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20/01/2010

HAITI : MAIS OU EST DONC L'EUROPE ?

J’entends un peu partout, et surtout sur les chaînes françaises, de lourds regrets sur l’absence de visibilité de l’Europe dans les opérations de secours en Haïti, et de vertueux reproches quant à l’action américaine, qui en prenant la direction des opérations sur l’aéroport de Port-au-Prince, privilégierait l’arrivée de leurs propres aéronefs.

En trois à cinq jours, les USA ont été capables d’envoyer des équipes spécialisées de contrôleurs aériens, et des milliers de soldats pour la sécurisation des opérations, sans compter le rassemblement et le transport de centaines de tonnes de vivres et de matériels divers, des équipes de secours, d’un porte-avion aménagé en base arrière pour hélicoptères, et d’un navire-hôpital.

Face à cela, que propose l’Europe ? Rien, mis à part les initiatives disparates de quelques pays envoyant quelques équipes de sauveteurs bien courageux, qui ont sauvé pas mal de gens, mais également la démonstration éclatante de son impuissance crasse à proposer une structure efficace ainsi qu’une organisation susceptible de prendre la mesure du problème et de coordonner efficacement les efforts.

Il faut impérativement prendre conscience de l’impuissance militaire européenne, à l’origine directe de son impuissance diplomatique et de son incapacité à répondre à des situations extrêmes.

Sans les moyens logistiques des USA, l’Europe est inexistante, et tous les pays du monde en sont parfaitement conscients. S’imaginer qu’en stratégie politique internationale, on peut faire entendre sa voix ou imposer sa vision des choses sans un arrière-plan militaire très solide, relève du fantasme ou du doux rêve de ceux qui s‘imaginent vivre dans un Disneyland à l’échelle mondiale.

Mais, comme depuis de nombreuses décennies, les populations européennes sont allergiques à des dépenses militaires suffisantes, l’Europe est condamnée à traîner indéfiniment son impuissance en toutes occasions et sur tous les fronts, aussi bien politiques que stratégiques, et même humanitaires comme la démonstration en est faite aujourd‘hui.

Jo Moreau

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE !!

19:40 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : international, europe, haiti, diplomatie | |  Facebook |

04/06/2009

MILITER POUR L'EUROPE ?

Les élections européennes vont se dérouler dans l’indifférence générale, voire dans l’hostilité vis-à-vis d’une institution gigantesque qui n’est pas à même de répondre aux besoins des populations concernées.

Les plus anciens se souviennent pourtant avec nostalgie des immenses espoirs qu’avait fait naître le Traité de Rome.

Car des points positifs, il y en a assurément. La suppression des barrières douanières, la CECA puis le Marché Commun, les premiers organismes intégrés tels Euratom, l’habitude de négocier ensemble qui a abouti à l’absence de guerres ou de tensions nationalistes, la monnaie commune, l’agence spatiale européenne et d‘autres encore.

Et puis l’enthousiasme est retombé, car le mercantilisme a pris le pas sur le rêve. L’ultralibéralisme débridé a perverti les objectifs idéalistes des fondateurs de l’idée européenne, et l’Europe a continué de se construire au seul profit des grandes sociétés et de la finance. Le « tout au privé » a même interdit aux Etats leur rôle de régulateur au profit des populations, dans une fuite en avant obsessionnelle qui n’existe même pas aux USA.

Toutes les mesures imposées aujourd’hui par l’Union Européenne -ou approuvées par elle- sont ressenties, souvent avec raison, comme visant uniquement à accroître les bénéfices des grandes sociétés.

Je cite en vrac l’intégration précipitée de pays largement au-dessous du niveau social moyen, tels que les ex-pays de l’Est, offrant ainsi de larges possibilités de délocalisation de proximité, l’esquive obstinée d’un plan commun de fiscalité, la signature des catastrophiques accords de l’OMC, l’approbation d’une myriade de mesures, lois et règlements visant à éliminer les petits exploitants et fabricants locaux, la disparition des services publics ou primordiaux (voir aussi : renationaliser l‘énergie ?), l’absence d’une politique commune d’immigration favorisant l‘importation d‘une main d‘œuvre à bon marché , etc…

On ne peut ignorer d’autre part les coûts de fonctionnement faramineux de la grande machine européenne, ses trois capitales, ses milliers de fonctionnaires et ses centaines de parlementaires, autant de signaux négatifs vis-à-vis de nos populations soumises à une crise grave. Et je ne vois pas que des pays hors UE, tels que la Suisse ou la Norvège par exemple, soient plus misérables que nous !

Si on veut sauver l’idée européenne, il est grand temps d’en revenir à une vision capable de rassembler à nouveau les jeunes européens dans un élan créateur, nous devons être capables de leur dire : oui, il y a un grand ensemble à créer, oui il y a un avenir enthousiasmant qui vous attend, ici.

Pour cela, il faut cesser de confondre l’idée européenne avec les intérêts des actionnaires. L’Europe a besoin qu’on fixe ses frontières fondées sur la géographie, un passé commun quoique pas toujours pacifique, une certaine idée des droits de l’homme et du citoyen, une façon de penser commune. La Turquie et le Maghreb peuvent être des partenaires privilégiés, mais ne sont pas et ne seront jamais « européens » même s’ils ont une civilisation et un passé équivalents aux nôtres, mais culturellement et politiquement essentiellement différents, et ressentis comme tels par nos populations.

Il faut que l’Union Européenne rétablisse la confiance de ses citoyens en adoptant des mesures capables de construire une véritable concurrence mondiale (voir mon article précédent : Europe, arrêtons le massacre), rétablisse les états dans leur rôle d’organisateurs de services publics basiques échappant aux lois du marché, empêche la fuite de sa technologie et de son savoir-faire, se préoccupe de l’avenir de ses travailleurs au même titre que de l’avenir de ses entreprises, protège son modèle social.

Il faut surtout que l’Europe rétablisse le contact avec les gens, grâce à une action politique et sociale qui les concerne directement. Et si des accords signés précédemment paraissent aujourd’hui non seulement défavorables mais peut-être même fatals, il faut avoir le courage politique de les dénoncer.

Jo Moreau.

D’ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? Laissez-moi votre commentaire !

16:15 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : europe, politique, élections | |  Facebook |

11/05/2009

EUROPE : arrêtons le massacre des emplois

Les élections européennes approchent, et on est bien obligé de constater l’absence totale de vision européenne proposée par les partis, et leur incapacité à s‘attaquer aux véritables problèmes que nous devons affronter aujourd’hui.

L’Union Européenne (UE) est maintenant au cœur de la plus grave crise de son histoire. Partout, le chômage s’accroît , les industries sont frappées durement et sa technologie s’évade hors frontières. La mondialisation sans nuances à laquelle nous sommes confrontés, conduit à la délocalisation de nombreuses productions autrefois fabriquées dans nos contrées, et qui seront réimportées à bas prix.

Comme corollaire, nous constatons outre la destruction grandissante des emplois , la dilution du modèle social européen. Avec la complicité des dirigeants politiques des pays émergents, la main-d’œuvre locale est pratiquement toujours exploitée à la limite de l‘esclavage. Et ne parlons pas de l’impact écologique de l’industrialisation de pays curieusement exonérés de toute obligation à cet égard, grâce à la complicité étonnante des alter-mondialistes et des industriels , et du coût écologique du transport de ces marchandises.

Une autre conséquence, et non des moindres, de cet appauvrissement global de l’Europe, est la perte de son indépendance politique, de plus en plus soumise à des contingences commerciales et financières.

Certains dirigeants de sociétés sont pratiquement obligés de délocaliser sous peine de disparaître. D’autres en profitent pour accroître les bénéfices des actionnaires, mais en aucune manière il n’y a un quelconque return pour nos populations, sauf la possibilité d’acquérir à bas prix des produits médiocres. Certains de ceux-ci mettent d’ailleurs en péril la sécurité de nos populations. Un seul exemple: les composants électroniques des salles de contrôle des nouvelles centrales nucléaires, à la fiabilité très douteuse aux dires même des spécialistes.

Il semble évident que lorsque la crise financière sera derrière nous, une gigantesque restructuration industrielle mondiale aura eu lieu, nous laissant avec une Union Européenne définitivement sinistrée économiquement.

Il existe pourtant un moyen de contrer ce scénario : Une imposition des produits et services importés, calculée au prorata du niveau social du pays exportateur.

Il s’agit ainsi de rétablir une véritable concurrence basée sur des critères objectifs, susceptible de ramener dans les frontières européennes un tissus industriel digne de ce nom et un renouveau de l’esprit d’entreprise. Elle contribuerait aussi à l’amélioration notable des conditions de vie des habitants de ces pays exportateurs , dont les gouvernants et industriels auront intérêt à se voir dégrèver de cette taxe le plus rapidement possible.

Quand on parle de niveau social, il faut prendre notamment en compte :

  • Le niveau du salaire.
  • La législation sur les heures hebdomadaires de travail, de congés obligatoires et l‘interdiction du travail des enfants.
  • La possibilité d’arrêter de travailler à un âge raisonnable.
  • La possibilité d’accéder aux soins de santé.
  • L’accès à un revenu de remplacement en cas de chômage.

Un coëfficient sera imputé à chacun de ces points, dont la somme déterminera le taux de taxation imposé à l’importation dans l‘ UE. Cette taxe serait appliquée sur tous les produits finis ou composants provenant de ces pays extra-européens, ainsi que sur les services à destination des consommateurs européens.

Le taux pourra être revu à la demande du pays concerné. Pourront être exonérés de cette taxe, en tout ou en partie, les produits en provenance de pays ayant adopté une législation ad-hoc , ou proposé un calendrier à respecter dans des délais chiffrés. Les matières stratégiques ou n’ayant pas de concurrence possible en UE pourront également être exonérés de cette taxe.

Il ne s’agit donc nullement d’un protectionnisme bête et méchant, mais d’une remise à niveau des normes de  concurrence mondiale.

Jo Moreau

 

10:35 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mondialisation, europe, chômage | |  Facebook |