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19/11/2013

UN TYPHON PHILIPPIN QUI SOUFFLE A PIC

« Le plus puissant typhon » , « des vents les plus violents jamais enregistrés » , « des destructions hors normes » , le typhon qui a ravagé les Philippines et laissé derrière lui des milliers de malheureuses victimes fait les gros titres de nos médias, tombe à pic dans le contexte de la conférence de Varsovie sur le climat.

Et si nous remettions les choses en perspective ?

Le typhon Haiyan fut assurément destructeur, mais on trouve dans l’histoire météorologique des précédents tout aussi, sinon plus puissants ou meurtriers.

  • 1780 - Grand ouragan Atlantique Nord - vents de plus de 320 km/h et 27.500 morts
  • 1881 - Haiphong - 300.000 morts
  • 1900 - Ouragan de Galveston USA - 6.000 à 12.000 morts
  • 1934 - Mont Washington USA - 372 km/h 1961 - Ouragan Nancy - 340 km/h
  • 1970 - Ouragan Bohla -Bangladesh - 300.000 à 500.000 morts
  • 1991 - Ouragan Gorky - Bangladesh - 138.000 morts
  • 1996 - Cyclone Olivia - Australie - vents de 408 km/h
  • 1998 - Ouragan Mitch - Caraïbes - vents de 290 km/h - de 9.000 à 18.000 morts
  • 2008 - Ouragan Nargis- Birmanie - 100.000 morts

Cette énumération n’est qu’exemplative, parmi d’autres évènements tout aussi spectaculaires.

Mais comme ce fut déjà le cas pour l’ouragan Sandy (1), et comme on pouvait s’y attendre, le responsable ne tarda pas à être dénoncé : le réchauffement climatique, (et donc la responsabilité humaine). Ceci transparaît dans pratiquement tous les articles parus sous la plume de journalistes militants de la cause environnementaliste, ou accordant une confiance aveugle au GIEC. (2)

On ne peut d’ailleurs leur reprocher cet amalgame peu conforme à une simple vérification historique, quand au cours d’une interview un vice-président du GIEC dit, sans le dire mais en le disant quand même : « Il faut être prudent : il est difficile d'affirmer qu'il existe un lien entre les deux même si ce lien est hautement probable".

Voilà donc un lien « hautement probable » , dans le contexte d’une responsabilité humaine « presque certaine ». Que d’incertitudes et d’approximations pour ce qui devrait être un constat conforme à la rigueur scientifique !

Ce triste évènement survient alors que la thèse défendue par le GIEC, désignant les activités humaines comme responsables d’un éventuel réchauffement climatique, rencontrait un scepticisme grandissant, non seulement parmi les opinions publiques mondiales, mais également dans le monde scientifique et politique.

Cet état d’esprit risquait d’hypothéquer lourdement la conférence de Varsovie sur le climat, qui vient de s’ouvrir en préambule à la conférence de Paris prévue en 2015.

De quoi s’agit- il ?

La conférence de Paris 2015, consécutive à l’échec de la conférence de Copenhague, est destinée à la conclusion d’un accord contraignant sur la réduction des émissions de CO2. Le cyclone des Philippines survient au beau milieu de la conférence actuellement en cours à Varsovie, qui doit préparer le terrain à la conclusion de cet accord. Aussitôt, les accents catastrophistes y reçurent un accueil d’autant plus empressé qu‘ils sont de nature à insuffler une dynamique nouvelle à un processus qui en avait bien besoin.

Pourtant, même le GIEC était très prudent quant à l’implication du réchauffement climatique dans la survenance des évènements extrêmes : « (…) Il y a moins de certitudes quant aux causes de l’intensification des cyclones tropicaux constatée depuis 1970, sauf en Atlantique où celle-ci est attribuée en grande partie à la variabilité interne du système, avec pour le futur la possibilité d’une plus grande variété dans leurs trajectoires et intensité. » (3).

Il faut rappeler la phrase suivante, extraite de l’excellent rapport parlementaire français sur la tempête Xynthia :

« Trop souvent affirmée sous l’effet d’une pression médiatique et politique efficace, la corrélation entre les phénomènes éoliens les plus violents et le « changement » climatique constitue un enjeu majeur pour les élus et l’Etat. En effet, la liaison opérée ou non entre les deux phénomènes induit pour les décideurs des réponses très différentes et engage financièrement la communauté nationale dans des voies diamétralement opposées. » (4)

D’autres scientifiques, peu susceptibles d’être partisans de la terre plate ou corrompus par l’industrie pétrolière, sont bien plus réservés quant à l’attribution des évènements extrêmes à la responsabilité humaine. Citons parmi d’autres :

BOUWER LAURENS - PhD - Sciences de l'Environnement - ex Chef de Projet Dutch National Climate Change Research Vrije Universiteit Amsterdam - ex Lead Author IPCC AR3 et AR4. "La survenance d'évènements (climatiques extrêmes) varie en fonction de la variabilité naturelle du climat. Le signal du changement climatique d'origine humaine est suceptible d'être noyé parmi les autres causes". http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1539-6924.20...

BENDER MORRIS - BS - MS - Météorologue - Princeton University (USA) Geophysical Fluid Dynamics - National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) "Nous devrons attendre au moins 60 ans avant de pouvoir établir avec certitude que l'augmentation de la fréquence des ouragans est bien due aux gaz à effet de serre". http://www.riskfrontiers.com/pdf/Translation%20-%20Is%20t...

VILLARINI GABRIELE - PhD - Dept Civil and Environmental Engineering - Princeton University (USA). "La constatation de l'augmentation des tempêtes tropicales de l'Atlantique Nord ne découle pas de la variabilité du climat, mais bien des méthodes d'observation utilisées". http://www.agu.org/pubs/crossref/2011/2010JD015493.shtml

Références

(1) http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2012/11/01/san...

(2) parmi d’autres : http://www.lalibre.be/debats/edito/edito-se-mobiliser-ava...

http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/11/12/01008-20131112...

http://www.lalibre.be/actu/planete/climat-des-extremes-et...

(3) http://leclimatchange.fr/

(4) http://securite-commune-info.info/documents/crues/Xynthia...

Jo Moreau.

08/11/2013

OURS BLANCS, BOISSON GAZEUSE ET ONG, UN COCKTAIL INSIPIDE

réchauffement climatique,CO2,GIEC,ours blancs,Le Professeur Istvan Marko s’est penché sur le sort prétendument tragique des ours blancs, un symbole largement utilisé par les puissants lobbies environnementalistes tels que Greenpeace ou le WWF pour embrigader notamment les plus jeunes dans leur sillage politico-idéologique.

Ils bénéficient de l’appui très intéressé de multinationales, qui se sont vues offrir là un moyen rêvé de doper leurs ventes avec de bons sentiments.

Rappelons que le Professeur Marko s’exprime à titre personnel.

Jo Moreau.

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Ours blancs, boisson gazeuse et ONG, un cocktail insipide

Papa, Maman, Fifille et Fiston nounours blancs érigent avec entrain un bonhomme de neige en forme … d’ours blanc. Les yeux brillants, un peu humides, ils l’admirent un instant. Pourtant, quelque chose semble manquer pour compléter vraiment leur œuvre. Suspense insoutenable. Bon sang, mais c’est bien sûr ! Il s’agit d’une bouteille callipyge d’une sombre boisson gazeuse ! Ouf ! La petite famille ours blanc peut enfin se réjouir pleinement tout en avalant une large gorgée de ce breuvage pétillant.

Fondu enchaîné. Une représentante de WWF nous apprend que les ours polaires sont une espèce en voie de disparition (à cause de la boisson pétillante ?), que cette disparition s’accélère et que nous devons faire un maximum de dons à cette ONG afin de protéger ces animaux bien sympathiques qui souffrent horriblement du … réchauffement climatique. Ce dérèglement terrible des températures de notre planète - dû à l’Homme, bien entendu – est responsable d’une diminution tragique de la banquise arctique, réduisant ainsi fortement l’habitat indispensable à la survie et à l’alimentation des ours polaires. Pour éviter « que les ours polaires ne disparaissent d’ici la fin du siècle », WWF propose notamment de lutter contre les dérèglements climatiques (sic.) de préserver la banquise. Un programme aussi original mérite d’être souligné.

WWF, comme Greenpeace, est une organisation militante écologique qui utilise toutes les armes médiatiques à sa disposition, dont la désinformation contrôlée. Un exemple illustratif est le rapport sur la disparition, prévue pour 2035, des glaciers de l’Himalaya. Ce document non-scientifique, écrit spécifiquement pour WWF et dont le but est de marquer les esprits en effrayant le public, a été repris dans un chapitre du 4ème rapport du GIEC, cet organisme onusien qui se targue de ne prendre en compte dans sa bible climatique que des articles publiés dans la littérature scientifique « peer-reviewed ». Honnêteté, quand tu nous tiens !

Quant aux ours polaires, ils sont devenus dans l’esprit populaire et bien malgré eux le nouveau symbole écologique d’une lutte contre le réchauffement climatique. Qui ne se souvient de cette photo d’un malheureux ours blanc dérivant sur un minuscule morceau de banquise vers une mort certaine ? Notre cœur se brise d’émotion. Et pourtant, cette photo n’est qu’un trucage, un montage dans lequel l’ours, le morceau de banquise et la mer ont été pris de trois sources différentes et fusionnés en un seul document, une duperie classique de certaines organisations militantes pour frapper les esprits.

Et les faits scientifiques, dans tout cela ?

Il y a quarante ans, en 1973, était signée l’arrêt de la chasse non-réglementée des ours polaires. A cette époque, la population des ours blancs s’élevait à peine à quelques 5000 rescapés. L’interdiction de la chasse a permis à Ursus maritimus de reprendre du poil de la bête et, au dernier recensement datant de 2011, on dénombrait environ 20.000 à 25.000 membres.[1] Un comptage plus récent est en cours et les estimations actuelles indiquent même une augmentation du nombre des ours polaires, dont la somme pourrait atteindre les 27.000 à 32.000 individus. Même la population de la mer de Beaufort, qui était en baisse il y a quelques années, est repartie à la hausse, contredisant les prédictions de certains militants alarmistes qui annonçaient le déclin de ces animaux et leur éventuelle disparition dans les années à venir. Al Gore, un scientifique d’exception, prédisait l’éradication complète d’Ursus maritimus pour … 2005.

Durant les années 1974-75 et 1986-87, la population des ours polaires a enregistré un déclin notoire. Celui-ci a été rapidement – trop rapidement - associé au réchauffement climatique et à ses conséquences possibles sur la fonte de la banquise arctique, avec dislocation précoce de celle-ci et regel tardif.[2] Des modélisations – encore et toujours – ont été effectuées sur la base de « scénarios plausibles », en tenant compte d’une augmentation théorique de la température du globe due aux gaz à effet de serre et d’une fonte accélérée de la banquise. Elles ont abouti à faire passer l’ours blanc du statut « d’espèce dépendante de mesures de conservation » à « espèce vulnérable » et enfin « espèce en voie de disparition (site de WWF) ». Pas mal, pour un animal dont la population a quintuplé en 40 ans !

Des travaux récents du Dr Crockford,[3] une spécialiste des ours polaires qui les étudie depuis 35 ans, révèlent que cette disparition des ours polaires est due à un refroidissement brutal de l’arctique en 73-74 et 84-85 et à la présence de quantités élevées de glace. Au même moment, la population de phoques, nourriture principale des ourses venant de mettre bas, a drastiquement chuté, ceux-ci ayant quitté leur habitat usuel pour des régions plus hospitalières. Il apparaît donc que des hivers doux, avec des glaces peu importantes et jeunes (annuelles) – et donc une population élevée de bébés phoques - soient favorables à la reproduction des ours polaires. En d’autres mots, les conditions de formation et de fonte de la banquise arctique observées de nos jours semblent être celles qui conviennent le mieux à Ursus maritimus : la nature se montre souvent facétieuse avec ceux qui prétendent l’enfermer dans des modèles et des slogans.

De nouveau, les modèles se sont trompés, comme ils se sont trompés sur l’augmentation de la température du globe qui stagne depuis plus de 15 ans, sur le point chaud au niveau des tropiques qui reste toujours introuvable – et pour cause ! - et sur l’élévation de la chaleur due à l’effet de serre du CO2. C’est sur la base de modèles aussi peu crédibles – doublée d’une solide pression de certains lobbies écologistes - que les ours polaires ont été placés dans la catégorie « en voie de disparition ».

 Ursus maritimus est un vétéran de l’Arctique, qui existe depuis au moins 125.000 ans sous une forme distincte et qui a survécu à de multiples périodes de variation climatique bien plus dramatiques que le réchauffement médiatique observé de nos jours. S’il y a un danger pour les ours polaires, ce sont bien les quotas de chasse excessifs, visant essentiellement les mâles et déséquilibrant graduellement le rapport mâles/femelles, et les zélotes de certaines organisations militantes.

Oh, j’oubliais. La firme à la boisson pétillante collabore financièrement avec WWF, notamment pour son combat pour la survie des ours polaires.[4]

Il n’y a pas de petit profit.

Références

[1] Mise à jour Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’ours blanc Ursus maritimus au Canada, 2008. Voir aussi : (IUCN 2006 : http://www.animalinfo.org/refi.htm#iucn%202004%20red%20li...

[2] (a) Ferguson S.H. et al. (1999) ; Determinants of home range size for polar bears (Ursus maritimus), Ecology Letters, 2, 311-318. (b) Ferguson S.H. et al. (2000), Relationships between denning of polar bears and conditions of sea ice, J. Mammology, 81, 4, 1118-1127.

[3] Stirling, I., Derocher, A. E. Global Change Biology, 2012, 18, 2694-2706.

[4] Crockford, S. J. http://polarbearscience.com

[5] http://www.coca-colacompany.com/our-company/coke-raises-o...

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12:06 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : réchauffement climatique, co2, giec, ours blancs | |  Facebook |

05/11/2013

LE GIEC ET LA POLITIQUE, OU LA SCIENCE DEVOYEE

réchauffement climatique,GIEC,CO2,AR5,Faisant suite à l’échec de Copenhague 2009, la conférence de Paris se profile à l’horizon 2015. Elle devra aboutir à un accord contraignant sur les émissions de CO2.

Dans ce nouvel article, Jean-Michel BELOUVE démonte la collusion entre le GIEC et le monde politique. Les enjeux sont énormes, entre l’agenda politique de l’ONU (dont le GIEC est une émanation) défendant les intérêts financiers des dirigeants des pays émergents, l’aubaine offerte aux gouvernements de nos pays de lever une avalanche de nouvelles taxes au nom de la lutte vertueuse contre le CO2, et l’émergence de nombreux intérêts privés, la Science, avec un grand S, a-t-elle encore réellement sa place ?

Jo Moreau

LE GIEC ET LA POLITIQUE, OU LA SCIENCE DEVOYEE

Par Jean-Michel BELOUVE

Le GIEC est-il crédible ?

Pour être plus précis, posons la question ainsi : les hommes politiques ont-ils raison de faire confiance au GIEC dans l’élaboration de politiques économiques et environnementales aux enjeux planétaires ?

La réponse est non. Le GIEC ne constitue qu’un organe dont le rôle est d’apporter une caution scientifique aux décideurs politiques qui ont besoin de prétextes pour imposer des mesures impopulaires. Dans l’exposé qui va suivre nous allons montrer un exemple de compromis politico-scientifique impliquant les rédacteurs du GIEC.

A l’occasion de la conférence climatique de Copenhague, en 2009, les représentants des pays participants ont reporté l’adoption de mesures de limitation des émissions de CO2 à une conférence ultérieure, et se sont contentés de poser le principe d’une limitation de la hausse de température globale à 2° C au cours du XXIème siècle. D’ajournement en ajournement, il a été convenu que l’accord contraignant devrait être scellé à Paris, en 2015. Le document scientifique de base, à cette occasion, sera le rapport AR5 du GIEC, dont la partie scientifique vient d’être publiée, fin septembre 2013.

Prévisions de température et contradictions du GIEC.

Le rapport du Groupe 1 du GIEC expose nombre de constats que les conclusions du même rapport sur l’évolution du climat infirment. Ainsi, l’examen des modèles climatiques fait apparaître de multiples contradictions. Le résumé à l’intention des décideurs politiques conclut à une évaluation positive de la validité des modèles. Ils sont en gros progrès depuis le précédent rapport (l’AR4), et reproduisent bien les évolutions de températures observées au cours de multiples décennies, même si des différences parfaitement explicables apparaissent sur de courtes périodes de 10 à 15 ans. Il en résulte que « les observations et les modélisations des changements de température, des rétroactions climatiques et des modifications du budget énergétique de la Terre apportent conjointement une confiance dans l’importance du réchauffement climatique en réponse aux forçages du passé et du futur ».

La lecture du chapitre 9 du rapport, consacré à l’évaluation des modèles, apporte des informations bien différentes. Les modèles ne reproduisent pas fidèlement les évolutions de température observées, présentent des écarts considérables dans les profils verticaux d’humidité atmosphérique, et sont inaptes à simuler correctement la formation des nuages. Les principaux forçages concourant à l’évolution de la température ne sont donc pas correctement simulés. Mais ce n’est pas tout. La plupart des autres facteurs à prendre en compte sont biaisés par rapport aux observations, qu’il s’agisse des précipitations, des flux radiatifs au sommet de l’atmosphère, de l’étendue de la banquise antarctique, des aérosols atmosphériques, du cycle du carbone ou des principaux flux de circulation atmosphériques et océaniques. Une lecture critique objective de ce chapitre conduit à la réfutation pure et simple de la capacité prédictive des modèles. Ce n’est pas ce que fait le GIEC, qui valide purement et simplement leurs prévisions de températures.

C’est ainsi que le GIEC propose quatre scénarios d’émissions de CO2 pour le vingtième siècle, baptisés RCP 2.6, RCP 4.5, RCP 6 et RCP 8.5, pour lesquels les modèles annoncent des augmentations de températures variant de 1,5° C à 4,5° C en fin de vingt-et-unième siècle.

Un test largement utilisé pour comparer le fonctionnement des divers modèles consiste à partir d’une situation du système climatique à un moment donné, par exemple celle qui existait lors de la période préindustrielle, où le taux atmosphérique de CO2 se situait à un niveau de 280 ppm (280 molécules de dioxyde de carbone dans un million de molécules atmosphériques diverses), de faire tourner le modèle en ajoutant 1% de CO2 supplémentaire se cumulant chaque année, jusqu’à atteindre la concentration double, en l’occurrence 560 ppm, ce qui se produit au bout de 70 ans. On arrête alors d’ajouter du CO2, et on laisse tourner le modèle. L’augmentation de température constatée au terme de 70 ans est appelée la TCR, « réponse transitoire du climat ». On constate que les températures continuent à progresser au-delà de ces soixante-dix ans, et n’atteignent un niveau d’équilibre qu’au terme de nombreux siècles, plus ou moins 10 siècles selon les modèles. A ce niveau d’équilibre correspond l’ECS, « sensibilité climatique d’équilibre ». L’explication de ce phénomène réside dans le fait que pendant la phase transitoire de 70 ans, l’océan capturerait et accumulerait une partie de l’énergie fournie par l’effet de serre du CO2, et ne la restituerait que très lentement.

Les modèles qui fournissent les données utilisées par le GIEC affichent des moyennes qui sont de 1,8 ° C pour la TCR, au bout de 70 ans, et 3,2° C pour l’ECS, atteint au terme de 995 années.

Pour les politiques publiques, évidemment, c’est la TCR qui constitue la donnée cruciale, ou plutôt l’augmentation de température constatée au terme de quelques décennies, l’année 2100 par exemple. Pour les gens ordinaires, ce qui importe est le climat que leurs enfants et petits-enfants connaitront. Certains écologistes, soucieux du sort des générations futures, portent au contraire une grande attention à l’ECS.

Le pavé dans la mare des rédacteurs de l’AR5

Le rapport du Groupe 1 a été rendu public fin septembre 2013. Mais le 19 mai 2013, la revue Nature http://www.nature.com/ngeo/journal/v6/n6/full/ngeo1836.html publiait l’article d’un collectif de scientifiques (liste en fin d’article) qui présentait de nouvelles valeurs pour la TCR et l’ECS. Intitulé « Energy Budget Constraints on Climate Response », ce document annonçait une valeur de 1,3° C pour la TCR (au lieu de 1,8° C dans l’AR5) et de C pour l’ECS (contre 3,2° C). Or sur les 17 signataires de l’article, 14 étaient des « coordonative lead authors » ou des « lead authors » du rapport du GIEC en cours de finalisation ! Tous sont des personnalités scientifiques reconnues et influentes, tant au sein de l’instance onusienne que de la communauté des climatologues. Pourquoi de telles sommités remettaient-elles en cause des conclusions officielles sur le point d’être publiées, et auxquelles elles avaient contribué activement ?

S’agissait-t-il d’un schisme au sein de la communauté scientifique associée au GIEC ? Invraisemblable, compte tenu de l’implication constante des scientifiques concernés dans la théorie d’un réchauffement climatique d’origine humaine et potentiellement catastrophique. S’agissait-il d’une démarche concertée au sein du GIEC pour corriger l’impression laissée par les explications douteuses de l’AR5 sur l’absence de hausse de température depuis 15 ans ? Mais ce-faisant, le GIEC aurait pris un risque énorme de décrédibiliser le rapport AR5, et donc tout le système.

La lecture de l’étude de mai 2013, et les profils de certains des rédacteurs fournissent des indications sur les motivations des auteurs. L’étude elle-même présente un calcul élémentaire à partir de deux formules très simples donnant la TCR et l’ECS en fonction des valeurs de forçage tirées de données d’observations sur la période 1970-2010. On en déduit les nouvelles valeurs que devraient prendre la TCR et l’ECS si les simulations avaient respecté l’évolution passée des températures. Les auteurs rectifient donc les résultats de modélisations très complexes au moyen de deux banales divisions, et la portée scientifique du document est fort mince. La méthode est d’autant plus problématique qu’elle présuppose que la totalité de la hausse des températures de la période 1970-2013 résulte du CO2 et des rétroactions à l’effet de serre qu’il engendre. Les auteurs prennent grand soin d’assurer que leurs résultats sont en plein accord avec ceux des modélisations précédentes, même s’ils sont sensiblement inférieurs, qu’on reste à l’intérieur des fourchettes, etc…

Outre les 14 rédacteurs-chefs du GIEC, on note la présence de Nicholas Lewis, mathématicien passionné de climatologie, devenu climatosceptique très actif, et intervenant fréquemment sur les blogs de McIntyre et Anthony Watts. Mais la rédaction principale de l’étude est à l’actif du couple Alexander et Friederike Otto, chercheurs à l’Université d’Oxford. L’un et l’autre ont une solide formation de physiciens, mais Friederike est titulaire d’un doctorat en philosophie des sciences et Alexander est docteur en économie, spécialiste d’évaluation des modèles climatiques et d’économie environnementale. Ce dernier est très impliqué en tant que consultant scientifique des autorités environnementales britanniques. Il fait également partie des auteurs-contributeurs de l’AR5 Groupe 1, ce qui porte à 15 le nombre d’auteurs impliqués dans le rapport du GIEC.

La presse britannique s’est empressée de demander à Alexander Otto et à ses coauteurs des explications sur les contradictions apparentes entre leur étude et les conclusions du GIEC. Leur réponse est que les nouveaux chiffres ne justifient absolument pas que l’on renonce à lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Il apparait seulement que leur nouveau papier apporte des éléments qui rendront plus facile un accord international, en permettant une solution qui concilie préservation de l’environnement et développement économique, ce qui apparaissait de moins en moins possible avec les précédentes prévisions de températures. Le site britannique « The Carbon Brief » expose ces perspectives dans un article intitulé « Reconciling the science, economics and policy of climate sensitivity: would a lower value buy us more time? » http://www.carbonbrief.org/blog/2013/06/reconciling-the-s... . Le Professeurr Kevin Anderson, Deputy director du Tyndall Center for Climate Change, résume et s’indigne : « scientists are pressured to tailor their arguments to fit “politically palatable” scenarios (on met la pression sur les scientifiques pour qu’ils retaillent leurs arguments pour les mettre aux mesures du ‘politiquement acceptable’) » http://peopleandnature.wordpress.com/2013/07/03/stop-tail... . Kevin Anderson est admirablement placé pour faire cette remarque, car le Tyndall Center réunit un aréopage de politiciens, hauts fonctionnaires, scientifiques et économistes gravitant autour des autorités environnementales britanniques. Et il ajoute, à propos de la concertation climatique internationale : « nombre de scénarios, sinon la plupart d’entre eux, sont complètement irréalistes en proposant des changements immédiats aux tendances courantes des émissions. En outre, ils persistent à négliger ce qui se passe en Chine et en Inde, et à ignorer comment la partie la plus pauvre du monde a besoin de plus d’énergie pour se développer et améliorer son bien-être ». Pour résumer, il n’existe de scénario acceptable, et des chances d’aboutir à un accord avec les pays en développement, que si les programmes de réduction du CO2 sont adoucis et étalés dans le temps. Et pour cela, on a besoin de la caution scientifique d’une sensibilité climatique révisée à la baisse.

Tout cela s’éclaire encore plus lorsqu’on prend connaissance d’une étude, économique celle-là, publiée quelques jours plus tard par Alexander Otto, associé à Benjamin Todd, éminent spécialiste de l’économie du risque climatique, et Myles Allen, l’un des coordinative lead author de l’AR5 signataire de l’étude scientifique du 19 mai. Elle s’intitule « Climate System Properties Determining the Social Cost of Carbon ». http://iopscience.iop.org/1748-9326/8/2/024032/article

Les auteurs s’attachent à relier les valeurs de TCR et d’ECS aux calculs économiques d’évaluation des dommages qui seront causés par le changement climatique. Il s’agit d’établir un «coût social du carbone» qui se chiffre en dollars par tonne de carbone émise. Dans cette étude, une valeur actualisée de US$ 30 est associée à une TCR de 1,3° C. Cela signifie que, dans un scénario aboutissant à cette TCR, chaque tonne de carbone émise aujourd’hui est responsable de 30$ de dommages futurs engendrés par les dérèglements climatiques. Si l’on fait le compte de ce que coûterait le cumul des émissions d’un tel scénario, on aboutit à la valeur astronomique 126 mille milliards de dollars ! Les autorités environnementales et les gouvernants sont friands de l’indicateur que constitue le « coût social du carbone », qui leur permet d’échafauder des budgets de lutte contre le réchauffement, de fixer le barème des taxes carbones, et le tout avec un minimum de réflexion.

La concomitance des deux articles dont Alexander Otto est le principal scripteur rend la manœuvre très claire. Il s’agit de se donner des arguments, en vue de la Conférence de Paris de 2015, pour proposer un accord aussi modéré que possible dans les contraintes à imposer aux diverses parties. Aboutir à un accord est crucial pour tous les protagonistes. Un échec conduirait à la fin du GIEC et de la CCNUCC, et au discrédit de tous les responsables qui ont imposé les politiques climatiques coûteuses qui sévissent depuis une quinzaine d’années. Au contraire, un accord qui atténuerait les diminutions d’émissions des pays développés et laisserait augmenter dans certaines limites celles des pays en développement sauverait la face, et surtout justifierait la poursuite de taxations du carbone et de soutien à une économie verte qui sans cela s’effondrerait.

Halte à la manipulation, halte à la gabegie, halte à la corruption de la démocratie

Ainsi va la climatologie ! On ne parvient pas à un accord politique sur les bases scientifiques actuelles ? Alors on change la science. L’ONU et la CCNUCC se donnent une chance pour 2015, et espèrent s’assurer ainsi un siècle de survie. Les pays développés dépenseraient une modeste part des 126 mille milliards de dollars de coût social du carbone, à la satisfaction des dirigeants des pays en développement qui verraient leur consentement récompensé et rétribué, au grand soulagement aussi des filières de l’énergie verte et de tous ceux qui craignent la mort de la poule aux œufs d’or, et sept milliards de dupes seront invitées à applaudir ce triomphe historique de la science et de la raison.

Est-ce le GIEC qui a imaginé cette tortueuse démarche, ou sont-ce les gouvernements qui l’ont imposée au GIEC ? Peu importe. Cette affaire montre à l’évidence que cette organisation internationale défend avant tout un projet politique de société, et qu’elle favorise le développement d’un courant scientifique inféodé à des organes de gouvernement. Nous ne pouvons croire à cette science qui se déjuge au gré des impératifs de géopolitique. Il faut dire halte à la manipulation, halte à la gabegie, halte à la corruption de la démocratie.

Le GIEC a failli dans sa mission de nous éclairer sur les causes et les conséquences du changement climatique. Après vingt-trois ans de recherches coûteuses, mobilisant des moyens matériels et humains considérables, les questions posées au GIEC n’ont pas reçu de réponses convaincantes. Tous ceux qui ont été les complices de cette supercherie méritent l’opprobre, qu’ils aient agi par duplicité, opportunisme ou naïveté. Le GIEC a dévoyé la climatologie, qu’il faut remettre dans le droit chemin, car on ne peut conclure de son échec que l’action humaine n’a aucune conséquence sur le climat, et il faut que nous obtenions des réponses claires et crédibles sur le futur que nous bâtissons. Il faut libérer la recherche, les chercheurs et le débat scientifique des carcans qui les enferment dans un cadre de présupposés. De la liberté naitra la vérité, et alors seulement nous saurons s’il faut agir, et dans quel sens.

Liste des auteurs de l’étude « Energy Budget Constraints on Climate Response » :

Alexander Otto : Environ ment Change Institute Research Fellow on Climate Decisions, Oxford University http://www.eci.ox.ac.uk/people/ottoalex.php ,auteur-contributeur du rapport Groupe 1 de l’AR5

Friederike Otto : Post Doctoral Research Fellow, ECI, Oxford University

Nicholas Lewis : Mathématicien et physicien, expert réviseur de l’AR5

14 coordonative lead authors ou lead authors de l’AR5 Groupe 1 : Myles R Allen, Olivier Boucher, John Church, Piers M Forster, Nathan P Gillett, Jonathan Gregory, Gabriele Hegerl, Gregory C Johnson, Reno Knutti, Ulrike Lohman, Jochem Marotzke, Gunnar Myrhe, Drew Shindell, Bjorn Stevens.

Jean-Michel BELOUVE

13:13 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : réchauffement climatique, giec, co2, ar5 | |  Facebook |

28/10/2013

UN REQUISITOIRE CONTRE LES MODELES CLIMATIQUES

Après sa précédente analyse critique sur le dernier rapport du GIEC (1), Jean Michel Belouve se penche sur la crédibilité qu’on doit accorder aux modèles climatiques sur lesquels se fondent les prévisions de cet organisme.

Ici encore, il évite les polémiques habituelles et se fondant sur les informations publiées par cet organisme, il en tire une conclusion très différente quant à l’évolution future du climat : "Si augmentation de température il y a au cours de ce XXIe siècle, elle ne devrait pas dépasser au maximum 1 degré centigrade."

(1) http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2013/10/16/le-...

Jo Moreau

Le rapport du GIEC : un réquisitoire contre les modèles climatiques.

Le GIEC a-t-il perdu toute confiance dans les modèles climatiques ? C’est ce que laisse penser la lecture du chapitre 9 du rapport AR5 Groupe1 récemment publié, relatif à l’évaluation de ces modèles. Certes, il n’est écrit nulle part qu’ils sont mauvais, mais la liste des discordances relevées par les rédacteurs entre les données modélisées et les observations scientifiques du monde réel conduit nécessairement à mettre en doute la pertinence des prévisions faites par ces modèles.

Un modèle de circulation générale n’est valide que s’il reproduit les principales évolutions des variables climatiques. Le GIEC s’attache surtout à vérifier la validité des simulations de températures globales. Mais la température dépend de facteurs interdépendants : la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre, l’humidité atmosphérique aux différentes altitudes, la couverture nuageuse, l’étendue des banquises sont les principaux d’entre eux. Si un modèle parvient à reproduire des températures tout en affichant des profils d’humidité et de nébulosité erronés, c’est qu’il ne constitue pas une bonne représentation de la réalité, et l’on ne peut que se méfier des conclusions qu’il tire pour l’avenir du climat à long terme. De tous les paramètres entrant en jeu, le moins discutable est la concentration atmosphérique en CO2, parfaitement connue depuis 1959. De 316 ppm en 1959, elle a continument grimpé jusqu’à 393 ppm en 2012. Examinons les conclusions des rapporteurs sur la concordance des autres variables climatiques des modèles et du monde réel.

Modèles vs observations : les températures (paragraphe 9.4.1.1 du rapport) :

Les auteurs notent que les moyennes globales de températures de la surface terrestre indiquées par les modèles, pour le XXème siècle, concordent à 2° C près avec les températures observées. La différence de 2° C n’est pas négligeable lorsqu’on s’intéresse à une évolution qui s’est traduite par une élévation de +0,8° C en un siècle, mais acceptons le haut degré de confiance qu’accorde le rapport à cette évolution. On remarque toutefois que les auteurs font état de différences de 3° C à 5° C dans plusieurs grandes régions du monde. Que l’on parvienne à une moyenne à peu près juste à partir de valeurs régionales qui s’écartent autant de la réalité observée montre déjà que les modèles ne sont qu’une reproduction imparfaite de la réalité. La ceinture intertropicale constitue une zone qui représente 40% de la superficie de la planète, et 70% de l’énergie du soleil. C’est donc un lieu déterminant pour la température globale. Or le rapport note que les observations relatives à ces régions indiquent, pour la période 1979-2012, une tendance décennale à la hausse de +0,06° C à +0,13° C, alors que les modèles affichent, pour la même période de 33 ans, une tendance décennale de +0,15° C à +0,40° C.

Mais ce qui interpelle encore plus, c’est la différence des températures globales pour la période récente 1998-2012. Toutes les statistiques montrent une pause des températures globales pendant toute cette période, alors que la concentration en CO2 est passée de 363 à 393 ppm. Le GIEC admet une tendance décennale à la hausse de +0,04° C pour ces quinze années, alors que la tendance des modèles est de +0,21° C. Il est bien obligé d’admettre que, sur cette période-là, les modèles n’ont pas intégré tous les facteurs de variabilité du climat, et avancent l’hypothèse que la diminution d’activité solaire et la capture de chaleur par l’océan expliqueraient l’absence de réchauffement récent. Les auteurs mentionnent également l’éventualité d’erreurs dans les forçages radiatifs ou dans la réponse des modèles à ces forçages. Mais si les modèles n’incluent pas correctement les facteurs de variabilité solaire et océanique, cela vaut autant pour la stagnation des quinze dernières années que pour les périodes de réchauffement observées et simulées au cours du XXème siècle, et si les modélisateurs se trompent dans les forçages ou les réponses, cela entache forcément leurs simulations du siècle précédent. Les remarques des auteurs du chapitre 9 mettent donc bien en évidence une carence sérieuse des modèles.

Modèles vs observations : l’humidité troposphérique (paragraphe 9.4.1.2)

Les climatologues considèrent que la vapeur d’eau troposphérique apporte une forte rétroaction positive au forçage radiatif dû au CO2. La hausse de température due à l’augmentation de concentration en CO2 entraine une évaporation supplémentaire de l’océan et des eaux de surface, ce qui entraine une augmentation supplémentaire de l’effet de serre et donc de la température. Ce forçage additionnel est dû essentiellement à l’augmentation de l’humidité dans la partie haute de la troposphère, car dans la partie basse la quantité de vapeur d’eau est telle que l’effet de serre à ce niveau est déjà saturé.

Or qu’est-ce que les auteurs constatent ? Les modèles sous-estiment de 25% l’humidité qui règne au voisinage de la surface, - la partie séparant la surface de la première couche de nuages bas-, et exagèrent l’humidité de la partie supérieure de la troposphère dans une proportion allant jusqu’à 100 % ! C’est dire implicitement que la rétroaction de la vapeur d’eau prise en compte par les modèles est considérablement supérieure à celle qui existe réellement.

Modèles vs observations : les nuages

A la page 9-24, les rédacteurs écrivent « des erreurs importantes demeurent dans la simulation des nuages par les modèles. Il y a un haut degré de confiance dans le fait que ces erreurs contribuent de façon significative aux incertitudes d’estimations des rétroactions des nuages, et par conséquent dans l’étendue du changement climatique… ». Leurs réserves sont donc très claires. Ils font suivre cette remarque d’une longue liste d’erreurs et d’imperfections : les processus de formation des nuages sont mal simulés, des erreurs importantes apparaissent dans la simulation des nuages tropicaux, il y a une piètre simulation des nuages subpolaires arctiques et antarctiques, etc.

Il existe une vive controverse entre climatologues sur la nature de la rétroaction des nuages, positive pour les uns, négative pour d’autres. Les modélisateurs ont choisi : la rétroaction est nettement positive. Une carte, figurant page 9-158, montre que les nuages des modèles exagèrent le forçage au sommet de l’atmosphère d’une valeur de 10 à 20 watts/m² dans de nombreuses régions de la ceinture tropicale, et de 0 à 10 watts/m² ailleurs, ce qui est considérable et induit des surestimations de température allant jusqu’à +5° C !

Ce paragraphe met particulièrement en relief l’indigence des modèles dans l’appréhension des processus de formation des nuages, et ce seul constat mériterait une réfutation de la valeur prédictive des modèles.

Modèles vs observations : la banquise (paragraphe 9.4.3).

Les variations d’étendue des banquises constituent une troisième source de rétroaction. Lorsque leurs surfaces diminuent, il y a moins de flux solaire réfléchi vers l’espace, et le réchauffement augmente. Les auteurs du rapport constatent « dans de nombreux modèles, la distribution régionale de la concentration de glace de mer est mal simulée, même si l’étendue hémisphérique est approximativement correcte ». Ils ajoutent : « La majorité des modèles montre une tendance régressive de l’étendue estivale de la banquise australe sous l’ère des satellites, en contradiction avec l’accroissement faible, mais significatif, qui est observé ».

Même si l’effet de la banquise est moins déterminant que celui de la vapeur d’eau ou des nuages, les modèles ajoutent encore un excédent important à la rétroaction de ces glaces, et, de plus, ils montrent une fois de plus leurs limites dans la simulation du climat réel.

Nous ne nous attarderons pas à recenser tous les biais, souvent importants, que le chapitre 9 signale. Les modèles sont pris en défaut dans la prise en compte du réchauffement océanique, des puits de carbone, du cycle du carbone, le traitement des aérosols, les processus de flux atmosphériques et océaniques… Bref, les modèles parviennent à faire une simulation cohérente d’évolutions climatiques, mais il ne s’agit pas des évolutions observées dans la réalité.

Conclusion : les évolutions de température du XXIème siècle devraient être beaucoup plus faibles que celles généralement annoncées.

Deux tableaux figurant page 9-133 et 9-134 donnent les principaux paramètres chiffrés des modèles climatiques pris en compte par le GIEC. Un test permettant de comparer les modèles consiste à simuler les effets d’un doublement de la concentration en CO2 sur une période de 70 ans. On constate à la lecture du tableau page 9-133 que ce test conduit à une augmentation de température de +1,8 °C au terme des 70 ans («transient climate response »), et de +3,2° C au terme de 1000 années (« equilibrium climate sensitivity »). Ce délai de 1000 ans est précisé dans la légende du tableau page 9-134. L’explication de cette double évolution vient du fait que pendant la phase de « transient climate response » de 70 ans, une part importante de chaleur est, d’après les modèles, stockée dans l’océan, et qu’elle n’est restituée à l’atmosphère que très lentement, selon un processus s’étalant sur plus de mille années.

Ainsi, si les modèles sont valides, le doublement de la concentration actuelle, 393 ppm, nous conduirait, pour la période 2073-2093, à une augmentation de température de +1,8° C. Pour parvenir à une telle concentration, il faudrait consommer, en 70 ans, une quantité de combustibles d’origine fossile supérieure à 1700 gigatonnes en équivalent carbone pur (une augmentation de 1 ppm est provoquée par l’émission de 4,38 gigatonnes de carbone). Or les réserves mondiales actuelles d’énergie fossile (pétrole, gaz, charbon et lignite) s’élèvent, d’après l’annuaire statistique BP de 2013, à 1009 gigatonnes équivalent carbone pur. Il faudrait donc découvrir 70% de réserves supplémentaires s et épuiser toute la ressource en 70 ans, ce qui constitue une hypothèse peu réaliste.

La lecture attentive du chapitre 9 nous conduit donc à la conclusion que le GIEC surestime considérablement le réchauffement que nous sommes susceptibles de connaître au cours du XXIème siècle, et on pourrait s’attendre à une légère augmentation, très inférieure au +1,8° C annoncé .

Lire le chapitre 9 du rapport du GIEC n’est pas une tâche spécialement ardue. Il convient d’avoir une bonne culture générale des concepts et du vocabulaire de la climatologie, ce que l’on pourrait attendre des journalistes qui rendent compte du changement climatique, ainsi que des conseillers scientifiques dont s’entourent les décideurs politiques. On peut légitimement s’étonner, et s’indigner, de lire et d’entendre les déclarations alarmantes que les médias multiplient. Et que penser de nos gouvernants qui persistent dans des choix politiques aberrants au vu de l’insignifiance d’une hausse de températures qui ne devrait pas dépasser un degré centigrade au cours de ce siècle, voire même ne pas se produire ?

Il ne s’agit pas là de lubies de climato-sceptiques. Le chapitre 9 du rapport du GIEC constitue un énorme travail de compilation et d’analyse de centaines de publications scientifiques, réalisé par des spécialistes compétents et qui ont accompli honnêtement leur mission, même si on peut leur reprocher d’avoir laissé de côté certaines études scientifiques tendant à réfuter sévèrement les thèses du changement climatique catastrophique. Certes, ces rédacteurs n’écrivent pas expressément que les modèles sont une mauvaise représentation du système climatique. Ils auraient été sévèrement censurés dans un tel cas. Mais ils ont livré au lecteur toutes les clés nécessaires à une appréciation objective de la valeur des modèles.

A nous d’en tirer des leçons !

Jean Michel Belouve.

10:46 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (44) | Tags : réchauffement climatique, giec, co2, modèles climatiques | |  Facebook |

25/10/2013

L'EOLIEN : UN SCANDALE ECOLOGIQUE ET HUMANITAIRE

réchauffement climatique,GIEC,CO2,énergies vertes,éolien,Il n‘y a pas si longtemps, j‘écrivais un billet dénonçant les dépenses mirobolantes nécessitées par une politique énergétique initiée par des arguments scientifiques loins d’être établis : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2013/03/27/une...

Entre autres personnalités, le Professeur Lennart Berngston -qui ne peut être taxé de « climato-scepticisme »- dénonçait les motivations financières qui animent les lobbies environnementalistes ultra-puissants, que sont notamment GREENPEACE et le WWF. http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2013/04/28/cha...

 Un article du Professeur Istvan Marko paru récemment dans "Marianne Belgique" illustre parfaitement la voie économiquement suicidaire que certains nous imposent, au nom d‘une idéologie politique parfaitement rétrograde.

Voici cet article.

Jo Moreau.

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Qu’il est difficile de tirer les leçons des erreurs du passé. Qu’il est dur de se remettre en question, de reconnaître que l’on s’est trompé, et de revenir sur des décisions idéologiques aux conséquences écologiques, économiques et sociales désastreuses.

Pour certains, c’est tout simplement impossible.

La débâcle du photovoltaïque wallon et son coût exorbitant, que nous allons devoir assumer durant de nombreuses années, n’ont pas servi de leçon à notre ministre Henry. Malgré l’échec de son premier plan d’installation d’éoliennes, il revient à la charge avec une seconde mouture. Pourquoi ? Pourquoi ne peut-il pas comprendre que la plupart des Wallons ne veulent pas de ces inutiles moulins-à-vent ? Les sirènes des lobbies de l’éolien sont-elles à ce point attirantes ? Leur pression est-elle par trop puissante ? La Wallonie est financièrement exsangue et nos ministres peinent à trouver quelques dizaines de millions d’euros. La note salée de la gestion désastreuse du photovoltaïque n’est rien, eu égard au coût exorbitant de l’implantation des éoliennes qui se chiffrera en milliards d’euros ! Les Wallons seront encore une fois les dindons de la farce. Va-t-on de nouveau se faire plumer pour satisfaire un égo et une idéologie personnels ? Les intérêts servis par cette vaste entreprise sont-ils à ce point importants ?

Mais pourquoi veut-on absolument implanter des éoliennes en Wallonie ?

Pour diminuer la quantité de CO2 émise dans l’atmosphère par l’activité de l’Homme. Suite à des modélisations climatiques – des calculs théoriques et non pas des mesures expérimentales – certains climatologues ont émis le postulat que le CO2 anthropique serait responsable d’une hypothétique augmentation de la température de la Terre.

Nous savons aujourd’hui que cette théorie et les modèles qui y ont conduit sont erronés.

En effet, il a été montré à de nombreuses reprises que l’élévation de la température de notre globe précède systématiquement l’augmentation de la concentration en CO2 dans notre atmosphère.[1] En d’autres mots, le CO2 est toujours produit après une hausse de la température. Il en est une conséquence et ne peut donc pas en être la cause ! Cet effet est vérifié pour des durées allant de millénaires à l’année ! Même au niveau de quelques mois, la variation de la concentration en CO2 dans l’atmosphère suit la fluctuation de la température, jamais l’inverse ! Rappelons que depuis plus de 15 ans, la température de notre planète n’a pas augmenté d’un iota.[2] Pendant ce temps, la concentration en CO2 n’a eu de cesse de poursuivre sa lente et monotone ascension, sans effet aucun sur la température ! Chaque année, la concentration en CO2 augmente de 3 ppm environ. Cela signifie qu’en 10 ans, 30 nouvelles molécules de CO2, par million de molécules de gaz, viennent s’ajouter aux autres. Sauf qu’il vient d’être montré par Murry Salby [3] que plus de 96% de ce CO2 est d’origine naturelle ! Cela signifie qu’une seule molécule de CO2 produite par l’homme vient s’ajouter tous les 10 ans au pool global. Une quantité ridiculement faible, sur laquelle sont focalisés tous nos efforts, tandis que nous n’avons aucune prise sur les 96% produits par la nature !

Le recours aux éoliennes pour diminuer le taux de CO2 est donc une insulte à la raison et à l’intelligence humaine !

Rappelons que la production d’électricité par les éoliennes est très faible et totalement erratique. Elle est soumise au bon vouloir du vent, un vent qui nous coûte très cher. De nombreux citoyens semblent ignorer que, même si les pales tournent, les éoliennes ne produisent pas nécessairement de l’électricité. Si l’on devait fixer sur une éolienne une ampoule qui s’allumait à chaque fois qu’elle produit 10% de sa capacité nominale, cette ampoule resterait éteinte plus de 90% du temps ! Ajoutons à cela la nécessité de centrales au gaz complémentaires pour compenser l’aléatoire de l’énergie éolienne et la production de CO2 qui devait diminuer grâce aux éoliennes explose ! Quant aux modifications coûteuses du réseau de distribution d’électricité, n’en parlons même pas.

Faire la publicité de l’électricité éolienne comme étant une énergie respectueuse de l’environnement est facile chez nous, puisque l’on ne nous présente que le produit fini. Cependant, il a fallu construire ces éoliennes, ce qui implique notamment pour les éoliennes synchrones, l’extraction et le raffinage de centaines de tonnes de métaux précieux que l’on appelle les Terres Rares ou Lanthanides. Ces Lanthanides, qui doivent atteindre une pureté minimale de 99, 999% sont nécessaires à la construction des aimants permanents des turbines éoliennes. L’impact environnemental et le scandale sanitaire associés à l’extraction et la purification de ces métaux sont purement et simplement escamotés du débat public, alors qu’ils sont épouvantables ! Pour fabriquer les aimants permanents d’une turbine éolienne de 3 Méga Watts, il faut 2 tonnes de Terres Rares. Leur production génère environ 20.000 m3 de gaz contenant de l’acide fluorhydrique, de l’acide sulfurique et du dioxyde de soufre. A cela s’ajoutent 150 m3 d’eaux usées acides, contaminées par divers métaux lourds toxiques, et quelques 2 tonnes de résidus radioactifs, dont de l’uranium et du thorium ! La radioactivité au niveau du village de Baotou (Mongolie), l’un des sites principaux d’extraction des Lanthanides en Chine, est 32 fois supérieur à la normale et atteint 2 fois la valeur de Tchernobyl ! Il n’est pas étonnant que Baotou ait été surnommé le « village du cancer » ! [4]

Les poussières radioactives, contenant des métaux lourds particulièrement toxiques, flottent dans les airs et contaminent la population et les travailleurs. Les exploitations minières détruisent le couvert végétal, décapent profondément le sol et polluent les nappes phréatiques. Pour une turbine d’éolienne, 13 tonnes de sulfate d’ammonium et 2,5 tonnes d’acide oxalique terminent dans des boues acides qui suintent constamment des sites de stockage des déchets.[5] La folie éolienne entraîne une pression de plus en plus élevée sur la production de ces Terres Rares, avec des conséquences environnementales et humanitaires inacceptables.

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai toujours pensé que le respect de l’environnement impliquait notre planète entière. J’ai toujours cru qu’une analyse complète du cycle de vie d’un système, depuis sa naissance jusqu’à sa disparition finale, était requise afin de s’assurer de son aspect « écologique ». Il est significatif que dans le cas des éoliennes, les terribles cicatrices environnementales causées à notre Terre et l’impact négatif sur la santé humaine ne semblent pas troubler les écologistes et les autres ONG « vertes » , en particulier notre ministre écolo ! Que l’on occulte cette pollution primaire est honteux, mais tellement prévisible. Par contre, que l’on encourage la construction et l’installation de ces machines, responsables de la maladie et de la mort de dizaines de personnes, est tout simplement intolérable !

La décarbonisation est une arnaque monumentale, basée sur des calculs erronés et des prévisions idéologiques plutôt que mesures scientifiques. C’est surtout un marché juteux qui a rapporté des fortunes colossales à ceux qui exploitent le portefeuille et la naïveté sincère de la plupart d’entre nous. Les éoliennes font partie de ce marché. Elles se construisent sur la destruction de la nature et de la santé d’hommes, de femmes et d’enfants innocents. Regardons tourner une éolienne et ayons la conscience tranquille.

Vive l’écologie !

[1] O. Humlum, K. Stordahl, J.-E. Solheim Global and Planetary Change, 2013, 100, 51-69.

[2] Voir la figure 1.4 : http://climatefailfiles.files.wordpress.com/2012/12/ch1-i...

[3] http://www.youtube.com/watch?v=YrI03ts--9I&feature=pl...

[4] http://www.youtube.com/watch?v=JL4fluj004o

[5] http://ecoinfo-oldweb.grenoble.cnrs.fr/spip.php?article172

István E. Markó Professeur à l’Université catholique de Louvain L’auteur s’exprime à titre personnel

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18:17 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (15) | Tags : réchauffement climatique, giec, co2, énergies vertes, éolien | |  Facebook |

16/10/2013

LE GIEC OU LE CATASTROPHISME A TOUT PRIX

réchauffement climatique,changements climatiques,GIEC,CO2,AR5,Jean-Michel Belouve (1) s’est livré à l’examen attentif du dernier rapport du GIEC.

Evitant les polémiques habituelles entourant le sujet, et reprenant uniquement les informations publiées par cet organisme, il arrive à des conclusions très différentes quant à l’évolution future du climat.

Son étude a été mise en ligne par l’Institut Turgot (2) et est très révélatrice du cheminement qui consiste à imposer des hypothèses en fonction du résultat à atteindre.

(1) Auteur de « La Servitude Climatique »

(2) http://blog.turgot.org/index.php?post%2FBelouve-GIEC

Le dernier rapport du GIEC : tout n'y est pas aussi alarmant que ses auteurs le disent

 Par Jean-Michel Bélouve le lundi 14 octobre 2013,

Le rapport AR5 du GIEC n’est alarmant qu’en apparence. En fait, ses scénarios pratiques donnent des prévisions de hausses de température allant de 0,9° C à 1,8° C pour la fin du vingtième siècle. Ce n’est qu’en ajoutant deux scénarios totalement invraisemblables qu’il parvient à annoncer des valeurs allant jusqu’à +4,8 ° C pour 2100.

En fait, il apparait que l’évolution économique naturelle conduira à des limitations des émissions bien plus efficaces que celles prévues par les politiques actuelles, et que les lois du marché conduiront à des mix énergétiques dans lesquels les énergies fossiles seront minoritaires, pourvu qu’on laisse se développer l’économie et que l’on concentre les efforts sur la recherche et le développement des énergies de demain. Le rapport du Groupe 1 de l’AR5 recèle un grand nombre d’informations importantes qu’il convient d’examiner attentivement pour évaluer les impacts des évolutions climatiques présentes et futures, et pour déterminer les enjeux des choix politiques à faire.

L’une des informations les plus importantes réside dans les augmentations de températures globales prévues pour le 21ème siècle. Ces évaluations dépendent des scénarios d’évolution des concentrations en CO2 définis en vue de modélisations. Ils sont au nombre de 4, et le rapport AR5 communique très peu d’information sur eux. Pour mieux les connaitre et les comprendre, les francophones peuvent consulter un document en ligne publié par la Direction Générale de l’Energie et du Climat .

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Le tableau ci-dessus indique dans les colonnes successives le nom des scénarios, le forçage radiatif résultant en 2100, la concentration en CO2 atteinte en 2100, l’augmentation de température moyenne globale par rapport à la période préindustrielle, et la forme de courbe obtenue. Intéressons-nous d’abord aux concentrations prévues. Un ppm de CO2 atmosphérique correspond à 2,19 gigatonnes de carbone atmosphérique. Cette valeur est tirée de la masse globale de CO2 atmosphérique (3160 GT), divisée par 390 ppm, valeur actuelle de la concentration, qui ce qui donne 8,10 gigatonnes de CO2 par ppm. Pour obtenir la valeur de carbone contenu, il convient de diviser cette dernière valeur par 3,7, et on obtient 2,19 GT par ppm. On sait que le carbone qui reste dans l’atmosphère correspond à la moitié des quantités émises. Il faut donc émettre 4,38 GT de carbone pour une concentration augmentée de 1 ppm. Nous pouvons alors calculer la quantité de carbone à émettre d’ici 2100, et donc à consommer sous forme d’énergie fossile, dans chacun des scenarios.

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Rapprochons maintenant les valeurs de la colonne 5 des réserves mondiales en énergie fossiles.

D’après l’annuaire statistique BP de l’énergie 2013, les réserves prouvées de pétrole sont de 236 gigatonnes, correspondant à 196 GT de carbone contenu, les réserves de charbon sont de 405 GT, celles de lignites et charbons sub-bitumineux 456 Gt, correspondant à 319 GT de carbone, et les réserves de gaz naturel sont de 187000 milliards de m3, ce qui correspond à 89 GT de carbone contenu. Soit un total de réserves de 1009 GT de carbone combustible. On voit déjà que les consommations RCP8.5 et RCP 6 sont irréalistes. Malgré toutes les espérances de découvertes en gaz et huiles de schistes, en pétrole conventionnel, et en ajoutant toute la biomasse disponible, on se situera très au-dessous des 2000 gigatonnes de la RCP 6. Certains argueront qu’il faut ajouter aux émissions de CO2 l’équivalent CO2 du méthane et des autres gaz à effet de serre. Cela peut représenter une centaine de Gt équivalent C pour le scénario RCP 6 et 150 à 200 GT pour le RCP8, et ne change pas substantiellement les ordres de grandeur.

D’autres s’alarmeront de la possible saturation des puits de carbone océaniques et végétaux. Lorsque sa température augmente, l’océan émet du CO2, car la solubilité du dioxyde de carbone dans l’eau varie en sens inverse de la température. Mais la solubilité du CO2 atmosphérique dans l’eau est proportionnelle à sa pression partielle (Loi de Henry), et donc à sa concentration atmosphérique, et ce facteur est bien plus important que le facteur température (qui ne joue que sur 2 ou 3 degrés Kelvin). Quant aux végétaux, la longue expérience des serres à atmosphère enrichie en gaz carbonique, à des taux allant jusqu’à 1500 ppm, montre que la croissance végétale augmente fortement avec la concentration en CO2. D’ailleurs le GIEC n’a pas retenu de facteur limitant relatif aux puits de carbone, et les modélisations n’en tiennent pas compte.

Cela nous conduit à ne retenir que les deux scénarios RCP 4.5 et RCP 2.6. Les deux autres scénarios n’ont manifestement été sélectionnés que pour faire peur et annoncer des fourchettes de températures culminant à +4,8° C.

La réalisation du RCP 4.5 suppose que l’on découvre quelques 400 GT de carbone combustible en plus des 711 GT des réserves actuelles. Ce n’est pas impossible, bien que les espoirs les plus optimistes de découvertes de réserves économiquement exploitables de gaz de schiste sont bien inférieurs à cette valeur, et que les découvertes de pétrole conventionnel ou de charbon seront probablement très limitées. Mais on pourrait penser aussi à une augmentation de la consommation de biomasse combustible. Bref, le scénario 4.5 n’est pas irréaliste, mais sa réalisation est aléatoire. Même avec des découvertes de réserves de 400 GT ou plus, le réalisme économique nous oblige à penser que la consommation d’énergie fossile augmentant, il arrivera un moment où la raréfaction de la ressource entrainera une augmentation des prix de l’énergie telle, entrainant une évolution, progressive mais rapide, vers d’autres sources d’énergie.

On peut penser à l’énergie électrique issue de réacteurs nucléaires de quatrième génération, qui rendent la ressource en uranium et thorium illimitée à l’échelle de nombreux millénaires, et qui diminuent les volumes de déchets radioactifs les plus dangereux. On peut espérer que le temps viendra où l’électricité photovoltaïque bénéficiera de solutions technologiques bien moins coûteuse que celles reposant sur le silicium (des solutions prometteuses sont au stade de la R & D), et que des progrès importants seront obtenus dans le domaine du stockage de l’électricité. On aboutirait alors à un mix énergétique dans lequel les combustibles fossiles seraient fortement minoritaires.

Le scénario 4.5 aboutit à une prévision de hausse de températures de +2,4° C par rapport à celle de la période préindustrielle (voir le premier tableau), soit +1,8° C par rapport à celle d’aujourd’hui, ce qui devrait comporter bien plus d’avantages que d’inconvénients. Compte tenu des remarques faites au paragraphe précédent, il est probable que nous nous plafonnerons assez nettement en dessous de la consommation de 1139 GT de carbone calculée pour ce scénario, et que la hausse des températures sera encore moins forte et se situera entre celles des scénarios 2.6 et 4.5.

Ainsi, à défaut d’imposer des politiques de limitation des émissions dont ne veulent pas les pays en développement, qui sont ceux qui génèrent les hausses d’émissions de CO2 actuelles, on peut compter sur les mécanismes du marché et la hausse des prix des énergies fossiles pour parvenir à une limitation choisie par tous, en fonction d’intérêts économiques.

Ce que nous avons de mieux à faire est d’éviter les dommages économiques que nous subirons en perpétuant la politique énergétique actuelle de règlementation, de taxation, de subventions à des solutions industrielles inadaptées et non rentables (éolien, photovoltaïque), mais plutôt d’assurer le meilleur développement possible à nos économies, afin qu’elles nous permettent de financer l’effort de recherche et développement nécessaire aux énergies du futur.

Il reste à évaluer le scénario RP 2.6, celui que le GIEC et les mouvements écologistes veulent promouvoir. Il peut paraitre séduisant par sa prévision d’une hausse de températures de +1,5° C par rapport à la période préindustrielle, soit +0,9° C par rapport à aujourd’hui. Mais en examinant les conditions dans lesquelles il devrait se dérouler, on constate qu’il est tout à fait irréaliste et irréalisable.

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Dans le tableau ci-contre figure les courbes d’émissions de CO2 correspondant aux quatre scénarios. La courbe verte est celle du scénario RCP 2.6. On constate qu’elle prévoit une inversion brutale de la tendance en 2020, avec une diminution constante et forte jusqu’au niveau zéro en 2070, c’est-à-dire l’abandon complet des énergies fossiles à cette date. Même si on peut imaginer infliger un tel traitement aux populations des pays les plus développés, cette médecine n’est pas supportable pour les pays en développement, car elle tuerait leur développement économique.

La courbe rouge du scénario 4.5 est bien plus acceptable, en prévoyant une croissance des émissions au rythme d’aujourd’hui jusqu’en 2040, avec une inflexion douce sur une dizaine d’années avant de redescendre progressivement et d’atteindre, en 2080, un palier de 4,5 GT/an, moitié moindre qu’aujourd’hui.

Ainsi, l’AR5 nous délivre un message d’espoir, si on ne se laisse pas impressionner par les alarmes qu’il multiplie tout au long de ses chapitres. Même pour celui qui prend le parti d’accepter dans sa totalité son contenu scientifique, les considérations développées ci-dessus montrent bien que la situation n’est pas alarmante, que les augmentations de températures annoncées sont loin d’être redoutables, et que l’évolution naturelle des comportements économiques aboutira à une situation maîtrisée bien mieux que ne le feraient des politiques coercitives aux conséquences négatives.

Jean-Michel Bélouve

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09/10/2013

LA FUITE EN AVANT DES EXPERTS DU CLIMAT

Sous ce titre, le quotidien belge « l’Echo » de ce 09 octobre publie un article du Professeur Istvan Marko, Professeur à l’Université Catholique de Louvain, et par ailleurs coordinateur scientifique du livre « 15 vérités qui dérangent ».

La conclusion de cet article montre l’urgence pour les hommes et femmes politiques, de qui dépendent les orientations prises pour notre économie, de se détacher de l’influence des super-puissants lobbies idéologico-politiques environnementalistes qui commandent aujourd’hui le devenir de notre paysage économique.

Voici le texte de cet article .

Jo Moreau.

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Les désastreuses politiques énergétiques qui sont menées en Europe, avec l’appui de certains scientifiques et sous la pression de puissantes ONG environnementales sont la conséquence directe des rapports du GIEC.

Voici une dizaine de jours, le cinquième rapport du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) était dévoilé en grande pompe à Stockholm. Depuis des mois, les ténors du réchauffement climatique dû à l’homme ont multiplié les exercices de musculation vocale et préparé la planète à la sortie de leur Bible Climatique.

Pourtant, le contenu de ce rapport ne s’écarte en rien des précédents. Il reprend, avec la même monotonie, le même mantra martelé sans cesse depuis des années. « L’homme est responsable du réchauffement climatique actuel ! La faute en incombe à l’usage des énergies fossiles ! Le CO2 est le grand coupable ! Il faut diminuer le taux de CO2 que nous rejetons ! »

Au fil des rapports successifs, la conviction de la culpabilité de l’homme n’a cessé de croître, passant de 50% à 90%, et aujourd’hui à 95% ! Cette certitude est fondée, selon le vice-président du GIEC lui-même, sur une amélioration des modèles climatiques. Cette affirmation est tellement incroyable qu’on en reste médusé.

La validité de ces modèles « améliorés » vient d’être infirmée par l’un des climatologues allemands les plus renommés, le Professeur Hans Von Storch, membre éminent du GIEC. Dans un article récent, il note qu’aucun des modèles du GIEC n’a pu prévoir la pause observée dans le réchauffement climatique durant les 17 dernières années ! Même pas dans un intervalle de confiance de 2% ! Autrement dit, les modèles sont faux à plus de 98% !

Et c’est sur la base de tels modèles qu’on affirme « avec 95% de certitude que l’homme est responsable d’un soi-disant réchauffement climatique !

Entretemps, le CO2 n’a eu de cesse d’augmenter et nous approchons la barre des 400 ppm (parts par million). Durant cette période, et d’après les prédictions coûteuses du GIEC, qui incriminent encore et toujours le CO2, la température aurait dû augmenter de 0,2 à 0,9°C. Hélas, trois fois hélas, elle est à peine montée de 0,1°C, une misère. Dans le même temps, plus d’un tiers de tout l’horrible CO2 émis depuis le début de l’ère industrielle était relâché dans l’atmosphère.

La molécule de la vie

Combien de fois et durant combien d’années faudra-t-il le répéter, le CO2 est produit après une augmentation de la température, pas avant. Il est une conséquence de cette hausse de température et pas la cause. Cette erreur a été récemment reconnue par le Professeur François Gervais, physicien français et membre du GIEC. Il ajoute que, si l’on augmente davantage la quantité de CO2 dans l’atmosphère, cela ne changera quasiment rien à son effet de serre, celui-ci étant arrivé à son maximum. Cette constatation, basée sur les lois de la physique, corrobore ce que d’éminents climatologues ne cessent de dire et de publier : plus il y a de CO2 dans l’atmosphère, moins son effet de serre est important !

Rappelons que le CO2 est la molécule de la vie et que, sans elle, il n’y aurait ni plantes, ni micro-organismes sur Terre. Pas d’humains, non plus. Dans des temps anciens, l’atmosphère contenait bien davantage de CO2 qu‘aujourd‘hui. La preuve par certaines bactéries qui ont dû mettre en place des systèmes de survie pour s’adapter à la diminution du taux de CO2.

Signalons enfin que, durant certaines périodes glaciales, le taux de CO2 était trois à quatre fois supérieur à celui mesuré aujourd’hui, attestant s’il le fallait encore, de son effet de serre minime. Quant aux valeurs « constantes » de l’ordre de 280 ppm d’avant la révolution industrielle, elles résultent d’une sélection précise, guidée par une volonté de démontrer une théorie sur l’influence néfaste de l’utilisation des énergies fossiles. Cette attitude totalement non scientifique est chose courante dans ce domaine où la politique l’emporte sur le scientifique.

Barbecue mondial

L’arrêt du réchauffement climatique, l’écart de plus en plus abyssal entre les prédictions des modèles et les mesures réelles, le décalage entre l’augmentation du CO2 et la halte des températures, la non-fonte totale de la banquise arctique, pourtant annoncée à grands cris pour l’été 2013, et son regel extrêmement rapide qui se matérialise en ce moment, par l’englacement de malheureux navigateurs qui ont cru naïvement aux prédictions des ténors du barbecue mondial, posent de gigantesques problèmes aux décideurs politiques et aux scientifiques acquis à la cause du GIEC.

C’est ainsi que, lors de récentes discussions concernant le dernier rapport du GIEC, les représentants politiques des différents pays présents n’ont pas hésité à proposer de gommer cet hiatus dans le réchauffement climatique (Allemagne), de simplement annoncer que la chaleur est dans les océans (USA, très commode, on ne peut aller la mesurer) ou de ne pas en parler parce que cela donnerait des munitions aux climato-sceptiques (Hongrie). On ne peut que s’émerveiller de la manière avec laquelle ces politiciens tentent de cacher, masquer, ou déformer un fait scientifique avéré mais non expliqué -et non explicable- par les modèles climatiques actuels.

Car c’est bien de politique et d’argent qu’il s’agit. Pas de science. Les désastreuses politiques énergétiques qui sont menées en Europe, avec l’appui de certains scientifiques et sous la pression de puissantes ONG environnementales sont la conséquence directe des rapports du GIEC. Les politiques et les scientifiques qui s’activent dans l’orbite du GIEC ne peuvent faire machine arrière. Car les modélisateurs ne peuvent se passer de leurs crédits, et leurs relais politiques ne peuvent reconnaître publiquement qu’ils (qu’elles) se sont trompé(e)s, sous peine de perdre leur électorat.

 Du GIEC et des ses relais politiques, il ne faut attendre aucun changement.

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05/10/2013

VACHE QUI FLATULE, LE CLIMAT BASCULE.

Chacun a pu prendre conscience de l’importance des pets de vache dans le processus du réchauffement climatique.

Non seulement, cela a donné à certains l’idée d’imaginer un système de primes, comparable aux « certificats verts » qui finançaient généreusement les propriétaires de panneaux photovoltaïques (1), mais aussi de réunir de consciencieux colloques sur le sujet (2). (notons dans cet article l’influence des pets de vache sur la couche d’ozone : on nous a bien eu avec les CFC !).

Mais, dans une lettre ouverte parue notamment dans le quotidien belge « L’Avenir », un vétérinaire donne un avis essentiellement différent.

(1) http://www.liberation.fr/economie/2013/02/17/des-pets-de-...

(2) http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF2...

Jo Moreau

La responsabilité insignifiante de nos vaches dans le réchauffement climatique.

La vache mâchonnait paisiblement son repas tout en regardant nonchalamment passer le train. Les herbes qu’elle avait broutées auparavant avaient été partiellement digérées dans sa panse par des bactéries anaérobies. Elle broyait à nouveau son bol alimentaire afin d’en extraire encore davantage de substance nutritive. Tout à son travail, la vache ne se rendit même pas compte qu’elle venait de roter et de libérer, parmi d’autres gaz, un peu de méthane. Ce gaz à effet de serre, qui n’est rien d’autre que notre bon vieux gaz naturel ou notre biogaz favori, est devenu aujourd’hui le cheval de bataille des écologistes climatistes qui le présentent comme la dernière réincarnation du Mal. Tandis que l’innocence du CO2, condamné sans jugement, ni preuves scientifiques aucunes, comme responsable principal d’un hypothétique réchauffement climatique dû à l’Homme, se révèle de jour en jour plus évidente, effritant graduellement les thèses alarmistes de certains membres du GIEC (groupe d’étude de l’ONU sur le climat), il fallait absolument trouver un autre coupable. Qui, mieux que le méthane, pour faire l’affaire ?

Ce gaz, inodore et incolore, est déjà bien connu pour les nombreuses victimes qu’il a faites, depuis les mineurs de fond qui succombaient aux coups de grisou, jusqu’à la tragédie de Ghislenghien. Pauvre méthane ! On le déteste par avance. Ajoutons qu’il fait partie des gaz à effet de serre et la haine du peuple à son égard s’accroît. Le fait qu’il soit 21 à 25 fois plus puissant que le CO2 dans sa capacité à réchauffer la Terre sur une période de 100 ans est une preuve suffisante pour réclamer la peine capitale à son égard. Il faut en finir avec le méthane ou, au minimum, diminuer drastiquement sa quantité dans notre atmosphère !

Oui, mais voilà. Le méthane est notre gaz de chauffage. Il est aussi le produit de base principal de l’industrie pétrochimique qui le transforme en une myriade de produits finis, allant des médicaments aux vêtements en passant par l’automobile, les plastiques et l’informatique, sans lesquels notre société péricliterait et nous retournerions vivre à l’état de bêtes sauvages.

Bêtes, dites-vous ? Les ruminants produisent bien du méthane, non ? Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups : en diminuant la quantité de bovins, on diminuerait la production de méthane et donc, son action sur l’augmentation de la température du globe. Mais en même temps, on inciterait les gens à manger moins de viande. C’est mieux pour leur santé, non ? Et puis, ces pauvres bêtes ne devraient plus être abattues. Un pas de plus serait franchi dans la bonne voie: tous végétariens, une direction prônée par de nombreuses ONG écologistes.

C’est dans ce sens que des calculs et statistiques savantes ont été avancées pour diaboliser encore davantage le méthane et surtout, l’élevage. Combien de blagues de potache ne voit-on pas à propos du méthane produit par nos vaches ! A ce sujet, une petite correction s’impose : nos bovins rejettent le méthane principalement (95%) en rotant. Pour cela, il vaut donc mieux être derrière une vache que devant. Les quantités de ce gaz produites par les animaux d’élevage (vaches, moutons, etc.) sont de l’ordre d’environ 115 millions de tonnes par an, soit approximativement 37 % du total produit par l’Homme chaque année. De prime abord, ces chiffres font peur et c’est leur but ! Mais que représentent-ils réellement ?

Entre 1984 et 2011, le taux de méthane dans l’atmosphère a augmenté de 170 ppb (170 molécules de méthane parmi 1.000.000.000 de toutes les molécules de gaz de l’atmosphère), c’est à dire 6,3 ppb par an ! L’humain est responsable de 55% de ces émissions, soit 3,5 ppb par an (on inclut les émissions des ruminants d’élevage aux émissions « humaines »). L’élevage de ruminants produirait 37% du méthane « anthropique », ce qui correspond à 1,28 ppb par an (1 molécule de méthane pour 1.000.000.000 d’autres). Pour le traduire en équivalents CO2, multiplions par 72 (le méthane possède un indice de réchauffement climatique de 25 sur une période de 100 ans et de 72 pour une durée de 20 ans. Même s’il est détruit en moins de 10 ans, utilisons cette valeur maximale), ce qui nous donne 92 ppb/an ou encore 0,092 ppm/an, une valeur minuscule comparée au taux de CO2 qui augmente de 2 à 2,5 ppm par an. Ce qui signifie que la contribution des rots et pets de vaches est négligeable dans les émissions « humaines » de CO², qui sont elles-mêmes dérisoires en comparaison avec les émissions de CO² par la Nature.

Ce raisonnement, qui consiste à stigmatiser l’élevage et, par conséquent, les éleveurs est donc sans fondement, mais également incohérent. En effet, la culture du riz est responsable de 20% de la production de méthane anthropique, soit une quantité équivalente à la moitié de celle produite par les ruminants (50 ppb/an). Va-t-on demander aux gens de ne plus manger de riz ?

L’innocence du CO2 dans le réchauffement climatique anthropique devenant de plus en plus évidente, diaboliser un gaz produit en si faible quantité et dont l’effet de serre global se situe dans la marge d’erreur, est donc une hérésie scientifique. En déduire et clamer à tous vents qu’il faille drastiquement réduire l’élevage de Blanc-Bleu-Belge et notre consommation de viande pour sauver la planète est non seulement absurde mais est aussi une atteinte directe à notre liberté individuelle. Manger de la viande ou non est un choix personnel. Se nourrir de riz l’est tout autant.

Que ceux qui veulent être végétariens ou végétaliens, ne manger que des lentilles ou du tofu, ne sucer que des graines de lin ou de pastèque, le fassent. Mais qu’ils respectent le choix de ceux d’entre nous qui, devant un steak juteux, salivent de bonheur. Laissez nos vaches en pet.

Didier Vanderbiest

Docteur Vétérinaire

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30/09/2013

RAPPORT DU GIEC : COMMUNIQUE DU COLLECTIF 15 VERITES QUI DERANGENT

30/9/2013 15 Vérités

Communiqué des auteurs de “Climat : 15 vérités qui dérangent”

sur le rapport du GIEC (Working Group I, AR5),

27 septembre 2013 (Stockholm)

Une analyse critique

Ce qui vient d’être présenté n'est pas un rapport scientifique mais une synthèse de science et de politique. Nous allons tenter de le montrer de manière factuelle dans le texte qui suit, en soumettant ce nouveau texte du GIEC au prisme de la critique scientifique.

1. Le rapport du GIEC repose sur une méthodologie politique Il est surprenant d’entendre présenter ce rapport comme étant scientifique parce qu’il se base sur des publications scientifiques. Ce n’est pas parce que le GIEC a analysé des milliers de publications scientifiques que sa synthèse est une vérité absolue. De l’aveu même du GIEC, ce rapport est un «jugement d’experts». Ce sont en effet des experts qui ont effectué une analyse des publications scientifiques choisies par eux parce qu’elles corroborent leur thèse de départ. De nombreuses publications scientifiques sont ignorées parce qu’elles ne rentrent pas dans le canevas proposé par les statuts du GIEC, qui exigent de se concentrer sur l’influence de l’homme (par opposition à celle de la nature) sur le climat.

2. Le rapport minimise le plateau de température depuis 15 ou 17 ans Depuis quelques années, des scientifiques n’ont de cesse de montrer que la température du monde n’augmente pas. Trop longtemps cachée, cette vérité a éclaté au grand jour il y a quelques mois et aujourd’hui elle ne peut plus être ignorée. Ne parvenant plus à masquer ce fait majeur, le GIEC tente par des arguties sémantiques d’en minimiser la portée. Le plateau de températures observé depuis 15 ou 17 ans(1) est désigné, par le GIEC, comme une « réduction dans la tendance de réchauffement de surface » (sic). Le GIEC tente ainsi de noyer le poisson par des formules alambiquées qui jouent sur des moyennes décennales et n’expliquent en rien ce plateau, qui défie toutes les tentatives de modélisation du climat par le GIEC. 

(1) Cela dépend de l’année de référence.

3. La causalité entre la croissance des émissions de CO2 depuis 1998 et l’ “augmentation” de température n’est pas soutenable De 1998 à nos jours, l’homme a émis le tiers de toutes les émissions humaines (anthropiques, selon le terme consacré) de CO2 depuis le début de la Révolution industrielle. Or, pendant cette période, la température s’est stabilisée. Il n’est pas possible de soutenir l’existence d’un rapport de causalité entre cette croissance sans précédent des émissions de CO2, et la non-augmentation de la température.

4. La théorie de la captation de la chaleur par les océans paraît, au mieux, téméraire Ne sachant expliquer comment la température s’est stabilisée depuis 15 voire 17 ans, le GIEC propose une parade surprenante : la chaleur supplémentaire serait captée par les océans (alors qu’il n’avait jamais été question de cette captation dans les rapports précédents). Soudainement les océans se transforment en trous noirs qui absorbent de l’énergie avant de la restituer dans les décennies ou les siècles à venir...

Cette thèse paraît d’autant plus téméraire que les mesures effectuées sur le contenu thermique des océans sont entachées de marges d’erreur gigantesques, de loin supérieures aux valeurs obtenues. Pire, de récents travaux indiquent que l’on a sous-estimé la perte d’énergie de la part des océans. Autrement dit, les océans relachent plus d’énergie qu’on ne le pensait, ce qui veut dire qu’ils en accumulent beaucoup moins que prévu.

5. L’intervalle de température futur est de plus en plus incertain Le GIEC donne aujourd’hui une fourchette d’augmentation de la température de 1,5 à 4,5° C, alors qu’elle était de 2 à 4,5° C dans le précédent rapport de 2007. On doit constater qu’au fil des rapports, les fourchettes de température que propose le GIEC sont de plus en plus larges. Selon le GIEC, cela démontre une meilleure compréhension du phénomène. Conclusion : mieux on comprend, plus grande est l’incertitude.

6. Peut-on se tromper sur une partie, et avoir raison sur le tout ? Le GIEC parle peu de la période 1998-2012, dont ses modèles ne parviennent pas à rendre compte, mais il prétend que ses modèles ne se trompent pas pour la durée de 1951 à 2012 ! Cette période 1951-2012 inclut également un intervalle allant de 1951 jusqu’en 1975, où les températures son restées stables voire en légère diminution, ce que les modèles ne sont parvenus à simuler qu’en attribuant à l’atmosphère de cette période une quantité d’aérosols qu’aucune observation n’a corroboré. Étrangement, le GIEC soutient que sur des périodes beaucoup plus longues on peut accorder une «très haute confiance aux modèles».

7. L’impact d’un doublement des émissions de CO2 est totalement imprévisible Selon le GIEC dans un scénario de croissance de 1% l’an des émissions de CO2, lorsque la concentration en CO2 dans l’atmosphère aura doublé, c’est-à-dire lorsqu’elle atteindra 800 ppm(2), la température augmentera dans une gamme de 1,0°C à 2,5°C (avec une haute confiance) et très probablement pas plus que 3°C(3). Quelle est, en fin de compte, la prévision de fourchette d’augmentation, pour un doublement de la concentration en CO2 : 1,5-4,5° C ou 1,0°C-2,5° C ? Intervient ici un distinguo subtil qu’on n’explique évidemment pas aux décideurs auxquels le résumé s’adresse. Les modélisateurs du GIEC considèrent qu’une grande partie de la chaleur due à l’effet de serre est emmagasinée dans l’océan profond, et que celle-ci demeurera captive pendant plusieurs siècles voire plus d’un millénaire. La fourchette 1,5°C-4,5°C , c’est pour dans 300, 500 ou 1000 ans ! En 2100, nous serons loin d’atteindre un tel niveau, et donc nous nous situerions bien en dessous de cette fourchette.

Alors, si l’objectif politique est de maintenir la hausse de température en dessous de 2° C, il est urgent de ne rien faire !

(2) ppm: parties par million

(3) Box 12.2

8. Le GIEC reconnaît enfin qu’il y eut des périodes chaudes avant l’ère industrielle Après l’avoir occulté dans les rapports précédent, le GIEC reconnaît enfin que des régions ont été aussi chaudes, au Moyen Age, qu’en fin de XXème siècle. Il tempère cette affirmation en insistant sur le caractère régional, et non global, du réchauffement médiéval constaté. Il n’est pas étonnant que l’on ne puisse disposer, pour le Moyen Age, d’observations couvrant la totalité de la planète. Néanmoins, des études locales réparties sur tous les continents et océans, attestent d’un net réchauffement médiéval (ainsi que du refroidissement du Petit âge glaciaire). Ce réchauffement a été estimé de 1°C supérieur par rapport la moyenne des températures de 1880 estimée pour la planète. Il fut même plus important lors de l’Optimum holocène il y a 7 000 ans, période pendant laquelle pratiquement tous les glaciers ont disparu(4) . Le CO2 présent au cours de ces périodes n’avait bien évidemment aucune origine anthropique. 36 études scientifiques ont été recensées, en ce sens, par le magazine “CO2 Sciences”(5). La formulation du GIEC « Ces périodes chaudes régionales ne se sont pas produites, selon les régions, de façon aussi cohérente qu’au 20ème siècle » ne doit pas induire en erreur : ce qui est qualifié de manque de cohérence résulte du fait que pour un bon nombre de régions on ne possède pas d’observations scientifiques relatives à l’époque médiévale. Observons également de nos jours que si les glaces en Arctique fondent (bien que s’étant en partie reformées en 2013), les glaces en Antarctique ont augmenté.

(4) Cronin, T.M. 2010 “Paleoclimates : Understanding Climate Change Past and Present”, Columbia University Press

(5) http://www.co2science.org/data/mwp/mwpp.php

9 Le GIEC ne parvient pas à expliquer de manière convaincante l’effet du principal gaz à effet de serre : la vapeur d’eau Comme dans les rapports précédents, le GIEC introduit un effet de rétroaction positive dû à la vapeur d’eau. Il est ainsi expliqué qu’une faible augmentation des émissions de CO2 induit un effet de levier sur le principal gaz à effet de serre qu’est la vapeur d’eau (un peu de CO2 fait que la grande quantité d’eau multiplie son effet de serre). Le problème est que si cette formule était appliquée à la quantité de CO2 émise depuis la révolution industrielle, nous aurions tous grillé depuis longtemps. Cette théorie est d’autant plus irrecevable que le GIEC admet une mauvaise compréhension des mécanismes de nuages et des précipitations, indispensables pour estimer la quantité de vapeur d’eau.

10 Il paraîtrait que la montée des océans s’accélère ? Basé sur l’utilisation des satellites (depuis 2003), des marégraphes et des proxys, le GIEC est “quasi totalement certain” qu’il y a une accélération de la montée du niveau des océans. Force est de constater cependant que de nombreuses publications(6) et experts (N-A. Mörner) indiquent au contraire un ralentissement dans la montée des océans. De plus, les valeurs obtenues sont de l’ordre de quelques millimètres tandis que les imprécisions sur les marégraphes et les proxys varient de plusieurs centimètres à des dizaines de centimètres. Les imprécisions sur les mesures des satellites sont de l’ordre du centimètre. L’imprécision est plus grande que la mesure. Sachant qu’estimer le niveau des océans est d’une complexité inouïe, des valeurs aussi minuscules sont hautement sujettes à caution et permettent de dire tout et son contraire.

(6) Voir Journal of Climate 2012, 'American Meteorological Society, "Twentieth-century global-mean sea-level rise: is the whole greater than the sum of the parts ?" J.M.Gregory et al (dont Fettweis de l’Université de Liège)

 Conclusion

En conclusion, les auteurs de “Climat : 15 vérités qui dérangent” constatent que:

● le cinquième rapport du GIEC (partie I, la science), s’il ne peut nier le plateau de température observé depuis au moins 15 ans, est incapable d’en rendre compte d’une façon scientifiquement satisfaisante;

● qu’un rapport scientifique au sens strict ferait état des nombreuses incertitudes qui affectent encore la science du climat;

● au lieu de quoi les experts du GIEC tentent de gommer les incertitudes, au profit de la soutenance d’une thèse politique, qui est la responsabilité de l’homme dans le réchauffement climatique;

● les 95% de confiance n’ont rien à voir avec la science, les mathématiques ou les statistiques, mais, comme le GIEC l’écrit lui-même, résultent d’un “jugement d’experts”.

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16/09/2013

SUEDE : UNE PRISE DE CONSCIENCE EXEMPLAIRE POUR LES TRAVAILLEURS EUROPEENS

Voici un billet que m’a confié un ami suédois, familier également du paysage économico-politique belge. (traduit de l’anglais)

Jo Moreau.

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Une évolution intéressante au sein du parti Social-Démocrate est en cours en Suède.

 Actuellement, environ 50% des besoins éléctriques du pays sont fournis par le nucléaire, le reste étant produit par les centrales hydrauliques. Cela permet de fournir l’énergie à un coût parmi les plus bas d'Europe.

Les industriels et les syndicats de l’ensemble des secteurs tels que l’acier, l’aluminium, l’industrie papetière, l’automobile, la chimie etc…sont favorables au remplacement des anciens réacteurs par ceux de la dernière génération.

Stefan Löfven, leader des Sociaux-Démocrates, est l’ancien dirigeant du syndicat des Métallurgistes, le plus important des syndicats qui a toujours privilégié l’énergie nucléaire, afin de maintenir la compétitivité de leur secteur.

Mais ce souhait de l’ensemble des acteurs du secteur privé se heurte globalement aux vues des employés du secteur public et des organisations étatiques.

En effet, les travailleurs du secteur privé réalisent que leur emploi dépend directement de la compétitivité de leurs produits, induits principalement par le coût de l’énergie.

Les travailleurs du secteur public, comme l’enseignement, les soins de santé, l’administration etc…, qui sont payés par l’argent public, sont favorables à l’arrêt des centrales nucléaires. Ils ne réalisent pas que la pérennité de leur emploi dépend d’une économie compétitive.

Ainsi, la fracture -principalement idéologique- se creusant entre ses deux composantes principales sur ce sujet sensible, la division du parti Social-Démocrate suédois en deux partis distincts est une éventualité envisageable dans un avenir rapproché.

Il y a de nouvelles élections en Suède en septembre 2014, et à l’heure actuelle, la gauche et les écolos tiennent le haut du pavé. Mais si la gauche persistait dans son intention d’abandonner le nucléaire, alors les travailleurs de l’industrie pourraient à nouveau se tourner vers la droite, comme en 2010.

En Europe, et plus spécifiquement en Belgique, les coûts de l’éléctricité et de l’energie en général sont entrés dans une spirale haussière, boostés par une politique d’abandon du nucléaire. Ceci a mené à un remplacement par un cocktail d’énergies dites vertes, qui ne doivent leur existence qu’à des subventions massives supportées par l’ensemble des consommateurs et qui influence directement le coût des marchandises que nous produisons.

Faut-il rappeler que cette orientation est avant tout idéologique, inspirée par la peur d’un réchauffement climatique qui serait causé par les activités humaines, alors que cette théorie n’est toujours scientifiquement pas prouvée.

Le palier du réchauffement global, observé depuis 17 ans maintenant, alors que les émissions de CO2 n’ont cessé d’augmenter, est la preuve de l’absence de corrélation entre ces deux paramètres.

Récemment, les représentants du secteur industriel ont instamment demandé de donner la priorité à la réduction des coûts de l’énergie, au risque de voir une délocalisation massive de la production notamment vers les USA et son énergie bon marché.

Il est particulièrement surprenant que les syndicats belges continuent à privilégier les phantasmes des « green jobs ».

Quand donc les travailleurs prendront-ils conscience que la manipulation idéologico-politique dont ils sont l’objet conduit à la disparition des emplois encore occupés dans le secteur industriel en Belgique ?

Lars.

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10:33 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : réchauffement climatique, changements climatiques, co2, giec, énergies vertes | |  Facebook |