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14/03/2010

JEAN FERRAT ET LA SPIRALE TOTALITAIRE

Dans tous les commentaires sur la mort de Jean Ferrat, il serait bon d’y associer Louis Aragon, auteur des textes de plusieurs de ses chansons . Si comme beaucoup, j’ai aimé certaines chansons de Ferrat, et si je possède un recueil d’admirables poèmes d’Aragon, je n’oublie pas que ces hommes, parmi tant d’autres, ont milité en faveur d’un mouvement politique et magnifié un pays totalitaire, dont les crimes parmi sa propre population ou celles des pays qu’il maintenait par la force sous sa domination, se sont soldés par des procès grossièrement truqués, la déportation de pans entiers de la société et en définitive des millions de morts.

Il ne faut pas oublier cette complicité avec l‘URSS, qui finit par imploser sous le poids des réalités.

En d’autres temps et d‘autres lieux, une telle attitude a valu la mort à beaucoup d’intellectuels à la libération, pour leur engagement aux côtés des nazis.

La responsabilité des intellectuels et des artistes qui s’engagent dans un combat politique ou idéologique est énorme. Ils possèdent une arme souvent décisive : leur rayonnement et leur talent. Ils entraînent dans leur sillage un grand nombre d’admirateurs, dont beaucoup ont payé leur aveuglement au prix de leur vie, au service ou sous l’uniforme de l‘ennemi lors de la seconde guerre mondiale.

Je comprends parfaitement qu’on puisse exalter les valeurs de solidarité et de justice sociale que prétendait véhiculer le communisme, je rejette le soutien absolu et sans réserve qui fut apporté à un pays totalitaire, qui utilisa la corruption de ces valeurs. En réalité, cette élite était parfaitement au courant des dérives sanglantes causées au nom de cette idéologie falsifiée, mais refusait de voir l‘évidence, ou pire encore refusait de reconnaître leur erreur dans une pathétique fuite en avant. Seule une petite minorité devait finalement s’en distancier non sans déchirement, mais il fallut pour cela des interventions armées violentes dans les pays « frères ».

Certains me reprocheront de mettre nazisme et communisme sur un même pied. Je crois qu’en effet, elles sont parfaitement comparables.

Les idéologies « théoriques » portent en elles le ferment de leurs excès totalitaires, indispensables pour forcer la concrétisation de l’idéal qu’elles promettent. Le national-socialisme avait clairement annoncé la couleur, au travers de mein Kampf, et nul ne pouvait invoquer la divine surprise. Il ne fallait pas être grand clerc pour percevoir dans les textes, les excès auxquels l’ idéologie communiste appliquée mènerait immanquablement.

Aujourd’hui à nouveau, certaines idées dangereuses pointent le bout du nez dans des théories économiques radicales qui, sous couvert de liberté sans limites, sont en fait parfaitement oppressives. Et je ne parle pas de la radicalisation du discours religieux.

Il n’est pas confortable de refuser le piège du suivisme, et de se forcer d’avoir constamment à l’esprit la phrase d’André Gide : « Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent ».

D’ACCORD ? PAS D’ ACCORD ?? LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE !!

Jo Moreau.

16:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : politique, totalitarisme, communisme, dictature, idéologie | |  Facebook |