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05/03/2018

SUR L' ECOLOGISME

écologisme,climat,politique,réchauffement climatique,Voici un texte paru en 2010 sur le site "Droit de Cités" (5).

Comme d'autres, plus ou moins récents et dont je me suis déjà fait l'écho (6), il dénonce le caractère rétrograde d'une idéologie tournée vers la malédiction du progrès, le refus du débat dans le domaine climatique notamment, et la promotion d'une grande religion planétaire ayant vocation à diriger le monde.

Si ce texte conserve intégralement sa pertinence, l'évolution la plus marquante depuis 2010, réside dans le fait que l'idéologie écologiste a -en Europe principalement- quitté son confinement sectaire pour être aujourd'hui adoptée par l'ensemble du monde politique, du public, des médias, louant inlassablement un discours passéiste à caractère totalitaire.

Jo Moreau

L’écologisme qui commence sous nos yeux à élaborer ses rituels culpabilistes est le plus crédible des candidats à une sacralité renouvelée et réinvestie pour le siècle nouveau. Si le problème du monde ci-devant judéo-chrétien est toujours celui d’un Salut par l’ascèse, le salut écologique a, à mon avis, un bon potentiel. Je pense que l’idéologie écologiste qui carbure à l’angoisse des technologies nouvelles, en contraste absolu avec le goût des cheminées d’usine crachant leurs suies roboratives du productivisme socialiste d’autrefois, est une des expressions contemporaines de l’angoisse sacrée comme régulateur social faute de projets communs. Elle est sans rapport de continuité avec la ci-devant pensée progressiste-historiciste mais elle en forme précisément la Umwertung der Werte, l’inversion des valeurs, remplaçant la validation des industries humaines et l’impératif saint-simonienne de la maîtrise de la nature par leur dévaluation au profit du culte inverse de la nature impolluée. «L’écologie entretient au contraire des relations de bon voisinage (…) avec l’attachement à la terre, au passé, à l’identité qui expriment, même modernisés, le vieil atavisme conservateur», remarque Alain Minc. [1]


L’écologisme est non seulement le seul mouvement actuel qui présente un potentiel de mutation en millénarisme, mais en fait, on peut voir en «temps réel» cette mutation s’opérer en Amérique. Des sectes écolo-millénaristes attendent une catastrophe ultime qui engloutira les Pollueurs, suivie d’une régénérescence écologique où ne survivront qu’une poignée de Verts. L’esprit eschatologique, chassé de l’histoire, se réfugie ainsi en une nature réifiée comme de «l’anti-histoire»: c’est une hypothèse élégante qui est celle développée par D. Folscheid. [2]

Si un nouveau syncrétisme doit naître, les quatre ingrédients, victimalisme/culpabilisme, droit-de-l’hommisme, écologisme, pacifisme sont tous disponibles pour une synthèse à venir. On voit déjà l’écologisme et ses variantes les plus mystiques comme l’écolo-féminisme, se combiner tout naturellement avec le New Age et les millénarismes américains. On verra en allemand, la «Petite théologie politique du Mouvement Ökopax [écolo-pacifiste]» extrapolée par Otto Kallscheuer, Glaubens Fragen. Über Karl Marx und Christus und andere Tote. [3]

Quelque chose de gnostique persiste dans le renversement même des valeurs dont je fais état, du progressisme à l’écolo-religiosité : la civilisation industrielle est et demeure, du socialisme utopique à l’écologisme, l’Empire de l’Antéchrist. On perçoit ou entrevoit le potentiel passionnel de zèle de la sacralisation écologique avec son esprit de censure et d’intimidation, sa volonté de rééducation des méchants, son fanatisme possible. La «bonne conscience» des croyants humanitaires et écologiques et l’ébauche de chasses aux sorcières par ces nouveaux enthousiastes complète un tableau psycho-social virtuel conforme à la religio perennis. «L’illusion persécutrice, disait René Girard, sévit plus que jamais». [4]

Marc ANGENOT

D. Phil & Lit., MSRC. Chaire James Mc Gill d’étude du discours social. James McGill Professorshjip of social discourse theory, MPcGill University.


[1] Le nouveau Moyen Âge, Paris, Gallimard, 1993, 111.
[2] Dominique Folscheid. L’esprit de l’athéisme et son destin. Paris: Éditions Universitaires, 1991. Format poche, éd. revue: Paris: La Table ronde, 2003.
[3] Frankfurt aM: Frankf. Verlagsanstalt, 1991.
[4] R. Girard, Le bouc émissaire. Paris: Grasset, 1982, 64.

(5) http://droitdecites.org/2010/03/15/marc-angenot/

(6) http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2017/09/26/la-grande-religion-climatique-1160350.html

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2017/08/28/la-peur-du-rechauffement-et-l-exces-dans-la-malediction-1159925.html

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2017/07/05/la-chasse-a-l-heresie-climatique-au-xxie-siecle-1159212.html

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11:24 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologisme, climat, politique, réchauffement climatique | |  Facebook |

12/03/2015

CLIMAT : POURQUOI LE GIEC DOIT ÊTRE DÉMANTELÉ

Drieu Godefridi, un des co-auteurs du livre « Climat, 15 vérités qui dérangent », est l'auteur de cet article qui fut repris par le média informatique « Contrepoints » (1), et par le quotidien belge « L'Echo » (2)

 

Il y démontre le caractère essentiellement politique de cet organisme, qui prône le versant le plus extrémiste de l'écologisme.

 

Jo Moreau

 

 

Sous couvert de science, le dernier rapport du GIEC (« AR5 ») diffuse la version la plus échevelée de l’idéologie écologiste (décroissance, égalitarisme, deep ecology). Le problème réside dans la structure même de l’organisation onusienne, qui n’est pas scientifique, mais scientiste.

 

Le scientisme

 

Le scientisme est la théorie selon laquelle nos sociétés doivent être gouvernées par la science.

Cette théorie fut mise en forme par deux intellectuels français du dix-neuvième siècle, Auguste Comte et Ernest Renan.

 

La difficulté que rencontre la théorie scientiste est la différence de registre entre la science et la norme.

La science s’occupe de décrire la réalité, elle décrit ce qui est. La norme, morale ou juridique, ne décrit pas la réalité : elle dit ce qui doit être. On perçoit aisément que l’énoncé scientifique « L’eau bout à 100 degrés » est d’une nature différente de la norme « L’eau doit être consommée avec modération. »

 

La science nous montre que la consommation de tabac cause toutes sortes de maladies. Ce que sachant, chacun peut décider, en son âme et conscience, de fumer, car cela relève de la norme que chacun se donne à lui-même, par exemple en attachant davantage de prix au plaisir immédiat qu’à la santé. Du même énoncé scientifique « le tabac nuit à la santé » peuvent suivre une multitude de normes, juridiques et morales, générales et individuelles, qui sont fonction des valeurs mises en œuvre par le législateur et les individus. Autrement dit, l’énoncé scientifique ne donne naissance, par lui-même, à aucune norme. La norme relève d’une réalité étrangère à celle de la science : celle des valeurs.

 

En prétendant dériver (déduire logiquement) la norme de la science, le scientisme est une erreur de raisonnement.

 

Le GIEC est une organisation scientiste

 

Le GIEC n’est pas une organisation scientifique, mais une organisation scientiste. Cela se démontre facilement. Commençons par rappeler, comme le soulignait le physicien Hervé Le Treut du GIEC, que « le GIEC ne fait pas de science ». En effet, la première partie de ses rapports est une recollection des articles scientifiques jugés pertinents dans le domaine du climat, plus précisément de l’influence de l’homme sur le climat (qui est l’objet social du GIEC). Les deux autres parties – impact négatif, pour l’homme, des changements climatiques observés, et normes à mettre en œuvre pour y remédier — reposent sur des jugements de valeur, qui sont la province du politique, et non de la science. Quand est formulée une proposition qui repose sur ou contient un jugement de valeur (un devoir-être), elle relève de la politique, pas de la science (ni non plus d’un mélange des deux : un énoncé est scientifique ou politique, il n’y a pas de moyen terme). Par conséquent, sur les trois parties des rapports du GIEC, la première n’est scientifique que par emprunt, les deux autres sont politiques au sens strict.

 

Présenter les deuxième et troisième parties des rapports du GIEC comme « scientifiques » est donc une erreur objective. Mais la vraie erreur consiste à présenter les 2e et 3e parties comme découlant logiquement de la première ; en cela réside le cœur de l’illusion scientiste. Or, c’est très précisément ce que font ceux, GIEC en tête, qui présentent les rapports du GIEC comme scientifiques.

 

Le dernier rapport du GIEC, « AR5 »

 

Le cinquième et dernier en date des rapports du GIEC, baptisé « AR5 », prend en compte ces objections. Ainsi est-il affirmé que les scientifiques du GIEC sont soucieux de « neutralité axiologique » (neutralité quant aux valeurs) et que, s’ils s’attachent à proposer des normes aux États, il ne leur revient bien sûr pas de les imposer.

 

Toutefois, cette prétention formelle à la neutralité ne résiste pas à l’analyse. Comme nous venons de le rappeler, la science ne dicte, ne renseigne ni n’induit aucune norme par elle-même. D’un constat scientifique aussi clair et net que « le tabac nuit à la santé » peuvent jaillir une infinité de normes différentes, concurrentes et, surtout, parfaitement contradictoires. Tout dépend des valeurs que l’on met dans le brouet dont sort la norme. Or, qu’observe-t-on à la lecture attentive de la troisième partie de l’AR5 ? Que les normes « suggérées » sont parfaitement cohérentes et même qu’elles s’inscrivent toute entière dans une seule et même idéologie : la décroissance, qui est le versant le plus extrême de l’idéologie écologiste.

 

De prime abord, pour qu’un rapport soit crédible, il doit être exempt de contradictions. Ce n’est pas toujours vrai. Pour que la troisième partie des rapports du GIEC, la partie normative, soit crédible et fondée dans sa prétention à la neutralité axiologique, il eût fallu qu’elle offre un catalogue de différents bouquets de normes possibles, chaque bouquet cohérent par lui-même, mais parfaitement contradictoires les uns avec les autres. Cela pour tenir compte de la diversité possible des valeurs à mettre en œuvre (comme dans notre exemple du tabac).

 

Jugeons-en in concreto en étudiant attentivement la partie 3 de l’AR5. La lecture est laborieuse, mais nécessaire, au vu de l’influence planétaire du GIEC depuis 27 ans. Rappelant sa neutralité axiologique, le GIEC propose un programme mondial qui consiste, d’une part, pour les pays « riches » à entrer en décroissance et, d’autre part, pour les pays « pauvres », à limiter leur croissance tout en bénéficiant de transferts de richesse directs de la part des pays riches. L’analyse fait preuve de finesse et d’un certain raffinement conceptuel. Ainsi est-il exposé que les pays riches doivent apprendre à déconnecter les concepts de bien-être et de croissance. En d’autres termes, à augmenter leur bien-être tout en acceptant la décroissance économique. En effet, explique le GIEC, l’humanité doit comprendre qu’il existe des « valeurs non humaines », et que la domination de la nature est un manque de respect à son égard. Les lecteurs du Nouvel Ordre écologique, de Luc Ferry, auront reconnu l’idéologie de la deep ecology, selon laquelle, de par son accroissement et sa consommation des ressources naturelles, l’humanité a dépassé le stade de composante de la nature, pour gagner celui de nuisance objective, dont les méfaits doivent être corrigés (ce qui, pour la plupart des auteurs de l’écologie profonde, implique une réduction drastique de l’humanité…). Sur cette base, le GIEC « suggère » un impressionnant catalogue de mesures détaillées que les États doivent mettre en œuvre dans tous les secteurs de l’activité humaine. Tous les secteurs d’activité ? Il n’est pas jusqu’au simple fait de faire un pas dans la rue qui n’émette de CO2. Par conséquent, rien de ce qui est humain n’est étranger au GIEC. Il convient pour les pays riches, conclut le GIEC, de renoncer à la croissance économique, qui n’est pas durable, et de travailler à réduire les inégalités matérielles avec les pays pauvres. Adviendrait ainsi une manière d’égalité matérielle globale, concomitante de l’harmonie retrouvée de l’homme avec la nature.

 

Ce n’est pas le lieu de discuter de la rationalité, de la souhaitabilité ou de l’humanisme de ce programme. Seulement de constater qu’il ne s’agit que de cela : un programme politique, celui de l’écologisme dans son versant le plus extrême.

 

En cela qu’il repose sur une erreur de raisonnement qui lui permet, sous couvert de science, de se faire le vecteur de l’idéologie écologiste, le GIEC doit être démantelé.

 

- Drieu Godefridi donnera le 28 avril prochain, à l’Académie royale (Collège Belgique, Bruxelles), une communication « Critique épistémologique du Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC)

 

(1) https://www.contrepoints.org/2015/03/07/200348-climat-pourquoi-le-giec-doit-etre-demantele

 

(2) http://www.lecho.be/detail.art?a=9610369&n=7499&h...

 

 

 

 

11:47 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : giec, climat, écologisme | |  Facebook |