproduisent pas fidèlement les évolutions de température observées, présentent des écarts considérables dans les profils verticaux d’humidité atmosphérique, et sont inaptes à simuler correctement la formation des nuages. Les principaux forçages concourant à l’évolution de la température ne sont donc pas correctement simulés. Mais ce n’est pas tout. La plupart des autres facteurs à prendre en compte sont biaisés par rapport aux observations, qu’il s’agisse des précipitations, des flux radiatifs au sommet de l’atmosphère, de l’étendue de la banquise antarctique, des aérosols atmosphériques, du cycle du carbone ou des principaux flux de circulation atmosphériques et océaniques. Une lecture critique objective de ce chapitre conduit à la réfutation pure et simple de la capacité prédictive des modèles. Ce n’est pas ce que fait le GIEC, qui valide purement et simplement leurs prévisions de températures.

C’est ainsi que le GIEC propose quatre scénarios d’émissions de CO2 pour le vingtième siècle, baptisés RCP 2.6, RCP 4.5, RCP 6 et RCP 8.5, pour lesquels les modèles annoncent des augmentations de températures variant de 1,5° C à 4,5° C en fin de vingt-et-unième siècle.

Un test largement utilisé pour comparer le fonctionnement des divers modèles consiste à partir d’une situation du système climatique à un moment donné, par exemple celle qui existait lors de la période préindustrielle, où le taux atmosphérique de CO2 se situait à un niveau de 280 ppm (280 molécules de dioxyde de carbone dans un million de molécules atmosphériques diverses), de faire tourner le modèle en ajoutant 1% de CO2 supplémentaire se cumulant chaque année, jusqu’à atteindre la concentration double, en l’occurrence 560 ppm, ce qui se produit au bout de 70 ans. On arrête alors d’ajouter du CO2, et on laisse tourner le modèle. L’augmentation de température constatée au terme de 70 ans est appelée la TCR, « réponse transitoire du climat ». On constate que les températures continuent à progresser au-delà de ces soixante-dix ans, et n’atteignent un niveau d’équilibre qu’au terme de nombreux siècles, plus ou moins 10 siècles selon les modèles. A ce niveau d’équilibre correspond l’ECS, « sensibilité climatique d’équilibre ». L’explication de ce phénomène réside dans le fait que pendant la phase transitoire de 70 ans, l’océan capturerait et accumulerait une partie de l’énergie fournie par l’effet de serre du CO2, et ne la restituerait que très lentement.

Les modèles qui fournissent les données utilisées par le GIEC affichent des moyennes qui sont de 1,8 ° C pour la TCR, au bout de 70 ans, et 3,2° C pour l’ECS, atteint au terme de 995 années.

Pour les politiques publiques, évidemment, c’est la TCR qui constitue la donnée cruciale, ou plutôt l’augmentation de température constatée au terme de quelques décennies, l’année 2100 par exemple. Pour les gens ordinaires, ce qui importe est le climat que leurs enfants et petits-enfants connaitront. Certains écologistes, soucieux du sort des générations futures, portent au contraire une grande attention à l’ECS.

Le pavé dans la mare des rédacteurs de l’AR5

Le rapport du Groupe 1 a été rendu public fin septembre 2013. Mais le 19 mai 2013, la revue Nature http://www.nature.com/ngeo/journal/v6/n6/full/ngeo1836.html publiait l’article d’un collectif de scientifiques (liste en fin d’article) qui présentait de nouvelles valeurs pour la TCR et l’ECS. Intitulé « Energy Budget Constraints on Climate Response », ce document annonçait une valeur de 1,3° C pour la TCR (au lieu de 1,8° C dans l’AR5) et de C pour l’ECS (contre 3,2° C). Or sur les 17 signataires de l’article, 14 étaient des « coordonative lead authors » ou des « lead authors » du rapport du GIEC en cours de finalisation ! Tous sont des personnalités scientifiques reconnues et influentes, tant au sein de l’instance onusienne que de la communauté des climatologues. Pourquoi de telles sommités remettaient-elles en cause des conclusions officielles sur le point d’être publiées, et auxquelles elles avaient contribué activement ?

S’agissait-t-il d’un schisme au sein de la communauté scientifique associée au GIEC ? Invraisemblable, compte tenu de l’implication constante des scientifiques concernés dans la théorie d’un réchauffement climatique d’origine humaine et potentiellement catastrophique. S’agissait-il d’une démarche concertée au sein du GIEC pour corriger l’impression laissée par les explications douteuses de l’AR5 sur l’absence de hausse de température depuis 15 ans ? Mais ce-faisant, le GIEC aurait pris un risque énorme de décrédibiliser le rapport AR5, et donc tout le système.

La lecture de l’étude de mai 2013, et les profils de certains des rédacteurs fournissent des indications sur les motivations des auteurs. L’étude elle-même présente un calcul élémentaire à partir de deux formules très simples donnant la TCR et l’ECS en fonction des valeurs de forçage tirées de données d’observations sur la période 1970-2010. On en déduit les nouvelles valeurs que devraient prendre la TCR et l’ECS si les simulations avaient respecté l’évolution passée des températures. Les auteurs rectifient donc les résultats de modélisations très complexes au moyen de deux banales divisions, et la portée scientifique du document est fort mince. La méthode est d’autant plus problématique qu’elle présuppose que la totalité de la hausse des températures de la période 1970-2013 résulte du CO2 et des rétroactions à l’effet de serre qu’il engendre. Les auteurs prennent grand soin d’assurer que leurs résultats sont en plein accord avec ceux des modélisations précédentes, même s’ils sont sensiblement inférieurs, qu’on reste à l’intérieur des fourchettes, etc…

Outre les 14 rédacteurs-chefs du GIEC, on note la présence de Nicholas Lewis, mathématicien passionné de climatologie, devenu climatosceptique très actif, et intervenant fréquemment sur les blogs de McIntyre et Anthony Watts. Mais la rédaction principale de l’étude est à l’actif du couple Alexander et Friederike Otto, chercheurs à l’Université d’Oxford. L’un et l’autre ont une solide formation de physiciens, mais Friederike est titulaire d’un doctorat en philosophie des sciences et Alexander est docteur en économie, spécialiste d’évaluation des modèles climatiques et d’économie environnementale. Ce dernier est très impliqué en tant que consultant scientifique des autorités environnementales britanniques. Il fait également partie des auteurs-contributeurs de l’AR5 Groupe 1, ce qui porte à 15 le nombre d’auteurs impliqués dans le rapport du GIEC.

La presse britannique s’est empressée de demander à Alexander Otto et à ses coauteurs des explications sur les contradictions apparentes entre leur étude et les conclusions du GIEC. Leur réponse est que les nouveaux chiffres ne justifient absolument pas que l’on renonce à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Il apparait seulement que leur nouveau papier apporte des éléments qui rendront plus facile un accord international, en permettant une solution qui concilie préservation de l’environnement et développement économique, ce qui apparaissait de moins en moins possible avec les précédentes prévisions de températures. Le site britannique « The Carbon Brief » expose ces perspectives dans un article intitulé « Reconciling the science, economics and policy of climate sensitivity: would a lower value buy us more time? » http://www.carbonbrief.org/blog/2013/06/reconciling-the-s... . Le Professeurr Kevin Anderson, Deputy director du Tyndall Center for Climate Change, résume et s’indigne : « scientists are pressured to tailor their arguments to fit “politically palatable” scenarios (on met la pression sur les scientifiques pour qu’ils retaillent leurs arguments pour les mettre aux mesures du ‘politiquement acceptable’) » http://peopleandnature.wordpress.com/2013/07/03/stop-tail... . Kevin Anderson est admirablement placé pour faire cette remarque, car le Tyndall Center réunit un aréopage de politiciens, hauts fonctionnaires, scientifiques et économistes gravitant autour des autorités environnementales britanniques. Et il ajoute, à propos de la concertation climatique internationale : « nombre de scénarios, sinon la plupart d’entre eux, sont complètement irréalistes en proposant des changements immédiats aux tendances courantes des émissions. En outre, ils persistent à négliger ce qui se passe en Chine et en Inde, et à ignorer comment la partie la plus pauvre du monde a besoin de plus d’énergie pour se développer et améliorer son bien-être ». Pour résumer, il n’existe de scénario acceptable, et des chances d’aboutir à un accord avec les pays en développement, que si les programmes de réduction du CO2 sont adoucis et étalés dans le temps. Et pour cela, on a besoin de la caution scientifique d’une sensibilité climatique révisée à la baisse.

Tout cela s’éclaire encore plus lorsqu’on prend connaissance d’une étude, économique celle-là, publiée quelques jours plus tard par Alexander Otto, associé à Benjamin Todd, éminent spécialiste de l’économie du risque climatique, et Myles Allen, l’un des coordinative lead author de l’AR5 signataire de l’étude scientifique du 19 mai. Elle s’intitule « Climate System Properties Determining the Social Cost of Carbon ». http://iopscience.iop.org/1748-9326/8/2/024032/article

Les auteurs s’attachent à relier les valeurs de TCR et d’ECS aux calculs économiques d’évaluation des dommages qui seront causés par le changement climatique. Il s’agit d’établir un «coût social du carbone» qui se chiffre en dollars par tonne de carbone émise. Dans cette étude, une valeur actualisée de US$ 30 est associée à une TCR de 1,3° C. Cela signifie que, dans un scénario aboutissant à cette TCR, chaque tonne de carbone émise aujourd’hui est responsable de 30$ de dommages futurs engendrés par les dérèglements climatiques. Si l’on fait le compte de ce que coûterait le cumul des émissions d’un tel scénario, on aboutit à la valeur astronomique 126 mille milliards de dollars ! Les autorités environnementales et les gouvernants sont friands de l’indicateur que constitue le « coût social du carbone », qui leur permet d’échafauder des budgets de lutte contre le réchauffement, de fixer le barème des taxes carbones, et le tout avec un minimum de réflexion.

La concomitance des deux articles dont Alexander Otto est le principal scripteur rend la manœuvre très claire. Il s’agit de se donner des arguments, en vue de la Conférence de Paris de 2015, pour proposer un accord aussi modéré que possible dans les contraintes à imposer aux diverses parties. Aboutir à un accord est crucial pour tous les protagonistes. Un échec conduirait à la fin du GIEC et de la CCNUCC, et au discrédit de tous les responsables qui ont imposé les politiques climatiques coûteuses qui sévissent depuis une quinzaine d’années. Au contraire, un accord qui atténuerait les diminutions d’émissions des pays développés et laisserait augmenter dans certaines limites celles des pays en développement sauverait la face, et surtout justifierait la poursuite de taxations du carbone et de soutien à une économie verte qui sans cela s’effondrerait.

Halte à la manipulation, halte à la gabegie, halte à la corruption de la démocratie

Ainsi va la climatologie ! On ne parvient pas à un accord politique sur les bases scientifiques actuelles ? Alors on change la science. L’ONU et la CCNUCC se donnent une chance pour 2015, et espèrent s’assurer ainsi un siècle de survie. Les pays développés dépenseraient une modeste part des 126 mille milliards de dollars de coût social du carbone, à la satisfaction des dirigeants des pays en développement qui verraient leur consentement récompensé et rétribué, au grand soulagement aussi des filières de l’énergie verte et de tous ceux qui craignent la mort de la poule aux œufs d’or, et sept milliards de dupes seront invitées à applaudir ce triomphe historique de la science et de la raison.

Est-ce le GIEC qui a imaginé cette tortueuse démarche, ou sont-ce les gouvernements qui l’ont imposée au GIEC ? Peu importe. Cette affaire montre à l’évidence que cette organisation internationale défend avant tout un projet politique de société, et qu’elle favorise le développement d’un courant scientifique inféodé à des organes de gouvernement. Nous ne pouvons croire à cette science qui se déjuge au gré des impératifs de géopolitique. Il faut dire halte à la manipulation, halte à la gabegie, halte à la corruption de la démocratie.

Le GIEC a failli dans sa mission de nous éclairer sur les causes et les conséquences du changement climatique. Après vingt-trois ans de recherches coûteuses, mobilisant des moyens matériels et humains considérables, les questions posées au GIEC n’ont pas reçu de réponses convaincantes. Tous ceux qui ont été les complices de cette supercherie méritent l’opprobre, qu’ils aient agi par duplicité, opportunisme ou naïveté. Le GIEC a dévoyé la climatologie, qu’il faut remettre dans le droit chemin, car on ne peut conclure de son échec que l’action humaine n’a aucune conséquence sur le climat, et il faut que nous obtenions des réponses claires et crédibles sur le futur que nous bâtissons. Il faut libérer la recherche, les chercheurs et le débat scientifique des carcans qui les enferment dans un cadre de présupposés. De la liberté naitra la vérité, et alors seulement nous saurons s’il faut agir, et dans quel sens.

Liste des auteurs de l’étude « Energy Budget Constraints on Climate Response » :

Alexander Otto : Environ ment Change Institute Research Fellow on Climate Decisions, Oxford University http://www.eci.ox.ac.uk/people/ottoalex.php ,auteur-contributeur du rapport Groupe 1 de l’AR5

Friederike Otto : Post Doctoral Research Fellow, ECI, Oxford University

Nicholas Lewis : Mathématicien et physicien, expert réviseur de l’AR5

14 coordonative lead authors ou lead authors de l’AR5 Groupe 1 : Myles R Allen, Olivier Boucher, John Church, Piers M Forster, Nathan P Gillett, Jonathan Gregory, Gabriele Hegerl, Gregory C Johnson, Reno Knutti, Ulrike Lohman, Jochem Marotzke, Gunnar Myrhe, Drew Shindell, Bjorn Stevens.

Jean-Michel BELOUVE

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