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24/02/2011

EUROPE : DES REFUGIES PAR CENTAINES DE MILLIERS ?

Dès après la fin de la seconde guerre mondiale, l’ONU eut à gérer des millions de réfugiés, de « personnes déplacées », qui erraient dans une Europe dévastée et en proie à des redécoupages géopolitiques.

Il y avait bien sûr les rescapés des camps d’internement et des camps de concentration nazis, les prisonniers et travailleurs de diverses provenance mais qui, pour des raisons variées, ne désiraient pas être rapatriées dans leur pays d’origine (notamment les Soviétiques, considérés comme traîtres s’ils avaient été faits prisonniers), les 2 ou 3 millions de germanophones expulsés de Pologne et de Tchécoslovaquie, 250.000 juifs rescapés des camps ou issus de différents pays du théâtre des opérations, les apatrides, les enfants et personnes isolées à la recherche de leur famille souvent dispersée ou décimée.

Ce problème fut successivement pris en charge par l’UNRRA (United Nations Relief and Rehabilitation Administration) sous l‘autorité du SHAEF (Supreme Headquarters of the Allied Expeditionary Forces), l’IRO en 1948 (International Refugiee Organisation). En 1951, l’ UNHCR (United Nations High Commissioner for Refugees) fut créé et est toujours opérationnel pour gérer cette problématique très spécifique.

Le premier grand défi auquel fut confronté l’UNHCR en Europe fut l’afflux brutal de 170.000 réfugiés hongrois qui fuyaient leur pays après l’invasion des troupes soviétiques en 1956.

A l’heure actuelle, les chiffres sont très variables mais on estime que 43 millions de personnes de par le monde doivent être considérées comme  candidats réfugiés ou personnes déplacées, chiffre qui comprend vraisemblablement les émigrés clandestins.

La situation actuelle en Afrique et au Moyen Orient, juste après les bouleversements en Tunisie, en Egypte et ceux en cours en Libye, Barhein, Yemen semblent n’être que les prémices d’un changement fondamental dont nul ne peut prévoir les développements dans beaucoup de pays du monde sous régime autoritaire, ou même démocratique (voir le Liban), en ce compris la Chine.

Il ne faut pas se faire de douces illusions : le passage d’un système autoritaire à un système peu ou prou démocratique ne se fera pas en un tournemain, et dans le respect sympathique des anciens tenants des régimes renversés. On peut s’attendre dans ces pays à des années de troubles, de remises en cause, de résultats d’élections aussitôt contestés par ceux à qui ils sont défavorables.

Cette instabilité fait craindre dès à présent un afflux prochain de centaines de milliers de migrants en Europe (certains parlent déjà d‘un million et demi de personnes), composés de groupes de provenances diverses, souvent antagonistes du point de vue non seulement ethnique, mais également politique ou religieux.

Et contrairement à ce qui s’est passé dans une Europe d’immédiate après-guerre confrontée à une tâche gigantesque de reconstruction et de remise en route de l’outil agricole et industriel, en proie à un déficit criant de main-d’oeuvre masculine disparue dans les combats, cet afflux massif se fera aujourd’hui dans un continent confronté à une crise profonde et à un sous-emploi déjà préoccupant.

Dans ces conditions, qu’on le veuille ou non, ces immigrants se heurteront de plus à l’hostilité larvée ou affirmée de nos populations.

Alors, il paraît indispensable d’envisager dès à présent et de planifier des structures aptes à accueillir l’éventuel afflux massif de ces réfugiés potentiels, en tenant compte de leur diversité, sous la responsabilité et avec les moyens humanitaires et financiers de l’ONU.

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Jo Moreau

09:30 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : europe, immigration, révolutions, personnes déplacées | |  Facebook |

08/06/2010

TURQUIE : UN REPOSITIONNEMENT INTERPELLANT

Les derniers évènements ayant interrompu le convoi soi-disant humanitaire vers Gaza a révélé au grand jour la rupture entre la Turquie et Israël, et plus généralement entre la Turquie et le monde occidental.

Cette rupture était pendante depuis quelques années maintenant, et est révélatrice du rapprochement entre Ankara et le monde musulman , et malheureusement avec les plus extrémistes du monde musulman soit le Hamas, l‘Iran et la Syrie.

L’appui apporté à cette occasion au Hamas tend également à décridibiliser l’Autorité Palestinienne, coupable à ses yeux de laïcité et de faiblesse vis-à-vis d‘Israël , et à embarrasser l’Egypte, co-participante au blocus de Gaza, et qui est sur le plan intérieur en lutte permanente contre les Frères Musulmans, organisation ultra-religieuse dont est issu le Hamas.

On pouvait craindre cette évolution depuis l’élection de Recep Erdogan, une élection révélatrice de la radicalisation des masses musulmanes, que ce soit en Turquie ou ailleurs. Il faut aussi constater que ce succès électoral fut grandement favorisé par la déliquescence des autres partis, et par les crises financières qui se sont succédées dans ce pays.

On se souvient du clash de la conférence de Davos, où Recep Erdogan condamna violemment et sans nuance Israël et s’y fit d’ailleurs rappeler à l’ordre, ce qui provoqua son départ définitif.

On peut raisonnablement supposer que non seulement la Turquie a soutenu publiquement l’ONG islamiste à l’origine de la flottille vers Gaza, mais qu’elle en est même l’initiatrice en sous-main, tendant ainsi le piège dans lequel est tombé Israël, prisonnier de sa politique aveuglément égocentrique, et permettant ouvertement le renversement d’alliance auquel nous assistons.

SUR LE PLAN INTERIEUR

L’ AKP, parti du premier ministre Erdogan, est qualifié d’islamiste « modéré », mais il a entrepris de façon insistante l’islamisation de la société turque, officiellement encore un état laïque.

Le projet de modification constitutionnelle autorisant le port du voile dans les universités ne fut bloqué que par le veto de la Cour Constitutionnelle, mais gageons que ce n’est que partie remise.

L’armée turque, garante de la laïcité, a fait récemment l’objet d’une purge très « soviétique ». La mise à l’écart d’un certain nombre de cadres, parallèlement à l’islamisation grandissante des recrues, permet de prévoir la chute prochaine de ce rempart de la laïcité.

La télévision turque a récemment diffusé un feuilleton violemment anti-israélien, reprenant les poncifs de la propagande anti-israélienne la plus basique.

De plus en plus de juges nommés sortent d’écoles coraniques.

SUR LE PLAN INTERNATIONAL

On assiste à la constitution d’un nouvel axe Ankara-Téhéran- Damas, dont un objectif commun est notamment la lutte contre le sentiment national kurde.

Ceci est illustré par le rapprochement spectaculaire avec l’Iran, dont le dernier accord d’échange d’uranium était en fait une tentative de soustraire l’Iran à ses obligations internationales. Déjà le 28/10/2009, recu à Téhéran, Recep Erdogan était chaleureusement remercié par Ahmadinedjab pour ses violentes critiques à l’égard d’Israël, et pour son soutien à l’Iran sur le dossier nucléaire.

En décembre, l’armée turque a mené des actions contre les Kurdes, en commun avec l’armée iranienne. Les deux pays passent de plus en plus d’accords dans les domaines économiques et politiques. En mai, le ministre turc des sports appelle au renforcement de la coopération avec l’Iran.

Il faut aussi noter le rapprochement entre la Russie et la Turquie entre autres sur le plan énergétique.

SUR LE PLAN INTER-EUROPEEN.

Erdogan apporte son soutien à la demande de la communauté turque d’Autriche, dont une majorité voudrait y voir légalisées certaines règles de la charriah.

On se souviendra aussi que lors de sa visite en Belgique, s’adressant à la communauté turque à Gand, il avait exhorté ses compatriotes à prendre la nationalité belge, mais à ne pas s’assimiler à la population locale.

En mars, le PM turc Recep Erdogan a marqué sa volonté de mettre en place des lycées turcs en Allemagne, ce qui a amené une réaction négative de Madame Merkel. De plus en plus apparaît la volonté du gouvernement turc de mettre en place partout en Europe, de véritables colonies de peuplement, échappant aux lois et coutumes locales.

LA TURQUIE A-T-ELLE ENCORE SA PLACE DANS L OTAN ?

Le virage à 180° de la politique turque pose évidemment question quant à sa place de membre de l’ OTAN. On se rappelle que récemment, la Turquie s’était brièvement opposée à la candidature du nouveau Secrétaire Général Fogh Rasmussen, sous le prétexte que celui-ci avait refusé de faire pression sur la presse danoise lors de l’affaire des caricatures, alors qu’il était premier ministre de ce pays.

Pour obtenir son accord, il a été promis à Erdogan la nomination de deux Turcs à des postes de haut niveau au sein de l’organisation…

Cela amène à se poser de sérieuses questions sur la capacité de l’OTAN d’encore assumer certaines missions , alors qu’un de ses membres dont on peut désormais douter de la loyauté, a accès à tous les plans et projections stratégiques.

 

Alors, il faut s’attendre à des bouleversements réellement inquiétants pouvant également affecter le Caucase et les Balkans, et ces nouvelles donnes géopolitiques rendent apparemment obsolète toute tentative de rapprochement entre l’Union Européenne et la Turquie.

 

D’ ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !!

Jo Moreau

19:28 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : turquie, islamisme, otan, israel, europe | |  Facebook |

20/01/2010

HAITI : MAIS OU EST DONC L'EUROPE ?

J’entends un peu partout, et surtout sur les chaînes françaises, de lourds regrets sur l’absence de visibilité de l’Europe dans les opérations de secours en Haïti, et de vertueux reproches quant à l’action américaine, qui en prenant la direction des opérations sur l’aéroport de Port-au-Prince, privilégierait l’arrivée de leurs propres aéronefs.

En trois à cinq jours, les USA ont été capables d’envoyer des équipes spécialisées de contrôleurs aériens, et des milliers de soldats pour la sécurisation des opérations, sans compter le rassemblement et le transport de centaines de tonnes de vivres et de matériels divers, des équipes de secours, d’un porte-avion aménagé en base arrière pour hélicoptères, et d’un navire-hôpital.

Face à cela, que propose l’Europe ? Rien, mis à part les initiatives disparates de quelques pays envoyant quelques équipes de sauveteurs bien courageux, qui ont sauvé pas mal de gens, mais également la démonstration éclatante de son impuissance crasse à proposer une structure efficace ainsi qu’une organisation susceptible de prendre la mesure du problème et de coordonner efficacement les efforts.

Il faut impérativement prendre conscience de l’impuissance militaire européenne, à l’origine directe de son impuissance diplomatique et de son incapacité à répondre à des situations extrêmes.

Sans les moyens logistiques des USA, l’Europe est inexistante, et tous les pays du monde en sont parfaitement conscients. S’imaginer qu’en stratégie politique internationale, on peut faire entendre sa voix ou imposer sa vision des choses sans un arrière-plan militaire très solide, relève du fantasme ou du doux rêve de ceux qui s‘imaginent vivre dans un Disneyland à l’échelle mondiale.

Mais, comme depuis de nombreuses décennies, les populations européennes sont allergiques à des dépenses militaires suffisantes, l’Europe est condamnée à traîner indéfiniment son impuissance en toutes occasions et sur tous les fronts, aussi bien politiques que stratégiques, et même humanitaires comme la démonstration en est faite aujourd‘hui.

Jo Moreau

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19:40 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : international, europe, haiti, diplomatie | |  Facebook |

08/11/2009

QUELQUES ACTUALITES RECENTES (3)

Quelques nouvelles internationales récentes qui n’ont pas eu (ou peu) les honneurs de nos médias, et porteurs d’une certaine signification dans l’évolution mondiale (à mes yeux du moins …).

- Dans le cadre de la lutte contre la déforestation et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le Brésil va recevoir de l’ONU des crédits-carbone à raison de 8 à 16 milliard d’US $ par an. (Chine Nouvelle 26/10/2009)

- L’ Union Européenne lève l’embargo d’armes vers l’Ouzbekistan (RIA Novosti 27/10/2009).

Depuis la découverte d’un gisement de 230000 tonnes d’uranium dans le sous-sol de ce pays, il est l’objet de toutes les attentions, désintéressées, bien entendu…

- Al-Jazeera interdite par l’Autorité Palestinienne. « Cette chaîne diffuse des mensonges et incite à la haine contre l’Autorité Palestinienne » déclare le ministre palestinien de l’information. (RIA Novosti 15/07/2009).

Bien qu’elle soit relativement ancienne, cette nouvelle me parait assez symptomatique des visées réelles de cette chaîne.

- Monsieur Ahmadinedjab remercie Monsieur Recep Erdogan, premier ministre turc en visite en Iran, pour ses violentes critiques à l’égard d’Israël et son soutien à l’Iran sur le dossier nucléaire. (GUYSEN TV 28/10/2009).

L’Union Européenne se prépare décidément de sérieux problèmes diplomatiques en cas d’intégration de la Turquie

- L’agence spatiale russe prépare un vaisseau à propulsion nucléaire. (RIA Novosti 28/10/2009).

Dans leur rage écologique à se débarrasser du nucléaire, de nombreux pays européens dont le nôtre se coupent d’une recherche fondamentale essentielle, et de ses applications civiles.

- Plus de 50% de la communauté d’origine turque en Autriche voudrait légaliser certaines règles de la charriah. Le débat est lancé . (EURONEWS 02/11/2009).

- Madame Gulnara Shahinian, représentante de l’ONU, a exhorté les Mauritaniens à prendre toutes les mesures juridiques nécessaires en vue d’éradiquer toutes formes d’esclavage. Elle a tout particulièrement salué la promulgation, en 2007, d’une loi criminalisant l’esclavage. (Chine Nouvelle 03/11/2009)

- La Chine entreprend la construction de 3 nouvelles centrales nucléaires. (Le Quotidien du Peuple 05/11/2009).

- Le ministre britannique des Affaires Etrangères, Monsieur David Miliband, s’est déclaré favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne. (RIA Novosti 05/11/2009)

Voir quelques posts ci-dessus …

- Le Hamas interdit à Ghaza les commémorations de l’anniversaire du décès de Yasser Arafat. (Chine Nouvelle 06/11/2009)

- 950 usines chinoises sont déjà implantées en Egypte, en zone duty free, où ils bénéficient d’une main-d’œuvre moins chère qu’en Chine. (TV5 Monde 07/11/2009)

Aldebaran

 

14:18 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : medias, europe, politique | |  Facebook |

04/06/2009

MILITER POUR L'EUROPE ?

Les élections européennes vont se dérouler dans l’indifférence générale, voire dans l’hostilité vis-à-vis d’une institution gigantesque qui n’est pas à même de répondre aux besoins des populations concernées.

Les plus anciens se souviennent pourtant avec nostalgie des immenses espoirs qu’avait fait naître le Traité de Rome.

Car des points positifs, il y en a assurément. La suppression des barrières douanières, la CECA puis le Marché Commun, les premiers organismes intégrés tels Euratom, l’habitude de négocier ensemble qui a abouti à l’absence de guerres ou de tensions nationalistes, la monnaie commune, l’agence spatiale européenne et d‘autres encore.

Et puis l’enthousiasme est retombé, car le mercantilisme a pris le pas sur le rêve. L’ultralibéralisme débridé a perverti les objectifs idéalistes des fondateurs de l’idée européenne, et l’Europe a continué de se construire au seul profit des grandes sociétés et de la finance. Le « tout au privé » a même interdit aux Etats leur rôle de régulateur au profit des populations, dans une fuite en avant obsessionnelle qui n’existe même pas aux USA.

Toutes les mesures imposées aujourd’hui par l’Union Européenne -ou approuvées par elle- sont ressenties, souvent avec raison, comme visant uniquement à accroître les bénéfices des grandes sociétés.

Je cite en vrac l’intégration précipitée de pays largement au-dessous du niveau social moyen, tels que les ex-pays de l’Est, offrant ainsi de larges possibilités de délocalisation de proximité, l’esquive obstinée d’un plan commun de fiscalité, la signature des catastrophiques accords de l’OMC, l’approbation d’une myriade de mesures, lois et règlements visant à éliminer les petits exploitants et fabricants locaux, la disparition des services publics ou primordiaux (voir aussi : renationaliser l‘énergie ?), l’absence d’une politique commune d’immigration favorisant l‘importation d‘une main d‘œuvre à bon marché , etc…

On ne peut ignorer d’autre part les coûts de fonctionnement faramineux de la grande machine européenne, ses trois capitales, ses milliers de fonctionnaires et ses centaines de parlementaires, autant de signaux négatifs vis-à-vis de nos populations soumises à une crise grave. Et je ne vois pas que des pays hors UE, tels que la Suisse ou la Norvège par exemple, soient plus misérables que nous !

Si on veut sauver l’idée européenne, il est grand temps d’en revenir à une vision capable de rassembler à nouveau les jeunes européens dans un élan créateur, nous devons être capables de leur dire : oui, il y a un grand ensemble à créer, oui il y a un avenir enthousiasmant qui vous attend, ici.

Pour cela, il faut cesser de confondre l’idée européenne avec les intérêts des actionnaires. L’Europe a besoin qu’on fixe ses frontières fondées sur la géographie, un passé commun quoique pas toujours pacifique, une certaine idée des droits de l’homme et du citoyen, une façon de penser commune. La Turquie et le Maghreb peuvent être des partenaires privilégiés, mais ne sont pas et ne seront jamais « européens » même s’ils ont une civilisation et un passé équivalents aux nôtres, mais culturellement et politiquement essentiellement différents, et ressentis comme tels par nos populations.

Il faut que l’Union Européenne rétablisse la confiance de ses citoyens en adoptant des mesures capables de construire une véritable concurrence mondiale (voir mon article précédent : Europe, arrêtons le massacre), rétablisse les états dans leur rôle d’organisateurs de services publics basiques échappant aux lois du marché, empêche la fuite de sa technologie et de son savoir-faire, se préoccupe de l’avenir de ses travailleurs au même titre que de l’avenir de ses entreprises, protège son modèle social.

Il faut surtout que l’Europe rétablisse le contact avec les gens, grâce à une action politique et sociale qui les concerne directement. Et si des accords signés précédemment paraissent aujourd’hui non seulement défavorables mais peut-être même fatals, il faut avoir le courage politique de les dénoncer.

Jo Moreau.

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16:15 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : europe, politique, élections | |  Facebook |

27/05/2009

RENATIONALISER L'ENERGIE ?

Poussés par les décisions de l’Union Européenne qui enjoint le « tout au privé » dans une espèce de fuite en avant déstructurante, les pays européens sont contraints de se séparer de services publics, qui auraient pourtant dû échapper aux contraintes des sacro-saintes lois du marché.

Même dans une société libérale, il est du devoir de l’état de contrôler les services indispensables à la vie journalière de la population, et de garantir à l‘ensemble des citoyens l‘accès à ces services de base.

Dans cette optique, il est primordial que les états aient la possibilité de reprendre sous leur contrôle notamment l’approvisionnement et la distribution et la tarification du gaz et de l’électricité .

Que se passera-t-il en effet si l’an prochain, GDF SUEZ tombait en faillite, ou, si suite à une modification de l’actionnariat, elle décidait de se retirer du marché européen, ou encore que cet actionnariat soit contrôlé par des nations ou ressortissants de nations hostiles à nos intérêts ?

 Cela vous parait invraisemblable ? Il y a seulement cinq ans, la faillite du géant General Motors était-elle envisageable ?

Il est également important de contrôler les sources d’approvisionnement, pour des raisons politique et stratégique. On peut constater, dans beaucoup de domaines de la politique internationale, à quel point nous sommes les otages de conflits locaux impliquant des pays qui sont nos fournisseurs.

En-dehors des approvisionnements, il y a aussi le problème de la production, de l’avenir des centrales nucléaires pour lesquelles la population belge s’est déjà fait gruger, du développement et de l’entretien du réseau de distribution, toutes choses engageant non seulement la sécurité mais qui devraient également dépendre de choix politiques.

Il est dès lors impérieux que les élus belges à l’Europe oeuvrent pour la révision de sa politique assez incompréhensible du « tout au privé ».

 Aucun accord , aucun traité fut-il international n’est éternel. Si nous nous apercevons que ces accords ou traités sont défavorables à nos populations, il est alors du devoir du politique de les modifier ou de les dénoncer.

Dans beaucoup de domaines, dont la privatisation à tout va, les accords climatiques (dont il y aurait beaucoup à dire), l’aide aux pays étrangers, l’accueil des immigrés, les accords de l’OMC, l’Europe en général et la Belgique en particulier sont les champions du ’plus citoyen que moi tu meurs’.

Ceci payé bien entendu par les contribuables, à qui on ne demande pas leur avis.

D’autres pays, comme les USA ou la Chine, considèrent ces accords comme étant à géométrie variable, en fonction de leurs intérêts propres.

Il est grand temps que l’Union Européenne, elle aussi, en revienne à une politique pragmatique prenant en compte les intérêts non seulement de ses industriels, mais aussi et surtout de ses citoyens.

Dans le même esprit, je prône le maintien de certains services publics basiques comme la poste ou les transports, dans une certaine mesure. Mais j’y reviendrai plus tard.

Jo Moreau

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10:53 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, énergie, privatisation, état, belgique | |  Facebook |

14/05/2009

LES AGRICULTEURS manifestent

Les problèmes de survie subis par les agriculteurs me suscitent une interrogation : et si on appliquait à leur égard le principe du commerce équitable ?

Il me semble que leur payer justement ce qu‘ils produisent est bien la moindre des choses, au vu notamment de la pénibilité de leur travail quotidien.

De plus, certains voudraient voir les subventions accordées par l’Europe supprimées, au nom d’une soi-disant concurrence déloyale vis-à-vis des pays émergents.

Il est essentiel que les pays européens préservent, ou rétablissent (?) leur auto-suffisance alimentaire. Il s’agit là d’un impératif politique et stratégique essentiel dans le maintien de notre indépendance.

Le soutien à nos agriculteurs est essentiel , fût-ce au prix d’une légère augmentation de certains produits, au même titre que nous acceptons le principe du commerce équitable au profit de producteurs du tiers-monde.

aldebaran

21:02 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : agriculture, prix, europe, belgique | |  Facebook |

11/05/2009

EUROPE : arrêtons le massacre des emplois

Les élections européennes approchent, et on est bien obligé de constater l’absence totale de vision européenne proposée par les partis, et leur incapacité à s‘attaquer aux véritables problèmes que nous devons affronter aujourd’hui.

L’Union Européenne (UE) est maintenant au cœur de la plus grave crise de son histoire. Partout, le chômage s’accroît , les industries sont frappées durement et sa technologie s’évade hors frontières. La mondialisation sans nuances à laquelle nous sommes confrontés, conduit à la délocalisation de nombreuses productions autrefois fabriquées dans nos contrées, et qui seront réimportées à bas prix.

Comme corollaire, nous constatons outre la destruction grandissante des emplois , la dilution du modèle social européen. Avec la complicité des dirigeants politiques des pays émergents, la main-d’œuvre locale est pratiquement toujours exploitée à la limite de l‘esclavage. Et ne parlons pas de l’impact écologique de l’industrialisation de pays curieusement exonérés de toute obligation à cet égard, grâce à la complicité étonnante des alter-mondialistes et des industriels , et du coût écologique du transport de ces marchandises.

Une autre conséquence, et non des moindres, de cet appauvrissement global de l’Europe, est la perte de son indépendance politique, de plus en plus soumise à des contingences commerciales et financières.

Certains dirigeants de sociétés sont pratiquement obligés de délocaliser sous peine de disparaître. D’autres en profitent pour accroître les bénéfices des actionnaires, mais en aucune manière il n’y a un quelconque return pour nos populations, sauf la possibilité d’acquérir à bas prix des produits médiocres. Certains de ceux-ci mettent d’ailleurs en péril la sécurité de nos populations. Un seul exemple: les composants électroniques des salles de contrôle des nouvelles centrales nucléaires, à la fiabilité très douteuse aux dires même des spécialistes.

Il semble évident que lorsque la crise financière sera derrière nous, une gigantesque restructuration industrielle mondiale aura eu lieu, nous laissant avec une Union Européenne définitivement sinistrée économiquement.

Il existe pourtant un moyen de contrer ce scénario : Une imposition des produits et services importés, calculée au prorata du niveau social du pays exportateur.

Il s’agit ainsi de rétablir une véritable concurrence basée sur des critères objectifs, susceptible de ramener dans les frontières européennes un tissus industriel digne de ce nom et un renouveau de l’esprit d’entreprise. Elle contribuerait aussi à l’amélioration notable des conditions de vie des habitants de ces pays exportateurs , dont les gouvernants et industriels auront intérêt à se voir dégrèver de cette taxe le plus rapidement possible.

Quand on parle de niveau social, il faut prendre notamment en compte :

  • Le niveau du salaire.
  • La législation sur les heures hebdomadaires de travail, de congés obligatoires et l‘interdiction du travail des enfants.
  • La possibilité d’arrêter de travailler à un âge raisonnable.
  • La possibilité d’accéder aux soins de santé.
  • L’accès à un revenu de remplacement en cas de chômage.

Un coëfficient sera imputé à chacun de ces points, dont la somme déterminera le taux de taxation imposé à l’importation dans l‘ UE. Cette taxe serait appliquée sur tous les produits finis ou composants provenant de ces pays extra-européens, ainsi que sur les services à destination des consommateurs européens.

Le taux pourra être revu à la demande du pays concerné. Pourront être exonérés de cette taxe, en tout ou en partie, les produits en provenance de pays ayant adopté une législation ad-hoc , ou proposé un calendrier à respecter dans des délais chiffrés. Les matières stratégiques ou n’ayant pas de concurrence possible en UE pourront également être exonérés de cette taxe.

Il ne s’agit donc nullement d’un protectionnisme bête et méchant, mais d’une remise à niveau des normes de  concurrence mondiale.

Jo Moreau

 

10:35 Publié dans europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mondialisation, europe, chômage | |  Facebook |