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10/12/2009

LE PERMIS A POINT, UNE FAUSSE BONNE IDEE

Monsieur Etienne Schouppe, secrétaire d’Etat à la mobilité, vient de nous promettre le permis à point pour janvier 2012, celui-ci étant selon lui dissuasif dans l’optique d’une diminution des accidents de roulage.

J’ai -au départ- une position iconoclaste concernant le permis de conduire. Autant j’estime indispensable la licence d’apprentissage, soit la connaissance du code de la route qui doit constituer la base du permis, autant je considère l’examen pratique comme inutile, sauf bien entendu pour les bénéficiaires de la ponction d’argent dans le portefeuille des candidats, bien souvent appelés à recommencer plusieurs fois une épreuve qui ne prouve rien, sauf la capacité du candidat à dominer son stress devant un examinateur, ou d’avoir assimilé toutes les subtilités de la manœuvre de créneau.

D’autre part, une certaine catégorie d’usagers est dispensé de ces formalités coûteuses, je veux parler des conducteurs de véhicules dits « sans permis », dont chacun peut cependant apprécier la dangerosité sur nos routes.

Le permis de conduire ne constitue nullement une garantie de parfaite maîtrise du véhicule en toutes circonstances, ce qui inclut en premier lieu le fait de savoir se maîtriser soi-même devant les « agressions » en tous genres auxquelles on est confronté dans la circulation quotidienne , ou de sa capacité à refouler les désirs de puissance ou d’affirmation de soi qui satisfassent l’égo des nouveaux conducteurs (mais pas exclusivement …).

La possession du permis de conduire, tel qu’il est aujourd’hui, me parait un droit inaliénable et définitif, au même titre que la carte d’identité, dans ce qu’il n’est qu’un simple preuve de la connaissance du code de roulage. D’autre part, l’organisation de la vie contemporaine fait que l’usage d’un moyen de déplacement personnel est devenu indispensable pour une grande majorité de citoyens, que ce soit dans la vie professionnelle active -ou simplement pour se rendre à son lieu de travail-, ou dans tous les déplacements de la vie privée. Sa seule limite de validité devrait se trouver dans l’âge avancé du conducteur, amené alors à prouver par des tests physiques ou psychologiques et à intervalles réguliers, sa capacité à maîtriser un véhicule, ou comme cela est déjà appliqué, une validité limitée à certaines zones géographiques. La suppression du permis amènerait, pour une large frange des usagers, soit à l’obligation de continuer malgré tout à user de son véhicule en toute illégalité, soit au trafic des points, l’expérience de ce qui se passe à l’étranger en fait foi…

Une autre piste pourrait être, pour les nouveaux conducteurs, une modulation du permis de conduire à des véhicules d’une puissance très limitée pendant une période à convenir. On peut évidemment se tuer (ainsi que ses passagers) au volant d’une Twingo, mais un jeune conducteur au volant d’une BMW risque d’avoir un comportement dicté par le type de véhicule, surtout aux yeux des copains et copines…Cela pose évidemment pas mal de problèmes, comme l’utilisation du seul véhicule familial, mais il faut savoir ce que l’on veut…

Alors, le permis à point, pour quoi faire ?

Je n’y suis pas opposé, à condition qu’il ne débouche pas sur un retrait pur et simple . On pourrait imaginer une gradation des peines en fonction du nombre de points perdus en tenant compte cependant des kilomètres parcourus.

Et surtout, pour les fautes particulièrement graves et volontaires, la saisie définitive du véhicule au profit de l’Etat, quel que soit le propriétaire du véhicule impliqué. Cela pourrait conscientiser aussi bien le propriétaire quant au profil de celui à qui il confie ce véhicule, qu’à l’utilisateur qui a toujours l’obligation de restituer le bien dont il a l’usage dans l’état où il l’a reçu, ou sa contrepartie financière. J’entends par fautes particulièrement graves et volontaires une conduite accidentogène (surtout pour les tiers) sur une certaine période de temps ou d‘espace, soit une vitesse que je qualifierais d’aberrante, ou encore un niveau d‘alcoolémie -ou état équivalent- manifestement exagéré.

Cela nécessiterait aussi une définition spécifique aux délits affectant la circulation, de la notion de « faute grave » qui, comme chacun sait, ne peut être exclusivement opposée qu’à l’auteur de cette faute.

Voilà, je ne suis sûrement pas de ceux qui considèrent les transgressions au code de roulage comme mineures, au vu du nombre des victimes annuelles. Je trouve d’ailleurs particulièrement étonnante la diffusion radio des emplacements de radars, et j’attends avec impatience des avis semblables par exemple des bureaux de poste faisant l’objet d’une surveillance policière ponctuelle, en guise de mise en garde aux candidats hold-upers….

Jo Moreau

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16:30 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : circulation, permis de conduire, véhicule | |  Facebook |