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19/01/2012

L'EUROPE ET LA GRANDE PEUR.

Il fut un temps où chaque catastrophe engendrée par une nouvelle invention induisait des recherches sur les causes du dysfonctionnement, et débouchait sur les perfectionnements et les modifications permettant de les éviter, ou du moins d’en atténuer les conséquences.

Les premiers chemins de fer furent la cause de multiples catastrophes entraînant la mort de nombreux passagers. Déjà à l’époque, les médias se déchaînèrent contre cette « invention du diable » qui affolait les troupeaux. Mais heureusement, les responsables politiques et les industriels ne remirent nullement en cause ce formidable outil de développement.

Que dire de l’application du gaz de houille, au début du XIXe siècle, d’abord nauséabond et dangereux à l’usage, au vu de ses composants très toxiques. Il était produit dans des « usines à gaz », à proximité immédiate des villes dont il éclairait les nuits. Après de multiples améliorations, il fut dans l’après-guerre remplacé par le gaz naturel que nous connaissons aujourd’hui, nettement plus sécurisant. Mais à aucun moment, le principe même de l’usage du gaz ne fut remis en question.

Les premiers avions à réaction commerciaux furent également un dramatique échec. Mais les progrès technologiques découlant de l’étude des épaves des De Havilland « Comet » britanniques qui s’écrasaient permirent ensuite la mise en service de « jets » plus sûrs et plus performants.

On pourrait ainsi multiplier les exemples, car le chemin qui mena au bien-être et aux facilités dont nous jouissons chaque jour fut balisé d’erreurs, d’errements, d’approximations peu à peu rectifiées et faisant l’objet d’évolutions constantes.

Mais aujourd’hui, l’Europe a peur, une peur quasi-religieuse et obsessionnelle de l’apocalypse annoncée par des prédicateurs d‘une nouvelle Eglise, et cette peur paralyse de plus en plus les différents vecteurs de son dynamisme et de son développement.

Le nucléaire qui nous menace tous, un réchauffement climatique catastrophique provoqué par les activités humaines, des OGM qui nous promettent des mutations monstrueuses, une pollution qui nous étouffe lentement, des gaz de schiste dont l’exploitation va bouleverser notre environnement, des micro-ondes qui nous cuisent à petit feu et j‘en passe. Plutôt que pousser la recherche et débattre sereinement des problèmes pour trouver des solutions, l’Europe, fatiguée de tout et surtout d’elle-même, préfère le renoncement scientifique, politique, économique, moral et culturel.

Nous assistons à une capitulation sur tous les fronts dans un pathétique remake hollywoodien de la chute de l‘empire romain.

Heureusement, on a inventé le merveilleux et hyper-populiste « principe de précaution », destiné à préserver nos malheureuses populations de toutes ces inventions du diable et des innombrables catastrophes qui en sont les conséquences inévitables. Et qui permet au monde politique de surfer sur la vague électoralement rentable de la sécurité à tout prix. Si certaines recherches fondamentales se poursuivent malgré tout, c’est presque honteusement et en toute discrétion.

Et pendant que la Chine prépare la conquête de l’espace avec de nouveaux véhicules spatiaux, l’ Europe a construit une avionnette propulsée à l’énergie solaire. Avant de redécouvrir le cerf-volant ? A chacun ses ambitions.

Minuscule Europe sur une carte du monde, que ses renoncements frileux ne pourront cependant protéger des pseudo-dangers qu‘elle redoute tant, entraînée dans un rêve d’avènement d’une société pastorale confraternelle et angélique, nourrie au fromage de chèvre. Un fantasme qui n’aura d’autre issue qu’une paupérisation dramatique de ses populations, et une soumission totale aux autres puissances émergentes partout dans le monde.

Des sociétés qui fondent l’espoir de leur développement sur la confiance en la science pour maîtriser les errances des nouvelles technologies, mais certainement pas sur leur interdiction.

Comme le fit l’Europe dans des temps maintenant révolus, quand elle n’avait pas peur du progrès.

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Jo Moreau.

18:12 Publié dans climat | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : progrès, crise, nucléaire | |  Facebook |

14/10/2010

MAI 68, LE RETOUR ??

Un peu partout en Europe, on assiste à des mouvements sociaux de plus en plus nombreux, et rassemblant de plus en plus de participants. La motivation profonde de certains de ces mouvements échappe toutefois à des analyses rationnelles.

Le meilleur exemple me semble être la récente grève totale des aiguilleurs du ciel en Belgique, dont personne, pas même les syndicats qui d’ailleurs ne cautionnèrent pas cette grève, ne put discerner la raison objective qui la déclencha, car on ne peut retenir le déplacement de deux personnes de Bruxelles à Charleroi (50 Kms) comme une raison valable au blocage du ciel belge…

On a vu aussi, parmi d’autres, l’arrêt des usines Arcelor-Mittal à Liège et à Châtelet, avec toutefois un arrière-plan social plus affirmé, et la grève des chemins de fer « marchandise », aussitôt embrayée « par solidarité (!?) » par certains cheminots. Quoiqu’on soit conscient que cette catégorie de fonctionnaires est toujours prête à démontrer sa solidarité…

Il y a bien sûr la revendication sous-jacente d’augmentation du pouvoir d’achat, mais consciemment ou non, chacun reconnaît que le pouvoir d’achat a vu ses capacités restreintes par de nouveaux besoins inconnus il y a quelques années, tels que l‘informatique, les GSM dont on a fait un produit de mode, les écrans plats, les abonnements pour faire fonctionner tout cela et pas mal d‘autres choses encore.

Mais plus que les revendications matérielles, ce qui transparaît dans tout cela est un sentiment de gigantesque ras-le-bol, devant un avenir de plus en plus bouché.

Ras-le-bol devant l’indifférence d’un monde industriel qui, depuis la mutation du capitalisme en financiérisme, a laissé tomber la population locale en se tournant vers l’exploitation d’un étranger asiatique ou africain bien plus prometteur en profits gigantesques.

Ras-le-bol devant le spectacle de ceux qui loin de subir durement l’évolution du monde et les conséquences de la crise, continuent à s’enrichir d‘une façon qu’il faut bien qualifier d‘indécente, et ceci est un doux euphémisme !

Ras-le-bol devant l’absence de réponse du monde politique, qu’il soit de droite ou de gauche, qui a porté la mondialisation sur les fonts baptismaux et se réfugie aujourd’hui derrière elle pour tenter d’expliquer son impuissance.

Et angoisse d’une large part de nos concitoyens qui craignent de rejoindre ceux, déjà nombreux, qui ne sont plus capables de trouver un logement décent, de se chauffer, ou de payer les factures des produits dont on l’a persuadé qu’ils étaient indispensables à son bonheur, et qui n’ont même plus accès à notre système de soins de santé que-le-monde-nous-envie.

Mais le pire dans la situation actuelle est qu’on a confisqué le rêve et l’espoir à une immense majorité de la population, rêve dans un avenir meilleur, dans la certitude que la vie de nos enfants sera plus douce que la nôtre, rêve dans les progrès de la science et de la civilisation.

Et la confiscation de ces rêves -combinée aux problèmes sociaux qui ne font qu‘amplifier-, pourrait mener à une situation bien plusexplosive et incontrôlable que ce que nous connûmes en mai 68.

Voir aussi :

http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/05/11/euro...

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Jo Moreau

17:32 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, économie, valeurs, crise, inégalités sociales | |  Facebook |

18/06/2010

ELECTIONS...ET MAINTENANT ?

Le clash annoncé a bien eu lieu : environ 50% des Flamands ont voté pour des partis peu ou prou autonomistes, et ce en additionnant les voix de la NVA, du VB et de la LDD.

Il est inconcevable que ce résultat ait pu étonner les politiciens francophones, et démontre ce que je dénonçais dans mes billets précédents : une méconnaissance crasse des attentes d’une majorité des habitants du Nord de ce pays. Ils ont tous démontré leur incapacité à gouverner, car gouverner c’est prévoir. Leur indigence est d’autre part affolante quand on pense aux défis futurs que nous réserve la crise économique…

C’est principalement cette volonté de ne rien entendre qui a poussé une importante fraction des citoyens flamands dans les bras des plus jusqu’au-boutistes.

Le réveil est brutal pour ceux qui étaient endormis depuis longtemps sur leurs certitudes : la supériorité de la langue française qui se suffit à elle-même, justifiant le front des francophones abandonné à la direction exclusive de Monsieur Maingain, dont l’essentiel du programme politique consiste à s’opposer à toute demande flamande, quelle qu’elle soit.

Et aujourd’hui, on est prêt à accorder à la NVA et à BDW ce qu’on a toujours refusé aux partis flamands modérés : de vraies négociations institutionnelles. Mais nous ne nous trouvons plus face à des Belges néerlandophones, mais à de vrais nationalistes dont le but final est bien de larguer la Wallonie, dont il n’ont rien à cirer. Et pour sauver la face, tout le monde découvre aujourd’hui un De Wever devenu subitement parfaitement fréquentable, et dont la morgue pourtant n’a d’égal que le mépris dont les francophones tenaient jadis les Flamands…

Croire que celui-ci a modifié ses objectifs serait une profonde erreur, et d’ailleurs BDW n’a en rien renié son discours autonomiste, il y introduit simplement une notion de délai.

Ceci ne signifie pas que les Flamands sont de doux petits anges incompris, car le discours tenu par leurs hommes (et femmes..) politiques ont également une large part de responsabilité dans la situation que nous connaissons. Un discours qui s’est radicalisé dans la mesure où le nationalisme flamand a remplacé dans la majorité de la population flamande, un nationalisme belge « soft », qu’on a préféré occulter complètement au nom de je ne sais quelle idéologie humaniste qui n’a cours que chez nous. Il s’agissait là d’une erreur fondamentale qui est, parmi d’autres, à la source de l’estompement de l’idée nationale belge.

S’il a toujours existé dans l‘histoire de la Belgique, bien qu’au départ il fut simplement réformiste, le sentiment autonomiste flamand n’a jamais été aussi fort qu‘actuellement, même lors des meilleurs scores du Vlaamsch Nationaal Verbond, qui eut 16 élus en 1936 avant son virage néo-belge vers la fin de la guerre, ou de la Volksunie qui compta 21 députés, après toutefois qu‘elle aussi ait abandonné ses rêves autonomistes.

Jamais, la réputation autoproclamée de pays du surréalisme n’a autant justifié cette appellation : voir un républicain autonomiste chargé par le Roi de « sauver le brol », comme disait un certain Prince-Régent juste après la guerre, en est la parfaite illustration.

Quelle sera la suite ? Je n’en sais fichtre rien. La seule chose dont je sois certain, c’est qu’il faut aller très loin dans la réforme des institutions, vers un fédéralisme très élaboré (pour ne plus parler de confédéralisme, qui fait hurler les puristes). Si nous nous nous satisfaisons une nouvelle fois de demi-mesures, nul doute que la prochaine étape sera très douloureuse.

Voir aussi : http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/11/05/reba...

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Jo Moreau

17:47 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : élections, particratie, crise, communautaire, fédéralisme | |  Facebook |

23/05/2010

LES PARTIS FRANCOPHONES EN PLEINE CRISE D'AUTISME.

« L'autisme est un handicap d'apprentissage à l'origine de problèmes de comportement entraînant un décalage et un manque de compréhension de l'environnement associé à une difficulté à communiquer correctement ».

Le futur gouvernement sera confronté à deux défis principaux : la résolution qu’on espère définitive du problème communautaire, et la crise monétaire et économique qui menace la crédibilité des Etats, et jusqu‘à l‘existence même de l‘Union Européenne.

Pour ce qui concerne le communautaire, j’assiste avec consternation à la campagne électorale de nos partis francophones, et à leur absence totale de réponse « miroir » à ce qui se passe en Flandre, où ce problème est très présent dans la campagne électorale, les derniers sondages en témoignent. Rappelons-nous tout de même que le gouvernement précédent est tombé sur la question communautaire.

La montée en force des idées séparatistes en Flandre fut largement alimentée ces dernières années par le refus systématique du monde politique francophone de prendre en compte les demandes flamandes de négociations institutionnelles.

Face à cette évidence, nous avons un « Front des Francophones », dirigé à la baguette par un Maingain, qui sous des dehors jésuitiques du style « moi un extrémiste ?, où allez-vous chercher cela », ne rate pas une sortie provocatrice propre à faire échouer toute négociation. Parfaitement aidé en cela dans les récentes crises par la RTBF, pour qui il apparaissait comme le seul porte-parole francophone, face au seul porte-parole flamand Bart De Wever.

Aucun parti francophone n’ose prendre l’initiative d’un programme clair et progressiste pour l‘avenir institutionnel de notre pays, apte à servir de base de négociation crédible face aux demandes flamandes. Je ne parle pas de diverses personnalités lançant des ballons d’essai à titre strictement privé, et prêt à soutenir le lendemain le contraire de ce qu’ils ont suggéré la veille. De part et d’autre de la frontière linguistique, tous les partis en sont au même point : plus francophone (flamand) que moi, tu meurs.

Pour la survie de la Wallonie -et de la Belgique-, il serait pourtant indispensable de ne plus jouer à l‘autruche. La Flandre veut une autonomie la plus large possible, et encore une fois, c’est son droit le plus strict de mettre ce problème sur la table. En face, un monde politique francophone qui depuis des décennies ignore cette demande, et n’a jamais voulu négocier une réforme de l’Etat en partenaire responsable, au risque de voir se l’imposer demain sans plus aucun ménagement, et dans sa forme la plus intransigeante.

Comme seule riposte, nous ressortons les drapeaux, l’unité du pays et le bilinguisme comme seuls antidotes obsolètes et unilatéraux, et affirmons que le principal problème est le social et la crise. A chaque coup, nous disons que ce n’est vraiment pas le moment de s’occuper de cela, et renvoyons les Flamands à nos fantasmes d‘un pays uni où chaque francophone est partout chez lui. Or, je crains beaucoup que cette fuite en avant se clôturera le lendemain de ces élections par un tout droit dans le mur.

Nous sommes face à deux conceptions radicalement différentes de ce que doivent être les régions (con)fédérées : le droit du sol flamand, contre le droit des gens francophone. Deux notions incompatibles ? Sans doute si l’une veut s’imposer contre l’autre dès demain, mais je suis persuadé qu’un accord réaliste est envisageable et des solutions applicables dans un avenir raisonnable. Et il faut bien constater que partout dans le monde, la seule notion qui tienne la route est le droit du sol. Bien sûr, cela est difficile à admettre au sein d’un même pays, mais en va-t-il autrement dans tout pays à structure fédérale, d’autant plus lorsque nous sommes face à deux entités linguistiquement différentes, et socialement ainsi que politiquement divergentes ?

Alors que nous nous gargarisions d’être un laboratoire des « compromis à la belge » que le monde entier nous enviait (?), nous aurions intérêt aujourd’hui d’aller voir ailleurs comment cela se passe… Je parle bien entendu de pays raisonnables tels que la Suisse ou le Canada.

Encore une fois, il n’est pas question d’accepter telles quelles toutes les revendications flamandes, dont certaines sont imbuvables, mais accepter l’ouverture de négociations win-win, sans tabous ni exclusives en reprenant l‘initiative.

Pour ce qui concerne le volet social et économique, tous nos partis clament en chœur qu’il s’agit là de la véritable et unique priorité pour nos populations.

Rappelons que la crise peut se développer soit vers la perte de confiance envers la capacité de remboursement de leur dette, des pays dont on peut douter du développement ultérieur de leur économie, ou de leur capacité à réduire leurs dépenses. En toute hypothèse, il faut s’attendre à une inflation galopante au vu de la masse monétaire créée dans tous les pays développés depuis maintenant deux années.

Or que constatons-nous ? Tous les pays européens se sont engagés dans des réformes drastiques permettant, du moins on l’espère, de réduire la dette qui s’est dramatiquement creusée depuis le début de la crise qui menace l’avenir financier de nos pays. Tous les régimes, qu’ils soient de droite ou de gauche, admettent qu’il faut réduire les dépenses pour tenter de survivre.

Seule la classe politique wallonne estime que chez nous tout va bien, puisqu’ aucun parti ne prévoit une quelconque restriction drastique dans les dépenses sociales et autres, telles que le paiement d’indemnités de chômage sans limitation de durée ni contrepartie, des allocations familiales pour chaque enfant quel qu’en soit le nombre, d’une couverture médicale maximale quels que soient les revenus du bénéficiaire, d’une kyrielle de services gratuits pour certaines catégories de population, de subventions en tous genres pour des asbl aux objectifs aussi nébuleux qu’incontrôlés, d’administrations pléthoriques dont les compétences souvent se chevauchent. Je m’arrête …mais la liste n’est pas close, loin de là !

Parallèlement à ces restrictions de dépenses, il va falloir augmenter les recettes. Les pistes les plus acceptables pour préserver le développement sont la lutte contre toutes les fraudes, et la taxation des (très) hauts revenus et des transactions financières.

Mais , dans un bel élan de générosité avec l’argent des contribuables, certains programmes électoraux prévoient au contraire une augmentation des dépenses publiques, dans une totale négation de la réalité économique catastrophique dans laquelle nous sommes plongés.

Rien de tout cela n’est pris en compte dans la campagne électorale, du moins dans les partis susceptibles de gouverner. Aucune vision réaliste et garante d’un avenir pour les jeunes générations. Aucune mesure concrète n’est proposée. Les programmes qu’on nous sert aujourd’hui sont pratiquement les mêmes qu’il y a deux ans, qu’il y a dix ans.

Rien que du vent, un vide abyssal déconnecté de la réalité, un autisme intégral …

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Jo Moreau.

18:36 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : élections, particratie, crise, communautaire | |  Facebook |

17/09/2009

WBI - WALLONIE BRUXELLES INTERNATIONAL

« WBI est chargé de la préparation dans les relations internationales dans les matières relevant des compétences de la Communauté française et gère, avec le Ministère de la Communauté française, certains services décentralisés du Ministère actifs en matière culturelle au plan international ». (portail web du WBI).

Il s’agit apparemment d’une structure qui s’occupe des relations culturelles et d’échanges éducationnels avec l’étranger, mais aussi d’aide au développement et de soutien financier aux ONG wallonnes et bruxelloises (maximum 90.000 euros par projet)

Elle n’inclut pas l’APEFE (Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l ‘Etranger) -bien que certains bureaux à l’étranger soient communs-, ni l’AWEX (Agence Wallonne à l’EXportation).

Toutefois, ces 3 organismes ont les limites de compétences qui me semblent bien floues, car plusieurs objectifs de ces structures s’interpénètrent de telle façon qu’on ne peut définir clairement qui s’occupe de quoi…Elles appartiennent à une structure centrale , EIWB (Espace International Wallonie Bruxelles), à moins que ce soit le contraire ???.

Je m’intéresse ici UNIQUEMENT au WBI.

L’organigramme du WBI en Belgique n’est déjà pas triste, puisqu’il se compose de 16 services + 10 services annexes, ayant chacun leur directeur et leur administration.(quelques postes sont toutefois communs à la même personne), soit à vue de nez 150 personnes dont une vingtaine de directeurs.

WBI a comme administrateur général Monsieur Philippe SUINEN, (PS) qui occupe les mêmes fonctions à l’AWEX. Il est également Président du Comité d’Avis du Fonds de Solidarité Internationale pour l’Eau (!?). Il fut chef de cabinet de plusieurs ministres PS, et vice-président du conseil d’administration de la SABENA.

A l’étranger, voici ses représentations.

MAROC (Rabat) 1 délégué (Daniel Menschaert) + 4 assistants + 1 chauffeur + 2 gardiens APEFE : 1 coordinateur (Philippe Mottet) +1 secrétaire                                                                                                                                                                                              (A noter que Monsieur Menschaert organise une exposition personnelle de ses photos à Rabat en 09/2009. Sur fonds propres ??)

SENEGAL (Dakar) Il s’agit ici d’une représentation de l’APEFE dans le centre administratif de Dakar. 1 coordinatrice (Françoise Daxhelet) Bénin : Brigitte Liebertz Burkina Faso : Francis Deprez à Ouagadougou.

TCHEQUIE (Prague) Située dans le quartier historique. 2 chargés de mission : Patricia Krobova + Veronika Kleplova

SUISSE (Genève) À quelques mètres du lac Leman 1 délégué : Marc Clerbois + 2 assistantes

ALLEMAGNE(Berlin) Dans l’ambassade de Belgique 1 délégué Stephan Forster + 4 assistantes

UNION EUROPEENNE (Bruxelles) Rue de la Loi 1 délégué Thierry Delaval + 7 assistants + 2 secrétaires

FRANCE(Paris) 2 localisations 1 délégué Jean-Pol Baras + 2 conseillers + 4 assistants + 1 chauffeur

VIETNAM (Hanoi) Dans l’immeuble Daewoo 1 délégué Franck Pezize + 3 assistants + APEFE 1 coordinateur JP Outers + 2 assistants

TUNISIE (Tunis) Dans une des grandes avenues de Mutuelleville 1 délégué Daniel Soil + 4 assistants + 1 attaché économique Jan Pajecki + 2 secrétaires

USA (Baton Rouge - Louisiane) Dans les bâtiments louisianais de l’éducation 1 déléguée Eliane de Pues-Levaque.

CANADA (Québec) Au cœur du Vieux Québec. 1 délégué Charles Houard + 5 collaborateurs + 1 déléguée de l’office de promotion du tourisme Nadine Droulans POLOGNE (Varsovie) Dans un immeuble contemporain. 1 délégué Zenon Kowal + 3 assistants + 1 délégué de l’office de promotion du tourisme Michel Janowski

ROUMANIE (Bucarest) 3e étage d’un immeuble moderne 1 déléguée Fabienne Reuter + 3 assistants + 1 chauffeur + 2 attachés économiques (awex + Bruxelles capitale)

RD CONGO (Kinshasa) 1 déléguée Kathryn Brahy + 6 assistants responsables de secteur + APEFE 1 assistant administratif (le personnel exact reste flou)

ALGERIE (Alger) 1 déléguée Marie Henriette Timmermans (avec ou sans personnel ?)

CHILI (Santiago) 1 délégué Benoit Rutten + 5 assistants

(Il faut noter que la maison de la Wallonie à Cuba n'est pas reprise dans cette liste. Mais alors, qui prend en charge les coûts de réalisation et de fonctionnement ??) 

Voilà. Il faut savoir que chaque bureau est compétent pour des pays limitrophes. Chaque responsable de bureau est belge, tandis que les assistants sont des ressortissants des pays concernés.

En plus des coûts de location d’immeubles ou de locaux souvent prestigieux (sauf un seul qui se situe dans les locaux de l‘ambassade de Belgique -mais que voilà une bonne idée !-) , nous avons aussi les salaires, et je suppose les indemnités du ou des délégués (accompagnés de leur famille ), leur logement de fonction , véhicule etc…

Ceci, en toute grande majorité, pour des matières UNIQUEMENT CULTURELLES ET ECHANGES UNIVERSITAIRES, celles-ci étant maintenant de la compétence régionale.

Il serait intéressant de connaître le coût de fonctionnement global de cette structure, d’éclaircir et de délimiter les objectifs de chacun des organismes « francophones » s’occupant de relations internationales et quelles sont les retombées réelles pour la communauté française en général et pour la Wallonie et Bruxelles en particulier, dans une optique win-win (ne parlons pas de retombées de prestige, de reconnaissance culturelle etc…).

Si les programmes de certains bureaux paraissent bien fournis, d’autres (très bien fournis, eux, en …personnel) se limitent me semble-t-il à bien peu de choses… Mais je peux me tromper…

Sans oublier que cette structure vient en supplément de nos représentations diplomatiques, pour lesquelles nous payons aussi des impôts au niveau national.

Anecdote : suivant certaines informations, c’est WBI qui a payé la note du voyage en Chine de Michel Daerden lors des jeux olympiques de 2008 (dont coût: environ 50.000 eur). A quel titre ? D’autres excellences bénéficient-elles également de ce budget ?

Dans la situation actuelle où des économies drastiques sont demandées aux citoyens, il serait  temps de s’intéresser aux dépenses consenties à des organismes officiels aux objectifs et résultats obscurs, sans oublier les milliers d’ASBL subventionnées…par l’argent de ces mêmes contribuables.

Jo Moreau

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16:10 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dépenses, crise, austérité | |  Facebook |