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16/09/2011

BHV, UN ACCORD JUSQU AU PROCHAIN CLASH

C’est le grand soulagement, et tout le monde, ou à peu près, se congratule après l’accord obtenu sur la scission de l’arrondissement électoral de BHV, qu‘on estime merveilleusement équilibré...

C’est oublier un peu vite le raisonnement flamand intangible depuis des dizaines d’années : toutes les conquêtes politiques favorables à la Flandre deviennent « onbespreekbaar », tandis que tous les éléments favorables aux francophones seront toujours susceptibles de révision, et le seront dès que possible, n‘en doutons pas.

Le territoire flamand est maintenant entièrement homogène, et cet accord n’est rien moins qu’une ultime étape facilitant l’autonomie de la Flandre, sinon son indépendance. Le refus des mandataires politiques francophones de voir la réalité en face et ce depuis de nombreuses années, me sidère, et une nouvelle fois je les accuse sinon de cécité, au moins d’incompétence.

Attention, si je regrette cette évolution, je ne critique pas cette volonté flamande, fondée aussi bien sur de faits avérés que sur une mythologie politico-romantique. Car comme je l’ai souvent déclaré précédemment: cette volonté d’autonomie maximale est en fait leur droit le plus strict, et doit être pris en considération. Evidemment, aujourd’hui, c’est un peu tard…

 http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/06/28/les...

 Cette évolution de l’opinion flamande, qui avait son fondement dans une frange nationaliste, est maintenant partagée par une majorité de la population du Nord du pays. Elle pouvait, elle devait être discernée depuis de nombreuses années maintenant, et devint évidente depuis les dernières élections pour chacun qui voulait bien ouvrir les yeux.

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2010/05/23/les...

Il eut été judicieux que les partis francophones prennent acte de cette volonté d’autonomie, et prennent l’initiative de proposer l’ouverture d’une grande table ronde sur l’organisation future de notre pays, fondée sur des régions-états aux pouvoirs très étendus, et un état central compétent uniquement sur la politique étrangère, l’armée, la Banque centrale, un tronc commun de sécurité sociale et quelques administrations indispensables sur le plan international telles que l’agriculture ou les sports. Cette évolution ne devait pas être immédiate, mais liée à un calendrier précis.

Car c’est bien vers cette structure politique que nous allons inexorablement dans le meilleur des cas, qu‘on le veuille ou non. Mais nous y allons les yeux bandés et les pieds entravés.

Alors que cette grande négociation entre partenaires égaux, lucides mais respectueux de l‘autre -qui aurait sans ressentiment pris en compte le point de vue flamand- pouvait se faire en toute clarté et sans arrières-pensées, mais surtout en partant d’une page blanche. Elle aurait esquivé cette politique des « petits pas » qui caractérise la politique flamande depuis les années 60 et le refus du volet linguistique du recensement, par 200 bourgmestres qui se mirent alors en infraction avec la loi.

Il aurait été indispensable de prendre en compte une réalité, que les flamands préfèrent occulter et que les francophones ont eu le tort immense de ne pas clamer haut et fort : la frontière linguistique fut délimitée et acceptée en son temps dans un « environnement » politique et communautaire essentiellement différent de ce que nous connaissons aujourd’hui. Elle constituait une frontière administrative fixant l’emploi des langues dans un pays unitaire, et ne se voulait en aucun cas une frontière d’état. D’autant plus qu’elle fut fixée en 1962/1963 sur base de chiffres de population datant de 1947... .La province de Brabant était toujours unitaire, et constituait de fait une vaste région bilingue. Il fut créé des « communes à facilités », dont les plus conflictuelles sont les 6 communes situées dans la périphérie bruxelloise.

Cela constituait un « package », et la remise en cause d’un seul élément devait rendre caduque l’ensemble de l’accord.

Cela ne fut pas le cas, et il nous reste à attendre en victimes peureuses la prochaine étape du processus de conflit communautaire, qui ne tardera pas dès la concrétisation du récent accord.

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? VOTRE COMMENTAIRE EST BIENVENU !

Jo Moreau.

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18:42 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bhv, fédéralisme, confédéralisme, belgique, scission bhv | |  Facebook |

05/01/2011

UNE NOTE TRES FLAMANDE ? EVIDEMMENT !

L’ensemble des commentateurs francophones qualifient la note Vande Lanotte de « très flamande ». Je ne l’ai pas encore lue, et je ne porterai donc pas d’avis quant au fond.

Mais pouvait-il en être autrement ?

Ce sont les Flamands qui depuis des années sont demandeurs de changements profonds dans la structure de l’Etat, se heurtant d’abord à un ’non’ ferme et absolu à des changements en douceur. Ce blocage méprisant devait amener la moitié de la population flamande à voter pour des partis que nous qualifions d’extrémistes, tels que la NV-A, la LDD ou le VB.

Mis devant le résultat des dernières élections, les politiciens francophones ont réagi dans la panique et la précipitation, acceptant enfin l’ouverture de négociations communautaires qui ne pouvaient être que conflictuelles au vu de la personnalité des interlocuteurs dont ils avaient eux-mêmes, par leur attitude antérieure, favorisé l’émergence.

Ils vont par la même occasion conforter l’opinion flamande dans ses choix électoraux, puisqu’ils vont accorder à la NV-A des négociations qu’ils ont toujours refusé aux partis flamands modérés.

Nouvelle erreur de stratégie dès l’ouverture de ces négociations. Face au nouveau schéma institutionnel voulu par les plus nationalistes des Flamands, soit la NV-A, les politiciens francophones vont freiner des quatre fers, restant dans une conception très passéiste de l’Etat Belgique, alors qu’il eut fallu mettre sur la table leur propre vision d’un futur confédéral dont tout le monde pressent qu’il est inéluctable.

Nous sommes donc face à des demandes unilatérales flamandes, et seulement des tentatives d’atténuation de ces demandes du côté francophone.

Pas étonnant donc, que cette note nous paraisse très « flamande », puisque par essence même, elle est le reflet des demandes flamandes…

Jo Moreau

11:44 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, fédéralisme, institutions, confédéralisme, politique | |  Facebook |

27/11/2010

LA COMPAGNIE DES WAGONS LITS

histoires belges

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Par ses ingénieurs et financiers, la Belgique fut une véritable pionnière des chemins de fer dans le monde, non seulement dans le lancement de lignes à travers les cinq continents, mais aussi dans la construction de matériel ferroviaire.

L’aventure la plus mythique fut cependant écrite par la COMPAGNIE INTERNATIONALE DES WAGONS-LITS.

A l’origine de sa création se trouve le liégeois Georges Nagelmackers. Il naît en 1845 dans une famille de banquiers actifs depuis 1747.

En 1867, il entreprend un voyage en Amérique, et durant ses déplacements dans le nouveau monde, il fut très impressionné par les wagons particulièrement confortables conçus par un certain Pullman notamment des voitures-lits, qui furent suivies en 1868 par des voitures-restaurant. Ce matériel permettait des voyages de longue durée, de dormir dans des draps et de déjeuner sans devoir s‘arrêter à des buffets de gares. Il prend alors conscience des possibilités qui s‘ouvrent en Europe en ce domaine, mais aussi des difficultés pour traverser les nombreuses frontières, élevées par des pays parfois antagonistes et très soucieux de leurs prérogatives.

A son retour, il prend contact avec des opérateurs de chemin de fer pour examiner la façon de concrétiser ses idées, et en 1872, il conçoit de concert avec William Mann la première voiture-lit qui est présentée la même année à l’Exposition Internationale de Vienne. Il obtient en 1873 sa première autorisation d’exploitation sur la ligne Ostende-Vienne via Paris et Berlin. Le premier convoi est constitué de voitures construites en Autriche.

Le 04 décembre 1876, il fonde devant le notaire Van Halteren la « Compagnie Internationale des Wagons-Lits », qui aura son Siège Social à Bruxelles, et qui compte parmi ses principaux actionnaires le Roi Léopold II.

Il dispose bientôt d’une flotte de voitures de grand luxe, susceptibles d’être attelées à des convois classiques ou de former des trains complets. Les accords de circulation sont obtenus entre Ostende-Cologne, Ostende-Berlin et Paris-Berlin, évitant ainsi le changement de voiture aux frontières . Les lignes vont se multiplier, et en 1882 il met en service la première voiture-restaurant entre Marseille et Nice. Le succès est au rendez-vous, et ce sera le lancement des trains spéciaux composés uniquement de voitures de la CIWL, ce qui justifie en 1884 la nouvelle raison sociale qui devient «  COMPAGNIE INTERNATIONALE DES WAGONS LITS ET DES GRANDS EXPRESS EUROPEENS ».

Un grand nombre de ses trains deviendront célèbres, et parmi eux le plus mythique fut certainement l’Orient Express, sur la ligne Paris-Istanbul, prolongé par le Taurus Express jusque Bagdad. Il servit de décor à de nombreux romans et films, dont le célèbre « Le crime de l’Orient Express » écrit par Agatha Christie.

D’autres lignes célèbres furent le Calais-Méditerranée (futur Train Bleu), la Malle des Indes (Bombay Express), Le Caire Louxor Express, le Transmandchourien Express, l’Etoile du Nord et les premières 2e classe sur un train de luxe, le Londres-Vichy, l’Oiseau Bleu, le Nord Express, le Pyrénees Côte d’Argent parmi plus de 30 lignes sur plusieurs continents … La CIWL fut également partie prenante au lancement du Transsibérien vers la Chine et le Japon.

Pour ses voyageurs, il construira des hôtels prestigieux à ses principales villes-terminus, parmi lesquels le Pera Palas à Istanbul en 1892, le Royal Palace Hôtel à Ostende, les hôtels Terminus à Bordeaux et Marseille, le Grand Hôtel à Pékin et à Saint Petersbourg. Ceci se concrétisera via une filiale de la CIWL : LA COMPAGNIE INTERNATIONALE DES GRANDS HOTELS.

La guerre de 14-18 fut un premier frein à l’expansion de la compagnie, dont les activités continuèrent cependant en fonction des alliances conclues par les pays traversés. Notons ici la destinée particulière de la voiture-restaurant 2419D. Celle-ci fut réquisitionnée, transformée en voiture-bureau et incorporée au train du Grand Quartier Général français mis à disposition du Maréchal Foch. C’est dans cette voiture, amenée dans la forêt de Rethondes, que fut signé l’armistice de 1918. En 1940, Hitler voulut « effacer » cet épisode en y faisant acter la capitulation de la France, et la voiture fut ensuite transférée à Berlin pour y être exposée. Elle fut détruite par les SS quelques jours avant la fin du conflit, sur ordre du Führer.

La première guerre mondiale terminée, l’expansion reprit de plus belle, avec du matériel de plus en plus luxueux et représentatif du style « Art Deco » alors très à la mode. Tout ce que le monde comptait de têtes couronnées, d’aristocrates, de gens connus, en un mot la « jet-set » de l’époque était la cliente assidue du Simplon Orient Express.

Après 1945, le matériel de la compagnie avait subi de très lourdes pertes, et la nouvelle division géo-politique mondiale, la disparition d’une partie de la clientèle fortunée et la concurrence du transport aérien devait amener peu à peu la disparition de plusieurs lignes et le déclin de la compagnie. Elle fut toutefois partenaire dans la création en 1957 des Trans-Europ Express.

La CIWL qui avait aussi absorbé l’agence Thomas Cook en 1927 pour former le premier réseau mondial d‘agences de voyages sous le nom de « Wagons Lits Cook » , fut reprise en 1991 par le groupe français Accor et en 2007, les trois derniers services de voitures-lits de la compagnie disparaissent, pour laisser subsister des seules activités de restauration et de services sur le réseau ferroviaire.

Les ateliers de la CIWL étaient établis dans l’arrière-port d’Ostende, sur l’axe Londres-Méditérranée, ligne à l’origine très prisée pour gagner les Indes. La fonction de ces ateliers était l’entretien du matériel. Ils réalisèrent notamment la récente remise en état du matériel en bois , retrouvé parfois dans un état déplorable aux quatre coins de l‘Europe. Les travaux portèrent sur les travaux de menuiserie, ébénisterie, de marquetterie, laquage des boiseries et tôlerie, alors que la décoration intérieure était réalisée à Paris. Ils cessèrent toute activité en 2006.

Car dans un but de tourisme de luxe, un convoi est remis épisodiquement en service entre Paris et Venise sous le nom de Venice Simplon Orient Express, avec des voitures des années 20 dont 4 sont classées monument historique. Il s‘agit de l‘initiative de James Sherwood, un industriel américain richissime.

La Banque Nagelmackers, quant à elle, exista sous son nom jusqu’en 2001, année ou elle fut intégrée au groupe Delta Lloyd.

Il est aujourd’hui question d’un projet porté par des anciens collaborateurs de la Compagnie des Wagons Lits. Il s’agirait de relancer un projet de trains de luxe vers des destinations de sports d’hiver en Autriche et en France, au départ de Bruxelles-Midi, service destiné à des consommateurs recherchant confort et sécurité. Les premiers départs sont annoncés pour mi-décembre 2010. Suivraient ensuite des trains d’été. A suivre donc…

http://www.lalibre.be/economie/actualite/article/605164/t...

Jo Moreau

14:35 Publié dans histoires belges | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : belgique, industrie, train, wagons lits, chemins de fer | |  Facebook |

18/11/2010

LA BELGIQUE, UN NON-PAYS POUR DES NON-CITOYENS

Je suis frappé par la véritable non-existence de la Belgique dans les commentaires des médias étrangers, sur quelque plan que ce soit, historique, social ou économique. Alors qu’on y cite régulièrement les Pays-Bas, par exemple, notre pays est systématiquement ignoré , sauf lorsque des évènements négatifs locaux le rendent incontournable.

Je comprendrais cette attitude depuis que l’existence de notre pays est en sursis, mais cette non-existence ne date pas d’hier et détermine également les évènements d‘aujourd‘hui. Quelles en sont les causes ?

La première, et sans doute la principale, vient de notre propre attitude à l’égard de notre pays, et de l‘image que nous en répercutons vers l‘extérieur. L’intelligentsia belge, largement relayé en cela par nos médias notamment audio-visuels, a depuis une cinquantaine d’années choisi de systématiquement tourner en dérision, sinon de détruire, tout sentiment national en l‘assimilant erronément au nationalisme, synonyme d‘impérialisme et de xénophobie.

Or notre pays est en train de crever par excès de démocratie (pas politique, je vous rassure). Alors que la majorité des nations en formation extirpèrent les particularismes des régions annexées, souvent de façon coërcitive, l’ Etat belge les reconnut après quelques années, tout d’abord en adoptant le néerlandais et ensuite l’allemand comme langues nationales, et dans une deuxième étape en modifiant la structure même de l’Etat vers des aménagements de plus en plus centrifuges. Justifiés ou non, ces « aménagements » voulus principalement par certaines fractions politiques, favorisèrent la disparition du sentiment national belge naissant.

Nulle part dans le monde, un pays n’est autant dénigré par ses propres citoyens.

Mais contrairement au discours des régionalistes ou rattachistes de tous acabits, la Belgique n’est pas plus « artificielle » que la grande majorité des pays qui l’entourent, en partant de la France et passant par l’Allemagne ou l‘Italie. Partout, la fondation d’un pays est affaire d’une élite, le résultat de guerres, d’alliances, d’unions et de désunions, et pratiquement jamais d’un peuple qui se lève un beau matin en disant : « tiens, si nous fondions aujourd’hui un pays indépendant » ? A quelques exceptions près, le sentiment national est fabriqué artificiellement, et suit d’un nombre considérable d’années la création d’un Etat, et non le contraire. Et ce sentiment national est indispensable à l’émergence de l’Etat-Nation, par la perspective offerte à l’ensemble de ses citoyens d‘avoir un avenir en commun.

Ceci passe aussi par la fabrication plus ou moins artificielle d’un passé en commun. J’appartiens à une génération qui collectionnait les chromos représentant des scènes d’histoire soi-disant nationale, de portraits de nos Gloires Nationales (sic) au cours des siècles où l’Etat belge n’existait pas, et comme écoliers nous étions régulièrement réquisitionnées pour participer à des célébrations diverses aux monuments aux morts.

Tout cela a été escamoté fin des années 50, en faveur de la résurgence politique de micro-nationalismes internes, bien à la mesure de la stature de nos politiciens actuels, et destructeurs de toute idée d’Etat-Nation.

Malheureusement, la conséquence en fut également d’occulter tout ce qui pouvait constituer un motif de fierté, remplacé aujourd’hui par la seule auto-glorification systématique du surréalisme à la belge, ce qui a comme avantage de ne rien vouloir dire, et des seules choses dont nous avons encore le droit de nous glorifier soit nos chocolats et nos frites, et de temps en temps nos tenniswomen.

Or la Belgique fut tout autre chose, et elle constitua pour différentes raisons un terreau qui permit entre autres qu’elle devint la deuxième puissance industrielle mondiale à la fin du XIX e siècle, et qu’y prospérèrent plusieurs courants artistiques novateurs.

Ce sont quelques épisodes parmi beaucoup d’autres savamment refoulés aujourd’hui, que j’aimerais ressusciter dans la rubrique « histoires belges » . S’ils s’étaient déroulés sous d’autres bannières, ces épisodes seraient encore et toujours évoqués …

D' ACCORD  ? PAS D' ACCORD  ?? N ’HESITEZ PAS A LAISSER VOS COMMENTAIRES.

Jo Moreau (Aldebaran)

16:44 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : belgique, fédéralisme, institutions, confédéralisme, nation | |  Facebook |

23/01/2010

OPEL ANVERS : LA DEMISSION DES ELITES

La fermeture de l’usine d’Opel à Anvers n’est qu’un épisode supplémentaire de la grande désindustrialisation de l’Europe, continent en voie de régression -au même titre d’ailleurs que les USA à un degré toutefois moins visible-.

On peut en effet prédire à moyen terme la disparition quasi complète de toute industrie lourde ou manufacturière de notre continent, ou plutôt sa délocalisation vers des pays émergents, nettement plus compréhensifs quant au bien-être d’une main-d’œuvre employée souvent à la limite de l’esclavage.

Cette délocalisation massive a été rendue possible par les accords de l’OMC, débouchant sur une mondialisation exclusivement profitable aux seuls financiers, propriétaires d’entreprises dont-ils ne soupçonnent même pas le fonctionnement, et desquelles ils ponctionnent des profits maximum, quels que soient les moyens et sans aucun égard pour les pays qui ont favorisé leur développement, et à fortiori pour leurs populations.

Ce processus est parfaitement en phase avec l’idéologie financiériste actuelle, soit la confiscation systématique par quelques uns de la richesse mondiale, sans aucun return vers ceux à qui ils sont -en partie du moins- redevables.

Ceci n’a plus rien à voir avec le libéralisme, du moins « mon » libéralisme qui s‘oppose à l‘oppression de l‘individu, et ce n’est plus non plus du capitalisme, soit la fourniture aux entreprises des capitaux nécessaires à leur développement.

Cette hystérie de l’accaparement des richesses se fait avec la complicité du monde politique, dont aucun composant n’a le courage ou la volonté de s’opposer fermement et sans concession à cette vision dévoyée du fonctionnement de l’économie mondiale. Il faudrait évidemment une stature à la mesure du défi, qui se situe à un autre niveau que l’avenir de BHV.

Ils feignent de considérer ces délocalisations comme inéluctables, dans le respect des accords signés.

Aucun accord, aucun traité n’est éternel. Maintenant que nous pouvons réaliser leurs conséquences néfastes et même fatales pour notre conception de la société, il est du devoir impérieux des états européens de dénoncer ces accords, et nos hommes politiques doivent se réapproprier leur fonction essentielle : la protection du bien-être des populations qui les ont élu, qui découle du maintien d‘une activité économique puissante. Cela n’est évidemment concevable qu’au niveau de l’Union Européenne.

Voir à ce sujet : http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/05/11/eur...

La dénonciation des accords de l’OMC et la conception saine d’une réelle concurrence fondée sur une recherche d’équivalence des systèmes sociaux au niveau mondial, est la seule voie qui puisse renverser la vapeur et mettre un terme à la paupérisation inéluctable de nos populations. Rappelons-nous les chiffres de Monsieur Defeyt : 750.000 personnes sont sans emploi en Belgique, quel que soit le vocable sous lequel on les classe, et ce chiffre ne pourra que croître.

Il faut avoir le courage de dire tout haut ce que chacun sait ou soupçonne : sans une révision radicale de notre politique commerciale et industrielle, et de notre vision du commerce mondial, nous ne serons bientôt plus en état de payer les allocations sociales , que ce soient les indemnités de chômage ou les pensions, faute de financements suffisants.

Il faut aussi réinventer le libéralisme et le capitalisme, à mon avis seuls capables de garantir une évolution dynamique de nos sociétés, mais certainement pas dans leurs dérives hallucinantes actuelles…

Jo Moreau

D’ ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !

17:48 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : économie, belgique, mondialisation, délocalisation, chomage | |  Facebook |

07/01/2010

UNE CARTOGRAPHIE TRES FLAMANDE

La carte éditée par la maison de la Flandre pour la réception organisée à New-York conjointement avec les Pays-Bas n’est qu’un nouvel épisode d’un long processus de la marche de la Flandre vers son autonomie. On se rappelle que la Flandre y était bordée par la mer, la France et les Pays-Bas, Bruxelles se baladant du côté d’Anvers, et la Wallonie ayant purement et simplement disparu dans les oubliettes de l’Histoire de Moeder Vlaanderen.

Quelques jours plus tard, on remettait cela dans une page promotionnelle parue dans un journal britannique. Cette fois, la Flandre était bordée par la …Belgique, dont elle s’était exclue.

Chaque semaine, ou à peu près, nous apporte ainsi une escalade dans le harcèlement communautaire, parsemé de menaces d’un conflit d’intérêts pour la modification du plan « emploi » , et de l’affaire de l’inspection des écoles francophones de la périphérie, toutes résurgences que la parenthèse Van Rompuy avait réussi à circonscrire pendant quelques mois.

Il est triste de constater à quel point nos compatriotes flamands ont été amenés à un tel degré de mépris pour les wallons. Mais en définitive, cela n’est pas étonnant, quand on constate la propagande incessante à laquelle ils sont soumis de la part de leurs médias , d’une classe politique à la traîne des plus extrémistes, d’une église qui fut toujours à la pointe du combat nationaliste, et jusqu’aux organisations culturelles ou festives qui entretinrent cette vision d’une Flandre niée et exploitée, avant de la confronter à une Wallonie peuplée de paresseux profitant des subventions des contribuables flamands.

Il faut dire que le terrain était favorable, cultivé par une bourgeoisie francophone imbue de son sentiment de supériorité aussi bien sur le terrain culturel qu’économique, et le mépris flamand d’aujourdhui se veut une réponse totalement inadaptée à celui d’hier, qui était le fait d’une classe sociale accessoirement francophone tenant les commandes d’une économie industrielle triomphante, symbole des siècles précédents, et exerçant son emprise aussi bien d’ailleurs sur la Wallonie que sur la Flandre.

Les élites flamingantes ont transformé un combat social en combat nationaliste, feignant d’ignorer la similitude avec le combat de la classe ouvrière wallonne : il s’agit là d’un scénario assez répandu dans l’Histoire.

Après l’épisode cartographique récent viendront, n’en doutons pas, de nouvelles pages à ce harcèlement, avant le grand chapitre BHV.

Le but est évident : la Flandre veut une autonomie maximale au sein d’un état confédéral Belgique et à défaut, son indépendance.

Le scénario imaginé jusqu’ici par l’opinion francophone et une partie du monde politique, était une déclaration unilatérale d’indépendance de la part du gouvernement régional flamand, avec pas mal de désavantages cependant pour l’état nouvellement créé. Celui-ci pouvait entre autres craindre la persistance d’un état fédéral Belgique, cette fois sans la Flandre, et qui profiterait ainsi des avantages politiques et économiques attachés à un nom bien établi sur le plan international, de devoir abandonner ses vues annexionnistes sur la Région de Bruxelles, et de se trouver face à des négociations à l‘issue douteuse pour sa reconnaissance sur le plan européen et mondial.

Et si au contraire, la Flandre voulait par ses harcèlements continuels, pousser la Wallonie à demander elle-même la scission du pays, dans la même dynamique où la Slovaquie défavorisée prit l’initiative de sa séparation d’avec la Tchéquie ?

Un plan machiavélique (pas tellement, tout compte fait) ou un esprit parano de ma part ?

Comme il est à peu près certain que ce harcèlement communautaire ne s’arrêtera pas, je suis de plus en plus convaincu que la solution se trouve dans une confédération "à la belge", où des régions-états seront pleinement compétents dans pratiquement tous les domaines, et finançant un gouvernement central à qui est réservé la politique étrangère, la défense, la banque nationale, un tronc commun minimal de sécurité sociale, un organe de police interfédéral.

Tôt ou tard, n’en doutons pas, cette issue s’imposera à l’aéropage politique belge. Mieux vaut dès lors ouvrir les négociations d’une manière volontaire et dans un but clairement avoué , se présenter d’égal à égal pour des négociations qui s’annoncent rudes, plutôt qu’en catastrophe et le couteau sous la gorge.

Car il ne s’agit pas bien entendu de se plier à toutes les revendications flamandes, mais d’aboutir à un accord « win-win », ce qui implique de repartir d’une feuille blanche. Car tout doit être renégocié, dans l’optique de ce nouveau paysage institutionnel belge qui ne serait plus du tout celui qui était envisagé dans les précédents accords, accords qui deviendraient dès lors obsolètes.

Le monde francophone ayant alors manifesté son ouverture à la revendication flamande, je crois possible l’abandon de part et d’autre des positions hautement symboliques, et qui font aujourd‘hui obstacle à une solution institutionnelle définitive. Je pense à l’abandon à terme des facilités linguistiques obligatoires dans les communes de la périphérie bruxelloise et d‘ailleurs, de la fixation définitive des frontières des régions devenant pratiquement des frontières d’états, de compétences clairement définies aux différents niveaux de pouvoir et ne pouvant désormais plus entrer en conflit.

La Wallonie devrait prendre conscience des bénéfices qu’elle pourra retirer de ces réformes fondamentales. La première et non la moindre sera l’obligation de concevoir une politique conforme à ses moyens, mais aussi de se réapproprier des compétences actuellement délaissées, et de pouvoir reconstituer avec ses propres citoyens des hiérarchies dans tous les domaines où ils sont complètement absents.

Voir aussi : autres billets dans la catégorie "institutionnel", dont

http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2009/06/28/les...

Jo Moreau

D’ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE !

19:57 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : belgique, fédéralisme, institutions, confédéralisme | |  Facebook |

27/05/2009

RENATIONALISER L'ENERGIE ?

Poussés par les décisions de l’Union Européenne qui enjoint le « tout au privé » dans une espèce de fuite en avant déstructurante, les pays européens sont contraints de se séparer de services publics, qui auraient pourtant dû échapper aux contraintes des sacro-saintes lois du marché.

Même dans une société libérale, il est du devoir de l’état de contrôler les services indispensables à la vie journalière de la population, et de garantir à l‘ensemble des citoyens l‘accès à ces services de base.

Dans cette optique, il est primordial que les états aient la possibilité de reprendre sous leur contrôle notamment l’approvisionnement et la distribution et la tarification du gaz et de l’électricité .

Que se passera-t-il en effet si l’an prochain, GDF SUEZ tombait en faillite, ou, si suite à une modification de l’actionnariat, elle décidait de se retirer du marché européen, ou encore que cet actionnariat soit contrôlé par des nations ou ressortissants de nations hostiles à nos intérêts ?

 Cela vous parait invraisemblable ? Il y a seulement cinq ans, la faillite du géant General Motors était-elle envisageable ?

Il est également important de contrôler les sources d’approvisionnement, pour des raisons politique et stratégique. On peut constater, dans beaucoup de domaines de la politique internationale, à quel point nous sommes les otages de conflits locaux impliquant des pays qui sont nos fournisseurs.

En-dehors des approvisionnements, il y a aussi le problème de la production, de l’avenir des centrales nucléaires pour lesquelles la population belge s’est déjà fait gruger, du développement et de l’entretien du réseau de distribution, toutes choses engageant non seulement la sécurité mais qui devraient également dépendre de choix politiques.

Il est dès lors impérieux que les élus belges à l’Europe oeuvrent pour la révision de sa politique assez incompréhensible du « tout au privé ».

 Aucun accord , aucun traité fut-il international n’est éternel. Si nous nous apercevons que ces accords ou traités sont défavorables à nos populations, il est alors du devoir du politique de les modifier ou de les dénoncer.

Dans beaucoup de domaines, dont la privatisation à tout va, les accords climatiques (dont il y aurait beaucoup à dire), l’aide aux pays étrangers, l’accueil des immigrés, les accords de l’OMC, l’Europe en général et la Belgique en particulier sont les champions du ’plus citoyen que moi tu meurs’.

Ceci payé bien entendu par les contribuables, à qui on ne demande pas leur avis.

D’autres pays, comme les USA ou la Chine, considèrent ces accords comme étant à géométrie variable, en fonction de leurs intérêts propres.

Il est grand temps que l’Union Européenne, elle aussi, en revienne à une politique pragmatique prenant en compte les intérêts non seulement de ses industriels, mais aussi et surtout de ses citoyens.

Dans le même esprit, je prône le maintien de certains services publics basiques comme la poste ou les transports, dans une certaine mesure. Mais j’y reviendrai plus tard.

Jo Moreau

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10:53 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, énergie, privatisation, état, belgique | |  Facebook |

17/05/2009

PLUS ETHIQUE QUE MOI, tu meurs.

L’émission de ce dimanche à la RTBF nous a montré des élus de nos principaux partis assoiffés de moralité, et se demandant la main sur le cœur comment ramener plus d’éthique en politique . Et de prôner de nouveaux règlements pouvant encadrer les pratiques défaillantes de certains d‘entre eux.

Il me semble évident que l’éthique ne se décrète pas, il se trouvera toujours quelques profiteurs pour contourner tous règlements internes ou écrits.

L’éthique doit se trouver dans l’état d’esprit de ceux qui s’engagent dans la représentation populaire, mais combien d’entre eux sont réellement habités par le seul but de servir, sans aucune autre arrière-pensée ? (j’allais dire par le seul but de servir, et non de se servir, mais c’eut été trop facile !)

Chaque parti a déjà sa charte éthique, aussitôt signée et aussitôt oubliée. Car le problème est immense. Après les problèmes de cumul de mandats, de profits scandaleux comme l’affaire Donfut, des nominations politiques pour les copains, restera ceux des intercommunales, des cabinets ministériels « doublant » les administrations, des milliers d’ASBL subventionnées et non contrôlées, de subventions aux syndicats via les caisses de chômage, de dépenses inconsidérées d’organismes publics (voir les dépenses des cadres du FOREM) , j’en oublie et non des moindres, le tout financé par vous et par moi.

Et ces affaires touchent tous les partis, n’en doutons pas, soit par implication directe, soit par la volonté de ne pas voir .

L’engagement de respecter à priori est inutile. Par contre , instaurer une loi qui punit l’abus de fonction publique, comme il existe une loi commerciale qui punit l’abus de position dominante, par de très lourdes peines aussi bien civiles que pénales, freinerait peut-être les abus et les sanctionnerait sûrement.

J’allais y ajouter la condamnation pour non-dénonciation de tels faits, mais on m’accuserait sûrement de favoriser la délation …. On place sa morale personnelle où on peut.

Il existe des dizaines de milliers de citoyens vivant en Wallonie sous le seuil de pauvreté . D’autres n’en sortent pas malgré qu’ils soient salariés.

Ceci en partie par le fait de ces scandaleux détournements de fonds, soit au profit personnel de quelques uns, soit au profit du « système » particratique.

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16/05/2009

ETHIQUE et CONSULTANCE.

Nous voici submergés par la révélation d’affaires en tous genres, qu’en fait tout le monde ou à peu près connaissait ou à tout le moins, soupçonnait.

Le détonateur médiatique, d’ailleurs initié par un citoyen blogueur -Olivier Baum-, en fut clairement le voyage californien de nos élites parlementaires accompagnées de leurs épouses , et qui n’était que le dernier voyage d’une longue série, ceci dans un contexte de crise profonde et de pauvreté croissante.

Le cas Donfut met le doigt sur la multiplication des consultants en tous genres, souvent liés au monde politique quant ils n’en sont pas tout simplement issus. J’aimerais qu’on m’explique la nécessité de faire appel à des consultants, quand les hommes politiques disposent d’une administration pléthorique, souvent doublée de cabinets ministériels, refuges rémunérateurs pour les copains et assimilés. En quoi ces consultants -grassement payés par l’argent du contribuable- font-ils un travail plus efficace que ce que les administrations sus-nommées auraient pu effectuer ?

Dans le cas Donfut, un ministre, coiffant une casquette de consultant, se fait un plantureux second salaire pour un travail qu’il aurait parfaitement pu accomplir dans le cadre de ses fonctions, à condition qu’il ait été nommé à la bonne place .

Il y a donc un carrousel rémunérateur à caractère maffieux à exploiter : spécialiste (auto-proclamé ou non) dans un domaine particulier, je me fais nommer ministre dans un tout autre domaine, et je deviens en plus consultant dans ma spécialité pour un autre copain ministre…

Le cas Chastel, qu’il soit ou non justifiable, met le doigt sur les milliers d’ ASBL (sans but lucratif ??) subsidiées par l’argent des contribuables (j’emploierai toujours cette phraséologie, car l’argent de l’état, de la région, de la communauté, c’est le mien, c’est le vôtre), ASBL dont personne ne contrôle ni la justification, ni le travail effectué, ni l’usage fait des fonds confiés.

La seule COCOF subsidie plus de 3700 ASBL…. Ceci est favorisé par notre système électoral, où nos adversaires actuels pourraient bien devenir nos alliés d’après élections, et chaque parti (y compris Ecolo, qui ne participe pas mais qui sait et se tait) a avantage à faire profil bas.

Le système uninominal à deux tours , de par le fait même qu’il n’y a plus d’alliance indispensable à la formation d‘un gouvernement régional, est plus à même d’éliminer pas mal de ces magouilles, même s‘il ne s‘agit pas de la solution à tout.

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14/05/2009

LES AGRICULTEURS manifestent

Les problèmes de survie subis par les agriculteurs me suscitent une interrogation : et si on appliquait à leur égard le principe du commerce équitable ?

Il me semble que leur payer justement ce qu‘ils produisent est bien la moindre des choses, au vu notamment de la pénibilité de leur travail quotidien.

De plus, certains voudraient voir les subventions accordées par l’Europe supprimées, au nom d’une soi-disant concurrence déloyale vis-à-vis des pays émergents.

Il est essentiel que les pays européens préservent, ou rétablissent (?) leur auto-suffisance alimentaire. Il s’agit là d’un impératif politique et stratégique essentiel dans le maintien de notre indépendance.

Le soutien à nos agriculteurs est essentiel , fût-ce au prix d’une légère augmentation de certains produits, au même titre que nous acceptons le principe du commerce équitable au profit de producteurs du tiers-monde.

aldebaran

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