Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

01/05/2010

JE REVE DONC JE VOTE

Ma jeunesse fut baignée du merveilleux sentiment du « tout est possible, quoique vous fassiez, la réussite est au bout du chemin ». On sortait de l’Expo 58. Les arts, la mode, l’architecture connaissaient un bouillonnement extraordinaire, les transistors nasillaient du Brassens, du Brel, du Gainsbourg, Ferré n’était pas loin et bientôt les Beatles allaient bousculer toutes les habitudes. Et au bout de la décennie, la Lune s’offrait à la fascination des petites lucarnes encore en noir et blanc.

Vision idéalisée d’une époque révolue ? Sans doute, mais je l’ai vécue ainsi, et je ne suis pas le seul.

Ce fut également l’époque des premiers conflits communautaires ouverts, des « mars op Brussel », de la découverte étonnante que les francophones n’étaient pas majoritaires en Belgique, mais Dieu merci, ils en constituaient toujours l’élite économique et intellectuelle. La certitude aussi dans la bourgeoisie bruxelloise que toute revendication flamande ne pouvait être le fait que de quelques inciviques qui avaient échappé par miracle à l’épuration, sentiment qui a d’ailleurs vaguement perduré jusqu’à aujourd’hui.

Et depuis, ces conflits communautaires ont cannibalisé l’essentiel de la vie politique belge, entre une course flamande à l’autonomie, de plus en plus insistante et intransigeante, et un autisme francophone qui a débouché sur un blocage total de tout accord raisonnable.

Le clash institutionnel que nous connaissons aujourd’hui est le résultat de l’évolution des rapports entre deux communautés qui en sont venues à s’ignorer totalement, à cimenter entre elles un mur plus infranchissable encore que le mur de Berlin. Tout ceci dans un environnement économique de plus en plus déprimant, sauf pour quelques privilégiés accapareurs.

Alors, j’attends un discours politique qui me permette à nouveau de rêver, de voir un avenir différent, des voix qui me disent : voici ce que nous voulons changer et comment nous allons le faire. Un discours dépoussiéré, réaliste et idéaliste à la fois, qui proclame : nous avons un nouveau pays à créer, une région à construire, une Europe à concevoir, une démocratie à réinventer, au boulot et retroussez-vous les manches: il faut vaincre la conjuration des impossibles. Un discours qui dise aux jeunes, oui, vous avez un avenir mais c’est à vous à l’imaginer, à le bâtir. Quittez vos consoles, ne fut-ce que quelques heures par jour, elles ne font que vous inscrire dans un monde de conformisme et de violence que l’Homme doit dépasser.

Sortez, n’écoutez pas les voix de la peur, peur de la science, des OGM, des volcans, du climat, de la grippe, du nucléaire etc…en un mot, peur du progrès. Tout en cultivant le sentiment du respect, celui de l‘autre, celui de l‘environnement.

Et j’écoute le JT de ce premier mai, le premier aussi de la campagne électorale.

Monsieur Di Rupo, dans un copier-coller de la campagne précédente, peste contre le libéralisme sans rien proposer comme alternative -suivant son habitude-, tandis que Monsieur Michel père en appelle à la responsabilité du citoyen (?!?!?!), oubliant de regarder dans son assiette.

Allons, c’est pas gagné !

N' HESITEZ PAS - LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE  ! 

Jo Moreau

01.05.2010

17:09 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, élections, programmes, partis | |  Facebook |

22/04/2010

BELGIQUE, UN FUTUR EST-IL POSSIBLE ?

Les évènements de ce jour démontrent une nouvelle fois l’impasse institutionnelle dans laquelle est engagée la Belgique, de par la conception essentiellement divergeante de l’Etat, entre la vision flamande du droit du sol et la vision francophone du droit des gens.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un héritage « génétique », mais bien d’un héritage historique entre la vision offensive d’une Flandre frileuse en quête de reconnaissance, et peu à peu grignotée par des populations francophones autour de Bruxelles, et une vision francophone toujours accrochée à une conception passéiste de l’Etat belge, et qui n’en peut plus de freiner de toutes ses forces la marche vers une évolution inéluctable que sa classe politique semble seule à vouloir ignorer.

Depuis longtemps, je suis convaincu que la seule chance de survie d’un Etat belge se trouve dans une structure confédérale formée de Régions-Etats, disposant chacune de pratiquement tous les pouvoirs, et finançant un Etat Central gérant la politique étrangère, la défense, la Banque Centrale, un tronc commun minimal de Sécurité Sociale et quelques coquilles indispensables sur le plan international telles que l’Agriculture, les sports etc…

Je ne suis pas le seul : il s’agissait là d’une revendication de Bart de Wever, dont je ne partage certes pas toutes les prises de position, mais qui a au moins l’avantage d’être parfaitement clair dans sa ligne politique. Et dont l’honnêteté idéologique me convient mieux que les circonvolutions sémantiques et les agendas cachés des autres partis flamands, et que l’immense force d‘inertie de leurs collègues francophones.

Il s’agit là de la seule issue pouvant nous sortir d’un carrousel institutionnel remis périodiquement sur la place publique, et dont les francophones sont les perpétuels perdants, les avancées institutionnelles étant au seul bénéfice de la Flandre, qui a parfaitement assimilé depuis de nombreuses années la tactique des « petits pas ».

D’autre part, les politiciens francophones ont toujours préféré ignorer les revendications flamandes, aussi justifiées qu’aient pu être celles-ci. Cette politique du « cause toujours mon lapin », ne pouvait déboucher que sur un clash de grande amplitude. Car ne nous leurrons pas, même si le problème de la scission de BHV devait être résolu je ne sais par quelque tour de magie, un autre motif de conflit surgira peu après, et je parierais sur la suppression des facilités dans la périphérie. Impossible direz-vous car inscrit dans la Constitution ? On prend le pari ??

Nous aurions dû accepter la grande négociation sur une nouvelle Belgique, qui tienne compte des aspirations flamandes (qui seront envers et contre tout un jour finalisées), et qui sommes toutes sont à prendre en considération même si elles ne correspondent pas à la vision francophone d’une Belgique où tous les citoyens sont partout chez eux, à condition qu’ils parlent français. Mais une négociation où tout aurait été remis à plat, car par exemple la délimitation de la frontière linguistique fut accepté par les francophones dans la perspective d’un Brabant bilingue et de l’existence des facilités linguistiques dans certaines communes. Ceci formait un package et remettre en question un seul élément aurait dû rendre obsolète l’ensemble de l’accord.

Alors, une négociation difficile ? Sans aucun doute, mais la prise en considération du désir flamand vers plus d’autonomie pouvait amener une confiance renouvelée entre négociateurs, et obliger la Wallonie à plus de réalisme et une nouvelle dynamique dans son développement social et économique. D’autre part, elle pouvait aussi récupérer des emplois représentatifs et décisionnels actuellement sacrifiés sur l’autel artificiel d’un prétendu bilinguisme. Cela suppose une frontière définitivement fixée, et des Régions-Etats pleinement compétentes sur leurs territoires.

Malheureusement, cette conception d’une nouvelle Belgique confédérale n’a aucun écho parmi les politiciens francophones, dont la volonté politique se limite à la nomination de trois bourgmestres contestés, qui rappelons-le, déclenchèrent leur action provocatrice en pleine période délicate sur le plan inter-communautaire.

Le refus de voir les réalités en face amèneront de douloureux réveils, alors que nous aurions pu réellement prendre notre destin entre nos mains, et non le laisser dériver au bon gré des politiciens de l’autre communauté.

Si nous voulons un avenir pour ce pays, il est temps d’en prendre conscience, s’il n’est pas trop tard !

D’ ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !!

Jo Moreau.

18:42 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |

13/04/2010

ADOS VIOLENTS ET ALLOCATIONS FAMILIALES

Une idée fait de plus en plus son chemin dans certains milieux, y compris politiques : pour sanctionner le fait qu’un de ses rejetons filerait du mauvais coton, on suspendrait le versement de tout ou partie des allocations familiales afférentes au délinquant, sous prétexte de mauvaise éducation.

On punirait ainsi tout un noyau familial des fautes d‘un de ses composants, en épargnant le principal fautif, ce qui est un comble. D’autant plus que nous sommes souvent face à un milieu socio-familial défavorisé ou déraciné qui bénéficie souvent de revenus extrêmement réduits, et qui devra malgré tout continuer à subvenir aux besoins journaliers les plus élémentaires. Il n’est pas rare d’ailleurs que ce type de problème se pose dans des familles monoparentales, où la mère est le seul parent qui doive affronter un adolescent violent et dominateur.

Il faut poser la question : ces parents qui « capitulent » dans l’encadrement de jeunes devenus de véritables délinquants , -et qui souvent en sont les premières victimes- sont-ils bien les seuls responsables de cet état de fait.

Face à un déferlement de messages permissifs tous azimuts délivrés par la société actuelle, il faut réaliser que le seul rôle des parents consiste encore, suivant l’âge de l’enfant, à délivrer des signaux élémentaires, style çà c’est bien et çà c’est mal, ou plus tard à entretenir un dialogue de responsabilisation, si bien sûr l’ado est ouvert à ce type de dialogue, et surtout si les parents en ont la capacité intellectuelle.

Politiquement parlant, il est évidemment satisfaisant d’avoir enfin mis le doigt sur des responsables : les parents démissionnaires, (et accessoirement l’école), et les mettre face à leurs responsabilités (?) avec une mesure électoralement gratifiante mais totalement inefficace…

Je suis contre cette mesure, qui si elle devait voir le jour, me parait injuste et peu encline à modifier quoi que ce soit dans un comportement violent, qui trouve son épanouissement plus dans la « famille de substitution » -soit la bande urbaine-, que dans le noyau familial proprement dit.

Il existe d’autres mesures bien plus efficaces, mais qui demandent un courage politique que n’ont pas nos décideurs, et qui passent par le refus de l’apartheid et de la ghettoïsation organisée par notre belle société multiculturelle, la lutte sans merci contre le commerce et l’usage de drogues aussi bien dures que soi-disant douces, la tolérance zéro surtout vis-à-vis des jeunes, (sans nécessairement déboucher sur la prison ou l’IPPJ) parmi d‘autres. Je reviendrai ultérieurement sur les raisons de la déliquescence de notre société, raisons qui sont en fait connues de tous, mais que plus personne n’ose exprimer ni surtout combattre.

Et puisque la délinquance passe souvent par la déscolarisation, je remets en avant une idée que j’avais déjà exprimée sur ce blog : des indemnités de chômage proportionnelles à la qualification scolaire ou professionnelle acquise par le jeune arrivant sur le marché du travail ,

 voir http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/21/le-...

Certains rétorqueront qu’à terme, il s’agit également d’une mesure financière qui défavorise la famille, mais une telle mesure aurait l’avantage de rencontrer une partie du problème anticipativement, et pourrait avoir un véritable impact sur la motivation des parents et du jeune, sans bien sûr avoir la prétention de régler un problème devenu très aigu ces dernières heures, dans notre belle capitale européenne...

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !

Jo Moreau

17:08 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : violence, société, délinquance, répression, justice | |  Facebook |

18/02/2010

LA WALLONIE, EN ETAT DE VETUSTE AVANCEE

Nous ne connaissons pas encore les causes exactes des catastrophes récentes, telles que l’explosion de Liège ou l’accident de chemin de fer de Halle.

Elles me font toutefois m’interroger sur l’état du pays, et plus précisément de la région et de ses équipements. Un simple coup d’œil autour de nous est révélateur à ce sujet.

L’ensemble de nos infrastructures date de plusieurs dizaines d’années , voire d’une centaine d’années ou plus, et depuis trop longtemps, n’a plus fait l’objet d’un entretien sérieux ou d’une remise à niveau.

Si on faisait l’énumération de tous les manquements, aucun équipement collectif n’est épargné.

Des bâtiments scolaires en état déplorable, quand ce n’est pas le manque de place difficilement compensé par des préfabriqués temporaires qui sont devenus définitifs. Des équipements défaillants ou complètement obsolètes dans plusieurs établissements techniques ou professionnels, sans parler des laboratoires de sciences dans certains établissements secondaires.

Que dire de l’infrastructure judiciaire et répressif ...

L’état des égouts de Bruxelles (et celui des autres villes ne doit pas être plus brillant), où les effondrements se multiplient, a eu récemment les honneurs de nos médias.

On sait l’état déplorable du réseau de distribution d’eau, qui mériterait bien plus que des réparations ponctuelles au gré des fuites. Mais plus inquiétant, qu’en est-il du réseau de distribution du gaz ? Là aussi, des accidents de plus en plus fréquents permettent de poser la question, non seulement vis-à-vis du réseau de distribution mais également de l’équipement souvent (très) ancien des maisons particulières, où contrairement à l‘équipement électrique, aucun contrôle n‘est imposé.

Je ne reviendrai pas sur l’état des routes, indigne d’un pays développé et qui est la résultante de magouilles du privé et de démissions diverses -sinon de la complicité- de l’autorité (?) publique. Epinglons aussi l’état d’abandon des ouvrages d’art ainsi que des panneaux de signalisation ou du marquage au sol, décoloré ou simplement inexistant.

Le chemin de fer, que ce soit le réseau ou le matériel roulant, fait la une des médias. j’aurai la décence de ne pas en parler.

L’état de saleté de nos villes est aussi à relever, ainsi que le délabrement du mobilier urbain, quand il existe.

Dans un autre ordre d’idées, des touristes s’étonnaient encore récemment de la fermeture d’un musée pendant l’heure de table, faute de surveillants en nombre suffisant.

Mais j’arrête ici cette énumération déprimante que chacun pourra compléter à sa guise… Qu’on ne dise pas que j’exagère : il suffit de franchir nos frontières, dans quelque direction que ce soit, pour s’apercevoir du gouffre qui nous sépare des pays voisins.

En face de cela , nous avons une organisation politique pléthorique, qui est la seule classe de la population qui ne connaît ni crise, ni chômage, et qui n‘a conscience de son indécence que quand on la lui désigne du doigt, et encore, avec beaucoup d’insistance et pas toujours avec succès !

Un monde politique qui distribue primes et subventions sans compter, via des milliers d’asbl subventionnées et ce au gré de l’intérêt familial, idéologique ou électoraliste des généreux donateurs, des intercommunales permettant de juteux compléments de rentrées financières pour quelques uns, sans compter les cabinets d’audits et consultants en tous genres payés à prix d’or, parfois pour des prestations fantômes, permettant de douter sincèrement de la compétence des ministères ou des cabinets ministériels.

Des ministres choisis pour la plupart en fonction de leur profil people, jeunes, allochtones, femmes, etc…, plus enclins à servir les intérêts de leur parti que l’intérêt général. De combien d’entre eux (elles) pourra-t-on dire plus tard : c’était un véritable Homme d’Etat (ou Femme, c’est selon) ?!.

Il serait primordial de faire table rase de tout cela, et de mettre dans la balance d’une part les rentrées budgétaires, et de l’autre les véritables priorités auxquelles nous sommes confrontés, et concevoir une toute nouvelle politique de répartition des dépenses, en fonction des besoins d’équipement qui sont immenses.

Mais cela demande du courage, de la compétence et de l’imagination. On peut toujours rêver …!

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !!

Jo Moreau.  

18:27 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : wallonie, infrastructures, equipement, politique | |  Facebook |

07/01/2010

UNE CARTOGRAPHIE TRES FLAMANDE

La carte éditée par la maison de la Flandre pour la réception organisée à New-York conjointement avec les Pays-Bas n’est qu’un nouvel épisode d’un long processus de la marche de la Flandre vers son autonomie. On se rappelle que la Flandre y était bordée par la mer, la France et les Pays-Bas, Bruxelles se baladant du côté d’Anvers, et la Wallonie ayant purement et simplement disparu dans les oubliettes de l’Histoire de Moeder Vlaanderen.

Quelques jours plus tard, on remettait cela dans une page promotionnelle parue dans un journal britannique. Cette fois, la Flandre était bordée par la …Belgique, dont elle s’était exclue.

Chaque semaine, ou à peu près, nous apporte ainsi une escalade dans le harcèlement communautaire, parsemé de menaces d’un conflit d’intérêts pour la modification du plan « emploi » , et de l’affaire de l’inspection des écoles francophones de la périphérie, toutes résurgences que la parenthèse Van Rompuy avait réussi à circonscrire pendant quelques mois.

Il est triste de constater à quel point nos compatriotes flamands ont été amenés à un tel degré de mépris pour les wallons. Mais en définitive, cela n’est pas étonnant, quand on constate la propagande incessante à laquelle ils sont soumis de la part de leurs médias , d’une classe politique à la traîne des plus extrémistes, d’une église qui fut toujours à la pointe du combat nationaliste, et jusqu’aux organisations culturelles ou festives qui entretinrent cette vision d’une Flandre niée et exploitée, avant de la confronter à une Wallonie peuplée de paresseux profitant des subventions des contribuables flamands.

Il faut dire que le terrain était favorable, cultivé par une bourgeoisie francophone imbue de son sentiment de supériorité aussi bien sur le terrain culturel qu’économique, et le mépris flamand d’aujourdhui se veut une réponse totalement inadaptée à celui d’hier, qui était le fait d’une classe sociale accessoirement francophone tenant les commandes d’une économie industrielle triomphante, symbole des siècles précédents, et exerçant son emprise aussi bien d’ailleurs sur la Wallonie que sur la Flandre.

Les élites flamingantes ont transformé un combat social en combat nationaliste, feignant d’ignorer la similitude avec le combat de la classe ouvrière wallonne : il s’agit là d’un scénario assez répandu dans l’Histoire.

Après l’épisode cartographique récent viendront, n’en doutons pas, de nouvelles pages à ce harcèlement, avant le grand chapitre BHV.

Le but est évident : la Flandre veut une autonomie maximale au sein d’un état confédéral Belgique et à défaut, son indépendance.

Le scénario imaginé jusqu’ici par l’opinion francophone et une partie du monde politique, était une déclaration unilatérale d’indépendance de la part du gouvernement régional flamand, avec pas mal de désavantages cependant pour l’état nouvellement créé. Celui-ci pouvait entre autres craindre la persistance d’un état fédéral Belgique, cette fois sans la Flandre, et qui profiterait ainsi des avantages politiques et économiques attachés à un nom bien établi sur le plan international, de devoir abandonner ses vues annexionnistes sur la Région de Bruxelles, et de se trouver face à des négociations à l‘issue douteuse pour sa reconnaissance sur le plan européen et mondial.

Et si au contraire, la Flandre voulait par ses harcèlements continuels, pousser la Wallonie à demander elle-même la scission du pays, dans la même dynamique où la Slovaquie défavorisée prit l’initiative de sa séparation d’avec la Tchéquie ?

Un plan machiavélique (pas tellement, tout compte fait) ou un esprit parano de ma part ?

Comme il est à peu près certain que ce harcèlement communautaire ne s’arrêtera pas, je suis de plus en plus convaincu que la solution se trouve dans une confédération "à la belge", où des régions-états seront pleinement compétents dans pratiquement tous les domaines, et finançant un gouvernement central à qui est réservé la politique étrangère, la défense, la banque nationale, un tronc commun minimal de sécurité sociale, un organe de police interfédéral.

Tôt ou tard, n’en doutons pas, cette issue s’imposera à l’aéropage politique belge. Mieux vaut dès lors ouvrir les négociations d’une manière volontaire et dans un but clairement avoué , se présenter d’égal à égal pour des négociations qui s’annoncent rudes, plutôt qu’en catastrophe et le couteau sous la gorge.

Car il ne s’agit pas bien entendu de se plier à toutes les revendications flamandes, mais d’aboutir à un accord « win-win », ce qui implique de repartir d’une feuille blanche. Car tout doit être renégocié, dans l’optique de ce nouveau paysage institutionnel belge qui ne serait plus du tout celui qui était envisagé dans les précédents accords, accords qui deviendraient dès lors obsolètes.

Le monde francophone ayant alors manifesté son ouverture à la revendication flamande, je crois possible l’abandon de part et d’autre des positions hautement symboliques, et qui font aujourd‘hui obstacle à une solution institutionnelle définitive. Je pense à l’abandon à terme des facilités linguistiques obligatoires dans les communes de la périphérie bruxelloise et d‘ailleurs, de la fixation définitive des frontières des régions devenant pratiquement des frontières d’états, de compétences clairement définies aux différents niveaux de pouvoir et ne pouvant désormais plus entrer en conflit.

La Wallonie devrait prendre conscience des bénéfices qu’elle pourra retirer de ces réformes fondamentales. La première et non la moindre sera l’obligation de concevoir une politique conforme à ses moyens, mais aussi de se réapproprier des compétences actuellement délaissées, et de pouvoir reconstituer avec ses propres citoyens des hiérarchies dans tous les domaines où ils sont complètement absents.

Voir aussi : autres billets dans la catégorie "institutionnel", dont

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/06/28/les...

Jo Moreau

D’ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE !

19:57 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, fédéralisme, institutions, confédéralisme | |  Facebook |

10/12/2009

LE PERMIS A POINT, UNE FAUSSE BONNE IDEE

Monsieur Etienne Schouppe, secrétaire d’Etat à la mobilité, vient de nous promettre le permis à point pour janvier 2012, celui-ci étant selon lui dissuasif dans l’optique d’une diminution des accidents de roulage.

J’ai -au départ- une position iconoclaste concernant le permis de conduire. Autant j’estime indispensable la licence d’apprentissage, soit la connaissance du code de la route qui doit constituer la base du permis, autant je considère l’examen pratique comme inutile, sauf bien entendu pour les bénéficiaires de la ponction d’argent dans le portefeuille des candidats, bien souvent appelés à recommencer plusieurs fois une épreuve qui ne prouve rien, sauf la capacité du candidat à dominer son stress devant un examinateur, ou d’avoir assimilé toutes les subtilités de la manœuvre de créneau.

D’autre part, une certaine catégorie d’usagers est dispensé de ces formalités coûteuses, je veux parler des conducteurs de véhicules dits « sans permis », dont chacun peut cependant apprécier la dangerosité sur nos routes.

Le permis de conduire ne constitue nullement une garantie de parfaite maîtrise du véhicule en toutes circonstances, ce qui inclut en premier lieu le fait de savoir se maîtriser soi-même devant les « agressions » en tous genres auxquelles on est confronté dans la circulation quotidienne , ou de sa capacité à refouler les désirs de puissance ou d’affirmation de soi qui satisfassent l’égo des nouveaux conducteurs (mais pas exclusivement …).

La possession du permis de conduire, tel qu’il est aujourd’hui, me parait un droit inaliénable et définitif, au même titre que la carte d’identité, dans ce qu’il n’est qu’un simple preuve de la connaissance du code de roulage. D’autre part, l’organisation de la vie contemporaine fait que l’usage d’un moyen de déplacement personnel est devenu indispensable pour une grande majorité de citoyens, que ce soit dans la vie professionnelle active -ou simplement pour se rendre à son lieu de travail-, ou dans tous les déplacements de la vie privée. Sa seule limite de validité devrait se trouver dans l’âge avancé du conducteur, amené alors à prouver par des tests physiques ou psychologiques et à intervalles réguliers, sa capacité à maîtriser un véhicule, ou comme cela est déjà appliqué, une validité limitée à certaines zones géographiques. La suppression du permis amènerait, pour une large frange des usagers, soit à l’obligation de continuer malgré tout à user de son véhicule en toute illégalité, soit au trafic des points, l’expérience de ce qui se passe à l’étranger en fait foi…

Une autre piste pourrait être, pour les nouveaux conducteurs, une modulation du permis de conduire à des véhicules d’une puissance très limitée pendant une période à convenir. On peut évidemment se tuer (ainsi que ses passagers) au volant d’une Twingo, mais un jeune conducteur au volant d’une BMW risque d’avoir un comportement dicté par le type de véhicule, surtout aux yeux des copains et copines…Cela pose évidemment pas mal de problèmes, comme l’utilisation du seul véhicule familial, mais il faut savoir ce que l’on veut…

Alors, le permis à point, pour quoi faire ?

Je n’y suis pas opposé, à condition qu’il ne débouche pas sur un retrait pur et simple . On pourrait imaginer une gradation des peines en fonction du nombre de points perdus en tenant compte cependant des kilomètres parcourus.

Et surtout, pour les fautes particulièrement graves et volontaires, la saisie définitive du véhicule au profit de l’Etat, quel que soit le propriétaire du véhicule impliqué. Cela pourrait conscientiser aussi bien le propriétaire quant au profil de celui à qui il confie ce véhicule, qu’à l’utilisateur qui a toujours l’obligation de restituer le bien dont il a l’usage dans l’état où il l’a reçu, ou sa contrepartie financière. J’entends par fautes particulièrement graves et volontaires une conduite accidentogène (surtout pour les tiers) sur une certaine période de temps ou d‘espace, soit une vitesse que je qualifierais d’aberrante, ou encore un niveau d‘alcoolémie -ou état équivalent- manifestement exagéré.

Cela nécessiterait aussi une définition spécifique aux délits affectant la circulation, de la notion de « faute grave » qui, comme chacun sait, ne peut être exclusivement opposée qu’à l’auteur de cette faute.

Voilà, je ne suis sûrement pas de ceux qui considèrent les transgressions au code de roulage comme mineures, au vu du nombre des victimes annuelles. Je trouve d’ailleurs particulièrement étonnante la diffusion radio des emplacements de radars, et j’attends avec impatience des avis semblables par exemple des bureaux de poste faisant l’objet d’une surveillance policière ponctuelle, en guise de mise en garde aux candidats hold-upers….

Jo Moreau

D’ ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !

16:30 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : circulation, permis de conduire, véhicule | |  Facebook |

17/11/2009

LE DECRET SIMONET, du rêve à la réalité.

Il est plaisant de constater que le nouveau décret « mixité » de Mme Simonet reprend en fait les deux décrets précédents, qui ont joyeusement foiré. Sans doute s’est-elle souvenue de son cours de maths élémentaires : « - x - = + » …

Mais abandonnons l‘humour facile, mon propos aujourd’hui est : tout ce chambardement pour qui, pour quoi ? Cela est un jour parti d’un bon sentiment à la sauce gauche bobo : tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil, y compris et surtout nos chers petits et nos ados, donc organisons le mélange des enfants d’origines sociales différentes dans les écoles, dont celles étiquetées élitistes, et tout sera radieux dans le meilleur des mondes.

Dans un passé lointain, j’ai moi-même fréquenté un athénée royal réputé tel de la banlieue bruxelloise. Quoique nous étions à peu près tous d’origine bourgeoise, il se formait des clans suivant le degré de snobisme des ados. Il n’y avait aucune agressivité, mais également aucune interpénétration entre les groupes, et les contacts se limitaient à un salut distrait ou un échange exceptionnel de renseignements à caractère scolaire. Aucune invitation à des « surboums » ou activités quelconques de l’autre groupe, cela allait de soi et ne provoquait d’ailleurs aucune animosité réciproque, mais des vies parallèles, tout simplement.

Mes enfants (dont un encore aux études) ont suivi des expériences similaires des dizaines d‘années plus tard dans des établissements provinciaux cette fois,  et rien n’indique que tout brassage forcé serait de nature à changer fondamentalement les choses. J’en déduis que les différentes expériences pour amener un brassage sont vaines, et d’ailleurs rien ne prouve que le désir le plus ardent de gosses de familles défavorisées soit d’être inscrits au Collège St Michel…

Alors, ne touchons surtout à rien ? Tel n’est pas mon propos. Je me garderai bien de discuter des programmes scolaires à proprement parler, je n’ai aucune compétence pour cela. Mais comme simple citoyen, j’ai la prétention de présenter quelques pistes.

L’éducation doit être la première priorité dans la communauté française. Tout le monde est d’accord là-dessus mais rien de concret ne bouge. Le but doit être d’élever le niveau des écoles dites défavorisées à celui des écoles dites élitistes, et cela commence par une discipline plus rigoureuse et un relèvement des exigences pédagogiques. Cela est déjà le cas en Flandre, dont tout le monde s’accorde à relever les performances supérieures. Il faut également, dès l’école primaire, organiser le soutien des élèves en perspective d’échec. Délaissons le laxisme du « diplôme pour tous » , en faveur du principe de « tous capables de décrocher le diplôme ».

A côté des moyens supplémentaires qui doivent être mis en œuvre dans les écoles défavorisées, les élèves en perspective d‘échec -qu’ils soient du primaire ou du secondaire- devraient pouvoir être épaulés en-dehors des programmes scolaires à proprement parlé. Par qui ? Par des profs prépensionnés volontaires, ou par nos « fonctionnaires en recherche d’affectation » (je veux parler des chômeurs…) compétents pour ce faire, et qui ne devraient pas nécessairement relever du secteur de l‘enseignement. (Voir à ce propos mon billet

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/22/le-chomage-des-anciens.html

 

. La gratuité de ces « parrainages » devrait être garantie, et constituer un pendant tout aussi efficace aux «cours privés» réservés aux enfants dont les parents ont les capacités financières.

Dès les études secondaires, une motivation supplémentaire (pour les parents également…) pourrait être trouvée dans une allocation de chômage proportionnelle au degré d’étude réussi, que ce soit dans l’enseignement général, technique et professionnel. (voir à ce sujet

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/21/le-chomage-des-jeunes.html

 

Pour les études universitaires enfin, l’accès devrait en être facilité par l’aménagement de campus suffisants et financièrement accessibles soit au niveau de l’université elle-même, soit au niveau de la ville universitaire.

Enfin, le « prêt étudiant » devrait pouvoir être accordé à la demande, remboursable dès le début de la vie professionnelle, sous certaines conditions bien entendu.

Je n’ai évoqué ici que quelques « trucs », sans m’attaquer au gros morceau, soit les programmes scolaires en eux-mêmes. Mais là, le citoyen laisse la place au spécialiste, en lui conseillant toutefois d’éviter la fuite en avant, et de parfois regarder ce qui fonctionnait bien dans le passé.

 En étant parfaitement conscient que dans ce passé également, les cancres n’étaient pas absents des salles de classe ….!

Jo Moreau

D’ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !

20:25 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : enseignement, décret, wallonie, communauté française | |  Facebook |

05/11/2009

REBATIR LA BELGIQUE

Le communautaire, qui s’était presque fait oublier ces derniers mois, rapplique à toute vapeur, agitant à nouveau le monde politique au Nord comme au Sud du pays (et surtout au centre…).

Il devient évident qu’il est largement temps de mettre un terme définitif à ces modifications incessantes de la structure de l’Etat belge, telles que nous les connaissons depuis une cinquantaine d’années, et qui sont le résultat d’interminables négociations qui occupent le landerneau politique, au détriment de problèmes bien plus préoccupant pour l’ensemble de la population.

Le monde politique francophone doit ouvrir enfin les yeux sur une réalité évidente : la Flandre désire une autonomie maximale, à défaut d’indépendance qui serait d’ailleurs en butte à l’hostilité d’un très grand nombre de pays européens.

Une partie de ceux-ci, et non des moindres, sont aux prises avec des problèmes similaires sinon identiques comme la France avec la Corse, l’Espagne avec le Pays basque et la Catalogne, la Grande-Bretagne et l’Ecosse, l’Italie et ses provinces du Nord, et ils verraient d’un très mauvais œil un séparatisme qui risquerait d’être un dangereux précédent dans l’Union Européenne.

Mais une issue unilatérale reste toutefois dans l‘ordre des possibilités. Toute négociation partielle, qui apporterait une solution bancale sur un problème ponctuel (aujourd’hui la scission de BHV), ne sera qu’une rustine de plus à la structure de l’état, en attendant la prochaine fuite qui ne manquera pas de se produire.

Qui a tort et qui a raison, qui a commencé, (voyez comme l’autre est de mauvaise foi) ? Questions futiles alimentant la fuite en avant actuelle, qui justifie le fonds de commerce de politiciens flamands nationalistes et francophones passéistes, surtout bruxellois pour ces derniers, il faut bien le reconnaître.

Sous la pression d’une opinion flamande avide de reconnaissance, les francophones ont accepté en son temps et du bout des lèvres le fédéralisme, à condition toutefois que rien ne change…

Mais voilà, la Flandre ne se satisfait plus de cet état de fait, d’avoir le sentiment, justifié ou non, de traîner comme un boulet une Wallonie empêtrée dans son idéologie «maison du peuple» du siècle dernier, bénéficiaire de transferts importants et imperméable à tout changement dynamique profond. Il faut bien constater que dans le sud du pays, la force d’inertie frileuse d’une large part de la population n’est pas prête d’évoluer, encouragée en cela par des partis clientélistes qui n‘ont pas le courage d‘embrayer sur le XXIe siècle, ou tenus en laisse par une alliance boiteuse avec un parti très engagé dans le communautaire.

L’escalade communautaire qui menace à nouveau est susceptible de nous placer devant un blocage institutionnel majeur, ce qui ouvrirait la porte à une ère de tous les dangers. Cette escalade est aussi bien alimentée par les prises de position de plus en plus extrémistes des flamands, aiguillonnés par une aile nationaliste active, que par le blocage systématique des francophones face aux initiatives flamandes, quelles qu’elles soient, aussi justifiées soient-elles.

Aussi nous avons le choix : ou bien nous continuons dans cette attitude de refus de principe des demandes nordistes, soit nous décidons enfin de nous mettre autour d’une table, non pour un rapiéçage ponctuel et éphémère, mais pour une véritable refonte définitive de l’état, en partant d’une page presque blanche, dans l’optique d’une Belgique radicalement reconstruite en profondeur, qui tiendrait compte des réalités actuelles, prenant lucidement en compte les aspirations légitimes de chacune de ses communautés.

Il est encore temps de négocier d’égal à égal, avant d’être mis un jour devant un douloureux fait accompli.

Je ne vois qu’un seul objectif réaliste : un Etat Central Belgique ne conservant que la politique étrangère, la défense, la banque centrale, un tronc commun minimal de sécurité sociale, et quelques enseignes à peu près vides mais seules aptes à traiter sur le plan européen et international (agriculture, sports, etc…), état central financé par des Etats-Régions bénéficiant d’une autonomie intégrale sur leurs territoires.

Ceci supposera bien entendu des négociations longues et difficiles, déchirantes pour beaucoup de francophones car cela suppose aussi bien l’abandon des facilités que l‘autonomie fiscale, comme pour beaucoup de flamands car il faudra bien parler du désenclavement de Bruxelles, la solution du problème de son financement etc….En effet, la fixation de la frontière linguistique et l’octroi des facilités font partie du même package, qu’on le veuille ou non.

Le principe même d’une nouvelle Belgique confédérale accepté et clairement mis sur les rails, je reste persuadé que de larges accords de coopération entre états-régions pourront voir le jour, car nous serons enfin débarrassés de toutes les arrières-pensées, les rancoeurs et les agendas cachés qui pourrissent journellement notre vie politique et citoyenne.

Un autre avantage de cette solution sera un électro-choc salutaire et indispensable pour la Wallonie, obligée de ne plus compter que sur elle-même, et d’appliquer des solutions réellement progressistes.Mais aussi le fait qu’un nombre non négligeable d’emplois seront créés, notamment dans les organismes actuellement nationaux, où les francophones sont notoirement sous-représentés ou sous-équipés.

Nous pourrons ainsi continuer à vivre dans un pays auquel pas mal d’entre nous sont viscéralement attachés, conscients de nos particularités et de tout ce qui nous rapproche, quoi qu’on en dise…

Voir autres billets dans la catégorie "Belgique" et "institutionnel".

Jo Moreau

D’ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !

15:28 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |

17/09/2009

WBI - WALLONIE BRUXELLES INTERNATIONAL

« WBI est chargé de la préparation dans les relations internationales dans les matières relevant des compétences de la Communauté française et gère, avec le Ministère de la Communauté française, certains services décentralisés du Ministère actifs en matière culturelle au plan international ». (portail web du WBI).

Il s’agit apparemment d’une structure qui s’occupe des relations culturelles et d’échanges éducationnels avec l’étranger, mais aussi d’aide au développement et de soutien financier aux ONG wallonnes et bruxelloises (maximum 90.000 euros par projet)

Elle n’inclut pas l’APEFE (Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l ‘Etranger) -bien que certains bureaux à l’étranger soient communs-, ni l’AWEX (Agence Wallonne à l’EXportation).

Toutefois, ces 3 organismes ont les limites de compétences qui me semblent bien floues, car plusieurs objectifs de ces structures s’interpénètrent de telle façon qu’on ne peut définir clairement qui s’occupe de quoi…Elles appartiennent à une structure centrale , EIWB (Espace International Wallonie Bruxelles), à moins que ce soit le contraire ???.

Je m’intéresse ici UNIQUEMENT au WBI.

L’organigramme du WBI en Belgique n’est déjà pas triste, puisqu’il se compose de 16 services + 10 services annexes, ayant chacun leur directeur et leur administration.(quelques postes sont toutefois communs à la même personne), soit à vue de nez 150 personnes dont une vingtaine de directeurs.

WBI a comme administrateur général Monsieur Philippe SUINEN, (PS) qui occupe les mêmes fonctions à l’AWEX. Il est également Président du Comité d’Avis du Fonds de Solidarité Internationale pour l’Eau (!?). Il fut chef de cabinet de plusieurs ministres PS, et vice-président du conseil d’administration de la SABENA.

A l’étranger, voici ses représentations.

MAROC (Rabat) 1 délégué (Daniel Menschaert) + 4 assistants + 1 chauffeur + 2 gardiens APEFE : 1 coordinateur (Philippe Mottet) +1 secrétaire                                                                                                                                                                                              (A noter que Monsieur Menschaert organise une exposition personnelle de ses photos à Rabat en 09/2009. Sur fonds propres ??)

SENEGAL (Dakar) Il s’agit ici d’une représentation de l’APEFE dans le centre administratif de Dakar. 1 coordinatrice (Françoise Daxhelet) Bénin : Brigitte Liebertz Burkina Faso : Francis Deprez à Ouagadougou.

TCHEQUIE (Prague) Située dans le quartier historique. 2 chargés de mission : Patricia Krobova + Veronika Kleplova

SUISSE (Genève) À quelques mètres du lac Leman 1 délégué : Marc Clerbois + 2 assistantes

ALLEMAGNE(Berlin) Dans l’ambassade de Belgique 1 délégué Stephan Forster + 4 assistantes

UNION EUROPEENNE (Bruxelles) Rue de la Loi 1 délégué Thierry Delaval + 7 assistants + 2 secrétaires

FRANCE(Paris) 2 localisations 1 délégué Jean-Pol Baras + 2 conseillers + 4 assistants + 1 chauffeur

VIETNAM (Hanoi) Dans l’immeuble Daewoo 1 délégué Franck Pezize + 3 assistants + APEFE 1 coordinateur JP Outers + 2 assistants

TUNISIE (Tunis) Dans une des grandes avenues de Mutuelleville 1 délégué Daniel Soil + 4 assistants + 1 attaché économique Jan Pajecki + 2 secrétaires

USA (Baton Rouge - Louisiane) Dans les bâtiments louisianais de l’éducation 1 déléguée Eliane de Pues-Levaque.

CANADA (Québec) Au cœur du Vieux Québec. 1 délégué Charles Houard + 5 collaborateurs + 1 déléguée de l’office de promotion du tourisme Nadine Droulans POLOGNE (Varsovie) Dans un immeuble contemporain. 1 délégué Zenon Kowal + 3 assistants + 1 délégué de l’office de promotion du tourisme Michel Janowski

ROUMANIE (Bucarest) 3e étage d’un immeuble moderne 1 déléguée Fabienne Reuter + 3 assistants + 1 chauffeur + 2 attachés économiques (awex + Bruxelles capitale)

RD CONGO (Kinshasa) 1 déléguée Kathryn Brahy + 6 assistants responsables de secteur + APEFE 1 assistant administratif (le personnel exact reste flou)

ALGERIE (Alger) 1 déléguée Marie Henriette Timmermans (avec ou sans personnel ?)

CHILI (Santiago) 1 délégué Benoit Rutten + 5 assistants

(Il faut noter que la maison de la Wallonie à Cuba n'est pas reprise dans cette liste. Mais alors, qui prend en charge les coûts de réalisation et de fonctionnement ??) 

Voilà. Il faut savoir que chaque bureau est compétent pour des pays limitrophes. Chaque responsable de bureau est belge, tandis que les assistants sont des ressortissants des pays concernés.

En plus des coûts de location d’immeubles ou de locaux souvent prestigieux (sauf un seul qui se situe dans les locaux de l‘ambassade de Belgique -mais que voilà une bonne idée !-) , nous avons aussi les salaires, et je suppose les indemnités du ou des délégués (accompagnés de leur famille ), leur logement de fonction , véhicule etc…

Ceci, en toute grande majorité, pour des matières UNIQUEMENT CULTURELLES ET ECHANGES UNIVERSITAIRES, celles-ci étant maintenant de la compétence régionale.

Il serait intéressant de connaître le coût de fonctionnement global de cette structure, d’éclaircir et de délimiter les objectifs de chacun des organismes « francophones » s’occupant de relations internationales et quelles sont les retombées réelles pour la communauté française en général et pour la Wallonie et Bruxelles en particulier, dans une optique win-win (ne parlons pas de retombées de prestige, de reconnaissance culturelle etc…).

Si les programmes de certains bureaux paraissent bien fournis, d’autres (très bien fournis, eux, en …personnel) se limitent me semble-t-il à bien peu de choses… Mais je peux me tromper…

Sans oublier que cette structure vient en supplément de nos représentations diplomatiques, pour lesquelles nous payons aussi des impôts au niveau national.

Anecdote : suivant certaines informations, c’est WBI qui a payé la note du voyage en Chine de Michel Daerden lors des jeux olympiques de 2008 (dont coût: environ 50.000 eur). A quel titre ? D’autres excellences bénéficient-elles également de ce budget ?

Dans la situation actuelle où des économies drastiques sont demandées aux citoyens, il serait  temps de s’intéresser aux dépenses consenties à des organismes officiels aux objectifs et résultats obscurs, sans oublier les milliers d’ASBL subventionnées…par l’argent de ces mêmes contribuables.

Jo Moreau

D’ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? Laissez-moi votre commentaire…

16:10 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dépenses, crise, austérité | |  Facebook |

10/09/2009

JE SUIS SIONISTE ET LIBERAL.

Visiteur curieux de forums en tous genre, et spectateur comme beaucoup de la vie politique en particulier, je suis interpellé par la tactique adoptée par certains qui consiste à vider un mot de sa signification première, pour lui en substituer une autre, plus conforme à leur propre vision des évènements.

Ce glissement sémantique est particulièrement vicieux, et se passe dans l’indifférence générale.

Le sionisme est un mouvement visant à l’établissement d’un état juif en Palestine (Larousse).

Un sioniste est donc un partisan de l’existence de l’état d’Israël.

Point à la ligne, ni plus, ni moins.

Peu à peu, ce terme a été détourné par ceux qui combattent l’état d’Israël, et se proclament dès lors antisionistes. Ceci équivaut, il faut bien s’en rendre compte, à être favorable à la destruction de cet état (et de ses habitants si possible).

Ils assimilent de cette manière tous les Israéliens, et par extension tous les juifs dans le monde censés être sionistes, non seulement aux extrémistes partisans du « grand Israël« , mais également à la conspiration juive mondiale, responsable de tous les maux de la terre.

 L’antisionisme est devenu le paravent commode de l’antisémitisme pur et simple.

Le meilleur exemple en est donné par l  « humoriste » Dieudonné, et son « parti antisioniste ». Il aurait pu l’appeler « pro palestinien » ou autrement, mais le terme « antisioniste », qui est rassembleur d’une partie de la population aussi bien autochtone qu’allochtone, permet désormais tous les débordements envers une autre catégorie de citoyens. Il adhère ainsi aux thèses terroristes du mouvement fondamentaliste Hamas, qui dans sa charte prône la destruction de l‘état d‘ Israël et l’éradication des juifs (notamment art 7 du chapitre premier). Par assimilation, il rend ce mouvement acceptable aux yeux d’un maximum de gens et notamment d’hommes et de femmes politiques belges.

Petit à petit, un sioniste n’est plus simplement un partisan de l’existence d’un état pour les juifs, mais est devenu à leurs yeux, et maintenant aux yeux d’une partie de la population, une monstruosité nazie exécutant l’holocauste des palestiniens.

Evidemment, tous les extrémistes juifs sont sionistes, mais tous les sionistes ne sont pas extrémistes !

Un autre exemple, moins tragique mais tout aussi insidieux sur le plan politique, se trouve dans l’utilisation actuelle par la gauche européenne, et belge en particulier, du terme libéralisme utilisé par eux dans le sens de financiérisme débridé ayant mené à la crise actuelle. Par extension, le terme « libéral » (associé au bain de sang social) est utilisé comme repoussoir contre les mouvements politiques et les hommes prônant la doctrine libérale.

On se souvient de la levée de boucliers ayant accueilli à gauche la déclaration du maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, qui déclarait quelques jours avant le déclenchement de la crise actuelle qu’il était favorable au libéralisme, car il défendait la démocratie politique, les libertés individuelles et la libre entreprise. C’est évidemment un acte de foi qu’il n’oserait plus poser aujourd’hui …!

Quand on entend Elio Di Rupo -dans un bel élan populiste- pourfendre le libéralisme dans tous ses discours, mélangeant joyeusement idéologie et adversaire politique, j’ai toujours envie de lui demander : puisque vous luttez contre le libéralisme, que proposez-vous à la place ? Mais je n’assiste pas à ses meetings...

Bien sûr, tous les partisans des magouilles financières ayant débouché sur la crise sont libéraux (quoique …), mais tous les libéraux etc… !

Ce sont à mes yeux deux exemples de glissements sémantiques vers les interprétations les plus extrémistes de ces idéologies, afin d’y englober tous leurs partisans, utilisés par certains qui en vicient la signification afin de la faire coller à leurs propres fantasmes politiques.

 D’autres exemples existent , dans toutes les sphères de la vie sociale et politique, à vous de les découvrir …

Quant à moi, et bien je suis un sioniste libéral, dans les significations premières et seules valables, de ces mots devenus maudits pour certains.

Jo Moreau

D ‘ ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? Laissez-moi votre commentaire.

16:09 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : politique, sionisme, libéral, extrémisme | |  Facebook |