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05/11/2009

REBATIR LA BELGIQUE

Le communautaire, qui s’était presque fait oublier ces derniers mois, rapplique à toute vapeur, agitant à nouveau le monde politique au Nord comme au Sud du pays (et surtout au centre…).

Il devient évident qu’il est largement temps de mettre un terme définitif à ces modifications incessantes de la structure de l’Etat belge, telles que nous les connaissons depuis une cinquantaine d’années, et qui sont le résultat d’interminables négociations qui occupent le landerneau politique, au détriment de problèmes bien plus préoccupant pour l’ensemble de la population.

Le monde politique francophone doit ouvrir enfin les yeux sur une réalité évidente : la Flandre désire une autonomie maximale, à défaut d’indépendance qui serait d’ailleurs en butte à l’hostilité d’un très grand nombre de pays européens.

Une partie de ceux-ci, et non des moindres, sont aux prises avec des problèmes similaires sinon identiques comme la France avec la Corse, l’Espagne avec le Pays basque et la Catalogne, la Grande-Bretagne et l’Ecosse, l’Italie et ses provinces du Nord, et ils verraient d’un très mauvais œil un séparatisme qui risquerait d’être un dangereux précédent dans l’Union Européenne.

Mais une issue unilatérale reste toutefois dans l‘ordre des possibilités. Toute négociation partielle, qui apporterait une solution bancale sur un problème ponctuel (aujourd’hui la scission de BHV), ne sera qu’une rustine de plus à la structure de l’état, en attendant la prochaine fuite qui ne manquera pas de se produire.

Qui a tort et qui a raison, qui a commencé, (voyez comme l’autre est de mauvaise foi) ? Questions futiles alimentant la fuite en avant actuelle, qui justifie le fonds de commerce de politiciens flamands nationalistes et francophones passéistes, surtout bruxellois pour ces derniers, il faut bien le reconnaître.

Sous la pression d’une opinion flamande avide de reconnaissance, les francophones ont accepté en son temps et du bout des lèvres le fédéralisme, à condition toutefois que rien ne change…

Mais voilà, la Flandre ne se satisfait plus de cet état de fait, d’avoir le sentiment, justifié ou non, de traîner comme un boulet une Wallonie empêtrée dans son idéologie «maison du peuple» du siècle dernier, bénéficiaire de transferts importants et imperméable à tout changement dynamique profond. Il faut bien constater que dans le sud du pays, la force d’inertie frileuse d’une large part de la population n’est pas prête d’évoluer, encouragée en cela par des partis clientélistes qui n‘ont pas le courage d‘embrayer sur le XXIe siècle, ou tenus en laisse par une alliance boiteuse avec un parti très engagé dans le communautaire.

L’escalade communautaire qui menace à nouveau est susceptible de nous placer devant un blocage institutionnel majeur, ce qui ouvrirait la porte à une ère de tous les dangers. Cette escalade est aussi bien alimentée par les prises de position de plus en plus extrémistes des flamands, aiguillonnés par une aile nationaliste active, que par le blocage systématique des francophones face aux initiatives flamandes, quelles qu’elles soient, aussi justifiées soient-elles.

Aussi nous avons le choix : ou bien nous continuons dans cette attitude de refus de principe des demandes nordistes, soit nous décidons enfin de nous mettre autour d’une table, non pour un rapiéçage ponctuel et éphémère, mais pour une véritable refonte définitive de l’état, en partant d’une page presque blanche, dans l’optique d’une Belgique radicalement reconstruite en profondeur, qui tiendrait compte des réalités actuelles, prenant lucidement en compte les aspirations légitimes de chacune de ses communautés.

Il est encore temps de négocier d’égal à égal, avant d’être mis un jour devant un douloureux fait accompli.

Je ne vois qu’un seul objectif réaliste : un Etat Central Belgique ne conservant que la politique étrangère, la défense, la banque centrale, un tronc commun minimal de sécurité sociale, et quelques enseignes à peu près vides mais seules aptes à traiter sur le plan européen et international (agriculture, sports, etc…), état central financé par des Etats-Régions bénéficiant d’une autonomie intégrale sur leurs territoires.

Ceci supposera bien entendu des négociations longues et difficiles, déchirantes pour beaucoup de francophones car cela suppose aussi bien l’abandon des facilités que l‘autonomie fiscale, comme pour beaucoup de flamands car il faudra bien parler du désenclavement de Bruxelles, la solution du problème de son financement etc….En effet, la fixation de la frontière linguistique et l’octroi des facilités font partie du même package, qu’on le veuille ou non.

Le principe même d’une nouvelle Belgique confédérale accepté et clairement mis sur les rails, je reste persuadé que de larges accords de coopération entre états-régions pourront voir le jour, car nous serons enfin débarrassés de toutes les arrières-pensées, les rancoeurs et les agendas cachés qui pourrissent journellement notre vie politique et citoyenne.

Un autre avantage de cette solution sera un électro-choc salutaire et indispensable pour la Wallonie, obligée de ne plus compter que sur elle-même, et d’appliquer des solutions réellement progressistes.Mais aussi le fait qu’un nombre non négligeable d’emplois seront créés, notamment dans les organismes actuellement nationaux, où les francophones sont notoirement sous-représentés ou sous-équipés.

Nous pourrons ainsi continuer à vivre dans un pays auquel pas mal d’entre nous sont viscéralement attachés, conscients de nos particularités et de tout ce qui nous rapproche, quoi qu’on en dise…

Voir autres billets dans la catégorie "Belgique" et "institutionnel".

Jo Moreau

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15:28 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |

17/09/2009

WBI - WALLONIE BRUXELLES INTERNATIONAL

« WBI est chargé de la préparation dans les relations internationales dans les matières relevant des compétences de la Communauté française et gère, avec le Ministère de la Communauté française, certains services décentralisés du Ministère actifs en matière culturelle au plan international ». (portail web du WBI).

Il s’agit apparemment d’une structure qui s’occupe des relations culturelles et d’échanges éducationnels avec l’étranger, mais aussi d’aide au développement et de soutien financier aux ONG wallonnes et bruxelloises (maximum 90.000 euros par projet)

Elle n’inclut pas l’APEFE (Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l ‘Etranger) -bien que certains bureaux à l’étranger soient communs-, ni l’AWEX (Agence Wallonne à l’EXportation).

Toutefois, ces 3 organismes ont les limites de compétences qui me semblent bien floues, car plusieurs objectifs de ces structures s’interpénètrent de telle façon qu’on ne peut définir clairement qui s’occupe de quoi…Elles appartiennent à une structure centrale , EIWB (Espace International Wallonie Bruxelles), à moins que ce soit le contraire ???.

Je m’intéresse ici UNIQUEMENT au WBI.

L’organigramme du WBI en Belgique n’est déjà pas triste, puisqu’il se compose de 16 services + 10 services annexes, ayant chacun leur directeur et leur administration.(quelques postes sont toutefois communs à la même personne), soit à vue de nez 150 personnes dont une vingtaine de directeurs.

WBI a comme administrateur général Monsieur Philippe SUINEN, (PS) qui occupe les mêmes fonctions à l’AWEX. Il est également Président du Comité d’Avis du Fonds de Solidarité Internationale pour l’Eau (!?). Il fut chef de cabinet de plusieurs ministres PS, et vice-président du conseil d’administration de la SABENA.

A l’étranger, voici ses représentations.

MAROC (Rabat) 1 délégué (Daniel Menschaert) + 4 assistants + 1 chauffeur + 2 gardiens APEFE : 1 coordinateur (Philippe Mottet) +1 secrétaire                                                                                                                                                                                              (A noter que Monsieur Menschaert organise une exposition personnelle de ses photos à Rabat en 09/2009. Sur fonds propres ??)

SENEGAL (Dakar) Il s’agit ici d’une représentation de l’APEFE dans le centre administratif de Dakar. 1 coordinatrice (Françoise Daxhelet) Bénin : Brigitte Liebertz Burkina Faso : Francis Deprez à Ouagadougou.

TCHEQUIE (Prague) Située dans le quartier historique. 2 chargés de mission : Patricia Krobova + Veronika Kleplova

SUISSE (Genève) À quelques mètres du lac Leman 1 délégué : Marc Clerbois + 2 assistantes

ALLEMAGNE(Berlin) Dans l’ambassade de Belgique 1 délégué Stephan Forster + 4 assistantes

UNION EUROPEENNE (Bruxelles) Rue de la Loi 1 délégué Thierry Delaval + 7 assistants + 2 secrétaires

FRANCE(Paris) 2 localisations 1 délégué Jean-Pol Baras + 2 conseillers + 4 assistants + 1 chauffeur

VIETNAM (Hanoi) Dans l’immeuble Daewoo 1 délégué Franck Pezize + 3 assistants + APEFE 1 coordinateur JP Outers + 2 assistants

TUNISIE (Tunis) Dans une des grandes avenues de Mutuelleville 1 délégué Daniel Soil + 4 assistants + 1 attaché économique Jan Pajecki + 2 secrétaires

USA (Baton Rouge - Louisiane) Dans les bâtiments louisianais de l’éducation 1 déléguée Eliane de Pues-Levaque.

CANADA (Québec) Au cœur du Vieux Québec. 1 délégué Charles Houard + 5 collaborateurs + 1 déléguée de l’office de promotion du tourisme Nadine Droulans POLOGNE (Varsovie) Dans un immeuble contemporain. 1 délégué Zenon Kowal + 3 assistants + 1 délégué de l’office de promotion du tourisme Michel Janowski

ROUMANIE (Bucarest) 3e étage d’un immeuble moderne 1 déléguée Fabienne Reuter + 3 assistants + 1 chauffeur + 2 attachés économiques (awex + Bruxelles capitale)

RD CONGO (Kinshasa) 1 déléguée Kathryn Brahy + 6 assistants responsables de secteur + APEFE 1 assistant administratif (le personnel exact reste flou)

ALGERIE (Alger) 1 déléguée Marie Henriette Timmermans (avec ou sans personnel ?)

CHILI (Santiago) 1 délégué Benoit Rutten + 5 assistants

(Il faut noter que la maison de la Wallonie à Cuba n'est pas reprise dans cette liste. Mais alors, qui prend en charge les coûts de réalisation et de fonctionnement ??) 

Voilà. Il faut savoir que chaque bureau est compétent pour des pays limitrophes. Chaque responsable de bureau est belge, tandis que les assistants sont des ressortissants des pays concernés.

En plus des coûts de location d’immeubles ou de locaux souvent prestigieux (sauf un seul qui se situe dans les locaux de l‘ambassade de Belgique -mais que voilà une bonne idée !-) , nous avons aussi les salaires, et je suppose les indemnités du ou des délégués (accompagnés de leur famille ), leur logement de fonction , véhicule etc…

Ceci, en toute grande majorité, pour des matières UNIQUEMENT CULTURELLES ET ECHANGES UNIVERSITAIRES, celles-ci étant maintenant de la compétence régionale.

Il serait intéressant de connaître le coût de fonctionnement global de cette structure, d’éclaircir et de délimiter les objectifs de chacun des organismes « francophones » s’occupant de relations internationales et quelles sont les retombées réelles pour la communauté française en général et pour la Wallonie et Bruxelles en particulier, dans une optique win-win (ne parlons pas de retombées de prestige, de reconnaissance culturelle etc…).

Si les programmes de certains bureaux paraissent bien fournis, d’autres (très bien fournis, eux, en …personnel) se limitent me semble-t-il à bien peu de choses… Mais je peux me tromper…

Sans oublier que cette structure vient en supplément de nos représentations diplomatiques, pour lesquelles nous payons aussi des impôts au niveau national.

Anecdote : suivant certaines informations, c’est WBI qui a payé la note du voyage en Chine de Michel Daerden lors des jeux olympiques de 2008 (dont coût: environ 50.000 eur). A quel titre ? D’autres excellences bénéficient-elles également de ce budget ?

Dans la situation actuelle où des économies drastiques sont demandées aux citoyens, il serait  temps de s’intéresser aux dépenses consenties à des organismes officiels aux objectifs et résultats obscurs, sans oublier les milliers d’ASBL subventionnées…par l’argent de ces mêmes contribuables.

Jo Moreau

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16:10 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dépenses, crise, austérité | |  Facebook |

10/09/2009

JE SUIS SIONISTE ET LIBERAL.

Visiteur curieux de forums en tous genre, et spectateur comme beaucoup de la vie politique en particulier, je suis interpellé par la tactique adoptée par certains qui consiste à vider un mot de sa signification première, pour lui en substituer une autre, plus conforme à leur propre vision des évènements.

Ce glissement sémantique est particulièrement vicieux, et se passe dans l’indifférence générale.

Le sionisme est un mouvement visant à l’établissement d’un état juif en Palestine (Larousse).

Un sioniste est donc un partisan de l’existence de l’état d’Israël.

Point à la ligne, ni plus, ni moins.

Peu à peu, ce terme a été détourné par ceux qui combattent l’état d’Israël, et se proclament dès lors antisionistes. Ceci équivaut, il faut bien s’en rendre compte, à être favorable à la destruction de cet état (et de ses habitants si possible).

Ils assimilent de cette manière tous les Israéliens, et par extension tous les juifs dans le monde censés être sionistes, non seulement aux extrémistes partisans du « grand Israël« , mais également à la conspiration juive mondiale, responsable de tous les maux de la terre.

 L’antisionisme est devenu le paravent commode de l’antisémitisme pur et simple.

Le meilleur exemple en est donné par l  « humoriste » Dieudonné, et son « parti antisioniste ». Il aurait pu l’appeler « pro palestinien » ou autrement, mais le terme « antisioniste », qui est rassembleur d’une partie de la population aussi bien autochtone qu’allochtone, permet désormais tous les débordements envers une autre catégorie de citoyens. Il adhère ainsi aux thèses terroristes du mouvement fondamentaliste Hamas, qui dans sa charte prône la destruction de l‘état d‘ Israël et l’éradication des juifs (notamment art 7 du chapitre premier). Par assimilation, il rend ce mouvement acceptable aux yeux d’un maximum de gens et notamment d’hommes et de femmes politiques belges.

Petit à petit, un sioniste n’est plus simplement un partisan de l’existence d’un état pour les juifs, mais est devenu à leurs yeux, et maintenant aux yeux d’une partie de la population, une monstruosité nazie exécutant l’holocauste des palestiniens.

Evidemment, tous les extrémistes juifs sont sionistes, mais tous les sionistes ne sont pas extrémistes !

Un autre exemple, moins tragique mais tout aussi insidieux sur le plan politique, se trouve dans l’utilisation actuelle par la gauche européenne, et belge en particulier, du terme libéralisme utilisé par eux dans le sens de financiérisme débridé ayant mené à la crise actuelle. Par extension, le terme « libéral » (associé au bain de sang social) est utilisé comme repoussoir contre les mouvements politiques et les hommes prônant la doctrine libérale.

On se souvient de la levée de boucliers ayant accueilli à gauche la déclaration du maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, qui déclarait quelques jours avant le déclenchement de la crise actuelle qu’il était favorable au libéralisme, car il défendait la démocratie politique, les libertés individuelles et la libre entreprise. C’est évidemment un acte de foi qu’il n’oserait plus poser aujourd’hui …!

Quand on entend Elio Di Rupo -dans un bel élan populiste- pourfendre le libéralisme dans tous ses discours, mélangeant joyeusement idéologie et adversaire politique, j’ai toujours envie de lui demander : puisque vous luttez contre le libéralisme, que proposez-vous à la place ? Mais je n’assiste pas à ses meetings...

Bien sûr, tous les partisans des magouilles financières ayant débouché sur la crise sont libéraux (quoique …), mais tous les libéraux etc… !

Ce sont à mes yeux deux exemples de glissements sémantiques vers les interprétations les plus extrémistes de ces idéologies, afin d’y englober tous leurs partisans, utilisés par certains qui en vicient la signification afin de la faire coller à leurs propres fantasmes politiques.

 D’autres exemples existent , dans toutes les sphères de la vie sociale et politique, à vous de les découvrir …

Quant à moi, et bien je suis un sioniste libéral, dans les significations premières et seules valables, de ces mots devenus maudits pour certains.

Jo Moreau

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16:09 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (22) | Tags : politique, sionisme, libéral, extrémisme | |  Facebook |

15/07/2009

UN CHOC INSTITUTIONNEL pour réveiller la Wallonie

Le gouvernement wallon est donc bientôt formé, et va pouvoir se mettre à l’ouvrage.

Quelles sont les perspectives de mise en œuvre de son plan, 500 pages de bonnes intentions proclamées, qui tomberont peu à peu dans l’oubli comme sont tombées dans l’oubli celles des gouvernements précédents.

Cela ne serait que du réchauffé, si nous ne nous trouvions face à deux échéances capitales : la crise, qui suivant certains n’est pas prête d’être terminée, et le dialogue (?) institutionnel, dont il est clair maintenant que les flamands attendent de voir arriver les wallons à genoux et la main tendue.

Car là gît le problème : il n’y a plus de sous, et il y en aura de moins en moins, si j’ose cette audacieuse formule de style, autorisée par les techniques budgétaires.

Ces deux problèmes s’imbriquent intimement, et il est indispensable maintenant que les francophones aient le courage politique, ou tout simplement la fierté retrouvée d’affronter l’inévitable grande réforme institutionnelle voulue par la Flandre.

Comme francophone, je me sens ulcéré de me voir représenté par des personnalités qui se réfugient derrière des notions dont leurs interlocuteurs n’ont que faire, pour tenter de s’opposer de toutes leurs forces à l’inéluctable.

En clair, j’en ai marre d’être redevable à la Flandre de ce qui n’est plus de la solidarité, notion qui ne doit être qu’une aide ponctuelle à une situation accidentelle, mais d’être un perpétuel assisté.

Nous devons tout d’abord considérer la limite politique imposée par l’International. Les nations européennes, dont beaucoup sont confrontées à des degrés divers à des problèmes nationalistes semblables à ce qui se passe chez nous, l’Ecosse pour la Grande-Bretagne, l’Espagne et plusieurs de ses régions, l’Italie, la France, et j’en oublie, problèmes qui pourraient déboucher sur une véritable balkanisation de l’Europe géographique qui a déjà commencé dans les …Balkans, alors qu’aucune organisation politique européenne ne peut prendre le relais. Car tel est le drame qu’occultent les régionalistes : l’Europe politique n’existe pas, et ce n’est pas demain qu’elle naîtra.

Pour d’autres raisons, dont la « visibilité » internationale de la Belgique, profitable aussi bien à la Flandre qu‘à la Wallonie-Bruxelles, un état belge continuera donc à exister. Mais que contiendra-t-il ?

Il convient d’abord de faire un bilan réaliste. Les régions belges ont un passé en commun, et qui remonte bien loin dans l’histoire. Ont-elles un avenir en commun ? C’est à leurs représentants d’en décider en toute lucidité en fonction de leurs sensibilités actuelles.

En fonction de la réponse, il faudra définir les matières laissées à la compétence des régions-états, et de l’état central. A mon sens, la seule solution durable et acceptable par tous, est un état central financé par les régions-états, gérant la politique étrangère, l’armée, la police criminelle et la sûreté de l‘état, un tronc commun de sécurité sociale, ainsi que certains organismes nationaux de coordination de compétences régionales comme la justice, les sports, les communications etc...

Les problèmes à résoudre seront bien entendu énormes, car il n’est ici pas question d’une capitulation des francophones en rase campagne, mais bien d’une négociation qui comprendra l’avenir de Bruxelles, et notamment son financement, en passant par la fixation définitive de la frontière linguistique acceptée par tous comme frontière d’état, y compris l’abandon des facilités. Il sera indispensable d’abandonner les demi-mesures, les non-dits, et les faux-semblants et les agendas cachés.

Les fameux « compromis à la belge » -dont nous nous gargarisons volontiers- ont longtemps fait effet, mais ont aussi mené à la situation inextricable que nous connaissons aujourd‘hui, en servant de camouflage à la réalité et en évitant soigneusement de résoudre clairement les problèmes qui se présentaient.

Les francophones devront également abandonner leur vision de l’organisation de l’état : ok pour tout modifier, à condition que rien ne change. Cet état d’esprit est également responsable de la situation inextricable dans laquelle nous nous trouvons.

Si nous parvenons à entamer ce dialogue entre ‘honnêtes hommes’, je suis persuadé que les positions extrémistes des uns et des autres s’estomperont, et que certains problèmes qui nous paraissent aujourd’hui insolubles trouveront une solution raisonnable.

Je suis aussi persuadé que cet électro-choc institutionnel est seul capable de sortir enfin la Wallonie de sa douce torpeur, et qu’un véritable renouveau politique et économique naîtra de cette évolution . A ce moment, ce ne sera plus un vœu pieux, mais une obligation incontournable.

Billets associés : voir dans la catégorie ‘institutionnel’ colonne de gauche.

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Jo Moreau

13:44 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |

28/06/2009

LES FRANCOPHONES FACE AU CONFEDERALISME

La composition des gouvernements régionaux une fois bouclée, le communautaire va revenir au galop, n’en doutons pas, avec leurs super-stars Olivier Maingain d’une part, et Bart De Wever de l’autre.

Inutile de revenir sur l’historique du problème, et sur les origines du mouvement activiste flamand, qui fut -malheureusement pour lui- entaché deux fois peu ou prou dans la collaboration avec l’ennemi. Ce mouvement utilisa dans sa dialectique, la confusion facile entre le communautarisme linguistique et la réalité socio-économique de l‘époque.

Notons toutefois qu’à l’origine, le français était la seule langue reconnue en Belgique et le français fut imposé aussi bien aux flamands qu’aux wallons. Ces derniers acceptèrent sans réticence l’abandon de leurs dialectes, contrairement aux flamands qui tentèrent d’unifier les leurs vers l’Algemeen Beschaafd Nederland, ce qui n‘est d‘ailleurs pas gagné.

Mon propos dans ce billet n’est pas de relever tous les excès du nationalisme flamand, depuis le Walen buiten, (rappelant le sinistre Jüden raus), jusqu’aux prises de position actuelles à la limite du racisme, mais j’aimerais relever certaines attitudes francophones, que notre opinion publique préfère soigneusement occulter.

Le citoyen flamand a longtemps traîné derrière lui l’image d’un paysan, qui avait avantage à rapidement parler le français sous peine de sous-développement éternel. Ce type de mentalité parmi une large frange de la population francophone, surtout bruxelloise, était une réalité jusqu‘à un passé fort proche. Sans remonter à Mathusalem, lors des premières « mars op Brussel » des années 60, les affichettes brandies par les opposants francophones portaient : « keer naar uw dorp », ce qui était bien le reflet d’un sentiment général de mépris.

Sous la pression d’une attente de reconnaissance de l’identité flamande, les francophones ont accepté le fédéralisme du bout des lèvres, avec l’arrière-pensée : d’accord pour le fédéralisme, à condition que rien ne change. Cette attitude n’est pas sans responsabilité dans l’attitude des milieux flamands modérés, bien obligés dès lors de courir derrière les plus nationalistes.

Après plusieurs dizaines d’années (et combien de milliards d’euros ?) de transferts Nord-Sud, tout le monde doit bien constater que dans le sud du pays, rien n’évolue dans un sens positif, et que la mentalité immobiliste et frileuse d’une large part de la population wallonne n’est pas prête d’évoluer.

Inutile de se voiler la face, de part et d’autre, et chacun sûr de son bon droit, l’escalade communautaire nous placera sous peu devant un blocage des institutions. Cette escalade est bien sûr alimentée aussi bien par les prises de position de plus en plus extrémistes des milieux flamands, que par le blocage francophone systématique aux demandes flamandes , aussi justifiées soient-elles.

Par exemple, lorsque les flamands demandent un effort pour se débrouiller dans leur langue sur leur propre territoire, certains milieux francophones sont prêts à un appel aux casques bleus…

Il me parait évident que les choses sont allées maintenant trop loin que pour espérer un rabibochage définitif.

Plutôt que de s’épuiser en négociations communautaires successives, les deux communautés (pardon à la communauté germanophone) ont maintenant avantage à se mettre autour d’une table, et à négocier la mise sur pied d’un état confédéral, où chacune d’entre elles assumera le maximum de compétences.

L’Etat belge, financé par les Régions autonomes, ne subsisterait que dans les compétences de politique extérieure, de défense, de justice, et d‘un tronc minimal de sécurité sociale.

Repartant ainsi sur des bases franches et assainies, en-dehors de tout agenda caché, rien n’empêchera les régions d’établir entre elles des accords de coopération dans tous les domaines possibles, entre partenaires égaux et dans le respect mutuel.

Cela obligera bien sûr la Région Wallonne à des efforts considérables vers une autonomie économique, et une gestion pragmatique de ses moyens, avec toutes les conséquences politiques que cela sous-entend. Mais cela aidera sans conteste à l’assainissement de bien des choses …

Billet associé : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/09/bel...

Jo Moreau

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16:54 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : fédéralisme, flandre | |  Facebook |

20/06/2009

LES DEBORDEMENTS SYNDICAUX.

L’action syndicale fut et reste primordiale pour la défense des intérêts des salariés, surtout dans la situation actuelle, où beaucoup d’entreprises licencient du personnel, soit par obligation devant des carnets de commande vides, soit par opportunisme dans l’optique d’une délocalisation future.

C’est grâce à l’action syndicale que des conditions souvent à peine décentes sont faites aux travailleurs licenciés.

Là où le bât blesse, c’est lorsque cette action dérape, principalement vers des grèves sauvages de plus en plus fréquentes, des piquets de grève où une minorité impose sa loi, des prises en otage de cadres ou de dirigeants, de consignes de votes en faveur d’un parti qui en devient ainsi l’obligé.

Dans l’immédiate après-guerre, il fallut une vigoureuse action des dirigeants de la FGTB pour assainir celle-ci, par l’expulsion des délégués provenant de l’extrême-gauche qui l’avaient infiltrée. Cela ne se fit pas sans heurts violents et grincements de dents.

Je suis persuadé q’une action similaire est aujourd’hui indispensable, si on veut éviter des lendemains qui déchantent. L’infiltration actuelle des syndicats par des éléments incontrôlés, notamment issus du PTB+ et d‘autres mouvances d‘extrême-gauche , est évidente.

Ce type de parti ou de mouvement à la représentation politique négligeable, mais dont les idées ont en sous-main un succès certain dans plusieurs milieux y compris pseudo-intellectuels, a évidemment avantage à pourrir la situation sociale , et fait tout pour envenimer les choses. Son objectif est le chaos, sur lequel il rêve de pouvoir bâtir la révolution finale tellement souhaitée.

Cette forme d’action syndicale de plus en plus dévoyée est encouragée par l’inertie ou la lâcheté du pouvoir, surtout en Wallonie, qui n’ose pas réagir devant cette emprise grandissante de mouvements qui n’ont par ailleurs aucune légitimité démocratique. Et l’étonnement va croissant quand la Justice fait preuve d’un laxisme inexplicable pour des faits qui, causés par d’autres en d‘autres lieux, verraient s’abattre des peines sévères.

Les mouvements de grève sauvage, surtout perceptibles dans les services publics , sont une insulte au bon sens quand on connaît les garanties dont bénéficient ces salariés du secteur public. Elles sont souvent déclenchées pour un oui ou pour un non, sous couverture de motifs de sécurité du personnel ou des usagers, que tout le monde ou à peu près est bien obligé de trouver légitime. Mais qu’en serait-il si suite à l’agression physique ou verbale d’un d’entre eux, tous les employés de banque se mettaient chaque fois en grève, ou les libraires, ou …etc etc…

Les piquets de grève sont une autre déviance du combat syndical, quand une minorité d’individus, parfois même extérieurs à l’entreprise, en bloque les activités ou prennent le public en otage. L’action d’un piquet de grève est parfois nécessaire dans la prise de conscience d’un problème, mais doit être dissocié du droit de grève en lui-même, et son action en être strictement limité dans le temps.

Vient enfin la prise d’otages, action relativement récente en elle-même totalement injustifiable.

Le droit de grève doit être intégralement protégé, dans le cadre légal qui lui est imputé. Ses excès doivent être combattus, car dévoyés par certains au profit de buts inavoués.

Dans les années 1980, aux USA, 30.000 contrôleurs aériens furent licenciés suite à une grève sauvage. Hier, LCI annonçait qu’en Grande-Bretagne, Total licenciait 900 salariés pour le même motif.

On peut s’offusquer de telles mesures, mais sont-elles vraiment excessives lorsqu'il y a rupture aussi flagrante des accords sociaux conclus ?

Jo Moreau

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18/06/2009

DIDIER REYNDERS RESPONSABLE DE L'ECHEC ?

Maintenant que les élections sont derrière nous, il faut s’interroger sur les raisons de ce qu’il faut bien appeler l’échec relatif du MR.

Je suis persuadé que le cumul de mandats de Didier Reynders entre le poste de ministre des finances, très exposé ces derniers mois, et celui de président de parti, soit figure de proue lors de la campagne électorale, est la première et principale cause de la fuite des électeurs MR potentiels vers d‘autres horizons.

Il y eut d’abord la crise financière, où il fut bien sûr fortement impliqué dans le sauvetage des banques, et qui est apparu comme le sauvetage des banquiers aux yeux d’une propagande au raz des pâquerettes.

Mais ni le MR, ni DR ne fut capable de renverser cette impression aux yeux d’une large couche de la population pour laquelle il reste étroitement lié au déroulement de cette crise.

DR a été largement médiatisé ces derniers mois dans l’affaire Fortis, et s’il a donné l’image d’un homme apte à prendre une décision dans un environnement « paniqué », il est aussi apparu comme quelqu‘un qui se cramponne coûte que coûte à son objectif, refusant même ne fut-ce que d’envisager d’autres éventualités.

Cette attitude rigide a sûrement incommodé les partisans d’une solution « belgo-belge », nombreux parmi la population même s’il s’agissait d’une position sentimentale, ce qui reste d’ailleurs à démontrer. Plusieurs acteurs du monde financier en effet étaient favorables à cette solution.

La confusion entre les actes d’un ministre des finances se retrouvant au centre d’une crise, et d’un président de parti en campagne électorale, confusion largement entretenue par ses adversaires (mais c’est de bonne guerre) est certainement une cause première de la défection d’une bonne partie du corps électoral.

Il faut en tirer une conclusion, bien dans l’air du temps : le cumul de mandats entre celui de président de parti, et celui de ministre surtout dans un poste sensible, doit être banni. Non seulement et surtout pour des motifs éthiques, mais également pour des motifs de stratégie politique.

Reste son attitude vis-à-vis du PS, que beaucoup ressentirent comme une attitude méprisante vis-à-vis non seulement d’un parti, mais aussi d’une partie non négligeable de la population. Une phrase malheureuse lors de moments cruciaux, peut avoir des conséquences énormes, et un président de parti ou son staff, doit être capable de maîtriser ce qui peut apparaître comme un sentiment de supériorité ou de dédain.

On pouvait aussi pointer son langage corporel lors de plusieurs débats télévisés, quand il arborait un large sourire condescendant aux propos de son adversaire principal.

Il y a ensuite le laxisme apporté à rechercher ou à poursuivre la grande fraude financière, qui n’est peut-être pas à imputer à DR personnellement, mais dont on peut au moins penser qu’il ne fut pas à la pointe du combat…

Enfin, le MR donne l’image d’un rassemblement de personnalités, mais aussi d’une réelle absence de vision commune d’un projet pouvant apporter des solutions concrètes aux problèmes que rencontrent -ou craignent de rencontrer- de nombreux citoyens. Et si des propositions existent, elles ne reçurent pas la publicité nécessaire.

Donc DR apparaît bien comme le responsable -direct ou indirect- de l’échec, combiné à l’incompétence de son bureau de « propagande et contre-information », pour autant que celui-ci existe ...

Il apparaissait déjà bien avant la date du scrutin, qu’une très importante partie des électeurs (30 à 40%) étaient indécis. L’image donnée par DR et son appareil ne fut pas propice à rallier un nombre suffisant de ces indécis.

Jo Moreau

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18:52 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mr, élections, cumul, didier reynders, politique | |  Facebook |

16/06/2009

LE CHOIX DE L'ELECTEUR

Nous voici fixés : ECOLO et le CDH ont choisi le PS, dans un grand mouvement de changement, voulu par l‘électeur. (ceci est un trait d’humour …)

Car c’est bien ce que nous disaient tous les commentateurs : le citoyen a voté pour le changement.

Plus que jamais, l’inanité des élections à la belge éclate au grand jour : quel que soit le résultat des urnes, l’électeur n’a définitivement pas voix au chapitre.

Les élections ne sont là que « pour mémoire », pour faire joli dans le paysage des pays démocratiques et pour continuer à faire partie de leur club. Mais plus que jamais, il s‘agit ici de particratie et non de démocratie.

Car chacun des dirigeants de partis participant à la négociation le déclare : nous respectons le choix de l’électeur. Si ces négociations échouent, et que le CDH et ECOLO se tournent vers le MR, (politique-fiction) ils ne manqueront pas de nous ressortir exactement la même phrase, la main sur le coeur.

On voit aussi les limites d’un système où ceux qui décident de l’orientation politique d’une région, sont les partis ayant recueilli le moins de voix.

Un des points principaux du programme sera une meilleure gouvernance, qui semble toutefois limitée à l’interdiction du cumul des mandats. On verra ce qui en sera après quelques mois, mais ce point n’est qu’un détail dans l’immense chantier d’une meilleure gouvernance, car il faut y ajouter les dépenses énormes dans par exemple la constellation des ASBL, des intercommunales, des organismes en tous genres qui coûtent très cher au contribuable et dont la pertinence reste à démontrer.

Pour ma part, je ne peux imaginer qu’un président qui n’a pas été capable d’imposer un minimum d’éthique parmi les cadres dirigeants de son propre parti, et ce depuis plus d’une dizaine d‘années, ait la prétention de gouverner plus blanc (ou plus vert) en quelques mois. Il n’en a d’ailleurs apparemment pas le pouvoir, au vu de la structure de son parti, mais là je peux me tromper.

Il est urgent que, par une réforme de la loi électorale, le citoyen soit réconcilié avec la démocratie. Plusieurs systèmes sont envisageable, depuis le système majoritaire à deux tours pur et simple (comme l’élection présidentielle en France), jusqu’à un système où le citoyen devrait se prononcer sur les coalitions proposées.

Pour l’heure, le système donne raison au nez rouge du PTB.

Il faut également que les choix proposés , notamment par ECOLO et les partis ayant sauté dans le train en marche de l‘écologie, aient fait l’objet de débats ouverts, impartiaux et clairs, aussi bien sur le nucléaire que sur l’importance donnée au caractère anthropique du réchauffement climatique, tous domaines qui vont profondément influer sur le développement énergétique et économique de notre pays et d‘ailleurs, confronté à l‘explosion démographique et du désir de mieux vivre et de consommation des populations mondiales.

Car il faudra bien discuter des choix de société en partant de bases scientifiques solides, et non d’un paralysant principe de précaution appliqué à tort et à travers, au profit de solutions durables convenablement étudiées, et éviter un joli flop illustré par les bio-carburants, qui nous ont déjà coûté pas mal d’argent.

Jo Moreau

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20:15 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections, particratie, démocratie | |  Facebook |

12/06/2009

L'APRES ELECTIONS, ou la démocratie confisquée.

Vous avez voté ? Bravo et au-revoir, car on ne vous demandera plus votre avis avant plusieurs années. Maintenant, laissez faire ceux qui détiennent la connaissance , ceux que vous avez ou non élus, des gens sérieux qui savent mieux que vous ce qui est bien et ce qui ne l’est pas.

Voici venir le moment privilégié où ils se retrouvent enfin entre eux, débarrassé de cette campagne électorale où tout fut discuté, sauf les vrais problèmes, où chacun a pu contenter son ego devant les caméras, exposer un programme dont tout le monde sait parfaitement qu’il ne pourra être mis en application.

Le grand rendez-vous est pris pour mettre au point ce fameux accord de coalition pour lequel vous n’avez rien à dire, et dont vous n’avez d’ailleurs rien à cirer car mieux que quiconque, vous savez que dans notre système électoral, « plus ça change, et plus c’est la même chose ».

Plusieurs se poussent en avant, depuis Demotte jusque Louis Michel, afin de pouvoir coiffer l’autre au poteau, et s’autoproclamer Président de la Région Wallonne, car là non plus on n’a pas demandé votre avis.

D’ailleurs chacun sait que vous n’êtes pas assez qualifié pour le donner.

Ce fameux accord de gouvernement, disais-je , assez dilué pour plaire à tous ceux qui devront s’en accommoder , assez fadasse pour que rien ne bouge, et surtout assez flou pour qu’aucune décision un peu trop volontariste soit appliquée.

Et nous allons bientôt retourner dans le train-train quotidien de l’envasement d’une région, qui continuera à s’embourber dans les méandres de ses faiblesses pourtant dûment répertoriées : éducation, goût de l’effort, respect des autres et de l’environnement, éthique, courage politique, frein à l‘assistanat et aux subsides tous azimuths.

Plus que jamais, pour sortir de l’immobilisme politique et social, je suis partisan d’un scrutin majoritaire à deux tours qui, s’il est loin de tout régler, permet au moins un exercice plus ouvert et plus sain de la démocratie, et ne plus la voir confisquée par les présidents de partis.

 Jo Moreau

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19:29 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : wallonie, élections, démocratie, particratie | |  Facebook |

09/06/2009

INDECROTTABLES, CES WALLONS ?!

Les résultats des élections sont maintenant connus, et , divine surprise, il ne s’est rien passé ou à peu près.

Je parle bien entendu du rapport de force entre libéraux et socialistes, sans évoquer le cas Ecolo.

Et d’aucun de s’étonner et de condamner ces satanés wallons,décidément engoncés dans leur assistanat et incapables du moindre effort pour s’en sortir.

Je pense que la majorité de ces censeurs n’est pas consciente de la réalité de la Wallonie en général, et du Borinage (que je connais parce que j’y habite) en particulier.

Ils devraient se balader dans certains patelins de cette région, où la misère et la détresse sociale règnent en maître.

Les habitants ne sont pas capables d’un raisonnement de salon, et quand on leur dit que les libéraux (entendez le MR) réservent l’argent aux banquiers, ils le croient (d’autant plus que certains économistes le croient aussi…) Quand on leur dit que les libéraux sont avides de traquer les fraudes sociales, mais agissent pour enterrer les fraudes fiscales, ils le croient (et peut-être ne sont-ils pas les seuls).

Pour eux, à tort ou à raison, ils ressentent le PS (ou le syndicat, c’est kif-kif) à leurs côtés dans les moments de détresse, d’autant plus que ceux qui ont encore le courage et la ténacité de chercher un emploi, ont des monceaux de lettres envoyées, sans jamais aucune réponse. Alors à quoi bon continuer ?

Quant à ceux qui ont encore un emploi, la question qu’ils se posent est : pour combien de temps encore ?

Il y a en Wallonie 250.000 demandeurs d’emploi indemnisés, plus ceux qui sont en stage ou en formation, plus ceux qui sont dispensés de recherche d’emploi, plus ceux qui émargent du CPAS. Cela fait combien de personnes ? 400.000 ? Je ne sais pas , je n’ai pas recherché les chiffres. 400.000 personnes qui se débrouillent comme elles peuvent, avec leur loyer, leur chauffage et leurs dettes.

Vous avez 400.000 emplois à leur proposer ?

Quel espoir le MR leur donne-t-il ? Certains leur reprochent d’avoir encore voté PS, après tout ce qu’on sait, mais raisonnablement, quel autre choix ont-ils ?

Et surtout, quel autre choix leur a-t-on donné ?

Dans la crasse et la misère pour certains d’entre eux (non, ce n’est pas du misérabilisme mais la réalité), et dans l’absence totale d’espoir en l’avenir pour les autres, une situation où on ne peut demander un raisonnement élaboré sur les mérites comparés du libéralisme et du socialisme, qu’auriez-vous fait à leur place ?

Ecolo leur passe par-dessus la tête, et n’est à leurs yeux qu’un parti d’intellos de salon. Quant au CDH, -humanisme, kèksèksa ?- n’en parlons même pas.

Avant de condamner ou de s’esbaudir, essayons de comprendre et surtout , de proposer une alternative valable.

Jo Moreau

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16:19 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : élections, région wallonne | |  Facebook |