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10/12/2017

OURS AFFAME, VOYEURISME ET RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE.

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Susan J Crockford est zoologue, professeure adjointe à l'Université de Victoria, et auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux ours polaires. Via son site (1), elle réagit à la récente vidéo montrant la mort d'un ours polaire, la qualifiant de voyeurisme sans fondement.

J'en reprends ici quelques passages, dans une traduction maison.

Jo Moreau.

Nous avons un nouvel exemple de cette mode qui proclame victime du changement climatique chaque ours polaire mort de faim (ou en voie de mourir de faim) : un jeune ours sur l'île de Somerset près de Baffin Island, au Nunavut, a été filmé en août dernier lors de ses dernières heures d'agonie par des membres d'une organisation activiste appelée SeaLegacy .

" J'ai filmé avec des larmes qui coulaient sur mes joues."

Des images qui déchirent le cœur montrent un ours polaire affamé sur son lit de mort, et qui lutte pour marcher sur une terre sans glace. National Geographic a publié cette histoire, à l'instar d'autres médias, soulignant de manière complaisante la menace présentée par le réchauffement climatique vantée par les photographes.

Ce n'est pas différent de "l'ours qui est mort du changement climatique" de Ian Stirling en 2013 , ou plusieurs autres depuis. Un de ces épisodes impliquait déjà Paul Nicklen, le photographe auteur du présent reportage.

J'ai appelé cette pratique de filmer des ours morts ou mourants, et de répandre les photos à travers les pages des journaux et de l' internet de "tragédie porno" - une sorte de voyeurisme qui laisse les gens victimes de manipulation émotionnelle.

Voici le cofondateur de SeaLegacy ( CBC Radio ) qui explique pourquoi ils ont filmé l'incident et publié la vidéo :

Le groupe de conservation SeaLegacy a diffusé une vidéo d'un ours polaire émacié près des îles de Baffin. Ils disent que le changement climatique a conduit l'animal à la famine. (SeaLegacy / Caters news)

"Nous entendons dire par des scientifiques que dans les 100 à 150 prochaines années, les ours polaires vont disparaître", a déclaré Cristina Mittermeier, cofondatrice de SeaLegacy.

"Nous voulions que le monde voie ce qu'est la famine d'un animal majestueux comme celui-ci."

C'est peut-être ainsi que vous incitez les gens crédules à donner de l'argent à une cause, mais ce n'est pas scientifique : rien n'indique que cet ours affamé ait été «victime» de l'absence de glace causée par le réchauffement climatique.

La cofondatrice de SeaLegacy, Cristina Mittermeier, l'a admis plus tard dans l'interview citée ci-dessus et a déclaré que la raison de sa mort était sans importance, admettant essentiellement qu'elle utilisait la photo de ce malheureux épisode pour illustrer le destin futur qu'elle imagine pour l'ensemble des ours.

"Il est impossible de dire pourquoi il était dans cet état. Peut-être que cela aurait pu être à cause d'une blessure ou d'une maladie ", a déclaré Mittermeier....

Bien que Mittermeier ait dit que l'ours n'avait pas de blessures évidentes et qu'elle croyait qu'il était trop jeune pour mourir de vieillesse, elle soutient que cela n'a pas d'importance.

"Le fait est qu'il était affamé, et ... comme nous perdons de la glace de mer dans l'Arctique, les ours polaires vont mourir de faim."

En août, comme la plupart des ours sont les plus gros à cette période de l'année, quelque chose d'inhabituel a dû affecter sa capacité de chasser ou à se nourrir. Cela aurait pu être quelque chose d'aussi simple qu' avoir été concurrencé au printemps par des animaux plus âgés.

Mais si la perte de la glace de mer due au réchauffement de la planète par l'homme avait été responsable, cet ours n'aurait pas été le seul à mourir de faim: le paysage aurait été jonché de carcasses. C'est un ours qui mourait d'une mort horrible comme il arrive tout le temps dans la nature.

En fait, les recherches menées par des spécialistes des ours polaires qui travaillent sur le terrain montrent que la cause naturelle la plus fréquente de mort des ours polaires est la famine, causée par une cause ou une autre (animaux trop jeunes, trop âgés, blessés ou malades) (Amstrup 2003) :

"La famine affectant les animaux jeunes et âgés explique une grande partie de la mortalité naturelle des ours polaires ... De plus, les données sur la structure par âge montrent que les subadultes âgés de 2 à 5 ans survivent à des taux inférieurs à ceux des adultes (Amstrup 1995). car ils sont encore en apprentissage des techniques de chasse et de survie . »

Mais comme Mittermeier l'a précisé, les faits n'ont pas d'importance dans des cas comme la mort de cet ours de l'île Somerset: tout est dans le message...

J'ai déjà posé cette question parce qu'elle reflète le climat politique actuel. Où étaient les appels à venir en aide aux nombreux ours polaires affamés au printemps 1974, alors que les femelles et leurs petits naissaient dans l'est de la mer de Beaufort et que l'épaisseur de la glace de mer avait chassé les phoques annelés avant qu'elles ne mettent bas (Stirling 2002)?

Ce que Stirling et Lunn ont observé et documenté est une preuve scientifique que la variation naturelle de la glace de mer au printemps peut avoir des effets dévastateurs sur les ours polaires, y compris des épisodes de mortalité massive (Crockford, 2017). Cependant, nous n'avons constaté aucun épisode de famine de masse similaire, qui aurait été démontré de façon concluante comme étant une conséquence de l'état de la glace de mer en été.

Un ours affamé n'est pas une preuve scientifique que le réchauffement climatique causé par l'homme a déjà affecté négativement les ours polaires, mais il est évident que certains activistes utiliseront n'importe quel stratagème pour promouvoir leur programme et attirer les dons.

Dans une interview publiée hier dans le Victoria Times-Colonist (ma ville natale), le photographe Nicklen a déclaré :

"La glace fond plus tôt chaque printemps et gèle plus tard chaque automne. Les ours sont conçus pour survivre jusqu'à deux mois sans glace, mais certainement pas pendant quatre ou cinq mois. Et bien, la vidéo montre à quoi cela ressemble quand les ours polaires sont contraints de vivre sur la terre."

Nicklen devrait s'informer un peu plus : les ours polaires de l'ouest de la baie d'Hudson passent de quatre à cinq mois sans glace. Quatre mois étaient normaux au bon vieux temps (environ 1980) et près de cinq mois quelques années plus tard (Castro de la Guardia et al 2017, Cherry et al 2013, Ramsay et Stirling 1988, Stirling et Lunn 1997). Les femelles enceintes de la Western Hudson Bay passent 8 mois ou plus sur la terre sans effets nocifs qui pourraient être imputés de façon concluante à une période légèrement plus longue sans glace (Crockford 2017). Les ours polaires du sud de la baie d'Hudson passent autant de temps sans glace (Obbard et al., 2016).

Susan Crockford

(1) https://polarbearscience.com/2017/12/09/one-starving-bear-is-not-evidence-of-climate-change-despite-gruesome-photos/

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03/12/2017

CLIMAT, ENVIRONNEMENT ET GOUVERNEMENT MONDIAL

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Joseph d'Aleo est ex-professeur de météorologie au Lyndon State College, très actif dans les milieux de la météorologie, notamment au sein de l'American Meteorological Society.
Je reprends ici quelques passages d'un essai paru sur le site "Carlin Economics and Science" sous le titre "L'énergie verte débouche sur la pauvreté énergétique" (1), dans une traduction "maison" comme d'habitude ...
Bien que l'article complet soit orienté vers l'énergie et le climat, j'ai principalement retenu les passages consacrés au gouvernement mondial qu'on nous prépare.

Bonne lecture !

Jo Moreau

(...)

Le programme de réchauffement de la planète n'a rien à voir avec la science, mais tout à voir avec la politique et l'idéologie. En 1961, dans son discours d'adieu à la nation, le président Eisenhower mettait en garde contre le danger d'une industrie de l'armement en pleine expansion, qualifiée de «complexe militaro-industriel», et les risques posés par une élite scientifico-technologique.

Il a noté que la révolution technologique des décennies précédentes avait été alimentée par une recherche coûteuse et centralisée, de plus en plus subventionnée par le gouvernement fédéral.

Eisenhower a averti: «En partie à cause des coûts énormes, un contrat gouvernemental remplace pratiquement la curiosité intellectuelle». Tout en continuant à respecter la découverte et la recherche scientifique, il a déclaré: «Nous devons également être alertés par le danger de voir la politique publique devenir captive d'une élite scientifique et technologique ".

Le Club de Rome est une organisation formée en 1968 composée de chefs d'État, de bureaucrates de l'ONU, de politiciens de haut niveau et de représentants du gouvernement, de diplomates, de scientifiques, d'économistes et de dirigeants d'entreprises du monde entier. Il a focalisé l'attention du public en 1972 avec son rapport intitulé "The Limits to Growth" .

La mission du Club était «d'agir comme un catalyseur mondial du changement par l'identification et l'analyse des problèmes cruciaux auxquels l'humanité est confrontée». Ils ont décidé qu'un contrôle plus centralisé sous un gouvernement mondial était nécessaire. Dans leur livre "The First Global Revolution" en 1991, ils ont écrit: "En cherchant un nouvel ennemi pour nous unir, nous avons émis l'idée que la pollution, la menace du réchauffement climatique ... ferait l'affaire ... Peu importe si cet ennemi commun est " réel ou ... inventé pour l'objectif fixé."

172 pays ont participé au Sommet de Rio en 1992 et se sont accordés sur la Convention sur le changement climatique, qui a abouti à la création du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), au Protocole de Kyoto qui ne fut pas respecté, puis à l'Accord de Paris.

Dans son discours de présidente en 1999 à l'Association américaine pour l'avancement des Sciences (AAAS), l'ancienne directrice de l'Administration nationale des océans et de l'aéronautique (NOAA), Jane Lubchenco, a prouvé qu' Eisenhower avait raison quand il prédisait que les politiques publiques pouvaient elles-mêmes devenir la proie d'une élite scientifico-technologique. "Des changements environnementaux et sociaux urgents et sans précédent mettent les scientifiques au défi de définir un nouveau contrat social. Ce contrat représente un engagement de leur part à consacrer leurs énergies et leurs talents aux problèmes les plus urgents qui se présentent, proportionnellement à leur importance, en échange de financements publics ".


L'ancienne gouverneur de l'État de Washington, Dixy Lee Ray, avait anticipé le deuxième traité de Paris. "L'avenir est à un gouvernement mondial avec une planification centralisée par les Nations-Unies", a-t-elle déclaré. "La peur de crises environnementales - qu'elles soient réelles ou non - devrait conduire à notre ralliement".

Un gouvernement mondial sous les auspices de l'ONU se profile maintenant sous l'appellation "Agenda 2030" .

Il a les faveurs de l' establishment. (...) Le gouvernement unique contrôlerait tous les aspects de la vie, l'endroit où les gens peuvent vivre, le nombre d'enfants que les couples pourraient avoir, le type d'énergie utilisée, l'approvisionnement alimentaire, etc.

Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la CCNUCC (convention des Nations-Unies sur les changements climatiques), a déclaré sans ambages: «Notre objectif n'est pas de sauver le monde de la calamité écologique mais de changer le système économique mondial ...» En termes simples, elle entend remplacer la libre-entreprise par le contrôle économique centralisé d'un gouvernement mondial.

(...) L'élite scientifique, hébergée dans des sociétés, des agences gouvernementales et les universités ont créé avec des politiciens, des éducateurs et les médias ce qui pourrait être le plus grand canular de l'histoire de la civilisation.

(...) Notre plus grand défi est celui relevé par Mark Twain: «Il est plus facile de tromper les gens que de les convaincre qu'ils ont été bernés".

Partout où le lobby environnementaliste gagne, les gens sont perdants. Les prix de l'électricité dans le paradis australien des énergies renouvelables de l'Australie-Méridionale ont poussé 102 000 Australiens du Sud à demander l'aide d'organisations caritatives, selon un grand journal sud-australien. Ces gens ont été obligés de sauter des repas pour payer leurs factures d'électricité.

En Europe, la croissance rapide de projets d'énergie renouvelable généreusement subventionnés a laissé les utilisateurs finaux, les contribuables, face à des factures en augmentation, alors que les investisseurs privés ont réalisé des profits lucratifs. Plus de 25% des ménages britanniques, en particulier les retraités sont dans ce qu'on appelle la pauvreté énergétique, ayant à choisir entre le chauffage et l'alimentation.

En Allemagne, le résultat de ces politiques a comme conséquence que les entreprises et les familles payent maintenant le deuxième prix le plus élevé en Europe, après le Danemark: 45 cents par kilowatt-heure.

Joseph d'Aleo

(1) http://www.carlineconomics.com/archives/4008


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11/10/2017

LA PEUR COMME MOTEUR MEDIATIQUE

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En 2015, le Dr. Daniel W NEBERT, professeur émérite de santé environnementale au Centre médical de l'Université de Cincinnati, soulevait le problème de l'effroi du public devant les mythes successifs véhiculés par les médias. Que ceux-ci soient guidés par le souci de l'audience, ou manipulés par des organisations politiques ou environnementalistes, ils sont les porteurs des grandes peurs actuelles répandues dans le public. On peut y ajouter la masse de rumeurs et de fantasmes qui foisonnent sur internet.

Voici la "traduction maison" d'un article paru dans le Cincinnati Enquirer, sous le titre "Don't join the panic, just pay attention".

Bonne lecture !

Jo Moreau.

Les médias s'efforcent constamment d'accroître la diffusion de journaux et magazines; mais aussi l'audience des stations de radio et le nombre de téléspectateurs. Un moyen efficace d'atteindre cet objectif est d'exploiter le thème: " Dois-je avoir peur ? "

Par exemple, après la Seconde Guerre mondiale, la crainte d'une invasion extra-terrestre portée par la médiatisation des "soucoupes volantes" a certainement fait vendre plus de journaux et de magazines et a augmenté l'attrait de la télévision. Cette préoccupation a également conduit au programme financé par le gouvernement, Search for Extraterrestrial Intelligence (SETI).

Dans les années 1940-1950, certains étaient convaincus que la fluoration de l'eau potable était une «conspiration communiste». La crainte est restée suffisamment forte dans certaines communautés, de sorte que le fluorure n'est toujours pas ajouté aux approvisionnements en eau de distribution - malgré les avantages avancés par la médecine montrant que les enfants qui boivent de l'eau fluorée ont moins de caries dentaires en raison du renforcement de l'émail.

À la fin des années 1940, la peur de l' «hiver nucléaire» a été répandue par Carl Sagan et d'autres. Les explosions de plusieurs bombes nucléaires, provoquant de nombreux incendies et libérant une énorme quantité de poussière atmosphérique, étaient susceptibles de bloquer la lumière du soleil et provoquer un refroidissement climatique.

Dans les années 1960, Paul Ehrlich et d'autres ont promu l'arrêt de la croissance de la population terrestre. Si d'ici à l'an 2000, la population de la Terre continuait d'augmenter, l'approvisionnement en nourriture serait épuisé. Certains partisans de ce mouvement politique ont réellement décidé d'avoir moins d'enfants en raison de cette peur.

Entre 1950 et 1970, un temps plus frais a prévalu aux États-Unis et en Europe, par rapport aux années 1930-1940. Le «refroidissement global» est devenu une préoccupation. Les principaux articles dans les magazines Time (1974) et Newsweek (1975) ont soutenu l'hypothèse que la Terre puisse entrer dans un nouvel "âge glaciaire". Pourtant, dès 1978, cette tendance au refroidissement de 1945 à 75 avait disparu.

En 1975, dans un article de la revue "Science", Wallace Broecker, géochimiste de l'Université de Columbia a été crédité d'avoir le premier utilisé le terme de «réchauffement climatique». En 1988, le Groupe Intergouvernemental d'Experts des Nations Unies sur l'évolution du climat (GIEC) a tenu sa première réunion, ce qui a marqué le début de l'hystérie du réchauffement climatique.

A la fin de 1978, les mesures extrêmement précises des températures de surface par satellite ont débuté, et ont montré un réchauffement de quelques dixièmes de degré jusqu'en 1997. Cela a coïncidé la même année avec l'attribution du Prix Nobel de la paix conjointement à Al Gore et au GIEC pour "avoir créé la sensibilisation au réchauffement climatique".

Au cours des 18 dernières années, cependant, aucune augmentation statistiquement significative des températures mondiales de surface n'a été constatée - alors que l'agenda politique de l'entretien de la peur envers les «niveaux croissants de dioxyde de carbone» et du «changement climatique» s'est poursuivie sans discontinuer dans les médias.

Les énergies éolienne et solaire, fortement subventionnées par des fonds gouvernementaux à défaut d'être rentables, ont ainsi été imposées par les écologistes.

Ensuite nous connûmes l'effroi du "Bug de l'an 2000", ou la crainte du crash simultané de tous les ordinateurs du monde lors du passage du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000. Le "problème informatique qui a effrayé le monde" - ne s'est jamais concrétisé.

Il y a d'autres sujets de préoccupation. Les vaccinations infantiles causant un trouble du spectre autistique (ASD) ou un trouble déficitaire de l'attention et l'hyperactivité (TDAH). Les cancers causés par la consommation de nourriture préparée commercialement ou d'aliments contenant des conservateurs, plutôt que des aliments "biologiques", et l'exposition aux produits génétiquement modifiés. Tout ce qui précède, et bien d'autres choses, sont désignés comme responsables des augmentations spectaculaires du TEA, du TDAH, de l'asthme et de l'obésité observés aujourd'hui dans les sociétés occidentales.

Chaque jour, en consultant les médias, chacun de nous est placé devant un choix : « Dois-je m'inquiéter? "ou" Dois-je ignorer tout ce battage médiatique? "

Etre attentif à ces problèmes est judicieux. En être paniqué n'est pas sain.

Daniel W NEBERT.

(1) http://www.cincinnati.com/story/opinion/contributors/2015/05/19/join-panic-just-pay-attention/27575319/

 

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14:43 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : réchauffement climatique, climat, médias | |  Facebook |

26/09/2017

LA GRANDE RELIGION CLIMATIQUE.

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Sylvie Brunel est professeur à l' université Paris-Sorbonne. Agrégée en Géographie, Docteur en économie, spécialiste des questions de développement, elle a travaillé pendant 15 ans dans l'humanitaire.
Elle a dénoncé l'évolution de certaines ONG "qui utilisent les victimes pour capter des budgets".

Auteur d'un nombre impressionnant d'articles et d'ouvrages principalement consacrés à l'alimentation, la croissance et le développement des pays africains, l'article qui suit a paru originellement dans "La Revue", magazine du groupe "Jeune Afrique" en novembre 2015, soit avant la conclusion de la COP21, et également sur le site de la Société de Géographie (1) .

Sylvie Brunel y dénonce magistralement l'imposture des grandes messes internationales sur le climat dont le but inavoué est d'imposer une gouvernance mondiale. Elle énumère tous les poncifs à la mode, depuis le développement durable en passant par les énergies renouvelables, les bâtiments dits à énergie positive, les villes durables, l'agriculture «climato-intelligente » et dénonce leur récupération par le capitalisme de connivence.

Cet article devrait être largement diffusé parmi nos décideurs et nos enseignants, complices involontaires (ou non) de la soumission béate de nos sociétés à l'idéologie politique diffusée par les nouveaux prophètes des ONG environnementalistes.

Bonne lecture !

Jo Moreau.

Pourquoi organiser régulièrement de grandes messes planétaires sur l’environnement qui débouchent au mieux sur une accumulation de voeux pieux ? Prendre solennellement des engagements dont seuls vos successeurs auront à assumer les coûts et la difficulté de mise en œuvre est un exercice dans lequel certains gouvernements excellent. On se souvient de Jacques Chirac jurant en 1988 que les Parisiens se baigneraient dans la Seine cinq ans plus tard. Il est vrai que c’est le même qui confiait la même année que les promesses n’engageaient que ceux qui y croyaient…

Les sommets consacrés au climat illustrent parfaitement cet aphorisme. En 2002, lors du Sommet mondial pour le développement durable, à Johannesburg, Jacques Chirac toujours, décidément inspiré, déclare : «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.» Les participants ne parvenant pas à s’entendre, l’incendie se poursuit tranquillement pendant la décennie suivante.
Aujourd’hui, il n’est pas de sujet plus chaud que le climat, devenu la grande religion planétaire depuis qu’il se serait déréglé, bien évidemment a cause des hommes, qui ont toujours adoré se placer au centre de l’univers. Ce terme de «dérèglement», sans cesse employé, interpelle : y a-t-il dans l’histoire géologique de la Terre une période où le climat aurait été «réglé»? Existe-t-il un optimum climatique, une sorte de paradis perdu qu’il faudrait à tout prix recréer? Quand et où le climat de la Terre a-t-il été idéal pour les hommes, qui se sont obstinés à vivre dans les déserts, à occuper les montagnes et les régions glacées, à subir la chaleur tropicale et les blizzards new-yorkais ?

Le «petit âge glaciaire» qui frappe l’hémisphère Nord du XIVe au XIXe siècle provoque des hivers terribles où la Tamise, la Seine ou le port de New York gèlent. Il suscite bon nombre de guerres, de drames et d’exodes, mais on ne parle pas encore de «réfugiés climatiques». Et s’achève dans la deuxième moitié du XIXe siècle, au moment où la révolution industrielle entraîne le décollage économique de l’Europe. Que les deux événements soient liés paraît hautement hypothétique car les quantités de gaz à effet de serre envoyées dans l’atmosphère restent encore très limitées et très localisées. Mais cette crise climatique, responsable de ce que l’historien Jean Delumeau qualifie de «malheur des temps», laisse dans la mémoire des hommes une empreinte si négative que, dans les années 1970, la grande peur planétaire concerne un apparent refroidissement de la planète, alors en pleine explosion démographique. Comment nourrir une population qui s’accroît à grande vitesse (l’apogée est atteint en 1963 avec +2.2% par an contre —1,2% par an aujourd’hui) si les récoltes ne sont pas au rendez-vous? Les experts se demandent comment agir.

Ils n’auront pas à le faire. La Terre se réchauffe, les mers montent. En 1988 les Nations Unies créent un obscur organisme dont l’acronyme, depuis, a fait recette : le GIEC ou Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat. Sa mission : démontrer la responsabilité de l’homme dans le changement climatique. Il va s’en acquitter avec brio, au point de recevoir en 2007 le prix Nobel de la Paix, conjointement avec Al Gore qui vient de ficeler son film Une Vérité qui dérange, montage apocalyptique sur ce qu’on appelle désormais le dérèglement climatique. Dès lors, le sentiment de l’urgence et la peur du lendemain vont dicter la grande dramaturgie planétaire du climat.

Les Mayas faisaient des sacrifices humains pour séduire les dieux de la pluie. Ils auraient annoncé la fin du monde pour 2012. Nostradamus prévoyait de terribles événements pour 2015. Le Jour d’après, Noé, Pacific Rim, 2012… Hollywood a renoué avec la scénographie du désastre et la menace du déluge glacial a remplacé celle des Indiens et des communistes pour drainer les spectateurs. L’évolution du climat s’inscrit ainsi dans la vieille tradition de la mobilisation planétaire qui, de bug informatique en menace terroriste, trouve toujours des sujets pour faire trembler le monde des nantis et légitimer les mesures les plus impopulaires.

En 1992 se tient à Rio de Janeiro le Sommet de la Terre, deuxième du nom. Le premier avait eu lieu à Stockholm en 1972. Il avait donné naissance au concept d’«éco-développement», avec la création des premiers ministères de l’Environnement dans les pays riches, mais les inquiétudes concernant la planète avaient été aussitôt évincées par les préoccupations de la guerre froide. Rio est au contraire la première grande réunion internationale après la disparition de l’Union Soviétique qui, en faisant tomber le rideau de fer, crée pour la première fois un espace mondial où les ONG peuvent se déployer et s’organiser en réseaux grâce à l’apparition d’internet. Face à la montée des pays émergents, qui prétendent imiter le mode de vie des pays riches, le Nord développé se mobilise. Le concept (foireux) d’empreinte écologique et de limitation des ressources met l’environnement au premier rang, devant l’économie et le social. Le Sommet ce de Rio accouche ainsi des trois conventions phares de ce qu’on appelle désormais le développement durable: une sur la désertification, l’autre sur la biodiversité, la troisième enfin, celle qui va connaître la plus grande notoriété, sur le changement climatique.

Portée tous les cinq ans par les rapports du GIEC, plus catégoriques et alarmistes à chaque nouvelle livraison, la menace climatique s’impose dans l’agenda international. Les sommets mondiaux se succèdent, intercalés de réunions censées les préparer. La COP21 à Paris est ainsi la 21e réunion des «parties», les États, depuis Rio. Depuis un quart de siècle, un nombre incalculable de sherpas climato-assermentés parcourt donc le monde pour tenter de bâtir une gouvernance mondiale.

Le bilan s’avère hélas peu glorieux. La parution du quatrième rapport du GIEC, en 2007, débouche en 2009 sur le grand Sommet de Copenhague, quinzième du genre (COP15), qualifié de «réunion de la dernière chance» pour sauver la planète. Mais les participants ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente. Seul lot de consolation: la création d’un «fonds vert» doté de 100 milliards de dollars par an (autant que l’aide publique au développement, APD), destiné à permettre aux pays en développement de s’adapter au changement climatique. En 2020. En 2015, le fonds n’a pu réunir encore que 5 milliards de… promesses de dons. Le processus rappelle celui de l’APD, censée depuis 1970 atteindre 0,7% du PNB des pays riches, et qui n’a jamais dépassé la moitié, la plupart des pays, hormis les Scandinaves, se situant bien en deçà de cette moyenne.

Comment agir face au changement climatique ? Schématiquement, par deux types d’actions. Les premières, dites mesures d’atténuation (mitigation en anglais), consistent à tenter de limiter le volume de gaz à effet de serre, au premier rang desquels l’oxyde de carbone, envoyé par l’activité humaine dans l’atmosphère, avec l’espoir de ralentir le réchauffement de la planète. Enclencher la transition énergétique, décarboner l’économie, le défi est de taille. Le capitalisme sachant parfaitement recycler les grandes peurs humaines, cela se traduit en pratique par une guerre des technologies dites propres, qui oppose anciens pays industrialisés et nouveaux pays émergents. Énergies renouvelables, bâtiments dits à énergie positive, villes durables, agriculture «climato-intelligente »… tous les domaines de l’activité humaine sont concernés.

En misant sur un découplage croissant entre activité humaine et consommation d’énergie fossile, l’atténuation ouvre ainsi un formidable champ au progrès technique. Mais elle comporte aussi ses moines en robe de bure, pour lesquels seuls l’ascèse et le renoncement, entendez la décroissance, sont des options tolérables. «La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas», «le transport le plus respectueux pour la planète est celui qu’on ne fait pas». De telles formules font florès. On pourrait ajouter que l’être humain le plus vertueux est le pauvre qui ne mange pas, ne se déplace pas, ne se soigne pas. L’effacement de l’homme devient la seule voie acceptable pour la «planète», qui d’ailleurs s’en contrefout.

Pour atténuer la violence de leur vision du monde, les nouveaux prophètes (qui ne s’appliquent pas toujours leurs propres règles) prônent à l’envi le lien social, censé pallier la quête vaine et sans fin du «toujours plus», l’accumulation boulimique de biens matériels. L’expérience montre cependant que le lien social fonctionne essentiellement sur l’utilisation, si possible gratuite, des biens que les mauvais citoyens s’obstinent à vouloir posséder (donc à produire, à acheter et autres activités répréhensibles). On ne passe plus le permis, on n’a plus de voiture mais en compte sur le covoiturage et le si efficace TGV (à l’électricité nucléaire), l’appartement gracieusement prêté, les légumes du bon paysan de proximité. Le café, le chocolat et autres denrees tropicales ont eux le droit de traverser la planète, le commerce de l’«équitable», judicieusement mis en oeuvre par quelques organismes péremptoires, permettant d’absoudre leur consommation. Cigarettes, alcools et diverses substances échappent quant à eux aux oukases de ceux qui refusent la société de consommation.

Le second type d’action s’appelle l’adaptation. Pendant longtemps, elle a eu mauvaise presse car elle supposait implicitement que l’atténuation avait échoué. Mais comme même une diminution radicale des émissions de CO2 ne l’empêcherait pas de rester plus d’un siècle dans l’atmosphère, il vaut mieux dès à présent préparer les territoires aux conséquences du changement climatique. L’adaptation ne se satisfait pas de solutions toutes faites et demande une grande connaissance des territoires à l’échelle locale. Comprenant que, guerre économique oblige, le discours vertueux des pays riches n’allait quand même pas jusqu’à partager avec eux les technologies propres, les pays dits en développement exigent désormais des réparations pour les «pertes et dommages» que l’industrialisation du méchant Nord aurait causé au gentil Sud. Après que les méfaits de la colonisation ont expliqué toutes les difficultés d’une partie du monde, le concept de «dette écologique» a remplacé celui de combat anti-impérialiste.

L’humanité sur le banc des accusés

Entre atténuation et adaptation, l’architecture mondiale de la gouvernance du changement climatique (pardonnez la pédanterie) progresse cahin-caha, de plus en plus touffue et complexe, mais elle progresse: remise en question des pratiques jugées néfastes, comme les subventions au charbon, multiplication des textes et des mécanismes de financement écologique, ainsi que des organismes censés les mettre en œuvre… le climat est devenu une usine à gaz portée par une forêt de publications dressant l’interminable liste des désastres s’abattant sur la planète et contribuant ainsi activement à la déforestation qu’elles dénoncent. Tandis que se multiplient les COP (sur le climat, mais aussi sur la biodiversité, les océans, etc.), surgissent de multiples prophètes qui appellent leurs concitoyens à la rédemption en battant leur coulpe sur leur vie passée. Pour les climate born again, le succès d’audience est assuré.

En 2014, la publication du cinquième rapport du GIEC enfonce le clou une fois de plus: le changement climatique est une réalité tangible et son origine anthropique ne fait plus de doute. Multiplication des épisodes violents, fonte accélérée du pôle Nord (la recharge du pôle Sud faisant curieusement moins de gros titres), sixième grande extinction de la biodiversité, montée trop rapide des mers menaçant les deltas, les estuaires et certains États insulaires, la planète est définitivement malade. Responsable? L’humanité bien sûr, trop nombreuse et trop avide, et sur laquelle la punition du ciel a déjà commencé à s’abattre. Toutes les catastrophes naturelles, de Katrina à la Nouvelle-Orléans en 2005, au Vanuatu en 2015, tous les exodes et toutes les migrations sont désormais analysés comme des manifestations du fameux dérèglement climatique. Car l’anthropocène a commencé. L’homme façonne la planète. La messe du climat est dite et les rares climatosceptiques qui bougent encore, excommuniés.

Le Sommet de Paris mobilise donc pendant dix jours à proximité de Paris 40 000 délégués issus de 195 pays. Une fois de plus, l’enjeu du Sommet est crucial : aboutir à un accord international contraignant, visant à limiter les émissions mondiales de gaz à effet de serre, de façon à rester en dessous de la limite fatidique de 450 ppm (parties par million), considérée comme déterminante pour ne pas dépasser 2°C d’augmentation des températures par rapport à l’ère préindustrielle. Il y avait 270 ppm en 1870, 350 en 1990. 400 ont été atteints en 2010 selon l’observatoire d’Hawaii, entraînant une hausse de température de 0,8 degré en un siècle.

Pour la France, le Sommet de Paris représente autant un défi interne (relégitimer un gouvernement en mal de popularité) qu’international: réaffirmer sa place dans le monde, alors qu’elle apparaît comme un des pays les moins généreux en matière d’accueil des migrants et que son choix du nucléaire fait grincer les dents vertes. Pour l’Europe aussi, un succès apporterait la preuve qu’elle est bien le chef de file du développement durable, elle qui a pris les engagements les plus ambitieux en matière de climat. Chaque pays doit prendre ses propres engagements pour initier la transition énergétique. Représentant 40% des émissions à eux deux, les États-Unis et la Chine affirment qu’ils réduiront leurs émissions… après-demain, 2025 pour les premiers, 2030 pour la seconde.

Les résultats du Sommet ne sont pas encore connus, mais l’expérience montre qu’ils s’enlisent généralement dans des arguties sans fin sans parvenir à imposer au monde un accord international contraignant. Les intérêts respectifs des États en présence divergent tant qu’il ne peut exister de consensus planétaire. Que la Russie, le Canada et tous les pays nordiques bénéficient du changement climatique, qui leur ouvre de nouvelles routes, de nouvelles terres cultivables et de nouvelles ressources minières, est indéniable. Qu’un certain nombre de pays en développement en souffrent, parce qu’ils subissent la perte des glaciers pour les nations andines, la montée des eaux pour les petits États insulaires du Pacifique, la multiplication des épisodes violents pour ceux situés aux basses latitudes, l’est tout autant, même si le sous-développement, la mauvaise gouvernance et la corruption rendent infiniment plus vulnérables aux maux de la nature. Les îles tropicales souffriraient moins de la montée des eaux si elles cessaient de dilapider leur corail en matériaux de construction, de détruire leurs mangroves, de polluer leurs lagons, de tolérer la surpêche. Les agriculteurs africains seraient beaucoup plus capables de faire face aux aléas climatiques s’ils étaient correctement rémunérés pour leur travail et sécurisés sur leurs terres.

Qu’il faille une politique de coopération généreuse à l’égard des pays pauvres, personne n’en doute, mais trop souvent, le climat a bon dos pour se défausser de ses propres responsabilités. Demander au Nord de «réparer les pertes et dommages» dus au changement climatique-devenu la nouvelle grille de lecture de tous les aléas et de toutes les catastrophes- est plus facile que de gérer avec sagesse des villes et des campagnes en mutation rapide, surtout quand les pauvres voient rarement la couleur des financements exigés en leur nom.

Les politiques climatiques souffrent de ce que Hardin qualifiait en 1968 de «tragédie des biens communs»: un certain nombre de ressources étant en libre accès, comme la haute mer, l’intérêt des fameuses «parties» est de se les approprier avant les autres. Intérêt individuel immédiat s’oppose souvent à l’intérêt collectif lointain. Si je prélève la ressource, je m’enrichis immédiatement, tant pis si la collectivité en subit les conséquences néfastes à long terme. Comment exiger des investissements coûteux immédiats aux industriels, aux collectivités locales, aux transporteurs, aux agriculteurs, quand leur impact sur le changement climatique reste fondamentalement incertain et ne se fera de toute façon pas sentir avant plusieurs décennies?

Pourtant, les travaux d’Elinor Ostrom, Prix Nobel d’économie en 2009 (avec Oliver Williamson), montrent que les communautés d’acteurs locaux, lorsqu’elles sont associées aux bénéfices de la protection de leurs ressources, s’engagent collectivement dans des démarches visant à en assurer l’exploitation durable. La recherche de l’efficience énergétique et écologique, dans l’irrigation et dans les itinéraires techniques mis en œuvre en agriculture par exemple est aussi déjà une réalité. La même évolution s’observe dans les nouvelles technologies, où la préoccupation de produire propre avec moins, de repenser le cycle de vie des produits, leur recyclage ou leur réutilisation, se généralise partout, y compris dans les pays émergents. L’exemple de la Chine ou de la Corée du Sude le montre: à partir d’un certain niveau de vie, la protection de l’environnement devient une préoccupation, car les classes moyennes sont soucieuses de leur cadre de vie et ne veulent plus subir les ravages d’un environnement dégradé. Partout, sauf là où la lutte contre la misère est la première des priorités, la recherche de la durabilité devient ainsi une réalité.

S’en sortir par le développement

Voilà pourquoi le discours culpabilisateur, qui jette l’opprobre sur certains et victimise les autres, est une stratégie beaucoup moins efficace que celle qui consiste à montrer les bienfaits des politiques respectueuses de l’environnement. Celles-ci s’imposent d’elles-mémes quand elles permettent de faire des économies et de créer des opportunités. Pendant longtemps, c’est l’idée de rareté, d’épuisement des ressources («nous n’avons pas de planète de rechange») qui a dicté le discours du développement durable. Pour éviter l’apocalypse annoncée, les masses étaient censées s’amender, au besoin par la contrainte.

Mais le discours malthusien, porté par les prix élevés des matières premières et du pétrole, a justifié au contraire la recherche effrénée de nouvelles sources d’énergie, tels les hydrocarbures non conventionnels, la mise en œuvre de puits de pétrole profonds ou offshore. Paradoxalement, la planète croule désormais sous les matières premières (pétrole compris) dont les prix s’effondrent. Ce qui a d’ailleurs pour conséquence d’ajourner nombre d’investissements miniers dans l’acier, le fer ou le charbon: l’abondance des sources d’énergie et la chute des prix jouent en faveur de la lutte contre le changement climatique en limitant l’emballement des émergents. Brésil, Chine, Russie, Afrique du Sud, les Brics (hormis l’Inde, importatrice), pays pétroliers et exportateurs de produits agricoles et miniers, voient leur croissance ralentir et émettent donc moins.

Pourtant, voir dans de telles crises la solution serait une erreur: il faut de la croissance pour financer la lutte contre la pauvreté et les politiques de redistribution. L’aspiration au développement reste une demande mondiale, notamment pour les pauvres qui, selon la formule du Programme des Nations unis pour le développement (PNUD), n’ont ni avoir, ni savoir, ni pouvoir, et ne peuvent en conséquence exercer leur capacité de choix. Les modèles alternatifs ne sont pas crédibles car ils reposent trop souvent sur l’exploitation du pauvre par le pauvre, comme le montre le micro-crédit tant vanté, qui aboutit trop souvent à la perpétuation de micro-activités assorties à des macro-endettements liés aux taux d’usure pratiqués.

Faire l’apologie des nouvelles sociétés connectées ne doit pas faire oublier que l’analphabétisme, les problèmes de faim et de santé restent une réalité, que l’accès à l’énergie (même pour brancher une lampe) reste un rêve inaccessible pour un milliard de pauvres. Or la consommation immense d’énergie de la société connectée, les serveurs colossaux de Google ou de Facebook ne sont pas plus «amis de la planète» que ces énergéticiens tant décriés que sont les firmes pétrolières, premières aujourd’hui à investir dans la recherche d’énergies renouvelables.

Le secteur productif reste donc la base du développement, qu’il s’agisse de l’agriculture (60 % de la population mondiale) ou de l’industrie: sans transformation sur place des matières premières, aucun pays ne peut sortir du sous-développement, car il subit la fluctuation extrême des cours et ne reçoit qu’une faible part de la valeur ajoutée produite. Quand l’agriculture est en crise, les pénuries alimentaires guettent. Quand l’industrialisation fait défaut, la vulnérabilité des pays devient insurmontable. L’économie traditionnelle a donc encore de beaux jours devant elle : en Afrique, les seuls pays qui se développent sont ceux qui mettent en place une économie diversifiée. Pour pouvoir répartir, il faut produire, créer des emplois, une classe moyenne. Et quand la classe moyenne se renforce, la volonté de préserver l’environnement devient une réalité. Pour répartir, il faut produire. Pour protéger, il faut répartir. Toute vision qui fait l’impasse sur l’un des trois volets est vouée à l’échec.

La bonne nouvelle, c’est que le progrès durable se généralise : le nombre de pauvres et de malnutris chute, l’espérance de vie s’allonge, la classe moyenne compte de plus en plus d’humains. Lutter contre le changement climatique en mettant en œuvre des politiques d’atténuation et d’adaptation à l’échelle locale, avec des acteurs maîtres de leur destin et sensibilisés aux enjeux de la protection de leur environne¬ment, devient une réalité universelle et partagée. Ainsi, que les sommets onusiens débouchent généralement sur d’apparents échecs ne doit pas faire oublier qu’ils contribuent à l’apparition d’une conscience écologique planétaire.

Sylvie Brunel.

 

(1) https://socgeo.com/2015/11/01/la-grande-religion-climatique/

 

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21/09/2017

LES OURAGANS NE SONT NI PLUS FREQUENTS NI PLUS VIOLENTS

ouragan,climat,réchauffement climatique,changement climatique,

L'article original (1) est paru le 12 septembre 2017, soit avant le passage de l'ouragan Maria. Celui-ci ne modifie cependant pas fondamentalement les observations relevées par l'auteur.

A l'heure où l'ensemble des médias accorde une importance inégalée à ces phénomènes dévastateurs, en proposant souvent des causes conformes à l'idéologie climatique dominante, il est bon de rappeler quelques éléments historiques et fondamentaux.

Voici une traduction maison de cet article.

Jo Moreau


Avant tout, comprenons que chacun d'entre nous peut éprouver la crainte des conséquences d'une tempête tropicale ou d'un épisode d'ouragan, et d'autant plus ceux qui vivent à Houston et dans d'autres régions le long de la côte du Texas, ainsi que mes nombreux amis de l'ensemble de la Floride. Dans le même temps, réalisons également que de tels phénomènes sont survenus avec une fréquence beaucoup plus grande et des conséquences dramatiques par les générations qui ont précédé la nôtre.

Un relevé des tempêtes tropicales de l'Atlantique Nord et des modèles d'ouragan ne révèle aucune tendance à l'accentuation depuis plus d'un siècle. Le récent ouragan-tempête tropicale Harvey et l'ouragan Irma ont finalement mis fin à une absence de près de 12 ans d'ouragans de catégorie 3 à 5 ayant touché les côtes américaines depuis Wilma en 2005, alors que 14 monstres encore plus forts de catégorie 4-5 se sont produits entre 1926 et 1969.

Harvey a perdu son statut de catégorie 4 peu de temps après avoir touché les côtes, mais a néanmoins causé des dégâts catastrophiques suite aux inondations dues à la pluie le long de la côte sud-est du Texas. La région de Houston a reçu 132,08 cms de pluie en quatre jours.

Néanmoins, ce n'était pas tout à fait unique, non plus. Le cyclone tropical Amelia a déversé 122 cms d'eau sur le Texas en 1978; La tempête tropicale Claudette a inondé la ville d'Alvin, au Texas, avec 137 cms en 1979, déversant 109 cms en seulement 24 heures; et l'ouragan Easy a inondé la Floride avec 115 cms en 1950.

Les saisons 2005 et 1961 ont partagé des records avec leurs sept principaux ouragans terrestres américains depuis 1946, lorsque la base de données sur la force des vents et de pression atmosphérique a été considérée comme relativement fiable. L'année 1983 a établi un record inverse avec un seul ouragan.

Beaucoup de puissantes tempêtes atlantiques se sont formées entre 1870 et 1899- 19 sur la seule saison 1887- , mais sont devenues ensuite moins fréquentes entre 1900 et 1925. Le nombre d'ouragans destructeurs a augmenté entre 1926 et 1960, comprenant de nombreux événements majeurs en Nouvelle-Angleterre.

Les ouragans majeurs ont régulièrement ravagé les côtes américaines, de la Floride et plus au nord, au cours d'une décennie entre 1950 et 1960, dont Hazel (1954), Carol (1954), Connie (1955), Ione (1956), Audrey (1957), Gracie (1959), et Donna (1960). Vingt et une tempêtes tropicales atlantiques se sont formées sur la seule année 1933, un record seulement dépassé en 2005, qui en a dénombré 28.

Certaines tempêtes tropicales majeures et des ouragans de catégorie inférieure ont également causé des ravages importants. A noter "Superstorm Sandy", qui a ravagé la côte nord de l'Est, qui a entraîné plus d'une centaine de morts.

En termes de tragédie humaine connue, l'événement le plus meurtrier a été en 1780 le grand ouragan des Antilles, qui a frappé la Barbade en causant 22 000 morts. Pour ce qui concerne les USA, le plus meurtrier a été l'ouragan du 29 août 1900 à Galveston, qui a sans doute causé la mort de 12 000 personnes. L'ouragan Okeechobee, également connu sous le nom de San Filipe Segundo Hurricane, a frappé la Floride en 1928 et a tué 2 500 personnes.

Katrina, qui avait atteint un niveau d'ouragan au niveau de la catégorie 5 en 2005 avant de régresser en tempête tropicale en atteignant les côtes de la Louisiane, a causé environ 1 800 décès. Il a produit des vitesses de vent atteignant 282 kms/h, avec une onde de tempête de 20 pieds au-dessus de la normale.

De fortes tempêtes se forment souvent dans les eaux chaudes du golfe du Mexique, de la mer des Caraïbes et de l'océan Atlantique tropical aussi loin à l'est que les îles du Cap-Vert. Ils se renforcent souvent sur le Gulf Stream au large des côtes de l'est des États-Unis chaque fois que les températures dépassent 26,5°c.

Bien que la température de l'eau de surface dans le Golfe ait récemment été observée à environ 4 ° F au-dessus de la moyenne, l'impact de cette influence sur Irma et Harvey peut être mise en question. Le record des ouragans entre 1870 et 2010 montre qu'ils se sont produits avec une fréquence identique, que ces conditions de température soient inférieures ou supérieures à la moyenne. La chaleur dans le golfe est chaque été suffisante pour produire un ouragan majeur.

Comme avec Irma, il semble que plus la tempête est puissante, plus elle s'affaiblit en atteignant la côte. Harvey a été transformé en un événement de pluie intense par un grand courant frais associé à une perturbation en mouvement des nuages, des précipitations, des vents et de la pression qui traverse la planète tous les 30 à 60 jours environ. .

En réalité, alors que nous ne pouvons pas influer sur les conditions météorologiques, il est vraiment dans notre intérêt d'anticiper ces événements désastreux, et de préparer nos communautés et nos familles à en atténuer les conséquences. Que l'un de ces épisodes soit médiatisé comme «le plus grand jamais», «le plus fort jamais», «le plus meurtrier jamais», ou «le plus cher jamais», il peut être considéré pour vous comme "le pire jamais"...

Considérez cette sombre réalité bien avant toute saison d'ouragan, quand il est encore temps de planifier et de prendre des mesures préventives et de prudence. Malheureusement, il est très facile d'oublier de préparer cela, pendant de belles journées ensoleillées.

Larry Bell
Directeur du programme d'études supérieures en architecture spatiale à l'Université de Houston. Il a fondé et dirige le Centre international de l'architecture spatiale de Sasakawa.

 

(1) http://www.cfact.org/2017/09/12/no-hurricanes-arent-more-frequent-or-severe/

 


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12:16 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ouragan, climat, réchauffement climatique, changement climatique | |  Facebook |

06/09/2017

LES EVENEMENTS CLIMATIQUES EXTREMES DU PASSE (17)

climat, climat ancien,réchauffement climatique,

Suite n° 17. (anno 1775-1799)

"Le contenu de la mémoire est fonction de la vitesse de l'oubli"

Désormais, chaque inondation quelque peu catastrophique, chaque tornade, chaque anomalie météorologique est rattachée au réchauffement climatique qui parait-il nous menace, mais dont en plus l'homme serait responsable !

Pourtant, la consultation de chroniques ou récits anciens est révélatrice de précédents tout aussi apocalyptiques, et relativise la notion même de "changements climatiques", ainsi que la définition d'un "climat stable" qui n'a jamais existé mais qu'on voudrait instaurer à tout prix.

Contexte et mise en garde, voir :
http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2015/02/27/sur-les-evenements-climatiques-extremes-1-1140511.html

Les années 1700 et suivantes sont caractérisées en Europe par de très nombreuses et destructrices chutes de grêle. Lorsque des tempêtes de grêle sont renseignées, il s'agit d'averses de grêlons d'une dimension inhabituelle.


Anno 1775 : La fin de l'hiver fut remarquable par des ouragans et des inondations, événements très rares en cette saison. Le 1 février, tempête violente à Portsmouth, avec des inondations "plus hautes que jamais vues". Le 3 février, inondations dévastatrices en Allemagne et en Hongrie. Ouragan en Lorraine. Succession d'averses de grêle en Europe pendant toute l'année de l'Angleterre à l'Espagne. Un mois de juin particulièrement chaud est suivi par un été chaud et sec sur l'Europe. Marseille manque d'eau. En juillet, violentes chutes de grêle en Alsace Moselle. Le 25 août, ouragan sur Montpellier. Le 29 octobre, violente tempête sur le nord de l'Angleterre. Le 1 novembre grand tremblement de terre de Lisbonne. 60000 morts. Le 11 novembre, tempête et inondations aux Pays-Bas. Les 26 et 28 décembre, tempêtes sur Nîmes. Le 30 décembre séisme à Caen.

Anno 1776 : En Angleterre et au Pays de Galles, des pluies continuelles causent de grandes inondations. Le 25 mars, averses de grêle et inondations en Lorraine. Le 25 avril, inondations sur le nord est de la France. Le 11 juin averses de grêle et chutes de glace sur la Hollande, Anvers et les Flandres causant des dommages aux immeubles et tuant du bétail. L'été est chaud sur le centre de la France. Le 28 novembre tremblement de terre sur les côtes de Flandre et du Pas de Calais. Séisme en Catalogne. « Un tremblement de terre épouvantable secoua la région. On vit une colline se soulever et s'affaisser. Des vignes et des jardins disparurent et firent place à un gouffre immense » ; secousse ressentie jusque Perpignan.

Anno 1777 : Le 1 janvier une effroyable tempête sévit sur les côtes de la Mer du Nord. Le village de Zuydcoote est détruit et englouti sous le sable, il sera reconstruit à proximité. En février la sécheresse règne en Angleterre depuis la dernière récolte. Les pluies et l'humidité débutent en mai. Chaleurs intenses en juillet et août sur la France, mais la région d'Orléans connait un froid particulier. Le 3 juillet, ouragan sur le Poitou. Le 15 octobre, averses de grêle d'une taille extraordinaire en Toscane. Le 16 octobre tempête dévastatrice à Florence. En Angleterre, l'automne est particulièrement chaud.

Anno 1778 : 21 et 22 janvier violente tempête sur Paris. Le 24 juin,ouragan sur la Normandie. Le même jour tempête sur Toulouse. Eté très chaud et grande sécheresse sur toute l'Europe, des chaleurs fortes, longues et constantes. Sous leur influence, plusieurs arbres fruitiers fleurirent une seconde fois . Mourgue et Lamanon ont signalé les mêmes chaleurs, l’un à Montpellier et l’autre à Salon. Ces chaleurs insolites régnèrent principalement dans les mois de juillet et d’août ; elles furent sèches et sans nuages : ce grand été se fit d’ailleurs remarquer par la fréquence des inondations, des orages, des ouragans et des tremblements de terre, notamment sur l'Alsace, la Franche Comté, la Champagne, le Béarn. En août, les arbres sont dans un "pauvre état". En septembre, le niveau de la Seine est particulièrement bas. Durant la nuit du 25 au 26 Octobre, une "innondation prodigieuse fit un dégât énorme dans toute la Lorraine".

Anno 1779 : En janvier, tempête destructrice sur toute l'Angleterre. "Il n'était pas un édifice qui n' avait pas subi de dégâts". Hiver particulièremment doux. Canicule en été et en automne qui provoque 200.000 morts en France. Sécheresse très sévère. "Le 30 Juillet il tomba à Nancy un grêle dont les moindres grains étoient de la grosseur d'une noix, et beaucoup de celle d'un oeuf. Le même jour, une trombe s'éleva près de la Moselle sous la forme d'une haute tour noire, du sommet de laquelle sortoit un feu sombre; elle passa la rivière à Bayon, emporta les toitures d'un village à deux lieues de là, déracina de gros arbres sur sa route, et disparut après avoir desséché une grosse mare" . Invasion de sauterelles dans le Languedoc.

Anno 1780 : Les 11 et 16 mai violentes tempêtes en Angleterre.
Printemps et été chaud en France et sur une partie de l'Europe. De mai à septembre, fortes chaleurs sur l'Alsace Moselle, entrecoupées de violentes averses qui provoquent des inondations. Le 15 septembre violente tempete sur les côtes françaises. Les 10, 15 et 17 octobre, tempêtes et ouragan en Angleterre.

Anno 1781 : Le 12 février, violente tempête dans le Sussex. Nouvelle tempête en Angleterre le 27. Le 3 mars, un ouragan et des inondations causent de grands dommages en France, en Flandre et aux Pays-Bas. Le 19 juin, tempête de grêle sur le Poitou. Printemps et été très chaud en France et en Europe. La sécheresse sévère affecte particulièrement le Nord de la France. Le 1 juillet, tempête sur le Pays de Galles. Le 20 août, violente tempête aux Pays-Bas et sur les régions environnantes. Le 4 septembre, averses de pluie sur l'Angleterre "les plus fortes dans la mémoire humaine". Septembre et décembre sont doux et pluvieux, conditions qui perdurent jusque fin janvier en Angleterre.

Anno 1782 : En janvier, la France connait un temps "aussi doux qu'au printemps", mais certaines régions connaissent des pluies incessantes. Le 10 février, ouragan et inondations sur La Corogne (E) . Le 11 mars, importantes inondations dues à la rivière Clyde en Ecosse. Importantes inondations en Angleterre, où de nombreux ponts sont détruits. Le 30 mai, violente tempête en Moravie. Nouvelles nombreuses tempêtes de grêle sur l'Europe. Le 16 juillet, "une des plus terribles tempêtes connues" souffle sur l'Angleterre. En France, l'été connait des périodes très chaudes entrecoupées d'averses de pluie. Le sud de la france connait une sécheresse sans interruption de juin à octobre. Plusieurs moissonneurs périrent de la chaleur. Les Pays-Bas connaissent par contre un été froid et humide. En août, importantes inondations en Irlande et en Ecosse. Inondation, sécheresse et grêle en europe orientale.

Les années 1783 - 1785 connaissent différents désastres et anomalies, à noter le passage d'une comète ou météorite qui se désintègre dans l'atmosphère, et l'éruption d'un volcan en Islande.

Anno 1783 : L'hiver 1782-83 est qualifié de chaud en Bretagne. En janvier, poursuite de la chaleur et tout est fleuri. L'Oder déborde et cause des inondations en Prusse. Le 15 janvier, séisme en Hongrie. Le 5 février séisme en Calabre suivi de violentes répliques. 50.000 morts. Le 6 février séisme et tsunami dans le golfe de Messine 1500 morts. Le 14 février inondations à Rome. Nombreux séismes en Europe. Plusieurs tempêtes en Angleterre les 26,29,31 janvier, les 7, 13 et 23 février, les 5, 9 et 13 mars, le 20 juin, le 14, 20, 24 juillet, les 28, 30, 31 août, 3,10 septembre, le 25 novembre. Le 5 mars, ouragan sur l'Ecosse. Le 8 mars, violente tempête en Ecosse. Le 11 avril violente tempête à Venise. Le 13 mai, violente tempête en Hongrie et Slovaquie, la ville de Kremnitz est entièrement détruite par la tempête et des incendies. Le 30 mai inondations désastreuses en Lithuanie. Le 22 juin, tempête en Allemagne. L'été en Europe est très chaud et parsemé de violents orages. Une brume sèche, donne une teinte rougeoyante au soleil, conférant un aspect sinistre à cette canicule. Epais brouillards sur toute l'Europe pendant l'été. les Pays-Bas subissent une vague de chaleur sans précédent. En juillet, une série de violents orages fait de nombreuses victimes en Angleterre . Le 23 juillet, ouragan en Suisse . Le 2 août tempête à Orléans. Le 3 août tempêtes sur toute la France. Le 7 août, séisme sur les Cornouailles. Séisme à Prats de Mollo qui cause beaucoup de dommages. Le 4 septembre, inondation brusque a Westmoreland, l'eau de la rivière est devenue noire et nauséeuse. Le 6 septembre, seismes enThessalonique. le 9 décembre, séisme à Cambrai. Le 22 décembre, inondations "extraordinaires" en Hongrie et aux Pays-Bas. Le 23 décembre et jours suivants, tempêtes et inondations sur l'Espagne.

Anno 1784 : Le 17 et 18 janvier, une tempête violente ravage le littoral saintongeais (charentes). Le 19 janvier inondations importantes en Allemagne. Le 23 janvier tout le pays entre Liège et Maastricht est sous eau. Le 30 janvier, tempête violente sur Livourne (I) Le 3 février, tempête sur Gênes qui cause d'immenses dommages. Le 4 mars crue de la Seine. Inondations à Haarlem, un village est complètement détruit. Le 5 mars, inondations en Espagne cause des dévastations généralisées. Tous les pays d'Europe sont touchés par des inondations. Des tempêtes de grêle touchent l'Angleterre les 31 mai et 5 juin ainsi que la France le 18 juillet. Le 6 mai, trombe sur Aberdeen. Le 19 juillet, violent tempête sur le Lac Majeur. L'été est caractérisé par une sécheresse sévère en France, Angleterre, Italie et Espagne. Entre les 5 et 11 décembre, tempêtes sur les côtes de l'Angleterre et de l'Ecosse, les côtes sont jonchées d'épaves de navires. Tempête sur l'Italie.

Anno 1785 : Le 20 janvier, inondations en Allemagne, des centaines de maisons sont détruites. La sécheresse signalée en 1784 se poursuit. Par contre, l'Europe de l'Est connait de grandes pluies. Le 10 mars, le niveau du Rhin en Suisse est très bas. Le 9 mai, la Tamise est à son niveau le plus bas en de nombreuses régions. L'Allemagne connait de grandes inondations au printemps, causées par l'Elbe et l'Oder. Le 12 juin, tempête en Angleterre. Le 22 juin, le Danube est en crue en Autriche. En Angleterre, tempêtes de grêle destructrices les 16 et 25 juin, le 11 juillet, le 12 septembre, 12 octobre et en France le 1 juillet. Bretagne : Grande sécheresse dans le Trégor. Le 5 août, tempêtes en France et sur la Prusse. Le 29 août violente tornade sur Gloucester. Les 5 et 6 septembre, ouragan sur l'Angleterre. Le 6 septembre, un raz de marée dévaste la région de La Rochelle. Le 25 septembre, nouvel ouragan en Angleterre. En automne, inondations destructrices en Ecosse. Le 1 novembre, tornade sur Nottingham. Le 19 novembre, ouragan sur Londres. Les 3 et 4 décembre, "la plus violente tempête dans la mémoire des plus anciens" souffle sur Plymouth, et touche également les côtes de France et des Pays-Bas.

Anno 1786 : Le 3 janvier, violente tempête sur la Provence. Le 4 janvier, les inondations causent des dommages immenses en Irlande. Grande tempête sur la Manche. Le 10 février violentes tempêtes sur les Pays-Bas. Le 17 juillet, tempête de grêle à Ferrara (Italie). Eté très chaud sur le Nord de la France. Les 16 août et 12 septembre, tempêtes de grêle en Angleterre. En août, violente tempête sur l'Alsace Moselle. Le 9 octobre, inondations à Exeter (GB).

Anno 1787 : En août, tempête destructrice sur plusieurs régions d'Angleterre. Le 4 août, tempête de grêle en Normandie. Le 19 août, tempête de grêle sur le nord de l'Italie. En septembre, des inondations en Navarre font 2000 morts. Le 12 novembre terrible inondation à Dublin. Décembre est exceptionnellement doux sur l'Alsace Moselle.

Anno 1788 : En février, submersion des côtes de Vendée et Charentes suite à de très violentes tempêtes. En mai et juin, fortes chaleurs sur l'Alsace Moselle, et en juillet, afflux d'air torride. Le 20 juin, dommages considérables à Londres suite à une tempête. Le 26 juin, inondations à Londres suite à des averses de pluie. En juin 1788, le bas de Guingamp (Bretagne) est noyé sous près d'un mètre d'eau à la suite des pluies torrentielles. En d’autres régions, la chaleur est intense et les blés sont échaudés. Le 11 juillet, inondations sur le nord de l'Angleterre et l'Ecosse. Le 12 juillet : orages terribles sur la France. Cultures ruinées par la grêle. Le 13 juillet, tempête de grêle sur le Cheshire. Le 13 juillet, ouragan sur le centre et le nord de la France, les Flandres et les Pays-Bas, nombreuses destructions, immenses dommages à Paris dus à la grêle. L'été est très chaud sur l'Europe. Eté caniculaire sur le Poitou. Sécheresse en Angleterre. Le 4 octobre, rupture des digues et inondation à Kirkwald (Ecosse). L'Ecosse connait "la plus grande sécheresse qu'on ait vu".

Anno 1789 : Le 29 juin, tempête sur Liverpool. Le 16 juillet, inondations sur le nord de l'Angleterre et l'Ecosse. Le 22 juillet, importante tempête de grêle sur Cambridgeshire. Le 3 août tempêtes de grêle sur plusieurs régions d' Angleterre. Le 22 août, tempête de grêle en Ecosse.

Anno 1790 : L'hiver est remarquablement doux en France. Grande chaleur et sécheresse sur l'Europe Orientale . «Le 6 juillet, avec mon régiment, j’ai pris la route, difficile en raison de la chaleur extrême... j’ai traversé la rivière Prut. Je ne crois pas qu’en traversant les déserts d’Egypte les troupes auraient souffert plus de la chaleur et du sable que l’armée russe au cours de ce voyage. Tous les régiments ont été touchés par des épidémies, qui ont tué un grand nombre de soldats ...». Sécheresse sur le nord de l'Europe à l'exception de la Suède. Eté caniculaire sur le Poitou. Le 30 juillet, tempête de grêle en Ecosse. Le 21 novembre, tempête de grêle en Angleterre. Le 23 décembre, violente tempête en Angleterre.

Anno 1791 : Le 24 janvier, une violente tempête ravage les côtes charentaises. Le 2 février, crue de la Tamise. En juin, et le 17, le 18 juillet, le 3 août, le 22 et 26 octobre, plusieurs violentes tempêtes de grêle en Angleterre. En juin, tempête de grêle en Italie. Le 17 juin, averses de neige en plusieurs parties de l'Angleterre. L'été est particulièrement chaud en France. En septembre, tempête de grêle sur la Calabre. Le 25 octobre, violente tempête sur le Kent. Le 20 novembre, inondations en Angleterre.

Anno 1792 : Le 27 janvier, tempête sur Plymouth. Le 4 avril, violente tempête sur Waterfold (Irlande). Violentes tempêtes de grêle en Angleterre les 12 avril, le 23 juin, le 17 juillet. Le 13 avril, inondations dans le Worcestershire. Le 8 juillet, inondations dans le Poitou. Le 16 juillet, tempête sur le nord de l'Angleterre. Le sud de la France connait des pluies continuelles, des brouillards pestilentiels, et des tempêtes dans "une grande agitation de l'atmosphère". En août inondations dans le Lancashire. La nuit du 6 décembre sera parmi les plus tempêtueuses d'Angleterre.

Anno 1793 : Le 2 mars, violente tempête sur l' Angleterre. En France, un printemps froid et pluvieux est soudainement suivi par un été très chaud et grande sécheresse. Les grandes chaleurs commencèrent à Paris le 1er juillet ; Pendant tout le mois, le thermomètre se balança, de 30 à 40°c au milieu du jour, et 25° à 26° la nuit. Ces grandes chaleurs ont été très sèches, quoique entrecoupées de violents orages, de tempêtes et d'averses de grêle dévastatrices les 1 et 2 mai, 8,9,10,13,17 juillet. Les objets exposés au soleil s’échauffaient à un tel degré qu’ils étaient brûlants au toucher. Des hommes et des animaux moururent asphyxiés, les légumes et les fruits furent grillés ou dévorés par les chenilles. Le vent du nord vint apporter le 7 juillet une chaleur si extraordinaire, qu’il paraissait s’exhaler d’un brasier enflammé ou de la bouche d’un four à chaux. Jusqu'à la mi-septembre, le niveau de la Seine atteignit son plus bas depuis 1719. A Vérone, en Italie,la chaleur fut si suffocante que plusieurs moissonneurs perdirent la vie dans les champs. Cette chaleur inhabituelle sévit sur toute l’Europe. Tempêtes de grêle en Angleterre les 3 et 7 août, Le 17 août, terrible tempête en France. Tremblement de terre à Nantes.

Anno 1794 : Le 16 janvier, violente tempête en Angleterre. Tempêtes de grêle en Angleterre les 3,11,12 juin, 6 juillet, 7 août. Chaleur et sécheresse sur l'europe Orientale; les puits sont taris et il s'ensuit la famine. En France, printemps et début de l'été très chauds, entrecoupés de grosses pluies, ouragans, grêles. Les 6 octobre et 2 décembre, violentes tempêtes en Angleterre.

Anno 1795 : Tempête de grêle en Angleterre le 18 mai, le 12 juin, le 5,21 août. Le 4 novembre, violente tempête en Angleterre. On note une avancée des glaciers alpins.

Anno 1796 : Hiver très doux en France et en Belgique jusque fin février. Le 7 juin, violente tempête en Angleterre. Tempête de grêle en Angleterre les 16 juin, le 5 novembre.

Anno 1797 : Le 3 janvier, inondations aux Pays Bas. Tempêtes de grêle en Angleterre le 6 mai, le 5 juin, le 5 août. On rapporte plusieurs violentes tempêtes en France.
Sécheresse persistante en Europe Orientale. Séisme dans le Roussillon.

Anno 1798 : Le printemps et l'été sont très chauds et secs dans le sud de la France, en Poitou et en Bourgogne. Le 7 novembre, une violente tempête ravage les côtes charentaises.

Anno 1799 : Le 25 janvier en Bretagne : Josselin, 6 pluviôse, an VII, — 25 janvier 1799. « Ce matin, à quatre heures moins un quart, on a éprouvé, à Josselin, une secousse violente de tremblement de terre qui a duré environ soixante-trois secondes, qui a été précédée d'an bruit souterrain semblable à celui du tonnerre et qui a paru venir du sud-sud-ouest et se prolonger à l'ouest-nord et nord-nord-est. Ce tremblement fut suivi d'une pluie très forte. Ce tremblement de terre parait avoir été général en France, suivant les papiers publics » ;
Importantes inondations en Ecosse. Le 4 février, la Seine est en crue. Le 18 mars, inondations importantes à Bath (Angleterre). Eté caniculaire sur le Poitou. Tempête de grêle en Angleterre le 16 août.

A SUIVRE

Jo Moreau


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04/09/2017

LES EVENEMENTS CLIMATIQUES EXTREMES DU PASSE (16)

climat,climat ancien,réchauffement climatique,

Suite n° 16. (anno 1750-1774)

"Le contenu de la mémoire est fonction de la vitesse de l'oubli".

Désormais, chaque inondation quelque peu catastrophique, chaque tornade, chaque anomalie météorologique est rattachée au réchauffement climatique qui parait-il nous menace, mais dont en plus l'homme serait responsable !

Pourtant, la consultation de chroniques ou récits anciens est révélatrice de précédents tout aussi apocalyptiques, et relativise la notion même de "changements climatiques", ainsi que la définition d'un "climat stable" qui n'a jamais existé mais qu'on voudrait instaurer à tout prix.

Contexte et mise en garde, voir :
http://belgotopia.blogs.lalibre.be/archive/2015/02/27/sur-les-evenements-climatiques-extremes-1-1140511.html

Les années 1700 et suivantes sont caractérisées en Europe par de très nombreuses et destructrices chutes de grêle. Lorsque des tempêtes de grêle sont renseignées, il s'agit d'averses de grêlons d'une dimension inhabituelle.


Anno 1750 : Le 16 janvier, le niveau du Rhin est au plus bas suite à la sécheresse de ces derniers mois. France : "De mémoire d'homme, on n'a vu le niveau du Rhône si bas ni depuis autant de temps". Le 30 janvier à Cork et en divers endroits d' Irlande, on observe une marée tellement haute que toutes les rues sont sous eaux. Le même jour, une tempête d'une violence inhabituelle pour la saison cause de grands dommages à Bristol et Norwich. Succession de tempêtes en Angleterre les 10, 11, 20, 25 février, 8 mars, 3, 10, 26, 30 juin Le 17 mars, la Meuse déborde. En mars, Ostende est inondée suite à une "grande violence des flots" qui est aussi la cause de naufrages. Le 14 mai séismes dans la région de Bordeaux et ressenti jusque Lourdes. Le 11 juillet, violente tempête sur l'Angleterre avec de grands dégâts sur Londres, et nouvelle succession de tempêtes les 11, 12, 13, 16, 24 juillet . En juillet, vague de chaleur sur l'Angleterre. Le 5 août, grandes pluies et inondations en Ecosse. Le 11 août, une "quantité prodigieuse" de criquets est observée en Pologne, qui dévorent fruits et cultures. Le 15 août, inondations dans le Dauphiné. Sécheresse considérable en Provence. "le bétail est incapable de se relever des pertes subies depuis plusieurs années par le dérangement des saisons". Le Rhône est si bas qu'on peut le traverser à cheval et à pied. Le 12 septembre, la chaleur est si insupportable que les habitants de Gênes ont déserté la ville pour un air plus frais à la campagne. De vastes forêts sont détruites par le feu. Le 30 novembre, violente tempête sur l'Angleterre qui cause également des submersions marines.

Anno 1751 : En janvier, crue de la Seine à Paris. Séisme et tsunami en Croatie, une île habitée est définitivement engloutie. Le 26 février, violente tempête sur l'Angleterre et l'Irlande qui cause de nombreux dommages. Autres tempêtes les 27 février, 21 avril, 20 mai. Le 7 mars, importante tempête sur Nantes, on compte 66 naufrages et la mort de 800 marins. Du 14 au 15 mars, une violente tempête ravagea la Bretagne .163 jours de pluie sur les Pays-Bas. La saison est généralement pluvieuse et humide. Eté caniculaire sur le Poitou. La sécheresse est intense sur le sud de la France. Le 30 août, crue de l'Elbe à Hambourg. Le 21 novembre, les pluies abondantes causent de nombreuses inondations en Angleterre. Le 8 décembre, ouragan sur Cadix, naufrage de 100 navires.

Anno 1752 : Le 14 janvier, tempête sur l'Angleterre. Autres tempêtes sur ce pays les 23 janvier, 18 février, 20 juillet. Violente tempête en Ecosse qui dure 3 jours à la mi-janvier. Le 15 janvier à Cadix, "le pire ouragan qu'on ait jamais vu" (confusion avec le 08/12/1751 chgt de calendrier ?) Le 8 mars, tempête sur Dublin (Irlande) suivie d'autres tempêtes les 22 et 30 mars, 14 et 26 août, 1, 19 septembre pendant 3 jours, 10 et 11 octobre, 4, 8, 10 novembre, 12, 14, 18, 19, 23 et 26 décembre. Violente tempête et nombreux dégâts sur l'Angleterre le 15 mars. Le 5 mai, 4 tornades sur le Lincolnshire. Le 29 juin, violente tempête sur Bristol. L'été est frais et humide à Londres, par contre, octobre y est chaud et sec. Les 25 et 26 août, violentes tempêtes sur le Kent et le nord-est de l'Angleterre, d'une violence telle que "les plus anciens ne s'en souviennent". En septembre, de grandes quantités de pluie causent la crue du Danube et "d'incroyables dommages", aussi en Allemagne et en Tchéquie par la crue de la Moldau. Les 2 et 3 novembre, ouragan sur St Petersbourg et de grandes parties de l' empire. Le 10 novembre, ouragan sur le Danemark. La sécheresse persiste dans le sud de la France. Le Rhône et la Durance se traversent à gué. Le 30 décembre, inondations à Bristol.

Anno 1753 : En février, inondations en Angleterre et en Irlande, causées par des pluies abondantes. En février, on rapporte une grande sécheresse en Espagne telle qu'on n'en a connu depuis de nombreuses années. Grande sécheresse sur le Portugal en mars. Le 6 mars, marées exceptionnelles sur la Sicile, la mer est si agitée qu'elle passe par-dessus les digues. Le 22 mars, marée exceptionnelle en Angleterre. Le 04 avril, ouragan et submersion des côtes région de l'île de Ré. Le 31 mai, ouragan sur Rome accompagné de grêle. Le nord de la France est affecté par une vague de chaleur et sécheresse de mai à début août, interrompue temporairement par de légères pluies, mais la sécheresse reprend ensuite jusque novembre. Dans le sud de la France règne un des étés les plus chaud du 18e siècle. Le 9 juillet, tornade en Pologne. Le pays est également affecté par une invasion de criquets. En août, inondations en Irlande. Le Rhin déborde en Allemagne et aux Pays-Bas. En décembre, nombreuses tempêtes sur le Danemark. Inondations aux Pays-Bas. Le 22 décembre, grandes inondations sur le pays de Liège, telles que de grandes étendues du pays sont sous eau. Nouvelles inondations en Allemagne, causant 'd'incroyables dommages'.
L'année 1753 fut également caractérisée par un nombre inhabituel de grands incendies causés par la chaleur et la sécheresse à travers toute l'Europe, qui réduisirent de nombreuses cités en cendres.

Anno 1754 : En janvier, importantes inondations dans la région de Brême. Inondations destructrices également et tempêtes en Irlande, telles "qu'on ne s'en souvient". Les inondations affectent aussi les Pays-Bas. En mars, violentes tempêtes en Espagne. Le 16 mai, tempête et inondations en Allemagne. Le 14 juin, 'terrifiante" averse de grêle sur le pays de Galles, suivie d'averses de pluie causant une importante inondation. Autres inondations et tempêtes en Angleterre les 16 et 28 juillet, 12 août, 29 octobre, 5, 7 et 9 novembre, 12, 13,20 et 31 décembre. L'année est très sèche en France, principalement à la fin de l'hiver et au printemps, la Seine est pratiquement au niveau atteint en 1719. Le 26 août, tempête et inondations sur l'Allemagne.

Anno 1755 : En janvier, inondations en Alsace. Tempêtes et inondations en Angleterre les 17 mai, 10 juin, 5 et 7 juillet. 1 et 29 septembre. Grande sécheresse en Europe Orientale. Des tempêtes et un séisme désolent la Provence.
Séisme dans le Valais. Eté très chaud dans la région de Toulouse., Important tremblement de terre à Lisbonne suivi d'un raz de marée. 60.000 morts. Le tsunami qui s'ensuit est ressenti jusque sur les côtes de Flandre. Nombreux séismes sous-marins en Europe. En octobre, tempête et inondations dans le Piedmont. Le 27 décembre, séisme en Rhénanie et en Belgique orientale. Le Rhône atteint un niveau "jamais vu", toute la région de Arles est sous eau.

Anno 1756 : L'année est caractérisée par de nombreuses inondations. Tempêtes et inondations en Angleterre les 10 et 13 janvier (ouragans), 20 avril, 27 juin; en Irlande les 19 janvier, 11 février; en Ecosse en février (des phénomènes "terrifiants"). Grande tempête en Alsace. Le 18 février, séisme en Rhénanie et en Belgique orientale, également ressenti à Paris. En avril, gigantesque glissement de terrain en Norvège. Tempête sur l'île de Minorque.Grandes chaleurs en juin sur l'Allemagne. Le printemps et l'été sont froids en France. Le 16 juin, "quantité extraordinaire de grêle d'une grosseur prodigieuse" sur le Poitou. nombreuses inondations en novembre. Le 17 Août, "la plus terrible tornade qu'on ait vue en Europe" fait de grandes destructions et des morts à Padoue. Le 6 octobre, ouragan sur l'Angleterre, l'Irlande et les Pays-Bas. L' hiver 1756 - 1757 est particulièrement doux en Belgique.

Anno 1757 : En février, nombreuses inondations en France, les crues sont si violentes qu'en Artois, hommes femmes et enfants sont emportés par les flots. En Angleterre, tempêtes et inondations les 6 mars (ouragan), 13 juillet, 15 août; en Ecosse le 6 février; en Irlande le 3 novembre. Le 3 mars, tempête sur Brest. Le 1 avril, ouragan sur la France. En été en France, sécheresse extrème qui crevasse profondément la terre, fait tomber les feuilles des arbres comme en automne, dessèche les raisins et ruine la vendange. Sécheresse sévère sur le Nord de la France. Eté très chaud sur l'Allemagne et l'Angleterre. Le 29 octobre ouragan sur l'île de Malte.

Anno 1758 : En juillet, inondations à Londres. Climat particulièrement doux en Ecosse. Le climat est humide, froid et variable sur le Sud de la France. Fortes inondations dans le Bas Rhin. Durant tout l'été, pluies abondantes sur la Suisse. Le 8 octobre, ouragan sur la Manche.

Anno 1759 : Dans le sud de la France, "l'hiver fut un printemps continuel". Le 10 mars, une violente tempête sur la Cornouaille cause "d'incroyables dommages aux navires et aux bâtiments". De très violents orages sont observés durant l'été. Eté très chaud en France. Le 1 juillet, violente tempête sur le Danemark. Séisme dans le Bordelais. Le 23 août, séisme en Rhénanie. 5 mois de sécheresse en Alsace Moselle.

Anno 1760 : Le 20 janvier, séisme en Rhénanie et en Belgique orientale. Le 27 janvier, la rupture des digues du Rhin cause d'importantes inondations en Allemagne et aux Pays-Bas. Le 15 février, ouragan sur Londres. Le 22 mai, violente tempête sur l' Allemagne. En été, nombreuses averses de grêle sur l'Angleterre et la France. Eté caniculaire sur le Poitou. Le 19 septembre, des trombes d'eau causent d'importantes inondations en Angleterre. En octobre, importantes inondations en Allemagne. Aux Pays-Bas, on dénombre 300 naufrages dûs à différentes tempêtes du 29 septembre au 31 décembre. Le 5 décembre, tempête sur les côtes anglaises. Séisme à Calais (date ?)

Anno 1761 : Le 1 janvier, ouragan sur Leeds. Sur l'année, pluies abondantes et inondations en Angleterre et en Irlande et sur le sud de l'Europe. Le 31 mars, plusieurs séismes sont ressentis à Cork (Irlande), à Madrid et les côtes espagnoles, à Bayonne, Bordeaux, Amsterdam, Lisbonne, les îles Canaries et les Açores. Le 8 avril, ouragan sur le sud de la France. En juin, août et septembre, averses de grêle destructrices en Angleterre. Eté chaud en France. Le 20 novembre, ouragan sur Londres.

Anno 1762 : En janvier et février, inondations en Angleterre, à Lisbonne et en Espagne. En mai, inondations en France. Inondation catastrophique aux environs de Tarascon. Juillet et automne très beau et très chaud en France. Chaleur excessive dans le sud de la France et sécheresse "extraordinaire". Le 21 octobre, inondations à Dublin.

Anno 1763 : En Angleterre et en Irlande, et plus généralement sur toute l'Europe, année remarquable par les inondations et les hautes eaux, "telles que les plus anciens n'en avait jamais vues". Nouvelle abondance de chutes de grêle, en France également. Le 1 février, ouragan et submersion des côtes dans la région des sables d'Olone. Le 26 février, ouragan sur le Worcestershire. En août, températures très élevées sur la France et la Belgique. Sécheresse excessive sur le sud de la France. 16 octobre - Séisme à Prats de Mollo."vers les 3 heures du matin, il se produisit un tremblement de terre au Canigou « Il y eut de tels écroulements de rochers que les vallées en furent obstruées ; en sorte que les fortes pluies qui suivirent le même jour provoquèrent une terrible inondation, pendant que soufflait un vent impétueux d'Orient. Des maisons furent détruites, des passerelles emportées, ainsi que du bétail. Douze personnes furent noyées. » . Les 16 et 17 octobre, grandes inondations dans le Roussillon, faisant des dizaines de morts.

Anno 1764 : En janvier, grandes inondations en plusieurs endroits d'Irlande. L'année est à nouveau caractérisée par de nombreuses tempêtes de grêle dévastatrices en Angleterre, en France et en Allemagne. En été, vague de chaleur sur la France, la Suisse et la Belgique. Le 15 novembre, crue de la Seine à Paris.

Anno 1765 : L'hiver est modéré sur l'Europe, et particulièrement doux en Italie. Ensuite, nombreuses pluies, averses de grêle et inondations sur l'Europe et l'Irlande.
En été, très forte canicule sur l' Europe, en août on relève +40°C en France.

Anno 1766 : Le 30 janvier, violente tempête de grêle sur Gibraltar, suivie le 3 février par une tempête destructrice. Les 14 et 15 février, grande tempête en Angleterre. Nouvelles tempêtes de grêle les 10, 13, 17 juillet en Angleterre. Le 21 juillet, ouragan sur Verdun où 12 morts sont décomptés. Inondations en Alsace Moselle. Des températures exceptionnelles sont constatées par endroit en France. Par contre, le sud de la France connait en automne des tempêtes et de grandes averses de pluie. Grandes inondations dans le Roussillon.

Anno 1767 : En janvier, marée très importante en Angleterre; en Essex, plusieurs îles sont submergées; dans le Suffolk, la mer arrive aux fenêtres des maisons. En février, de nombreuses rivières débordent en Angleterre, en Irlande et en Ecosse. Le 7 avril , tremblement de terre à Nantes à une heure du matin. Le 8 avril, grande tempête en Provence. Nouvelles averses de grêle destructrices en Europe.Après un froid rigoureux, la chaleur ne revient qu'en mai; elle est extrême jusqu'en septembre. On relève +39°C les 25 Juin, 20 Juillet, 9, 10, 14 Août. Certainement l'un des étés les plus chaud du siècle en France, car Mai et Septembre furent également chauds. Le niveau de la Seine est au plus bas à Paris. Inondations en Juin, Octobre et Novembre.

Anno 1768 : De juin à octobre, nombreuses averses de grêle en Europe, avec des grêlons aussi gros que des oeufs. Cette année et suivantes, "quantité prodigieuse de sauterelles" dans le sud de la France. En septembre importantes inondations en Ecosse

Anno 1769 : Séisme dans le Vaucluse. L'été est frais en France.

Anno 1770 : Le 22 juin en Bretagne : Secousses dans la région de Dol. Le marais est subitement envahi par les eaux. L'été est froid en France. Inondations catastrophiques sur le flanc nord des Pyrénées, de l' Ariège, du Piémont, cataloguées comme une des pires inondations de l'histoire. Inondations en Seine et Marne. En novembre, inondations meurtrières à Coventry.

Anno 1771 : Le 2 février, violente tempête sur le nord-ouest de l'Angleterre. Inondations sur le nord de l'Angleterre. En été, grandes chaleurs et absence de vent en Provence. Le 1 août, "incroyables destructions" suite à une inondation aux environs de Hambourg. Grands dommages dans la région de Namur suite à des averses de grêle, certains grêlons ont un poids de 3,6 kgs.

Anno 1772 : "Il y eut de fréquentes innondations pendant l'hivers, les maladies putrides continuèrent leurs ravages". Fréquentes averses de grêle destructrices sur plusieurs pays d'Europe. Le 21 août, le niveau de la Tamise est si bas qu'on peut la traverser à pied. Grandes inondations en Ariège. Séisme dans le Poitou. En France et plus généralement en Europe, de grandes chaleurs débutent en juin jusque septembre. Sécheresse sur plusieurs régions. L'été est torride sur la Provence, avec une absence de vent, mais entrecoupé d'averses violentes. Le 7 septembre, importantes inondations dans l'ouest de l'Ecosse. Le 25 septembre, tempête sur Londres. Le 25 décembre, séisme à Prats de Mollo. "... à 5 heures du matin, la terre trembla. Des maisons furent lézardées et sérieusement endommagées. Ce tremblement fit tarir les sources".

de 1773 à 1784, succession d'étés très chauds en France, en Angleterre, en Suède, aux Pays Bas.

Anno 1773 : Le 26 février, ouragan sur l'Angleterre. En mars, tempête sur l'Angleterre et la France. Torrents de pluie sur l'Irlande. En mai, violentes chutes de grêle en Lorraine. Canicule en août. A Paris on relève 39,4° en août . Le 18 août en Bretagne, un orage terrible, accompagné de tonnerre et suivi, selon Habasque, d'un tremblement de terre provoque la rupture de la chaussée de l'étang du Minihy près de Châtelaudren. Le Leff déborde. A Saint-Brieuc, le même orage emporte un pont de pierres élevé en 1756 par le duc d'Aiguillon. Sécheresse et chaleur excessive dans le sud de la France. Séisme dans le Dauphiné. Le 16 octobre, ouragan sur Oxford. Le 10 novembre, inondations catastrophiques à Venise et Naples. Le 15 novembre, inondation à Anvers. Le mois de décembre est particulièrement doux en Alsace Moselle.

Anno 1774 : Le 9 mars, importantes inondations dans la région de Londres. En mai, violentes tempêtes sur la Saxe. Nouvelles averses de grêle qui ravagent des régions anglaises et françaises. Chaleurs insupportables dans le sud de la France. En Angleterre, fréquentes violentes tempêtes en septembre, novembre et en décembre. Le 28 septembre, violente tempête en Méditérrannée.

Jo Moreau

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01/08/2017

ISTVAN MARKO : UNE PERTE IMMENSE.

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J'ai eu l'immense honneur et le plaisir de côtoyer à de multiples reprises le Professeur Istvàn Marko.

C'était vraiment une personnalité exceptionnelle, tant sur le plan humain que scientifique. Sa disparition inopinée laisse un vide profond, et un grand désarroi parmi ceux qui l'ont connu. Samuel Furfari vient de parfaitement le décrire, voici un extrait :

"Homme bon, sa grandeur d'âme qui se déclinait dans la simplicité, la joie et l'amitié. Jamais la grosse tête et toujours le mot pour rire. (...) Homme de conviction, il ne s’embarrassait jamais d’apparaître comme politiquement correct. Il disait les faits tels qu'ils sont que cela plaise ou non. (...) Il est ainsi devenu la référence du climato-réalisme en Belgique et ailleurs ce qui lui a valu bien des inimitiés et des coups bas mais aussi la reconnaissance et l'admiration de tant d'autres. Pas besoin d'être climatologue pour interpréter un graphique disait-il. Si le graphique montre une chose il faut l'admettre que l'on soit ou non climatologue. Il savait aller dénicher les interprétations erronées et les présentaient avec pédagogie. (...) Istvan Marko restera un exemple pour ceux qui ne se contentent pas du politiquement correct. Rencontrer un tel homme scientifique, humble, rigoureux, compétent, respectant les étudiants, simple et jovial est exceptionnellement rare. Il était un vrai libre-exaministe".

Une réaction de chimie organique porte son nom. Il a été le président de l'European Chemical Society. Il enseignait la chimie organique à l'Université Catholique de Louvain, et également en Chine.

Je compte reprendre un maximum d'articles le concernant, malheureusement des circonstances familiales m' empêcheront une certaine continuité.

Voici le premier billet que je lui consacrais en janvier 2012. 

Il y a peu, je vous conseillais un lien vers une interview accordée par un professeur de l‘Université de Louvain-la-Neuve au média informatique Contrepoints. Cette interview iconoclaste dans le paysage médiatique belge, n’y eut -à ma connaissance- aucun écho. Je la reprends in-extenso ici.

Jo Moreau

 

Chimiste de renommée mondiale, István Markó a pour collègue universitaire le vice-président du GIEC. Cela ne l’empêche pas d’être en désaccord total avec lui sur la question des changements climatiques. A l’heure où le sommet de Durban se solde par un échec cinglant, Contrepoints a rencontré ce chercheur atypique dans le paysage universitaire belge.

Le 27 janvier 2011 à Bruxelles, István Markó était invité à débattredes changements climatiques avec Jean-Pascal van Ypersele, vice-président du GIEC. À l’entame du débat, le public est prié de répondre à ces deux questions : « Le réchauffement climatique est-il vraiment en train de se produire ? » et « Si c’est le cas, est-ce dû principalement aux activités humaines ? ». Une majorité de « oui » sanctionnèrent ces deux questions. Mais, après le débat, la proportion de sceptiques s’inversa. Les arguments du Pr Markó semblaient avoir conquis une grande partie du public. Depuis ce jour, Jean-Pascal van Ypersele refuse de débattre publiquement avec son collègue de l’UCL.

Docteur en chimie et professeur à l’UCL,, István Markó remet les pendules à l’heure, au moment où le sommet de Durban se solde par un échec. « Nous ne savons que peu de choses du climat terrestre, et les déclarations du GIEC sont utilisées dans un but politique ».

CP - Le Japon, le Canada, la Russie n’envisagent pas de prolonger le protocole de Kyoto. Les USA ne l’ont jamais fait. Est-ce que cela signifie qu’on va assister, à Durban, à un enterrement de première classe du protocole de Kyoto ?

IM - Il faut s’attendre à ce qu’on n’aille pas très loin. Le réalisme, une fois encore, l’emportera sur le dogmatisme. Prenez l’exemple de l’Allemagne : le gouvernement quitte le nucléaire sous la pression des Verts. Or, le nucléaire reste à ce jour la seule source capable de générer de l’électricité abondante et à cout compétitif à l'exception de l'hydro-électricité sans produire de CO2. Lorsqu’on quitte le nucléaire, on devient dépendant des autres pays. Le coût de l’électricité augmente pour le citoyen. De plus, les éoliennes et les autres sources d’énergie renouvelables ne sont pas capables de produire assez d’électricité pour couvrir la consommation. Il faut donc retourner à des centrales au charbon ou au gaz.

Je ne peux pas concevoir qu’un pays comme l’Allemagne ne construise pas en parallèle un système basé sur le gaz ou le charbon. Donc, qu’il en soit amené inévitablement à générer plus de CO2. Pourquoi, dès lors, l’Allemagne prolongerait-elle le protocole de Kyoto ? La Grande-Bretagne est en train de faire la même chose… Sans subventions étatiques, il est impossible d’être compétitif dans le domaine des énergies renouvelables. Or, avec la crise économique, les primes sont supprimées, voyez ce qu’on a fait en Belgique. Dans une écrasante partie du monde, les gouvernements se rendent enfin compte que les objectifs de Kyoto, en plus d’être inatteignables, sont extrêmement coûteux. En ces temps de crise de la dette, je me demande encore pourquoi l’Union européenne seule continue à pousser vers de nouveaux accords contraignants.

- Quel est votre principal grief, envers le débat actuel sur le réchauffement climatique ?

- C’est qu’on mélange allègrement deux aspects: un aspect purement scientifique (y a-t-il réchauffement ? est-il dû à l’activité humaine ?) et un aspect « politique » (que fait-on ? quitter le nucléaire ? diminuer la quantité de CO2 dans l’atmosphère ?, etc.) Chacun de ces aspects doit être traité séparément. Or, en ce qui concerne la partie scientifique, on est très loin d’avoir une réponse, après plus de 20 ans de recherche, à la question principale, notamment le rôle des émissions de CO2 des combustibles fossiles dans le réchauffement climatique On ne fait que découvrir l’influence des phénomènes naturels sur le climat. Voyez l’expérience CLOUD faite par le CERN à Genève. Il n’y a aucune certitude vu la complexité du problème et des processus en jeu. Des paramètres particulièrement importants sont quasiment ignorés (par exemple, l’effet de serre du à la vapeur d’eau, notamment à travers les nuages…, la contribution du CO2 volcanique). Nous sommes clairement dans un système physicochimique chaotique et créer des modèles de projection, à notre niveau de connaissance actuel, n’a pas beaucoup de sens et induit tout le monde en erreur.

Surtout, affirmer que le taux de CO2 augmente la température du globe, est erroné.

La hausse de température précède l’augmentation du taux de CO2, comme cela a été mis en évidence dans les glaces de Vostock, datées de 240000 années ainsi que dans les données récentes du XXème siècle (Keeling). Le problème est l’observation (via des preuves indirectes) d’une augmentation de la température moyenne du globe. Dès lors, le discours officiel proclame que cette hausse provient de l’augmentation du CO2 dû à l’activité humaine. Désolé, mais aucune démonstration n’a été faite, même par le GIEC.

On est donc en droit, scientifiquement, de se demander si cela vaut la peine d’investir une telle quantité d’argent et de mettre en péril nos industries et nos sociétés, pour un résultat qu’on ne sait de toutes façons pas atteindre.

- De nouveaux e-mails de ce que l’on appelle le « Climategate » ont été dévoilés, une fois encore, à la veille d’un sommet de l’ONU sur le climat. Que nous apprennent-ils de plus que la première série, sortie juste avant Copenhague en 2009 ?

- S’agit-il ou pas d’un hasard ? Je ne le pense pas, mais je n’oserai pas m’avancer làdessus.

Par contre, que nous apprennent ces courriels volés ?

Fondamentalement, rien de neuf. Les scientifiques restent des humains. En l’occurrence, ceux du CRU [un de principaux centre de recherche climatique] paraissent malhonnêtes dans leur interprétation des choses : courbes trafiquées, effacement de données, petits arrangements pour faire croire au réchauffement inéluctable. Ce qui m’inquiète, c’est que, contrairement à la presse anglo-saxonne, cette affaire trouve peu de retentissement dans la presse européenne continentale et Belge en particulier. Est-ce volontaire ? Y a-t-il eu des pressions ?L’impact de ces courriels sur l’opinion publique reste négligeable, à l’exception des personnes qui s’informent via le Net. C’est regrettable.

- Et c’est néfaste pour le débat scientifique ?

- Absolument ! De nos jours, il y a des idées qui sont établies en dogmes. On y croit : ce n’est plus une question de science. C’est ainsi. Cela a été établi on ne sait par qui, on ne sait pas quand, mais c’est ainsi. Ces scientifiques, membres d’un grand organisme onusien, n’ont pas envie de voir mourir la poule aux oeufs d’or. Voilà pourquoi ils bloquent le débat en nous traitant, moi comme des millions d’autres à travers le monde, de « sceptiques » ou même parfois de « négationnistes ». Le pire, c’est que le monde politique et les médias y trouvent aussi leur compte. Les politiciens et les autres ont trouvé dans ces mensonges un moyen de faire admettre aux citoyens qu’il fallait vivre avec une énergie plus chère, avec une production d’énergie verte plus abondante, etc. La presse, elle, n’a jamais pris de position déontologique et de recul critique. Elle a répercuté les infos provenant du GIEC sans se poser de questions. On lit régulièrement que l’Arctique est en train de disparaître, alors que les études montrent le contraire. Idem pour les mouvements, naturels, de l’Antarctique. Mais je ne blâme pas les journalistes, même les scientifiques. Ils risquent de se heurter à une censure parfois violente, à un dénigrement.

- Quel est votre sentiment aujourd’hui ? Vous pensez que l’humanité a perdu du temps et de l’argent en se fourvoyant dans un débat volontairement tronqué ?

- Avec le temps, de plus en plus de scientifiques devraient sortir du bois. On sent que le message du GIEC passe de moins en moins bien. Notamment grâce au travail d’internautes, qui montrent comment des graphes ont été trafiqués.

Dans les cénacles académiques, beaucoup de scientifiques ont eu peur pour leur avenir. Les choses sont en train de changer. Au début, je n’y connaissais rien en chimie environnementale. C’est en m’y intéressant, en discutant avec des géologues, des physiciens,… que j’ai constaté que je n’étais pas satisfait des réponses qu’on me fournissait. La climatologie, qui est une science récente, doit encore progresser énormément dans des tas de domaines : l’étude de l’impact des fonds marins, de l’atmosphère et du soleil,… tout cela est encore incompris aujourd’hui. Le mieux, pour la science, c’est qu’on nous laisse travailler sereinement, et sans parti-pris, à l’évolution de nos connaissances et qu’on arrête de nous faire croire que "le débat est clos"..

- Qui visez-vous en particulier ?

- Tous ceux qui ont intérêt à poursuivre le martèlement publicitaire. Greenpeace, WWF et les autres vont, par exemple, s’obstiner dans leur combat idéologique. Moi, je crois qu’on va assister à un tassement de la quantité d’argent dépensé dans l’économie verte. Elle n’est pas viable, je le rappelle, sans subventions ou découvertes fondamentales majeures. Le politique va ouvrir les yeux, en raison de la crise. Le gouvernement japonais a constaté qu’il allait détruire son économie s’il continuait à subventionner l’économie verte. En Europe, on commence à se rendre compte de l’impact des mesures « vertes » sur le pouvoir d’achat des citoyens. Le fait que le nouveau gouvernement belge n'ait plus un ministre en charge du climat en dit long sur l'évolution de ces dernières années. Le problème, c’est que les recherches technologiques ne sont pas abouties. En matière photovoltaïque, par exemple, d’énormes progrès restent à faire. Mais il faut financer la recherche dans les domaines du futur. Cela veut dire demander aux politiciens d’avoir une vision à dix-quinze ans. Sur ce dernier point, je réserve toujours mon optimisme. 

 

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10/07/2017

UN DISCOURS RECURRENT : LE "CHANGEMENT CLIMATIQUE"

réchauffement climatique,climat,climat ancien,Emmanuel Garnier est historien du climat et directeur de recherche au CNRS.

Voici quelques extraits d'une étude qu'il consacra au "Sociétés méditerranéennes à l'épreuve du climat 1500-1850", extraits qui permettent de relativiser certains phénomènes météorologiques actuels. (1)

Bonne lecture !

Jo Moreau.

(...)
En revanche, l’observation effectuée sur le temps long écorne sérieusement le caractère « nouveau » de notre actuelle phase de Global Warming. En effet, deux pics thermiques se dessinent nettement, dont les niveaux rivalisent avec la crête du réchauffement en cours. Le premier correspondrait à un pas de temps compris approximativement entre 1665 et 1680 et le second, plus long, aux années 1700-1725. La première séquence est avérée dans les sources archivistiques avec des printemps et des étés plutôt ardents et à la clef, une succession de sécheresses qui se traduisent par les étiages des cours d’eau et le tarissement des fontaines publiques. Très nombreux eux aussi, les embâcles des fleuves ne doivent pas faire illusion sur la température ambiante. Dans leurs délibérations, les capitouls et consuls ne manquent pas de souligner que les eaux, à l’approche de l’hiver, sont anormalement basses. Ces faibles débits favorisaient certainement le gel du cours d’eau dès l’arrivée des premiers frimas. Les reconstructions de températures effectuées à cette occasion montrent que la température aurait augmenté de 1,8° C entre 1674 et 1684 au beau milieu du minimum de Maunder8. Plus étonnant encore, est le niveau de température atteint à la fin du xviie siècle et qui équivaudrait sensiblement à celui des années 1990. L’honnêteté intellectuelle commande néanmoins de préciser que cette poussée est de bien moindre durée que celle enregistrée par Météo France depuis 1980 (+ 1,8 °C jusqu’en 2000).
(...)

D’emblée, il convient de souligner le caractère permanent du sentiment de « changement » météorologique au cours des cinq derniers siècles. Les bases de données établies pour différentes régions de France attestent toutes, statistiques à l’appui, la certitude de nos ancêtres d’avoir assisté, à un moment ou à un autre, à un dérèglement général du climat.

Les « dérèglements du temps », que nous appellerions aujourd’hui les événements extrêmes, alimentent un discours millénariste à l’image du petit notable de Toulouse Pierre Barthès qui prétend se faire l’écho du sentiment général en matière de météorologie au tournant des années 1760. Constatant la succession des sécheresses printanières et estivales et des inondations de la Garonne en raison de précipitations automnales et hivernales toujours plus soutenues, il dénonce avec véhémence les « saisons depuis longtemps confondues », ainsi que « les monstruosités (événements extrêmes, invasion d’insectes) de toute espèce multipliées à l’infini… ». Loin du principe qui voudrait que la mémoire des anciens soit plus fiable que celle de nos contemporains, les exemples archivistiques abondent pour témoigner de la relativité de la mémoire humaine en matière climatique. Des calculs opérés à partir de la base de données méridionales montrent que l’espérance de vie moyenne d’un événement anormal, entre 1500 et 1900, est de l’ordre de 2 à 5 ans tandis que les phénomènes plus catastrophiques comme les inondations ou les sécheresses majeures survivent généralement dans les mémoires une trentaine d’années. Ce dernier pas de temps ne doit pas surprendre quand on sait que l’espérance de vie moyenne était de l’ordre de 28 ans vers 1750.
(...)


Face à ce qui fait figure de « nouveauté » dans les médias, la migration dite « climatique » est également un facteur de permanence historique. Les archives révèlent que le bassin méditerranéen fut affecté dans les années 1610-1615 par une sécheresse sans précédent dont les conséquences sociales furent largement plus dramatiques que les pires scenarii imaginés aujourd’hui. Inscrite dans la plaque de marbre des processions pro pluvia de la cathédrale d’Erice en Sicile, elle est aussi signalée dans les archives ibériques et languedociennes (Piervitali et al., 2001). Privée d’eau, la ville de Barcelone opte pour la construction de moulins à vent et exhume de ses archives des plans pour capter des sources depuis le Llobregat au moyen de coûteux canaux
(...)


Alors que l’on ne cesse de mettre en avant la vulnérabilité particulière et croissante du bassin méditerranéen à l’heure du changement climatique et d’une anthropisation galopante, en raison de son développement démographique et économique, le recours à l’expérience historique puisée au cœur des archives produites par les hommes apparaît comme une impérieuse nécessité. De facto, l’approche historique est un préalable pour qui veut prendre en compte à la fois la dimension culturelle du fait climatique et la prise en charge des risques engendrés par la nouvelle donne environnementale. Elle est à même d’évaluer plus précisément ses impacts pour déboucher sur la création d’outils d’aide à la décision dans le cadre de politiques globales de prévention et de gestion des crises futures. Les exemples développés dans cette contribution montrent à l’envi quelles incidences purent avoir les accidents climatiques du passé sur les sociétés méditerranéennes et leurs environnements. Cette réalité illustre la nécessaire sauvegarde d’une culture de la « conservation » fondée sur la capacité d’une communauté à acquérir et à développer, à travers l’histoire, la mémoire de son propre héritage en matière de survie. Sa préservation serait probablement très utile pour la création d’un système d’adaptation aux enjeux climatiques futurs.

(1) https://soe.revues.org/651

 

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05/07/2017

LA CHASSE A L' HERESIE CLIMATIQUE AU XXIe SIECLE.

climat,censure,giec,CO2,réchauffement climatique,

Frank Furedi - PhD -Professeur de Sociologie à l'Université du Kent - Auteur de plusieurs ouvrages sur la Politique de la Peur - est un sociologue qui explore les réactions de notre société face à la peur, le risque et l'inconnu. Il pose la question : la persécution de la dissidence est-elle un danger pour la démocratie, la liberté et la vérité elle-même ? Il traite du déni appliqué notamment au débat climatique, alors que les GIECosceptiques sont traités de "deniers" outre Atlantique, ou de "négationnistes" dans nos belles contrées.

Voici de larges extraits de son texte (1), dans une traduction "maison".

Bonne lecture,

Jo Moreau.


La société contemporaine est plus à l'aise avec des valeurs floues plutôt qu'avec une seule valeur à laquelle chacun pourrait adhérer. Au lieu de LA vérité, la société préfère une interprétation sur LES vérités. La célébration du non-jugement et de la différence peut être interprétée comme une tentative d'éviter d'avoir à poser des jugements moraux. Les éducateurs informent constamment les étudiants universitaires - en particulier dans les sciences sociales et humaines - qu'il n'existe ni réponse exacte ni erronée. Au lieu d'un code moral explicite, la société occidentale cherche à contrôler le comportement à travers une rhétorique diffuse qui évite de prendre position face à des questions existentielles fondamentales.

Paradoxalement, l'absence de clarté morale encourage le développement de comportements intolérants. Dans un monde où les moralistes professent la difficulté de distinguer clairement le bien du mal, il est important qu'une frontière soit tracée entre un comportement acceptable et inacceptable. L'Holocauste a été extrait de son tragique contexte historique, et transformé en une métaphore générique du mal. La pollution de l'environnement est associée à une représentation très visuelle de la dépravation morale. La découverte de nouveaux tabous fait partie du travail des chasseurs d'hérésie aujourd'hui. Les très rares exemples de mal indiscutable - la pédophilie, l'Holocauste, la pollution - sont constamment mis en évidence pour cibler les actes de transgression morale potentielle.

Au cours des deux décennies de ce 21e siècle, l'acte de déni est devenu la caractéristique la plus assimilée à l' hérésie .

La stigmatisation du déni a dépassé le domaine des controverses historiques entourant les actes de génocide, à d'autres sujets de débat. Le déni a acquis le statut d'un blasphème qui peut s'appliquer à diverses controverses. Un adversaire des climato-sceptiques constate que les formulations «changement climatique »,« réchauffement climatique », « impacts humains » contiennent en eux-même une forme de déni (dans le sens où elles admettraient des causes naturelles plutôt que l'exclusive responsabilité humaine).

Il semble que les croisés de la morale, dénonçant l'acte de déni à l'occasion de sujets de plus en plus diversifiés, ne peuvent plus le différencier d'une divergence d'opinion. L'inflation rhétorique des conséquences du déni est éclairée par le désir de construire une idéologie plausible du mal. Le terme même «déni» implique que ce qui est en jeu est le statut de la vérité. Ceux qui nient refusent délibérément de reconnaître la vérité évidente, ce qui les exclut d'avoir voix au chapitre.

Malheureusement, ne pas accepter une sagesse révélée est souvent interprété non pas comme un désaccord, mais comme un acte de déni - et avec la stigmatisation du déni, cette accusation a acquis la forme d'un blasphème laïc. La revue "Nature" a justifié ainsi son rejet d' un livre écrit par un auteur sceptique sur la pensée écologiste dominante : "Le texte emploit la stratégie de ceux qui, par exemple, font valoir que les homosexuels ne meurent pas du sida, que les juifs n'ont pas été sélectionnés par les nazis pour l'extermination, et ainsi de suite." La suggestion selon laquelle il existe une stratégie commune du déni utilisé dans ces trois problèmes à forte charge émotive trahit l'imagination conspirative des chasseurs d'hérésie.

La stigmatisation du déni est une ouverture vers une demande de censure, tendant à réduire au silence toute personne qui émet des doutes quant à la représentation catastrophique du changement climatique. De tels sceptiques sont fréquemment stigmatisés comme «deniers du réchauffement de la planète» et leur comportement est souvent comparé à celui des négationnistes antisémites de l'Holocauste. Certains avocats de la cause prônent une politique de tolérance zéro sur la justification de leur croisade: l'argumentaire utilisé pour condamner l'hérétique fait généralement appel à une autorité sacrée qui ne doit pas être remise en cause. Selon ce modèle, la «preuve écrasante» sert d'équivalent à la vérité religieuse révélée et ceux qui osent interpeller les «scientifiques de réputation incontestée» - c'est-à-dire une nouvelle caste sacerdotale - sont coupables de blasphème.

Les chasseurs d'hérésie qui accusent leurs adversaires d'un "déni écologique" préviennent également que «le temps pour disserter est révolu». Il semble que le déni écologique ou le refus d'adopter un discours écologique soit le préalable à une longue liste de «crimes écologiques». Ceux qui combattent la nouvelle hérésie ne peuvent souvent pas résister à la tentation de refuser tout débat. Certains prétendent que, comme les négateurs de l'Holocauste, ceux qui refusent d'avaliser le récit sacré sur le réchauffement climatique devraient simplement être réduits au silence dans les médias. "Il arrive un moment dans le journalisme où la recherche d'équilibre devient irresponsable", affirme Scott Pelley, journaliste de CBS, en justifiant cette censure orientée. De ce point de vue liberticide, les médias ont la responsabilité de réduire au silence les deniers du réchauffement planétaire par tous les moyens nécessaires.

Les combattants du déni ne se contentent pas seulement de réduire leurs adversaires au silence. Dans la tradition de la chasse à l'hérésie, ils veulent aussi infliger des châtiments à ceux qui nient la vraie vérité.

Le journaliste australien Margo Kingston a écrit "David Irving a été arrêté en Autriche pour déni de l'Holocauste" peut-être "y a-t-il lieu de faire en sorte que le déni du changement climatique soit une infraction". Pourquoi? Parce que c'est un «crime contre l'humanité, après tout». David Roberts, un journaliste du magazine en ligne Grist , voudrait également voir les climato-sceptiques poursuivis au même titre que les criminels de guerre nazis. Avec le ton au vitriol caractéristique des inquisiteurs dogmatiques, il note que «nous devrions avoir des procès pour crimes de guerre pour ces bâtards», en ajoutant «une sorte de Nüremberg du climat».

Les arguments utilisés par les inquisiteurs dogmatiques suggèrent que le déni constituait l'arme employée par la religion traditionnelle pour classer des idées immorales ou dangereuses. Il y a longtemps, les théocrates se sont rendus compte que l'autorité de leur système de croyance serait renforcée si elle s'appuyait sur le fait que « Dieu punit l'impiété ». En outre, ils doivent également être punis en raison de l'impact néfaste que leur blasphème a sur les autres. Les inquisiteurs d'aujourd'hui ont adopté un point de vue semblable et insistent pour que, puisque les gens doivent être protégés contre l'incrédulité, sa répression constitue un comportement responsable.

(1) https://iainews.iai.tv/articles/21st-century-heresy-hunting-auid-491

 

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