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05/10/2010

LE MECHANT BART LACHE LES GENTILS FRANCOPHONES

Divine surprise : le méchant Bart De Wever n’est pas le sauveur de la Belgique de papa, à la grande déception de ceux qui croyaient encore pouvoir trouver un nouvel emballage (tricolore) à un contenu pratiquement inchangé.

Une nouvelle fois, les francophones ont démontré leur formidable propension à ne rien voir, ne rien entendre et ne rien comprendre à ce qui vient de Flandre. Ils sont brusquement d’accord de tout négocier, à condition de ne garantir aucun changement. Il aurait pourtant suffit de jeter un coup d’œil sur le programme de la NVA, de la liste De Decker ou celui du Vlaams Belang, rassemblant à eux trois environ 50% de l’électorat flamand, sans compter les autonomistes à des degrés divers se retrouvant dans les partis plus traditionnels, pour réaliser le sentiment profond soufflant de l’autre côté de la frontière linguistique : les Flamands nous trouvent bien gentils, mais sont aujourd’hui impatients de nous larguer politiquement, et surtout financièrement. Et un récent sondage montre que les Bruxellois ne sont pas très éloignés d’un sentiment identique.

Que cela soit injuste, triste, révoltant, tout ce que vous voulez, n’a aucune importance dans ce débat : seule compte la réalité des choses.

Et là, nos politiciens ont démontré depuis de nombreuses années leur incapacité fondamentale à gouverner, ce qui, chacun le sait, signifie prévoir.

La démarche du MR me semble la meilleure : que voulons-nous encore gérer ensemble, dans la mesure où le séparatisme pur et simple semble soulever des difficultés légales pratiquement insurmontables dans le cadre international actuel. (Sans toutefois que je sois convaincu de leur capacité à négocier un accord de cette envergure).

L’unique solution consiste en un modèle confédéral, soit un pays composé de régions-états disposant d’une large autonomie, où seules quelques compétences sont laissées à l’Etat central Belgique, telles que la politique étrangère, la défense, la banque centrale aussi chargée de la gestion de la dette, un tronc commun minimum de sécurité sociale et quelques coquilles indispensables au niveau international.

Cela est la seule voie possible, et il faut vraiment être aveugle pour le nier. Je défends (parmi d’autres) cette issue depuis longtemps maintenant, et le monde politique francophone a eu à plusieurs reprises la possibilité de reprendre l’initiative en défendant cette thèse, mais il a malheureusement loupé cette occasion comme il en a loupé beaucoup d’autres. Evidemment, remettre en question la gestion (ou plutôt l’a-gestion) d’une Wallonie accrochée à un système réactionnaire dépendant des largesses de tiers risquait de déstabiliser un système de baronnies installé depuis des décennies.

Même si un accord miraculeux devait voir le jour, il est évident qu’il ne sera que transitoire s’il persiste à ne pas prendre en compte cette volonté flamande d’autonomie. Et aussitôt conclu, cet accord communautaire bancal sera remis en question. Ne pas le discerner est criminel pour le pays en général et pour la communauté francophone en particulier.

Pourtant, l’autonomie serait un électrochoc nécessaire pour la Wallonie, à condition d’avoir un cadre politique à même de concevoir un avenir dans cette perspective, et dont la première tâche serait de mettre un terme aux dépenses faramineuses englouties par une administration pléthorique, et des subventions tous azimuts en faveur de structures aux objectifs plus que fumeux.

Et là, de quelque côté que l’on regarde, ce n’est pas gagné…

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Jo Moreau

18:49 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire, confédération | |  Facebook |