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16/08/2014

LA PALESTINE, TERRE DE PERPETUELS CONFLITS.

Je reprends ici un article paru sous ce titre en septembre 1937 dans l’ancien hebdomadaire belge « Le Patriote Illustré », de tendance catholique. Cette revue avait relaté épisodiquement depuis les années 1920 les heurts violents successifs survenus entre Juifs et Arabes dans cette région du monde, et le présent article me parait assez correct du point de vue historique, et établit un état des lieux de ce territoire en 1937. Cet article est également instructif pour ceux qui persistent à croire que les problèmes actuels datent du lendemain de la dernière guerre, et de la fondation de l’état d’Israël.

Jo Moreau.

« La Palestine est actuellement un des points névralgiques du globe. Le conflit entre juifs et musulmans, loin d’être une simple question locale, soulève les passions dans l’ensemble de l’Islam aussi bien que chez les Israélites du monde entier. Les chrétiens eux-mêmes suivent avec un intérêt mêlé de tristesse les phases d’un conflit dont le berceau du christianisme est l’enjeu. Ville sainte pour les Chrétiens, Jérusalem l’est aussi pour les juifs et pour les musulmans. Une effusion de sang sous ses murs a aussitôt son rententissement dans le monde entier.

Territorialement, la Palestine actuelle ne forme qu’une partie de la Palestine de l’histoire, qui s’étendait des bords de la Méditerranée jusqu’au grand désert. Le pays, tel que l’ont délimité les traités, a une superficie totale de 26.158 kilomètres carrés, soit 5000 de moins que la Belgique, et une population estimée en juin 1936 à 1.336.518 habitants, dont 848.342 musulmans, 370.483 juifs et 106.474 chrétiens.

Définitivement séparée de la Turquie par le traité de Lausanne en date du 24 juillet 1923, la Palestine constitue actuellement -pour combien de temps encore ?- un état à administration centrale unique, sous mandat de l’Angleterre. Depuis la campagne de 1917, qui aboutit à la conquête de Jerusalem, le 9 décembre, les Anglais occupaient d’ailleurs le pays, qui constitue pour eux une excellente position stratégique sur la route des Indes et dans la Méditerranée orientale.

Les villages arabes sont au nombre de 750, et les colonies juives, installées par le Fonds National Juif en collaboration avec le « Keren Hayesod » , autre émanation du Sionisme, forment un total de 201, avec une population de 96.289 individus venus surtout d’Europe Centrale, des Etats Slaves, de Pologne etc…

L’établissement des colons sionistes a donné une incontestable impulsion à la prospérité du pays : les entreprises juives, au nombre de 4615 en 1935, avaient investi à cette date un capital de 8.654.000 livres palestiniennes en territoire mandaté. Haïfa, le meilleur port de la Méditerranée orientale, terminus du « pipe-line » qui amène les pétroles de Mossoul, et Tel-Aviv, cité neuve,sont les principaux centres de l’activité économique et industrielle des immigrants. Capitaux, cerveaux, personnel technique et main-d’œuvre, tout est fourni par les Sionistes qui ont entrepris la restauration d’un Etat juif sur les bords du Jourdain. Ils créent un système d’irrigation, et faisant de l’agriculture la base de la rénovation économique de l’antique Terre Promise, développent les plantations d’orangers, de citronniers, de pamplemousses, de figuiers, de vignes, d’oliviers. Ils font produire au sol du blé, de l’orge, des tomates, des melons; leur initiative va jusqu’à exploiter les eaux de la Mer Morte pour en extraire les produits chimiques. Les fameuses forêts du Liban, réduites à quelques cèdres, vont redevenir une réalité : en une seule année, les services de réafforestation ont planté 904.733 arbres.

Les Arabes, malgré leur supériorité numérique, n’ont que 183 écoles avec 12.275 élèves, les catholiques ont 111 écoles avec 13.645 enfants; les juifs, eux, ont une université et 554 écoles comtant 60211 élèves.

La fameuse « Déclaration Balfour », publiée le 2 novembre 1917, fixa les nouvelles destinées du pays du Christ : l’Angleterre s’engageait à y faciliter l’établissement d’un foyer national pour les juifs en Palestine, sous la réserve qu’aucun préjudice ne serait causé aux droits des communautés non-juives. Les Sionistes y ont vu la consécration officielle de leur programme de colonisation en Palestine, sous la protection des baïonnettes anglaises, tandis que les Arabes prétendent y trouver une garantie pour leurs droits. Toutes les difficultés actuelles de la politique anglaise y sont nées de l’irréductible opposition de ces deux races. L’immigration juive, de quelques milliers d’individus par an au début du mandat britannique, s’éleva à 29.727 pour l’année 1936. Menacés d’être submergés, les Arabes ont eu recours à une agitation qui a fini par alarmer les Anglais : 2735 crimes y ont été commis en 1936, malgré une répression rigoureuse qui est allée jusqu’à la destruction à la dynamite de quartiers indigènes.

Dans l’espoir de donner à une aussi irritante question une solution définitive qui amènerait la pacification des esprits, l’Angleterre avait chargé une commission spéciale de préparer un statut pour le pays confié à son mandat. Les propositions formulées, partage de la Palestine en trois zones : arabe, juive, et sous contrôle anglais, sont partout combattues » .

palestine,israel,

 

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23/05/2011

ISRAEL CONFRONTE A LA PAIX

Le discours récent de Obama, sur la fondation d’un Etat palestinien sur base des frontières d’avant la guerre de 1967 a été repoussé (dans un premier temps ?) par le PM israélien Benjamin Netanyahu, et a soulevé une tempête de protestations dans certains milieux, comme s’il s’agissait d’une position nouvelle et totalement exclue par Israël.

C’est oublier un peu vite que Ariel Sharon lui-même s’était en définitive positionné en faveur de la création d’un Etat palestinien. D’autre part, prendre les frontières d’avant 1967 et la partition de Jerusalem comme base d’un accord était déjà prévu et accepté par Israël lors du sommet de Taba, en 2001, projet qui ne put malheureusement aboutir, et ensuite lors de « l’initiative de Genève » en 2003. La « feuille de route », promue notamment par George W Bush la même année, prônait des conditions identiques.

Evidemment, les suites conflictuelles de l’évacuation de Gaza par les Israéliens ne favorisèrent pas la poursuite d’un dialogue en ce sens, et l’action délibérée du Hamas fut déterminante dans l’orientation des élections en Israël (le mois précédent les élections, plus de 400 missiles furent lancés depuis la bande de Gaza) qui débouchèrent sur la formation d’un gouvernement ultra-nationaliste.

Toutefois, il faudra bien que le gouvernement israélien réalise rapidement que les conditions géopolitiques, et surtout militaires, ont bien changé depuis quelques années. Paramètre primordial : ses alliés ne sont absolument plus disposés à le suivre inconditionnellement dans ses orientations extrêmes vis-à-vis de son environnement géographique. Il doit également ouvrir les yeux sur les conséquences des récentes « révolutions arabes », qui aboutiront immanquablement dans de profondes modifications des relations mutuelles.

Son mépris à l’encontre du leader de l’Autorité Palestinienne, à qui il n’a consenti pratiquement aucune concession au cours de ces dernières années, aura été une profonde erreur tactique dont le résultat fut de décrédibiliser celui-ci vis-à-vis de l’opinion publique palestinienne, et de le jeter dans les bras du Hamas. (Quoique j’ai de sérieux doutes quant à la pérennité de cet accord).

La paix est indispensable pour l’existence même de l’Etat d’Israël, et elle sera bien sûr longue à finaliser. Il faudra surmonter les provocations parfois sanglantes des factions extrémistes. Mais il est impératif de rompre l’escalade continuelle qui anime les protagonistes, et réaliser que des concessions déchirantes devront être consenties de part et d’autre. Ceci comprend pour Israël l’abandon d’une grande partie des colonies dans les territoires occupés.

L’existence en Israël même d’un courant faisant preuve d’une vision réaliste de l’avenir est encourageante, et j’en veux pour preuve les récents faits suivants :

Tel-Aviv 21/04/2011 - Cette semaine ce sont 21 lauréats du prix d’Israël qui lancent une pétition en faveur de la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Parmi ces pétitionnaires, figurent les professeurs Yéhoudah Bauer et Ze’ev Sternhell, le graphiste David Tartakover, l’ex-président de l’Académie des sciences Menachem Yaari, la fondatrice du Meretz Shoulamit Aloni, l’actuelle conseillère municipale de Tel-Aviv et fille de l’ex-général Moshé Dayan Yaël Dayan, le peintre et sculpteur Danny Karavan, ainsi que le dramaturge Yéhoshua Sobol. H’anna Maron, lauréate du Prix d’Israël, gravement blessée lors d’un attentat en 1970 a également participé à cette pétition.

Le texte déclare notamment : « Israël est le lieu où naquit le peuple juif et où se forgea son caractère national. La Palestine est le lieu où naquit le peuple palestinien et où se forgea son caractère national. [...] Nous appelons tout individu en quête de paix et de liberté pour les deux peuples à soutenir la déclaration d’indépendance de l’État palestinien, et à agir dans un sens qui encourage les citoyens des deux peuples à nouer de bonnes relations sur la base des frontières de 1967. La fin de l’occupation est une condition sine qua non de la libération des deux peuples. »

Le professeur Yéhoudah Bauer, spécialiste de la Shoah, a notamment déclaré : "Je parle d’un point de vue sioniste. Le sionisme a pour finalité la préservation d’un foyer juif national avec une solide majorité juive - c’était le rêve des gens de gauche, de droite, et du centre du sionisme classique. Mais la poursuite de l’occupation garantit l’invalidation du sionisme dans la mesure où elle écarte toute possibilité pour le peuple juif de vivre sur sa terre avec une majorité substantielle tout en bénéficiant d’une reconnaissance internationale. À mes yeux, cela rend le gouvernement d’Israël clairement antisioniste.’’

Des affrontements eurent lieu avec des contre-manifestants d’extrême droite.(Ha’aretz 21/04/2011)

Ceci est à rapprocher d’un plan de paix lancé en 2011 également par une quarantaine d’Israéliens éminents et notamment d’anciens chefs du Mossad, du Shin Beth et de l’armée, comme l’ex-chef d’état-major de Tsahal Amnon Lipkin-Shahak, les anciens chef du Mossad Dany Yatom et directeurs du Shin Beth Yaakov Perry et Dany Ayalon, ainsi que l’ex-général et dirigeant du parti travailliste Amran Mitzna, candidat premier ministrable lors des élections de 2002. Un porte-parole du groupe a confirmé les articles selon lesquels le plan presserait Israël d’accepter la formation d’un État palestinien à Gaza et dans presque toute la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est.

D’ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE ! (Ceux-ci seront modérés)

Jo Moreau.

13:46 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, palestine, moyen orient, territoires occupés, paix | |  Facebook |

08/06/2010

TURQUIE : UN REPOSITIONNEMENT INTERPELLANT

Les derniers évènements ayant interrompu le convoi soi-disant humanitaire vers Gaza a révélé au grand jour la rupture entre la Turquie et Israël, et plus généralement entre la Turquie et le monde occidental.

Cette rupture était pendante depuis quelques années maintenant, et est révélatrice du rapprochement entre Ankara et le monde musulman , et malheureusement avec les plus extrémistes du monde musulman soit le Hamas, l‘Iran et la Syrie.

L’appui apporté à cette occasion au Hamas tend également à décridibiliser l’Autorité Palestinienne, coupable à ses yeux de laïcité et de faiblesse vis-à-vis d‘Israël , et à embarrasser l’Egypte, co-participante au blocus de Gaza, et qui est sur le plan intérieur en lutte permanente contre les Frères Musulmans, organisation ultra-religieuse dont est issu le Hamas.

On pouvait craindre cette évolution depuis l’élection de Recep Erdogan, une élection révélatrice de la radicalisation des masses musulmanes, que ce soit en Turquie ou ailleurs. Il faut aussi constater que ce succès électoral fut grandement favorisé par la déliquescence des autres partis, et par les crises financières qui se sont succédées dans ce pays.

On se souvient du clash de la conférence de Davos, où Recep Erdogan condamna violemment et sans nuance Israël et s’y fit d’ailleurs rappeler à l’ordre, ce qui provoqua son départ définitif.

On peut raisonnablement supposer que non seulement la Turquie a soutenu publiquement l’ONG islamiste à l’origine de la flottille vers Gaza, mais qu’elle en est même l’initiatrice en sous-main, tendant ainsi le piège dans lequel est tombé Israël, prisonnier de sa politique aveuglément égocentrique, et permettant ouvertement le renversement d’alliance auquel nous assistons.

SUR LE PLAN INTERIEUR

L’ AKP, parti du premier ministre Erdogan, est qualifié d’islamiste « modéré », mais il a entrepris de façon insistante l’islamisation de la société turque, officiellement encore un état laïque.

Le projet de modification constitutionnelle autorisant le port du voile dans les universités ne fut bloqué que par le veto de la Cour Constitutionnelle, mais gageons que ce n’est que partie remise.

L’armée turque, garante de la laïcité, a fait récemment l’objet d’une purge très « soviétique ». La mise à l’écart d’un certain nombre de cadres, parallèlement à l’islamisation grandissante des recrues, permet de prévoir la chute prochaine de ce rempart de la laïcité.

La télévision turque a récemment diffusé un feuilleton violemment anti-israélien, reprenant les poncifs de la propagande anti-israélienne la plus basique.

De plus en plus de juges nommés sortent d’écoles coraniques.

SUR LE PLAN INTERNATIONAL

On assiste à la constitution d’un nouvel axe Ankara-Téhéran- Damas, dont un objectif commun est notamment la lutte contre le sentiment national kurde.

Ceci est illustré par le rapprochement spectaculaire avec l’Iran, dont le dernier accord d’échange d’uranium était en fait une tentative de soustraire l’Iran à ses obligations internationales. Déjà le 28/10/2009, recu à Téhéran, Recep Erdogan était chaleureusement remercié par Ahmadinedjab pour ses violentes critiques à l’égard d’Israël, et pour son soutien à l’Iran sur le dossier nucléaire.

En décembre, l’armée turque a mené des actions contre les Kurdes, en commun avec l’armée iranienne. Les deux pays passent de plus en plus d’accords dans les domaines économiques et politiques. En mai, le ministre turc des sports appelle au renforcement de la coopération avec l’Iran.

Il faut aussi noter le rapprochement entre la Russie et la Turquie entre autres sur le plan énergétique.

SUR LE PLAN INTER-EUROPEEN.

Erdogan apporte son soutien à la demande de la communauté turque d’Autriche, dont une majorité voudrait y voir légalisées certaines règles de la charriah.

On se souviendra aussi que lors de sa visite en Belgique, s’adressant à la communauté turque à Gand, il avait exhorté ses compatriotes à prendre la nationalité belge, mais à ne pas s’assimiler à la population locale.

En mars, le PM turc Recep Erdogan a marqué sa volonté de mettre en place des lycées turcs en Allemagne, ce qui a amené une réaction négative de Madame Merkel. De plus en plus apparaît la volonté du gouvernement turc de mettre en place partout en Europe, de véritables colonies de peuplement, échappant aux lois et coutumes locales.

LA TURQUIE A-T-ELLE ENCORE SA PLACE DANS L OTAN ?

Le virage à 180° de la politique turque pose évidemment question quant à sa place de membre de l’ OTAN. On se rappelle que récemment, la Turquie s’était brièvement opposée à la candidature du nouveau Secrétaire Général Fogh Rasmussen, sous le prétexte que celui-ci avait refusé de faire pression sur la presse danoise lors de l’affaire des caricatures, alors qu’il était premier ministre de ce pays.

Pour obtenir son accord, il a été promis à Erdogan la nomination de deux Turcs à des postes de haut niveau au sein de l’organisation…

Cela amène à se poser de sérieuses questions sur la capacité de l’OTAN d’encore assumer certaines missions , alors qu’un de ses membres dont on peut désormais douter de la loyauté, a accès à tous les plans et projections stratégiques.

 

Alors, il faut s’attendre à des bouleversements réellement inquiétants pouvant également affecter le Caucase et les Balkans, et ces nouvelles donnes géopolitiques rendent apparemment obsolète toute tentative de rapprochement entre l’Union Européenne et la Turquie.

 

D’ ACCORD ? PAS D’ACCORD ?? LAISSEZ-MOI VOTRE COMMENTAIRE !!

Jo Moreau

19:28 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : turquie, islamisme, otan, israel, europe | |  Facebook |

29/11/2009

LE LIBAN, ENTRE LE MARTEAU ET L'ENCLUME

Des informations récentes (répercutées par France24 ce 29/11) font état du réarmement du Hezbollah libanais par l’Iran, notamment en missiles capables d’atteindre n’importe quel point du territoire israélien. De telles armes auraient aussi été mises à la disposition du Hamas, dans la bande de Ghaza.

Ces nouvelles trouvent une certaine vraisemblance, lorsqu’on sait que le nouveau gouvernement libanais vient de décider que le Hezbollah, qui est une de ses composantes, pourra conserver ses armes, ce qui est en totale contradiction avec la résolution 1701 de l’ONU, prise suite à la guerre entre Israël et le Hezbollah libanais. (source : le Quotidien du Peuple 25/11/2009). On se souvient également de l’arraisonnement récent d’un cargo chargé d’armes iraniennes par la marine israélienne.

La réponse n’a pas tardé : un communiqué du gouvernement israélien prévient qu’une action militaire entreprise suite à des bombardements de son territoire ne se limiterait plus à l’encontre des militants du Hezbollah, mais se ferait contre l’Etat libanais, qui tolère cette situation. (Guysen International)

Il est un fait que le gouvernement iranien, (imitant en cela le gouvernement nord-coréen dans un autre contexte), se moque ouvertement de l’opinion internationale, et prolonge systématiquement des négociations élastiques, remettant sans cesse en cause des avancées péniblement acquises, tablant avec raison sur l’impuissance grandissante des anciennes puissances.

Alors, Israël laissera-t-il l’Iran mener à terme son développement nucléaire, manifestement militaire, sans réagir ?

L’hypothèse actuellement privilégiée est celle d’une attaque israélienne contre les cibles nucléaires iraniennes, scénario qui arrangerait bien l’ensemble des pays non fondamentalistes, musulmans ou non, leur évitant une intervention directe très embarrassante , et dont l’issue ne serait manifestement pas plus glorieuse qu’en Irak ou en Afghanistan.

Il existe des précédents connus, lorsque l’aviation israélienne détruisit le site nucléaire irakien Al Tuwaitha en 1981, et le site nucléaire syrien d’Al Kibar en septembre 2007. (Ce dernier semble d’ailleurs être l’objet d’une remise en état avec l’aide de la Corée du Nord).

La situation est cependant essentiellement différente aujourd‘hui, que ce soit sur le plan militaire ou sur le plan politique.

Sur le plan militaire d’abord, l’existence avérée de missiles iraniens pleinement opérationnels et pouvant occasionner de sérieux dégâts au cœur d’ Israël a profondément modifié la mise. Lors de la guerre du Golfe, on se souvient de l’emploi par l’Irak de missiles « Scud » modifiés contre les villes israéliennes. Toutefois, cette action qui avait pour but d’obliger Israël à intervenir dans le conflit afin de décrédibiliser celui-ci, échoua dans ses objectifs par la faute principalement de caractéristiques déficientes du matériel employé.

Les actuels missiles iraniens sont bien plus efficaces, aussi bien dans leur capacité de destruction, que dans leur autonomie et la précision des tirs. Plusieurs pays européens deviennent par la même occasion des cibles potentielles, ce qui n’est pas à négliger pour une évaluation correcte de la situation stratégique et politique.

Comme on l’a vu d‘autre part, ces représailles pourraient provenir de plusieurs origines géographiques, impliquant une nouvelle fois le risque d’embrasement généralisé.

En dépit de la supériorité stratégique de Tsahal, Israël ne sera donc pas à l’abri de destructions cette fois-ci dévastatrices en cas d’action militaire.

Sur le plan politique, les hésitations actuelles vis-à-vis de l’Iran démontrent l’embarras de la communauté internationale, face à ce qui pourrait aussi apparaître comme un soutien au gouvernement israélien dominé aujourd’hui par l’extrême-droite.

La prolifération nucléaire ne pourra être contenue dans un futur proche, et de plus en plus de pays -notamment au Moyen-Orient- revendiquent le droit à la possession de l’arme nucléaire dans le cas où l’Iran serait « nucléarisé », ses voisins n‘étant pas nécessairement ses alliés !

Alors, que nous réserve l’avenir ? C’est une excellente question et je vous remercie de l’avoir posée !

Jo Moreau

Les commentaires éventuels sont autorisés, pour autant qu'ils ne contiennent aucun caractère raciste, de quelque nature que ce soit. 

18:00 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, israel, nucléaire, hezbollah | |  Facebook |