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07/07/2011

DES ELECTIONS ? POURQUOI PAS ...

Après le refus de négocier de la NV-A, et de son annexe le CD&V, l’impasse est plus que jamais totale dans notre pays, et on ne voit plus de solution à la crise politique.

Alors, pourquoi pas de nouvelles élections ?

Mais avec un but bien précis : des élections qui auraient pratiquement valeur de consultation populaire. Les citoyens flamands devraient être mis clairement devant leurs responsabilités, et les francophones ne devraient laisser planer aucune équivoque : une nouvelle victoire électorale de la NV-A, et de ses satellites le Vlaams Belang, et la LDD (je n’ose encore y mettre le CD&V) signifierait le choix définitif vers le confédéralisme ou le séparatisme.

Certains sondages montraient récemment qu’une grande majorité de citoyens flamands, y compris parmi les adhérents de la NV-A, étaient opposés au séparatisme. Et bien qu’ils le montrent par les urnes, en excluant ces partis de leur choix, au profit du SP-A ,du VLD ou de Groen.

 La NV-A perdant une partie de ses électeurs, la négociation pourrait reprendre.

Une confirmation du succès antérieur de la NV-A devrait automatiquement déboucher sur des Etats Généraux, devant préparer une scission du pays soit vers un confédéralisme très approfondi, soit vers le séparatisme.

Mais il faut également que tout le monde soit bien conscient que cela suppose de faire table rase de tout le passé, par une renégociation de tous les aspects du problème. Y compris du tracé de la frontière linguistique, y compris la redistribution des bijoux du ménage.

Et d’un arbitrage international (européen ?) sur les points qui ne peuvent trouver un accord, par le biais éventuel de consultations populaires.

Je n’ai jamais caché mon agacement devant l’attitude des francophones de ce pays, qui n’ont voulu prendre conscience du vent qui venait de Flandre qu’au cœur de la tempête.

Mais le positionnement actuel de l’extrême-droite flamande me heurte profondément dans son refus absolu de tout compromis. A nous d’en tirer les conséquences, en fonction d‘un positionnement clair de nos compatriotes flamands.

Voir aussi :

http://belgotopia.lalibreblogs.be/archive/2009/11/05/reba...

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Jo Moreau.

19:59 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire, confédéralisme | |  Facebook |

05/10/2010

LE MECHANT BART LACHE LES GENTILS FRANCOPHONES

Divine surprise : le méchant Bart De Wever n’est pas le sauveur de la Belgique de papa, à la grande déception de ceux qui croyaient encore pouvoir trouver un nouvel emballage (tricolore) à un contenu pratiquement inchangé.

Une nouvelle fois, les francophones ont démontré leur formidable propension à ne rien voir, ne rien entendre et ne rien comprendre à ce qui vient de Flandre. Ils sont brusquement d’accord de tout négocier, à condition de ne garantir aucun changement. Il aurait pourtant suffit de jeter un coup d’œil sur le programme de la NVA, de la liste De Decker ou celui du Vlaams Belang, rassemblant à eux trois environ 50% de l’électorat flamand, sans compter les autonomistes à des degrés divers se retrouvant dans les partis plus traditionnels, pour réaliser le sentiment profond soufflant de l’autre côté de la frontière linguistique : les Flamands nous trouvent bien gentils, mais sont aujourd’hui impatients de nous larguer politiquement, et surtout financièrement. Et un récent sondage montre que les Bruxellois ne sont pas très éloignés d’un sentiment identique.

Que cela soit injuste, triste, révoltant, tout ce que vous voulez, n’a aucune importance dans ce débat : seule compte la réalité des choses.

Et là, nos politiciens ont démontré depuis de nombreuses années leur incapacité fondamentale à gouverner, ce qui, chacun le sait, signifie prévoir.

La démarche du MR me semble la meilleure : que voulons-nous encore gérer ensemble, dans la mesure où le séparatisme pur et simple semble soulever des difficultés légales pratiquement insurmontables dans le cadre international actuel. (Sans toutefois que je sois convaincu de leur capacité à négocier un accord de cette envergure).

L’unique solution consiste en un modèle confédéral, soit un pays composé de régions-états disposant d’une large autonomie, où seules quelques compétences sont laissées à l’Etat central Belgique, telles que la politique étrangère, la défense, la banque centrale aussi chargée de la gestion de la dette, un tronc commun minimum de sécurité sociale et quelques coquilles indispensables au niveau international.

Cela est la seule voie possible, et il faut vraiment être aveugle pour le nier. Je défends (parmi d’autres) cette issue depuis longtemps maintenant, et le monde politique francophone a eu à plusieurs reprises la possibilité de reprendre l’initiative en défendant cette thèse, mais il a malheureusement loupé cette occasion comme il en a loupé beaucoup d’autres. Evidemment, remettre en question la gestion (ou plutôt l’a-gestion) d’une Wallonie accrochée à un système réactionnaire dépendant des largesses de tiers risquait de déstabiliser un système de baronnies installé depuis des décennies.

Même si un accord miraculeux devait voir le jour, il est évident qu’il ne sera que transitoire s’il persiste à ne pas prendre en compte cette volonté flamande d’autonomie. Et aussitôt conclu, cet accord communautaire bancal sera remis en question. Ne pas le discerner est criminel pour le pays en général et pour la communauté francophone en particulier.

Pourtant, l’autonomie serait un électrochoc nécessaire pour la Wallonie, à condition d’avoir un cadre politique à même de concevoir un avenir dans cette perspective, et dont la première tâche serait de mettre un terme aux dépenses faramineuses englouties par une administration pléthorique, et des subventions tous azimuts en faveur de structures aux objectifs plus que fumeux.

Et là, de quelque côté que l’on regarde, ce n’est pas gagné…

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Jo Moreau

18:49 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire, confédération | |  Facebook |

01/09/2010

LA TECHNIQUE DES PETITS PAS

« Ce qui passe a été et sera, et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible » Fénélon.

Il est toujours intéressant de se référer à l’Histoire, qui permet parfois (et même souvent) de décrypter le déroulement d’évènements récents, car tout compte fait, il n‘existe pas un nombre illimité de moyens d‘arriver à ses fins.

Sans remonter à Mathusalem, il est passionnant de se remémorer le déroulement de la crise tchécoslovaque, dans l’immédiate avant-guerre, et la façon dont le Chancelier Hitler parvint à imposer sa volonté à une coalition de dirigeants européens assoiffés de compromis.

Qu’est-ce que la Tchécoslovaquie en 1938 ? Un pays formé principalement de deux nations qui furent longtemps séparées, augmentées de nombreuses minorités dont trois millions de germanophones, les Allemands des Sudètes, appelés plus simplement les Sudètes. Dans un premier temps, soit les années 20 et le début des années 30, ceux-ci, tout en réclamant leur rattachement à l’Allemagne, se répartissaient dans l’éventail des partis de l’époque, sociaux-démocrates, sociaux-chrétiens, communistes etc…

Puis survint en Allemagne l’émergence du parti national-socialiste, instrument de la politique expansionniste de Hitler. Dès 1933 se créa un parti frère dans les Sudètes, qui recueilli de plus en plus de voix au fil des élections, pour triompher lors des élections de 1938, où le parti Nazi recueilli plus de 97% des suffrages.

En 1938, nous sortons de l’Anschluss, imposé à une population autrichienne largement consentante malgré l’opposition vite réprimée d’une fraction de la classe politique, et sans réaction notable des puissances européennes.

Vint alors la technique des « petits pas », menée de main de maître par Hitler et son allié sudète, Conrad Henlein. A chaque concession du gouvernement tchécoslovaque répondait de nouvelles exigences allemandes, rendant impossible tout accord.

Par la voix de Henlein (au congrès de Breslau) , l’Allemagne exigea d’abord l’autonomie territoriale et ethnique des Sudètes, ce qui fut dans un premier temps repoussé par le gouvernement tchécoslovaque qui se montrait toutefois disposé à des concessions.

En septembre, devant l’aggravation de la situation, et vivement influencé par la Grande-Bretagne et la France, le gouvernement tchèque fit des contre-propositions à Henlein que celui-ci, pressé par Berlin, refusa en élargissant ses exigences.

Ainsi, peu à peu, chaque fois que Prague acceptait de lâcher du lest, les nazis présentait de nouvelles exigences chaque fois plus étendues. Hitler s’impatientait et Chamberlain, Premier britannique, fit deux voyages successifs en Allemagne en vue d’éviter le pire. Nous en arrivâmes ainsi à la conférence de Munich, de sinistre mémoire, entre l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne et la France, en l’absence du principal intéressé, la Tchécoslovaquie, à qui on imposa la cession pure et simple du territoire des Sudètes au troisième Reich en échange de garanties franco-britanniques. Mais là n’était pas le but ultime de l’Allemagne, qui sous le couvert des tendances séparatistes de la Slovaquie qu’elle manoeuvrait en sous-main, finit par annexer militairement l’ensemble du territoire tchécoslovaque sans provoquer aucune réaction.

Dans la crise tchécoslovaque comme dans d’autres crises d’avant-guerre, la tactique des petits pas, voulant qu’à chaque concession réponde de nouvelles exigences, permit à Hitler d’accomplir sa volonté politique sans tirer un coup de fusil. Et lorsque la guerre éclata, c’est encore lui qui en écrivit le scénario.

Les puissances européennes qui n’avaient pas pu -ou pas voulu- discerner le but ultime du Chancelier du Reich, furent en définitive les victimes de sa grande manipulation.

A vous d’établir des parallèles avec des situations existantes, ou ayant existé, ce qui ne sera pas difficile car la technique démontre chaque jour son efficacité …

N’ HESITEZ PAS A LAISSER VOTRE COMMENTAIRE.

Jo Moreau

19:17 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire, international | |  Facebook |

22/04/2010

BELGIQUE, UN FUTUR EST-IL POSSIBLE ?

Les évènements de ce jour démontrent une nouvelle fois l’impasse institutionnelle dans laquelle est engagée la Belgique, de par la conception essentiellement divergeante de l’Etat, entre la vision flamande du droit du sol et la vision francophone du droit des gens.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un héritage « génétique », mais bien d’un héritage historique entre la vision offensive d’une Flandre frileuse en quête de reconnaissance, et peu à peu grignotée par des populations francophones autour de Bruxelles, et une vision francophone toujours accrochée à une conception passéiste de l’Etat belge, et qui n’en peut plus de freiner de toutes ses forces la marche vers une évolution inéluctable que sa classe politique semble seule à vouloir ignorer.

Depuis longtemps, je suis convaincu que la seule chance de survie d’un Etat belge se trouve dans une structure confédérale formée de Régions-Etats, disposant chacune de pratiquement tous les pouvoirs, et finançant un Etat Central gérant la politique étrangère, la défense, la Banque Centrale, un tronc commun minimal de Sécurité Sociale et quelques coquilles indispensables sur le plan international telles que l’Agriculture, les sports etc…

Je ne suis pas le seul : il s’agissait là d’une revendication de Bart de Wever, dont je ne partage certes pas toutes les prises de position, mais qui a au moins l’avantage d’être parfaitement clair dans sa ligne politique. Et dont l’honnêteté idéologique me convient mieux que les circonvolutions sémantiques et les agendas cachés des autres partis flamands, et que l’immense force d‘inertie de leurs collègues francophones.

Il s’agit là de la seule issue pouvant nous sortir d’un carrousel institutionnel remis périodiquement sur la place publique, et dont les francophones sont les perpétuels perdants, les avancées institutionnelles étant au seul bénéfice de la Flandre, qui a parfaitement assimilé depuis de nombreuses années la tactique des « petits pas ».

D’autre part, les politiciens francophones ont toujours préféré ignorer les revendications flamandes, aussi justifiées qu’aient pu être celles-ci. Cette politique du « cause toujours mon lapin », ne pouvait déboucher que sur un clash de grande amplitude. Car ne nous leurrons pas, même si le problème de la scission de BHV devait être résolu je ne sais par quelque tour de magie, un autre motif de conflit surgira peu après, et je parierais sur la suppression des facilités dans la périphérie. Impossible direz-vous car inscrit dans la Constitution ? On prend le pari ??

Nous aurions dû accepter la grande négociation sur une nouvelle Belgique, qui tienne compte des aspirations flamandes (qui seront envers et contre tout un jour finalisées), et qui sommes toutes sont à prendre en considération même si elles ne correspondent pas à la vision francophone d’une Belgique où tous les citoyens sont partout chez eux, à condition qu’ils parlent français. Mais une négociation où tout aurait été remis à plat, car par exemple la délimitation de la frontière linguistique fut accepté par les francophones dans la perspective d’un Brabant bilingue et de l’existence des facilités linguistiques dans certaines communes. Ceci formait un package et remettre en question un seul élément aurait dû rendre obsolète l’ensemble de l’accord.

Alors, une négociation difficile ? Sans aucun doute, mais la prise en considération du désir flamand vers plus d’autonomie pouvait amener une confiance renouvelée entre négociateurs, et obliger la Wallonie à plus de réalisme et une nouvelle dynamique dans son développement social et économique. D’autre part, elle pouvait aussi récupérer des emplois représentatifs et décisionnels actuellement sacrifiés sur l’autel artificiel d’un prétendu bilinguisme. Cela suppose une frontière définitivement fixée, et des Régions-Etats pleinement compétentes sur leurs territoires.

Malheureusement, cette conception d’une nouvelle Belgique confédérale n’a aucun écho parmi les politiciens francophones, dont la volonté politique se limite à la nomination de trois bourgmestres contestés, qui rappelons-le, déclenchèrent leur action provocatrice en pleine période délicate sur le plan inter-communautaire.

Le refus de voir les réalités en face amèneront de douloureux réveils, alors que nous aurions pu réellement prendre notre destin entre nos mains, et non le laisser dériver au bon gré des politiciens de l’autre communauté.

Si nous voulons un avenir pour ce pays, il est temps d’en prendre conscience, s’il n’est pas trop tard !

D’ ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !!

Jo Moreau.

18:42 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |

05/11/2009

REBATIR LA BELGIQUE

Le communautaire, qui s’était presque fait oublier ces derniers mois, rapplique à toute vapeur, agitant à nouveau le monde politique au Nord comme au Sud du pays (et surtout au centre…).

Il devient évident qu’il est largement temps de mettre un terme définitif à ces modifications incessantes de la structure de l’Etat belge, telles que nous les connaissons depuis une cinquantaine d’années, et qui sont le résultat d’interminables négociations qui occupent le landerneau politique, au détriment de problèmes bien plus préoccupant pour l’ensemble de la population.

Le monde politique francophone doit ouvrir enfin les yeux sur une réalité évidente : la Flandre désire une autonomie maximale, à défaut d’indépendance qui serait d’ailleurs en butte à l’hostilité d’un très grand nombre de pays européens.

Une partie de ceux-ci, et non des moindres, sont aux prises avec des problèmes similaires sinon identiques comme la France avec la Corse, l’Espagne avec le Pays basque et la Catalogne, la Grande-Bretagne et l’Ecosse, l’Italie et ses provinces du Nord, et ils verraient d’un très mauvais œil un séparatisme qui risquerait d’être un dangereux précédent dans l’Union Européenne.

Mais une issue unilatérale reste toutefois dans l‘ordre des possibilités. Toute négociation partielle, qui apporterait une solution bancale sur un problème ponctuel (aujourd’hui la scission de BHV), ne sera qu’une rustine de plus à la structure de l’état, en attendant la prochaine fuite qui ne manquera pas de se produire.

Qui a tort et qui a raison, qui a commencé, (voyez comme l’autre est de mauvaise foi) ? Questions futiles alimentant la fuite en avant actuelle, qui justifie le fonds de commerce de politiciens flamands nationalistes et francophones passéistes, surtout bruxellois pour ces derniers, il faut bien le reconnaître.

Sous la pression d’une opinion flamande avide de reconnaissance, les francophones ont accepté en son temps et du bout des lèvres le fédéralisme, à condition toutefois que rien ne change…

Mais voilà, la Flandre ne se satisfait plus de cet état de fait, d’avoir le sentiment, justifié ou non, de traîner comme un boulet une Wallonie empêtrée dans son idéologie «maison du peuple» du siècle dernier, bénéficiaire de transferts importants et imperméable à tout changement dynamique profond. Il faut bien constater que dans le sud du pays, la force d’inertie frileuse d’une large part de la population n’est pas prête d’évoluer, encouragée en cela par des partis clientélistes qui n‘ont pas le courage d‘embrayer sur le XXIe siècle, ou tenus en laisse par une alliance boiteuse avec un parti très engagé dans le communautaire.

L’escalade communautaire qui menace à nouveau est susceptible de nous placer devant un blocage institutionnel majeur, ce qui ouvrirait la porte à une ère de tous les dangers. Cette escalade est aussi bien alimentée par les prises de position de plus en plus extrémistes des flamands, aiguillonnés par une aile nationaliste active, que par le blocage systématique des francophones face aux initiatives flamandes, quelles qu’elles soient, aussi justifiées soient-elles.

Aussi nous avons le choix : ou bien nous continuons dans cette attitude de refus de principe des demandes nordistes, soit nous décidons enfin de nous mettre autour d’une table, non pour un rapiéçage ponctuel et éphémère, mais pour une véritable refonte définitive de l’état, en partant d’une page presque blanche, dans l’optique d’une Belgique radicalement reconstruite en profondeur, qui tiendrait compte des réalités actuelles, prenant lucidement en compte les aspirations légitimes de chacune de ses communautés.

Il est encore temps de négocier d’égal à égal, avant d’être mis un jour devant un douloureux fait accompli.

Je ne vois qu’un seul objectif réaliste : un Etat Central Belgique ne conservant que la politique étrangère, la défense, la banque centrale, un tronc commun minimal de sécurité sociale, et quelques enseignes à peu près vides mais seules aptes à traiter sur le plan européen et international (agriculture, sports, etc…), état central financé par des Etats-Régions bénéficiant d’une autonomie intégrale sur leurs territoires.

Ceci supposera bien entendu des négociations longues et difficiles, déchirantes pour beaucoup de francophones car cela suppose aussi bien l’abandon des facilités que l‘autonomie fiscale, comme pour beaucoup de flamands car il faudra bien parler du désenclavement de Bruxelles, la solution du problème de son financement etc….En effet, la fixation de la frontière linguistique et l’octroi des facilités font partie du même package, qu’on le veuille ou non.

Le principe même d’une nouvelle Belgique confédérale accepté et clairement mis sur les rails, je reste persuadé que de larges accords de coopération entre états-régions pourront voir le jour, car nous serons enfin débarrassés de toutes les arrières-pensées, les rancoeurs et les agendas cachés qui pourrissent journellement notre vie politique et citoyenne.

Un autre avantage de cette solution sera un électro-choc salutaire et indispensable pour la Wallonie, obligée de ne plus compter que sur elle-même, et d’appliquer des solutions réellement progressistes.Mais aussi le fait qu’un nombre non négligeable d’emplois seront créés, notamment dans les organismes actuellement nationaux, où les francophones sont notoirement sous-représentés ou sous-équipés.

Nous pourrons ainsi continuer à vivre dans un pays auquel pas mal d’entre nous sont viscéralement attachés, conscients de nos particularités et de tout ce qui nous rapproche, quoi qu’on en dise…

Voir autres billets dans la catégorie "Belgique" et "institutionnel".

Jo Moreau

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15:28 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |

15/07/2009

UN CHOC INSTITUTIONNEL pour réveiller la Wallonie

Le gouvernement wallon est donc bientôt formé, et va pouvoir se mettre à l’ouvrage.

Quelles sont les perspectives de mise en œuvre de son plan, 500 pages de bonnes intentions proclamées, qui tomberont peu à peu dans l’oubli comme sont tombées dans l’oubli celles des gouvernements précédents.

Cela ne serait que du réchauffé, si nous ne nous trouvions face à deux échéances capitales : la crise, qui suivant certains n’est pas prête d’être terminée, et le dialogue (?) institutionnel, dont il est clair maintenant que les flamands attendent de voir arriver les wallons à genoux et la main tendue.

Car là gît le problème : il n’y a plus de sous, et il y en aura de moins en moins, si j’ose cette audacieuse formule de style, autorisée par les techniques budgétaires.

Ces deux problèmes s’imbriquent intimement, et il est indispensable maintenant que les francophones aient le courage politique, ou tout simplement la fierté retrouvée d’affronter l’inévitable grande réforme institutionnelle voulue par la Flandre.

Comme francophone, je me sens ulcéré de me voir représenté par des personnalités qui se réfugient derrière des notions dont leurs interlocuteurs n’ont que faire, pour tenter de s’opposer de toutes leurs forces à l’inéluctable.

En clair, j’en ai marre d’être redevable à la Flandre de ce qui n’est plus de la solidarité, notion qui ne doit être qu’une aide ponctuelle à une situation accidentelle, mais d’être un perpétuel assisté.

Nous devons tout d’abord considérer la limite politique imposée par l’International. Les nations européennes, dont beaucoup sont confrontées à des degrés divers à des problèmes nationalistes semblables à ce qui se passe chez nous, l’Ecosse pour la Grande-Bretagne, l’Espagne et plusieurs de ses régions, l’Italie, la France, et j’en oublie, problèmes qui pourraient déboucher sur une véritable balkanisation de l’Europe géographique qui a déjà commencé dans les …Balkans, alors qu’aucune organisation politique européenne ne peut prendre le relais. Car tel est le drame qu’occultent les régionalistes : l’Europe politique n’existe pas, et ce n’est pas demain qu’elle naîtra.

Pour d’autres raisons, dont la « visibilité » internationale de la Belgique, profitable aussi bien à la Flandre qu‘à la Wallonie-Bruxelles, un état belge continuera donc à exister. Mais que contiendra-t-il ?

Il convient d’abord de faire un bilan réaliste. Les régions belges ont un passé en commun, et qui remonte bien loin dans l’histoire. Ont-elles un avenir en commun ? C’est à leurs représentants d’en décider en toute lucidité en fonction de leurs sensibilités actuelles.

En fonction de la réponse, il faudra définir les matières laissées à la compétence des régions-états, et de l’état central. A mon sens, la seule solution durable et acceptable par tous, est un état central financé par les régions-états, gérant la politique étrangère, l’armée, la police criminelle et la sûreté de l‘état, un tronc commun de sécurité sociale, ainsi que certains organismes nationaux de coordination de compétences régionales comme la justice, les sports, les communications etc...

Les problèmes à résoudre seront bien entendu énormes, car il n’est ici pas question d’une capitulation des francophones en rase campagne, mais bien d’une négociation qui comprendra l’avenir de Bruxelles, et notamment son financement, en passant par la fixation définitive de la frontière linguistique acceptée par tous comme frontière d’état, y compris l’abandon des facilités. Il sera indispensable d’abandonner les demi-mesures, les non-dits, et les faux-semblants et les agendas cachés.

Les fameux « compromis à la belge » -dont nous nous gargarisons volontiers- ont longtemps fait effet, mais ont aussi mené à la situation inextricable que nous connaissons aujourd‘hui, en servant de camouflage à la réalité et en évitant soigneusement de résoudre clairement les problèmes qui se présentaient.

Les francophones devront également abandonner leur vision de l’organisation de l’état : ok pour tout modifier, à condition que rien ne change. Cet état d’esprit est également responsable de la situation inextricable dans laquelle nous nous trouvons.

Si nous parvenons à entamer ce dialogue entre ‘honnêtes hommes’, je suis persuadé que les positions extrémistes des uns et des autres s’estomperont, et que certains problèmes qui nous paraissent aujourd’hui insolubles trouveront une solution raisonnable.

Je suis aussi persuadé que cet électro-choc institutionnel est seul capable de sortir enfin la Wallonie de sa douce torpeur, et qu’un véritable renouveau politique et économique naîtra de cette évolution . A ce moment, ce ne sera plus un vœu pieux, mais une obligation incontournable.

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Jo Moreau

13:44 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : politique, fédéralisme, dialogue communautaire | |  Facebook |