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18/07/2010

AMNISTIE OU PARDON ?

Numériser0003.jpg Des dépêches d’agence impliquent le pré-formateur Elio di Rupo dans un processus d’amnistie pour les collaborateurs condamnés après la libération.

Cela me paraît tout d’abord une interprétation très exagérée. A ma connaissance le vice-premier a simplement pris l’opinion du psychiatre Van Meerbeeck, favorable lui à une telle mesure qui favoriserait -dit-il- une réconciliation entre tous les Belges. Mais la manipulation ou la distorsion de l’information par les médias ou par des commentateurs divers n’est pas un fait nouveau.

Contrairement à la Wallonie, la question est surtout sensible du côté flamand, ce point ayant toujours été une revendication des mouvements nationalistes du nord du pays (et ce dès après la première guerre mondiale). Non pas qu’objectivement la collaboration ait été plus intense en Flandre qu’en Wallonie, le nombre de condamnations pour faits de collaboration étant proportionnellement équivalente pour chaque communauté, mais elle fut pour certains d’un autre ordre. Les collaborateurs flamands ont été pour une partie, convaincus que le régime nazi serait le vecteur d’un autre avenir pour une Flandre en-dehors de la Belgique, soit au sein du Reich, soit dans une indépendance musclée.

Ce en quoi ils devaient en définitive être bien déçus, mais pas découragés !

Mais que ce soit dans le Nord ou le Sud du pays, il y eut la masse de dénonciateurs, des assassins, des profiteurs, des traîtres à leur pays qui n’hésitèrent pas à porter l’uniforme de l’ennemi, alors qu’aucun traité de paix n’était signé. Et puis tous ceux qui adhérèrent avec enthousiasme à une idéologie dont le caractère criminel ne pouvait échapper à personne.

Une grande partie d’entre eux s’échappèrent du pays en 1944, la plupart en Amérique du Sud où ils fondèrent de véritables communautés, notamment en Argentine, où eux ou leurs descendants perpétuent encore aujourd‘hui le souvenir de leurs exploits, comme cela existe chez nous également.

Alors, quand on me parle de « réconciliation entre les Belges » en faveur de ceux qui n’avaient -et n’ont toujours- de cesse de hurler « België barst  » (que la Belgique crève) me ferait doucement rigoler, si ce n‘était si triste…

Quand je vois des milliers de spectateurs de courses cyclistes agiter en toute innocence des drapeaux flamingants qui leur ont été distribués par des représentants de mouvements extrémistes dirigés par des nostalgiques de la croix gammée, je suis révolté. (Malgré une certaine ressemblance, il ne s’agit en effet pas du drapeau de la Région flamande).

Le pardon ? Pourquoi pas, au cas par cas, pour celui qui le demande et qui est conscient de s’être trompé.

L’effacement de certaines conséquences pour les descendants ? A examiner, mais des indemnités quelconques pour quelque raison que ce soit sont à exclure.

L’amnistie ? J’aurais l’impression d’inverser les rôles, et que nous reconnaîtrions une injustice à l’égard de ces dévoyés. Je ne conçois pas d’amnistie généralisée, qui bénéficierait surtout à ceux qui n’ont en rien renié leur idéologie.

Qu’ils soient Flamands ou Wallons.

Certains faits particulièrement graves ne peuvent être passés par pertes et profits, et chacun doit être conscient que certains choix ont des conséquences irréversibles. Cela était vrai hier, et ce doit encore l’être aujourd’hui.

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Jo Moreau.

16:08 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique, culture, valeurs | |  Facebook |

18/06/2010

ELECTIONS...ET MAINTENANT ?

Le clash annoncé a bien eu lieu : environ 50% des Flamands ont voté pour des partis peu ou prou autonomistes, et ce en additionnant les voix de la NVA, du VB et de la LDD.

Il est inconcevable que ce résultat ait pu étonner les politiciens francophones, et démontre ce que je dénonçais dans mes billets précédents : une méconnaissance crasse des attentes d’une majorité des habitants du Nord de ce pays. Ils ont tous démontré leur incapacité à gouverner, car gouverner c’est prévoir. Leur indigence est d’autre part affolante quand on pense aux défis futurs que nous réserve la crise économique…

C’est principalement cette volonté de ne rien entendre qui a poussé une importante fraction des citoyens flamands dans les bras des plus jusqu’au-boutistes.

Le réveil est brutal pour ceux qui étaient endormis depuis longtemps sur leurs certitudes : la supériorité de la langue française qui se suffit à elle-même, justifiant le front des francophones abandonné à la direction exclusive de Monsieur Maingain, dont l’essentiel du programme politique consiste à s’opposer à toute demande flamande, quelle qu’elle soit.

Et aujourd’hui, on est prêt à accorder à la NVA et à BDW ce qu’on a toujours refusé aux partis flamands modérés : de vraies négociations institutionnelles. Mais nous ne nous trouvons plus face à des Belges néerlandophones, mais à de vrais nationalistes dont le but final est bien de larguer la Wallonie, dont il n’ont rien à cirer. Et pour sauver la face, tout le monde découvre aujourd’hui un De Wever devenu subitement parfaitement fréquentable, et dont la morgue pourtant n’a d’égal que le mépris dont les francophones tenaient jadis les Flamands…

Croire que celui-ci a modifié ses objectifs serait une profonde erreur, et d’ailleurs BDW n’a en rien renié son discours autonomiste, il y introduit simplement une notion de délai.

Ceci ne signifie pas que les Flamands sont de doux petits anges incompris, car le discours tenu par leurs hommes (et femmes..) politiques ont également une large part de responsabilité dans la situation que nous connaissons. Un discours qui s’est radicalisé dans la mesure où le nationalisme flamand a remplacé dans la majorité de la population flamande, un nationalisme belge « soft », qu’on a préféré occulter complètement au nom de je ne sais quelle idéologie humaniste qui n’a cours que chez nous. Il s’agissait là d’une erreur fondamentale qui est, parmi d’autres, à la source de l’estompement de l’idée nationale belge.

S’il a toujours existé dans l‘histoire de la Belgique, bien qu’au départ il fut simplement réformiste, le sentiment autonomiste flamand n’a jamais été aussi fort qu‘actuellement, même lors des meilleurs scores du Vlaamsch Nationaal Verbond, qui eut 16 élus en 1936 avant son virage néo-belge vers la fin de la guerre, ou de la Volksunie qui compta 21 députés, après toutefois qu‘elle aussi ait abandonné ses rêves autonomistes.

Jamais, la réputation autoproclamée de pays du surréalisme n’a autant justifié cette appellation : voir un républicain autonomiste chargé par le Roi de « sauver le brol », comme disait un certain Prince-Régent juste après la guerre, en est la parfaite illustration.

Quelle sera la suite ? Je n’en sais fichtre rien. La seule chose dont je sois certain, c’est qu’il faut aller très loin dans la réforme des institutions, vers un fédéralisme très élaboré (pour ne plus parler de confédéralisme, qui fait hurler les puristes). Si nous nous nous satisfaisons une nouvelle fois de demi-mesures, nul doute que la prochaine étape sera très douloureuse.

Voir aussi : http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/11/05/reba...

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Jo Moreau

17:47 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : élections, particratie, crise, communautaire, fédéralisme | |  Facebook |

23/05/2010

LES PARTIS FRANCOPHONES EN PLEINE CRISE D'AUTISME.

« L'autisme est un handicap d'apprentissage à l'origine de problèmes de comportement entraînant un décalage et un manque de compréhension de l'environnement associé à une difficulté à communiquer correctement ».

Le futur gouvernement sera confronté à deux défis principaux : la résolution qu’on espère définitive du problème communautaire, et la crise monétaire et économique qui menace la crédibilité des Etats, et jusqu‘à l‘existence même de l‘Union Européenne.

Pour ce qui concerne le communautaire, j’assiste avec consternation à la campagne électorale de nos partis francophones, et à leur absence totale de réponse « miroir » à ce qui se passe en Flandre, où ce problème est très présent dans la campagne électorale, les derniers sondages en témoignent. Rappelons-nous tout de même que le gouvernement précédent est tombé sur la question communautaire.

La montée en force des idées séparatistes en Flandre fut largement alimentée ces dernières années par le refus systématique du monde politique francophone de prendre en compte les demandes flamandes de négociations institutionnelles.

Face à cette évidence, nous avons un « Front des Francophones », dirigé à la baguette par un Maingain, qui sous des dehors jésuitiques du style « moi un extrémiste ?, où allez-vous chercher cela », ne rate pas une sortie provocatrice propre à faire échouer toute négociation. Parfaitement aidé en cela dans les récentes crises par la RTBF, pour qui il apparaissait comme le seul porte-parole francophone, face au seul porte-parole flamand Bart De Wever.

Aucun parti francophone n’ose prendre l’initiative d’un programme clair et progressiste pour l‘avenir institutionnel de notre pays, apte à servir de base de négociation crédible face aux demandes flamandes. Je ne parle pas de diverses personnalités lançant des ballons d’essai à titre strictement privé, et prêt à soutenir le lendemain le contraire de ce qu’ils ont suggéré la veille. De part et d’autre de la frontière linguistique, tous les partis en sont au même point : plus francophone (flamand) que moi, tu meurs.

Pour la survie de la Wallonie -et de la Belgique-, il serait pourtant indispensable de ne plus jouer à l‘autruche. La Flandre veut une autonomie la plus large possible, et encore une fois, c’est son droit le plus strict de mettre ce problème sur la table. En face, un monde politique francophone qui depuis des décennies ignore cette demande, et n’a jamais voulu négocier une réforme de l’Etat en partenaire responsable, au risque de voir se l’imposer demain sans plus aucun ménagement, et dans sa forme la plus intransigeante.

Comme seule riposte, nous ressortons les drapeaux, l’unité du pays et le bilinguisme comme seuls antidotes obsolètes et unilatéraux, et affirmons que le principal problème est le social et la crise. A chaque coup, nous disons que ce n’est vraiment pas le moment de s’occuper de cela, et renvoyons les Flamands à nos fantasmes d‘un pays uni où chaque francophone est partout chez lui. Or, je crains beaucoup que cette fuite en avant se clôturera le lendemain de ces élections par un tout droit dans le mur.

Nous sommes face à deux conceptions radicalement différentes de ce que doivent être les régions (con)fédérées : le droit du sol flamand, contre le droit des gens francophone. Deux notions incompatibles ? Sans doute si l’une veut s’imposer contre l’autre dès demain, mais je suis persuadé qu’un accord réaliste est envisageable et des solutions applicables dans un avenir raisonnable. Et il faut bien constater que partout dans le monde, la seule notion qui tienne la route est le droit du sol. Bien sûr, cela est difficile à admettre au sein d’un même pays, mais en va-t-il autrement dans tout pays à structure fédérale, d’autant plus lorsque nous sommes face à deux entités linguistiquement différentes, et socialement ainsi que politiquement divergentes ?

Alors que nous nous gargarisions d’être un laboratoire des « compromis à la belge » que le monde entier nous enviait (?), nous aurions intérêt aujourd’hui d’aller voir ailleurs comment cela se passe… Je parle bien entendu de pays raisonnables tels que la Suisse ou le Canada.

Encore une fois, il n’est pas question d’accepter telles quelles toutes les revendications flamandes, dont certaines sont imbuvables, mais accepter l’ouverture de négociations win-win, sans tabous ni exclusives en reprenant l‘initiative.

Pour ce qui concerne le volet social et économique, tous nos partis clament en chœur qu’il s’agit là de la véritable et unique priorité pour nos populations.

Rappelons que la crise peut se développer soit vers la perte de confiance envers la capacité de remboursement de leur dette, des pays dont on peut douter du développement ultérieur de leur économie, ou de leur capacité à réduire leurs dépenses. En toute hypothèse, il faut s’attendre à une inflation galopante au vu de la masse monétaire créée dans tous les pays développés depuis maintenant deux années.

Or que constatons-nous ? Tous les pays européens se sont engagés dans des réformes drastiques permettant, du moins on l’espère, de réduire la dette qui s’est dramatiquement creusée depuis le début de la crise qui menace l’avenir financier de nos pays. Tous les régimes, qu’ils soient de droite ou de gauche, admettent qu’il faut réduire les dépenses pour tenter de survivre.

Seule la classe politique wallonne estime que chez nous tout va bien, puisqu’ aucun parti ne prévoit une quelconque restriction drastique dans les dépenses sociales et autres, telles que le paiement d’indemnités de chômage sans limitation de durée ni contrepartie, des allocations familiales pour chaque enfant quel qu’en soit le nombre, d’une couverture médicale maximale quels que soient les revenus du bénéficiaire, d’une kyrielle de services gratuits pour certaines catégories de population, de subventions en tous genres pour des asbl aux objectifs aussi nébuleux qu’incontrôlés, d’administrations pléthoriques dont les compétences souvent se chevauchent. Je m’arrête …mais la liste n’est pas close, loin de là !

Parallèlement à ces restrictions de dépenses, il va falloir augmenter les recettes. Les pistes les plus acceptables pour préserver le développement sont la lutte contre toutes les fraudes, et la taxation des (très) hauts revenus et des transactions financières.

Mais , dans un bel élan de générosité avec l’argent des contribuables, certains programmes électoraux prévoient au contraire une augmentation des dépenses publiques, dans une totale négation de la réalité économique catastrophique dans laquelle nous sommes plongés.

Rien de tout cela n’est pris en compte dans la campagne électorale, du moins dans les partis susceptibles de gouverner. Aucune vision réaliste et garante d’un avenir pour les jeunes générations. Aucune mesure concrète n’est proposée. Les programmes qu’on nous sert aujourd’hui sont pratiquement les mêmes qu’il y a deux ans, qu’il y a dix ans.

Rien que du vent, un vide abyssal déconnecté de la réalité, un autisme intégral …

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Jo Moreau.

18:36 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : élections, particratie, crise, communautaire | |  Facebook |

01/05/2010

JE REVE DONC JE VOTE

Ma jeunesse fut baignée du merveilleux sentiment du « tout est possible, quoique vous fassiez, la réussite est au bout du chemin ». On sortait de l’Expo 58. Les arts, la mode, l’architecture connaissaient un bouillonnement extraordinaire, les transistors nasillaient du Brassens, du Brel, du Gainsbourg, Ferré n’était pas loin et bientôt les Beatles allaient bousculer toutes les habitudes. Et au bout de la décennie, la Lune s’offrait à la fascination des petites lucarnes encore en noir et blanc.

Vision idéalisée d’une époque révolue ? Sans doute, mais je l’ai vécue ainsi, et je ne suis pas le seul.

Ce fut également l’époque des premiers conflits communautaires ouverts, des « mars op Brussel », de la découverte étonnante que les francophones n’étaient pas majoritaires en Belgique, mais Dieu merci, ils en constituaient toujours l’élite économique et intellectuelle. La certitude aussi dans la bourgeoisie bruxelloise que toute revendication flamande ne pouvait être le fait que de quelques inciviques qui avaient échappé par miracle à l’épuration, sentiment qui a d’ailleurs vaguement perduré jusqu’à aujourd’hui.

Et depuis, ces conflits communautaires ont cannibalisé l’essentiel de la vie politique belge, entre une course flamande à l’autonomie, de plus en plus insistante et intransigeante, et un autisme francophone qui a débouché sur un blocage total de tout accord raisonnable.

Le clash institutionnel que nous connaissons aujourd’hui est le résultat de l’évolution des rapports entre deux communautés qui en sont venues à s’ignorer totalement, à cimenter entre elles un mur plus infranchissable encore que le mur de Berlin. Tout ceci dans un environnement économique de plus en plus déprimant, sauf pour quelques privilégiés accapareurs.

Alors, j’attends un discours politique qui me permette à nouveau de rêver, de voir un avenir différent, des voix qui me disent : voici ce que nous voulons changer et comment nous allons le faire. Un discours dépoussiéré, réaliste et idéaliste à la fois, qui proclame : nous avons un nouveau pays à créer, une région à construire, une Europe à concevoir, une démocratie à réinventer, au boulot et retroussez-vous les manches: il faut vaincre la conjuration des impossibles. Un discours qui dise aux jeunes, oui, vous avez un avenir mais c’est à vous à l’imaginer, à le bâtir. Quittez vos consoles, ne fut-ce que quelques heures par jour, elles ne font que vous inscrire dans un monde de conformisme et de violence que l’Homme doit dépasser.

Sortez, n’écoutez pas les voix de la peur, peur de la science, des OGM, des volcans, du climat, de la grippe, du nucléaire etc…en un mot, peur du progrès. Tout en cultivant le sentiment du respect, celui de l‘autre, celui de l‘environnement.

Et j’écoute le JT de ce premier mai, le premier aussi de la campagne électorale.

Monsieur Di Rupo, dans un copier-coller de la campagne précédente, peste contre le libéralisme sans rien proposer comme alternative -suivant son habitude-, tandis que Monsieur Michel père en appelle à la responsabilité du citoyen (?!?!?!), oubliant de regarder dans son assiette.

Allons, c’est pas gagné !

N' HESITEZ PAS - LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE  ! 

Jo Moreau

01.05.2010

17:09 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, élections, programmes, partis | |  Facebook |

22/04/2010

BELGIQUE, UN FUTUR EST-IL POSSIBLE ?

Les évènements de ce jour démontrent une nouvelle fois l’impasse institutionnelle dans laquelle est engagée la Belgique, de par la conception essentiellement divergeante de l’Etat, entre la vision flamande du droit du sol et la vision francophone du droit des gens.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un héritage « génétique », mais bien d’un héritage historique entre la vision offensive d’une Flandre frileuse en quête de reconnaissance, et peu à peu grignotée par des populations francophones autour de Bruxelles, et une vision francophone toujours accrochée à une conception passéiste de l’Etat belge, et qui n’en peut plus de freiner de toutes ses forces la marche vers une évolution inéluctable que sa classe politique semble seule à vouloir ignorer.

Depuis longtemps, je suis convaincu que la seule chance de survie d’un Etat belge se trouve dans une structure confédérale formée de Régions-Etats, disposant chacune de pratiquement tous les pouvoirs, et finançant un Etat Central gérant la politique étrangère, la défense, la Banque Centrale, un tronc commun minimal de Sécurité Sociale et quelques coquilles indispensables sur le plan international telles que l’Agriculture, les sports etc…

Je ne suis pas le seul : il s’agissait là d’une revendication de Bart de Wever, dont je ne partage certes pas toutes les prises de position, mais qui a au moins l’avantage d’être parfaitement clair dans sa ligne politique. Et dont l’honnêteté idéologique me convient mieux que les circonvolutions sémantiques et les agendas cachés des autres partis flamands, et que l’immense force d‘inertie de leurs collègues francophones.

Il s’agit là de la seule issue pouvant nous sortir d’un carrousel institutionnel remis périodiquement sur la place publique, et dont les francophones sont les perpétuels perdants, les avancées institutionnelles étant au seul bénéfice de la Flandre, qui a parfaitement assimilé depuis de nombreuses années la tactique des « petits pas ».

D’autre part, les politiciens francophones ont toujours préféré ignorer les revendications flamandes, aussi justifiées qu’aient pu être celles-ci. Cette politique du « cause toujours mon lapin », ne pouvait déboucher que sur un clash de grande amplitude. Car ne nous leurrons pas, même si le problème de la scission de BHV devait être résolu je ne sais par quelque tour de magie, un autre motif de conflit surgira peu après, et je parierais sur la suppression des facilités dans la périphérie. Impossible direz-vous car inscrit dans la Constitution ? On prend le pari ??

Nous aurions dû accepter la grande négociation sur une nouvelle Belgique, qui tienne compte des aspirations flamandes (qui seront envers et contre tout un jour finalisées), et qui sommes toutes sont à prendre en considération même si elles ne correspondent pas à la vision francophone d’une Belgique où tous les citoyens sont partout chez eux, à condition qu’ils parlent français. Mais une négociation où tout aurait été remis à plat, car par exemple la délimitation de la frontière linguistique fut accepté par les francophones dans la perspective d’un Brabant bilingue et de l’existence des facilités linguistiques dans certaines communes. Ceci formait un package et remettre en question un seul élément aurait dû rendre obsolète l’ensemble de l’accord.

Alors, une négociation difficile ? Sans aucun doute, mais la prise en considération du désir flamand vers plus d’autonomie pouvait amener une confiance renouvelée entre négociateurs, et obliger la Wallonie à plus de réalisme et une nouvelle dynamique dans son développement social et économique. D’autre part, elle pouvait aussi récupérer des emplois représentatifs et décisionnels actuellement sacrifiés sur l’autel artificiel d’un prétendu bilinguisme. Cela suppose une frontière définitivement fixée, et des Régions-Etats pleinement compétentes sur leurs territoires.

Malheureusement, cette conception d’une nouvelle Belgique confédérale n’a aucun écho parmi les politiciens francophones, dont la volonté politique se limite à la nomination de trois bourgmestres contestés, qui rappelons-le, déclenchèrent leur action provocatrice en pleine période délicate sur le plan inter-communautaire.

Le refus de voir les réalités en face amèneront de douloureux réveils, alors que nous aurions pu réellement prendre notre destin entre nos mains, et non le laisser dériver au bon gré des politiciens de l’autre communauté.

Si nous voulons un avenir pour ce pays, il est temps d’en prendre conscience, s’il n’est pas trop tard !

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Jo Moreau.

18:42 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |

13/04/2010

ADOS VIOLENTS ET ALLOCATIONS FAMILIALES

Une idée fait de plus en plus son chemin dans certains milieux, y compris politiques : pour sanctionner le fait qu’un de ses rejetons filerait du mauvais coton, on suspendrait le versement de tout ou partie des allocations familiales afférentes au délinquant, sous prétexte de mauvaise éducation.

On punirait ainsi tout un noyau familial des fautes d‘un de ses composants, en épargnant le principal fautif, ce qui est un comble. D’autant plus que nous sommes souvent face à un milieu socio-familial défavorisé ou déraciné qui bénéficie souvent de revenus extrêmement réduits, et qui devra malgré tout continuer à subvenir aux besoins journaliers les plus élémentaires. Il n’est pas rare d’ailleurs que ce type de problème se pose dans des familles monoparentales, où la mère est le seul parent qui doive affronter un adolescent violent et dominateur.

Il faut poser la question : ces parents qui « capitulent » dans l’encadrement de jeunes devenus de véritables délinquants , -et qui souvent en sont les premières victimes- sont-ils bien les seuls responsables de cet état de fait.

Face à un déferlement de messages permissifs tous azimuts délivrés par la société actuelle, il faut réaliser que le seul rôle des parents consiste encore, suivant l’âge de l’enfant, à délivrer des signaux élémentaires, style çà c’est bien et çà c’est mal, ou plus tard à entretenir un dialogue de responsabilisation, si bien sûr l’ado est ouvert à ce type de dialogue, et surtout si les parents en ont la capacité intellectuelle.

Politiquement parlant, il est évidemment satisfaisant d’avoir enfin mis le doigt sur des responsables : les parents démissionnaires, (et accessoirement l’école), et les mettre face à leurs responsabilités (?) avec une mesure électoralement gratifiante mais totalement inefficace…

Je suis contre cette mesure, qui si elle devait voir le jour, me parait injuste et peu encline à modifier quoi que ce soit dans un comportement violent, qui trouve son épanouissement plus dans la « famille de substitution » -soit la bande urbaine-, que dans le noyau familial proprement dit.

Il existe d’autres mesures bien plus efficaces, mais qui demandent un courage politique que n’ont pas nos décideurs, et qui passent par le refus de l’apartheid et de la ghettoïsation organisée par notre belle société multiculturelle, la lutte sans merci contre le commerce et l’usage de drogues aussi bien dures que soi-disant douces, la tolérance zéro surtout vis-à-vis des jeunes, (sans nécessairement déboucher sur la prison ou l’IPPJ) parmi d‘autres. Je reviendrai ultérieurement sur les raisons de la déliquescence de notre société, raisons qui sont en fait connues de tous, mais que plus personne n’ose exprimer ni surtout combattre.

Et puisque la délinquance passe souvent par la déscolarisation, je remets en avant une idée que j’avais déjà exprimée sur ce blog : des indemnités de chômage proportionnelles à la qualification scolaire ou professionnelle acquise par le jeune arrivant sur le marché du travail ,

 voir http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/21/le-...

Certains rétorqueront qu’à terme, il s’agit également d’une mesure financière qui défavorise la famille, mais une telle mesure aurait l’avantage de rencontrer une partie du problème anticipativement, et pourrait avoir un véritable impact sur la motivation des parents et du jeune, sans bien sûr avoir la prétention de régler un problème devenu très aigu ces dernières heures, dans notre belle capitale européenne...

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Jo Moreau

17:08 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : violence, société, délinquance, répression, justice | |  Facebook |

18/02/2010

LA WALLONIE, EN ETAT DE VETUSTE AVANCEE

Nous ne connaissons pas encore les causes exactes des catastrophes récentes, telles que l’explosion de Liège ou l’accident de chemin de fer de Halle.

Elles me font toutefois m’interroger sur l’état du pays, et plus précisément de la région et de ses équipements. Un simple coup d’œil autour de nous est révélateur à ce sujet.

L’ensemble de nos infrastructures date de plusieurs dizaines d’années , voire d’une centaine d’années ou plus, et depuis trop longtemps, n’a plus fait l’objet d’un entretien sérieux ou d’une remise à niveau.

Si on faisait l’énumération de tous les manquements, aucun équipement collectif n’est épargné.

Des bâtiments scolaires en état déplorable, quand ce n’est pas le manque de place difficilement compensé par des préfabriqués temporaires qui sont devenus définitifs. Des équipements défaillants ou complètement obsolètes dans plusieurs établissements techniques ou professionnels, sans parler des laboratoires de sciences dans certains établissements secondaires.

Que dire de l’infrastructure judiciaire et répressif ...

L’état des égouts de Bruxelles (et celui des autres villes ne doit pas être plus brillant), où les effondrements se multiplient, a eu récemment les honneurs de nos médias.

On sait l’état déplorable du réseau de distribution d’eau, qui mériterait bien plus que des réparations ponctuelles au gré des fuites. Mais plus inquiétant, qu’en est-il du réseau de distribution du gaz ? Là aussi, des accidents de plus en plus fréquents permettent de poser la question, non seulement vis-à-vis du réseau de distribution mais également de l’équipement souvent (très) ancien des maisons particulières, où contrairement à l‘équipement électrique, aucun contrôle n‘est imposé.

Je ne reviendrai pas sur l’état des routes, indigne d’un pays développé et qui est la résultante de magouilles du privé et de démissions diverses -sinon de la complicité- de l’autorité (?) publique. Epinglons aussi l’état d’abandon des ouvrages d’art ainsi que des panneaux de signalisation ou du marquage au sol, décoloré ou simplement inexistant.

Le chemin de fer, que ce soit le réseau ou le matériel roulant, fait la une des médias. j’aurai la décence de ne pas en parler.

L’état de saleté de nos villes est aussi à relever, ainsi que le délabrement du mobilier urbain, quand il existe.

Dans un autre ordre d’idées, des touristes s’étonnaient encore récemment de la fermeture d’un musée pendant l’heure de table, faute de surveillants en nombre suffisant.

Mais j’arrête ici cette énumération déprimante que chacun pourra compléter à sa guise… Qu’on ne dise pas que j’exagère : il suffit de franchir nos frontières, dans quelque direction que ce soit, pour s’apercevoir du gouffre qui nous sépare des pays voisins.

En face de cela , nous avons une organisation politique pléthorique, qui est la seule classe de la population qui ne connaît ni crise, ni chômage, et qui n‘a conscience de son indécence que quand on la lui désigne du doigt, et encore, avec beaucoup d’insistance et pas toujours avec succès !

Un monde politique qui distribue primes et subventions sans compter, via des milliers d’asbl subventionnées et ce au gré de l’intérêt familial, idéologique ou électoraliste des généreux donateurs, des intercommunales permettant de juteux compléments de rentrées financières pour quelques uns, sans compter les cabinets d’audits et consultants en tous genres payés à prix d’or, parfois pour des prestations fantômes, permettant de douter sincèrement de la compétence des ministères ou des cabinets ministériels.

Des ministres choisis pour la plupart en fonction de leur profil people, jeunes, allochtones, femmes, etc…, plus enclins à servir les intérêts de leur parti que l’intérêt général. De combien d’entre eux (elles) pourra-t-on dire plus tard : c’était un véritable Homme d’Etat (ou Femme, c’est selon) ?!.

Il serait primordial de faire table rase de tout cela, et de mettre dans la balance d’une part les rentrées budgétaires, et de l’autre les véritables priorités auxquelles nous sommes confrontés, et concevoir une toute nouvelle politique de répartition des dépenses, en fonction des besoins d’équipement qui sont immenses.

Mais cela demande du courage, de la compétence et de l’imagination. On peut toujours rêver …!

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Jo Moreau.  

18:27 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : wallonie, infrastructures, equipement, politique | |  Facebook |

07/01/2010

UNE CARTOGRAPHIE TRES FLAMANDE

La carte éditée par la maison de la Flandre pour la réception organisée à New-York conjointement avec les Pays-Bas n’est qu’un nouvel épisode d’un long processus de la marche de la Flandre vers son autonomie. On se rappelle que la Flandre y était bordée par la mer, la France et les Pays-Bas, Bruxelles se baladant du côté d’Anvers, et la Wallonie ayant purement et simplement disparu dans les oubliettes de l’Histoire de Moeder Vlaanderen.

Quelques jours plus tard, on remettait cela dans une page promotionnelle parue dans un journal britannique. Cette fois, la Flandre était bordée par la …Belgique, dont elle s’était exclue.

Chaque semaine, ou à peu près, nous apporte ainsi une escalade dans le harcèlement communautaire, parsemé de menaces d’un conflit d’intérêts pour la modification du plan « emploi » , et de l’affaire de l’inspection des écoles francophones de la périphérie, toutes résurgences que la parenthèse Van Rompuy avait réussi à circonscrire pendant quelques mois.

Il est triste de constater à quel point nos compatriotes flamands ont été amenés à un tel degré de mépris pour les wallons. Mais en définitive, cela n’est pas étonnant, quand on constate la propagande incessante à laquelle ils sont soumis de la part de leurs médias , d’une classe politique à la traîne des plus extrémistes, d’une église qui fut toujours à la pointe du combat nationaliste, et jusqu’aux organisations culturelles ou festives qui entretinrent cette vision d’une Flandre niée et exploitée, avant de la confronter à une Wallonie peuplée de paresseux profitant des subventions des contribuables flamands.

Il faut dire que le terrain était favorable, cultivé par une bourgeoisie francophone imbue de son sentiment de supériorité aussi bien sur le terrain culturel qu’économique, et le mépris flamand d’aujourdhui se veut une réponse totalement inadaptée à celui d’hier, qui était le fait d’une classe sociale accessoirement francophone tenant les commandes d’une économie industrielle triomphante, symbole des siècles précédents, et exerçant son emprise aussi bien d’ailleurs sur la Wallonie que sur la Flandre.

Les élites flamingantes ont transformé un combat social en combat nationaliste, feignant d’ignorer la similitude avec le combat de la classe ouvrière wallonne : il s’agit là d’un scénario assez répandu dans l’Histoire.

Après l’épisode cartographique récent viendront, n’en doutons pas, de nouvelles pages à ce harcèlement, avant le grand chapitre BHV.

Le but est évident : la Flandre veut une autonomie maximale au sein d’un état confédéral Belgique et à défaut, son indépendance.

Le scénario imaginé jusqu’ici par l’opinion francophone et une partie du monde politique, était une déclaration unilatérale d’indépendance de la part du gouvernement régional flamand, avec pas mal de désavantages cependant pour l’état nouvellement créé. Celui-ci pouvait entre autres craindre la persistance d’un état fédéral Belgique, cette fois sans la Flandre, et qui profiterait ainsi des avantages politiques et économiques attachés à un nom bien établi sur le plan international, de devoir abandonner ses vues annexionnistes sur la Région de Bruxelles, et de se trouver face à des négociations à l‘issue douteuse pour sa reconnaissance sur le plan européen et mondial.

Et si au contraire, la Flandre voulait par ses harcèlements continuels, pousser la Wallonie à demander elle-même la scission du pays, dans la même dynamique où la Slovaquie défavorisée prit l’initiative de sa séparation d’avec la Tchéquie ?

Un plan machiavélique (pas tellement, tout compte fait) ou un esprit parano de ma part ?

Comme il est à peu près certain que ce harcèlement communautaire ne s’arrêtera pas, je suis de plus en plus convaincu que la solution se trouve dans une confédération "à la belge", où des régions-états seront pleinement compétents dans pratiquement tous les domaines, et finançant un gouvernement central à qui est réservé la politique étrangère, la défense, la banque nationale, un tronc commun minimal de sécurité sociale, un organe de police interfédéral.

Tôt ou tard, n’en doutons pas, cette issue s’imposera à l’aéropage politique belge. Mieux vaut dès lors ouvrir les négociations d’une manière volontaire et dans un but clairement avoué , se présenter d’égal à égal pour des négociations qui s’annoncent rudes, plutôt qu’en catastrophe et le couteau sous la gorge.

Car il ne s’agit pas bien entendu de se plier à toutes les revendications flamandes, mais d’aboutir à un accord « win-win », ce qui implique de repartir d’une feuille blanche. Car tout doit être renégocié, dans l’optique de ce nouveau paysage institutionnel belge qui ne serait plus du tout celui qui était envisagé dans les précédents accords, accords qui deviendraient dès lors obsolètes.

Le monde francophone ayant alors manifesté son ouverture à la revendication flamande, je crois possible l’abandon de part et d’autre des positions hautement symboliques, et qui font aujourd‘hui obstacle à une solution institutionnelle définitive. Je pense à l’abandon à terme des facilités linguistiques obligatoires dans les communes de la périphérie bruxelloise et d‘ailleurs, de la fixation définitive des frontières des régions devenant pratiquement des frontières d’états, de compétences clairement définies aux différents niveaux de pouvoir et ne pouvant désormais plus entrer en conflit.

La Wallonie devrait prendre conscience des bénéfices qu’elle pourra retirer de ces réformes fondamentales. La première et non la moindre sera l’obligation de concevoir une politique conforme à ses moyens, mais aussi de se réapproprier des compétences actuellement délaissées, et de pouvoir reconstituer avec ses propres citoyens des hiérarchies dans tous les domaines où ils sont complètement absents.

Voir aussi : autres billets dans la catégorie "institutionnel", dont

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/06/28/les...

Jo Moreau

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19:57 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, fédéralisme, institutions, confédéralisme | |  Facebook |

10/12/2009

LE PERMIS A POINT, UNE FAUSSE BONNE IDEE

Monsieur Etienne Schouppe, secrétaire d’Etat à la mobilité, vient de nous promettre le permis à point pour janvier 2012, celui-ci étant selon lui dissuasif dans l’optique d’une diminution des accidents de roulage.

J’ai -au départ- une position iconoclaste concernant le permis de conduire. Autant j’estime indispensable la licence d’apprentissage, soit la connaissance du code de la route qui doit constituer la base du permis, autant je considère l’examen pratique comme inutile, sauf bien entendu pour les bénéficiaires de la ponction d’argent dans le portefeuille des candidats, bien souvent appelés à recommencer plusieurs fois une épreuve qui ne prouve rien, sauf la capacité du candidat à dominer son stress devant un examinateur, ou d’avoir assimilé toutes les subtilités de la manœuvre de créneau.

D’autre part, une certaine catégorie d’usagers est dispensé de ces formalités coûteuses, je veux parler des conducteurs de véhicules dits « sans permis », dont chacun peut cependant apprécier la dangerosité sur nos routes.

Le permis de conduire ne constitue nullement une garantie de parfaite maîtrise du véhicule en toutes circonstances, ce qui inclut en premier lieu le fait de savoir se maîtriser soi-même devant les « agressions » en tous genres auxquelles on est confronté dans la circulation quotidienne , ou de sa capacité à refouler les désirs de puissance ou d’affirmation de soi qui satisfassent l’égo des nouveaux conducteurs (mais pas exclusivement …).

La possession du permis de conduire, tel qu’il est aujourd’hui, me parait un droit inaliénable et définitif, au même titre que la carte d’identité, dans ce qu’il n’est qu’un simple preuve de la connaissance du code de roulage. D’autre part, l’organisation de la vie contemporaine fait que l’usage d’un moyen de déplacement personnel est devenu indispensable pour une grande majorité de citoyens, que ce soit dans la vie professionnelle active -ou simplement pour se rendre à son lieu de travail-, ou dans tous les déplacements de la vie privée. Sa seule limite de validité devrait se trouver dans l’âge avancé du conducteur, amené alors à prouver par des tests physiques ou psychologiques et à intervalles réguliers, sa capacité à maîtriser un véhicule, ou comme cela est déjà appliqué, une validité limitée à certaines zones géographiques. La suppression du permis amènerait, pour une large frange des usagers, soit à l’obligation de continuer malgré tout à user de son véhicule en toute illégalité, soit au trafic des points, l’expérience de ce qui se passe à l’étranger en fait foi…

Une autre piste pourrait être, pour les nouveaux conducteurs, une modulation du permis de conduire à des véhicules d’une puissance très limitée pendant une période à convenir. On peut évidemment se tuer (ainsi que ses passagers) au volant d’une Twingo, mais un jeune conducteur au volant d’une BMW risque d’avoir un comportement dicté par le type de véhicule, surtout aux yeux des copains et copines…Cela pose évidemment pas mal de problèmes, comme l’utilisation du seul véhicule familial, mais il faut savoir ce que l’on veut…

Alors, le permis à point, pour quoi faire ?

Je n’y suis pas opposé, à condition qu’il ne débouche pas sur un retrait pur et simple . On pourrait imaginer une gradation des peines en fonction du nombre de points perdus en tenant compte cependant des kilomètres parcourus.

Et surtout, pour les fautes particulièrement graves et volontaires, la saisie définitive du véhicule au profit de l’Etat, quel que soit le propriétaire du véhicule impliqué. Cela pourrait conscientiser aussi bien le propriétaire quant au profil de celui à qui il confie ce véhicule, qu’à l’utilisateur qui a toujours l’obligation de restituer le bien dont il a l’usage dans l’état où il l’a reçu, ou sa contrepartie financière. J’entends par fautes particulièrement graves et volontaires une conduite accidentogène (surtout pour les tiers) sur une certaine période de temps ou d‘espace, soit une vitesse que je qualifierais d’aberrante, ou encore un niveau d‘alcoolémie -ou état équivalent- manifestement exagéré.

Cela nécessiterait aussi une définition spécifique aux délits affectant la circulation, de la notion de « faute grave » qui, comme chacun sait, ne peut être exclusivement opposée qu’à l’auteur de cette faute.

Voilà, je ne suis sûrement pas de ceux qui considèrent les transgressions au code de roulage comme mineures, au vu du nombre des victimes annuelles. Je trouve d’ailleurs particulièrement étonnante la diffusion radio des emplacements de radars, et j’attends avec impatience des avis semblables par exemple des bureaux de poste faisant l’objet d’une surveillance policière ponctuelle, en guise de mise en garde aux candidats hold-upers….

Jo Moreau

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16:30 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : circulation, permis de conduire, véhicule | |  Facebook |

17/11/2009

LE DECRET SIMONET, du rêve à la réalité.

Il est plaisant de constater que le nouveau décret « mixité » de Mme Simonet reprend en fait les deux décrets précédents, qui ont joyeusement foiré. Sans doute s’est-elle souvenue de son cours de maths élémentaires : « - x - = + » …

Mais abandonnons l‘humour facile, mon propos aujourd’hui est : tout ce chambardement pour qui, pour quoi ? Cela est un jour parti d’un bon sentiment à la sauce gauche bobo : tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil, y compris et surtout nos chers petits et nos ados, donc organisons le mélange des enfants d’origines sociales différentes dans les écoles, dont celles étiquetées élitistes, et tout sera radieux dans le meilleur des mondes.

Dans un passé lointain, j’ai moi-même fréquenté un athénée royal réputé tel de la banlieue bruxelloise. Quoique nous étions à peu près tous d’origine bourgeoise, il se formait des clans suivant le degré de snobisme des ados. Il n’y avait aucune agressivité, mais également aucune interpénétration entre les groupes, et les contacts se limitaient à un salut distrait ou un échange exceptionnel de renseignements à caractère scolaire. Aucune invitation à des « surboums » ou activités quelconques de l’autre groupe, cela allait de soi et ne provoquait d’ailleurs aucune animosité réciproque, mais des vies parallèles, tout simplement.

Mes enfants (dont un encore aux études) ont suivi des expériences similaires des dizaines d‘années plus tard dans des établissements provinciaux cette fois,  et rien n’indique que tout brassage forcé serait de nature à changer fondamentalement les choses. J’en déduis que les différentes expériences pour amener un brassage sont vaines, et d’ailleurs rien ne prouve que le désir le plus ardent de gosses de familles défavorisées soit d’être inscrits au Collège St Michel…

Alors, ne touchons surtout à rien ? Tel n’est pas mon propos. Je me garderai bien de discuter des programmes scolaires à proprement parler, je n’ai aucune compétence pour cela. Mais comme simple citoyen, j’ai la prétention de présenter quelques pistes.

L’éducation doit être la première priorité dans la communauté française. Tout le monde est d’accord là-dessus mais rien de concret ne bouge. Le but doit être d’élever le niveau des écoles dites défavorisées à celui des écoles dites élitistes, et cela commence par une discipline plus rigoureuse et un relèvement des exigences pédagogiques. Cela est déjà le cas en Flandre, dont tout le monde s’accorde à relever les performances supérieures. Il faut également, dès l’école primaire, organiser le soutien des élèves en perspective d’échec. Délaissons le laxisme du « diplôme pour tous » , en faveur du principe de « tous capables de décrocher le diplôme ».

A côté des moyens supplémentaires qui doivent être mis en œuvre dans les écoles défavorisées, les élèves en perspective d‘échec -qu’ils soient du primaire ou du secondaire- devraient pouvoir être épaulés en-dehors des programmes scolaires à proprement parlé. Par qui ? Par des profs prépensionnés volontaires, ou par nos « fonctionnaires en recherche d’affectation » (je veux parler des chômeurs…) compétents pour ce faire, et qui ne devraient pas nécessairement relever du secteur de l‘enseignement. (Voir à ce propos mon billet

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/22/le-chomage-des-anciens.html

 

. La gratuité de ces « parrainages » devrait être garantie, et constituer un pendant tout aussi efficace aux «cours privés» réservés aux enfants dont les parents ont les capacités financières.

Dès les études secondaires, une motivation supplémentaire (pour les parents également…) pourrait être trouvée dans une allocation de chômage proportionnelle au degré d’étude réussi, que ce soit dans l’enseignement général, technique et professionnel. (voir à ce sujet

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/21/le-chomage-des-jeunes.html

 

Pour les études universitaires enfin, l’accès devrait en être facilité par l’aménagement de campus suffisants et financièrement accessibles soit au niveau de l’université elle-même, soit au niveau de la ville universitaire.

Enfin, le « prêt étudiant » devrait pouvoir être accordé à la demande, remboursable dès le début de la vie professionnelle, sous certaines conditions bien entendu.

Je n’ai évoqué ici que quelques « trucs », sans m’attaquer au gros morceau, soit les programmes scolaires en eux-mêmes. Mais là, le citoyen laisse la place au spécialiste, en lui conseillant toutefois d’éviter la fuite en avant, et de parfois regarder ce qui fonctionnait bien dans le passé.

 En étant parfaitement conscient que dans ce passé également, les cancres n’étaient pas absents des salles de classe ….!

Jo Moreau

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20:25 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enseignement, décret, wallonie, communauté française | |  Facebook |